En Iran, l’obligation du port du voile islamique pour les femmes a été abolie


L’Iran surprend en relaxant le code vestimentaire islamique pour les femmes

Par Hannah Lucinda Smith le 29 décembre 2017

Les femmes iraniennes ont grandi sous les lois restrictives imposées par les mollahs depuis 1979. Dans les villes, cependant, beaucoup portent leur foulard sur la tête, repoussant les limites de la loi (photo Hans Lucas)

Les femmes iraniennes ont grandi sous les lois restrictives imposées par les mollahs depuis 1979. Dans les villes, cependant, beaucoup portent leur foulard sur la tête, repoussant les limites de la loi (photo Hans Lucas)

A Téhéran, les femmes ne seront plus arrêtées pour être apparues en public la tête découverte, près de 39 ans après l’introduction de ce strict code vestimentaire.

L’annonce surprise a été faite dans la capitale iranienne tard hier soir (le 28 décembre) par la police et renverse l’un des piliers les plus visibles des lois islamiques sous lesquelles le pays a été gouverné depuis 1979.

« Ceux qui ne respectent pas le code vestimentaire islamique ne seront plus conduits dans des centres de détention, et aucune procédure judiciaire ne sera intentée contre eux », a déclaré le général Hossein Rahimi, chef de la police de la ville.

Les récidivistes peuvent encore faire l’objet de poursuites et la détente ne s’applique que dans la capitale, connue pour les mœurs libérales qui prospèrent derrière ses portes closes. Les contrevenants seront plutôt obligés d’assister aux cours donnés par la police.

Le mouvement est susceptible de bouleverser les puristes religieux dans l’Etat chiite, qui voient le foulard islamique, ou hijab, comme faisant partie intégrante du modeste code vestimentaire public des femmes musulmanes. Il sera toutefois adopté par le nombre croissant de femmes qui ont pris position contre la loi.

La réélection du relativement modéré président Rouhani cette année pourrait être l’une des raisons de l’assouplissement de la loi. C’est peut-être aussi le cas des réformes vertigineuses en Arabie Saoudite, le rival sunnite régional de Téhéran, sous les auspices du prince héritier Mohammed ben Salman. Bien que les femmes soient toujours interdites d’apparaître en public en Arabie saoudite, les lois les empêchant de se mêler ouvertement aux hommes ont été assouplies.

Il y avait peu de signes que de telles réformes puissent être promulguées en Iran. Cette semaine, une gymnaste de dix ans avait été convoquée par un comité de discipline après que des photos d’elles en compétition dans un costume « non-islamique » en Malaisie avaient été publiées.

Ce mois-ci, Karen Pierce, une diplomate britannique, n’a pas porté de foulard lorsqu’elle a accompagné Boris Johnson en Iran. Javad Zarif, ministre du gouvernement et hôte du ministre des Affaires étrangères, lui avait pourtant demandé de le faire. Les médias d’Etat iraniens ont qualifié cette action « d’inappropriée » mais elle a été saluée par des activistes féministes.

Deux générations de femmes iraniennes ont grandi sous les lois restrictives imposées par les mollahs après le renversement du Shah en 1979. Dans les villes, cependant, de nombreuses femmes repoussaient le voile plus loin sur leur tête, exposant la plupart de leurs cheveux et poussant les limites de la loi. Récemment, des militantes ont protesté en affichant sur les médias sociaux des photos d’elles-mêmes à l’extérieur avec leurs cheveux tombant librement.

Le vernis à ongles et les vêtements moulants sont également mal vus pour les femmes en Iran, tandis que les hommes peuvent être punis par la police de la moralité du pays s’ils portent des shorts ou se promènent torse nu en public. Le plus souvent, ils sont emmenés dans une fourgonnette de police et se voient remettre des vêtements pour se couvrir.

Hannah Lucinda Smith pour The Times

Lien de l’article en anglais:

https://www.thetimes.co.uk/article/iran-surprises-by-relaxing-islamic-dress-code-for-women-m9wmhkgl7

The Times, un journal de centre-droit, est le plus ancien des quotidiens britanniques (1785) et le plus connu à l’étranger. Il appartient depuis 1981 à Rupert Murdoch. Il a longtemps été le journal de référence et la voix de l’establishment.

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Sévère répression des marches anti-Kabila en R.D. Congo

liberation.fr

Par LIBERATION, avec AFP

Les forces de sécurité de République démocratique du Congo (RDC) ont réprimé dimanche des messes dans des églises à coups de gaz lacrymogène, et empêché des marches après l’appel des catholiques à manifester contre le maintien du président Joseph Kabila. Ces répressions ont pour l’instant fait au moins un mort.

Les autorités congolaises ont sorti l’artillerie lourde – coupure internet, déploiement sécuritaire, barrages policiers – pour étouffer les «marches pacifiques» des catholiques contre le chef de l’Etat, malgré l’appel des Nations unies et des chancelleries au respect du droit à manifester. Ces marches ont été organisées un an après la signature sous l’égide des évêques d’un accord prévoyant des élections fin 2017 pour organiser le départ du président Joseph Kabila, dont le mandat a expiré depuis décembre 2016.

A Kananga, au Kasaï, dans le centre du pays, un homme a été tué par balles par des militaires qui ont ouvert le feu sur des chrétiens catholiques en marge d’une marche anti-Kabila. A Kinshasa, au moins une quinzaine de personnes ont été blessées, selon un décompte d’une équipe de l’AFP qui s’est rendue dans plusieurs paroisses.

A lire aussi Au Kasaï, massacres à huis clos

La police a par ailleurs interpellé douze enfants de chœur catholiques à la sortie d’une paroisse du centre-ville.

A Lubumbashi (sud-est), deuxième ville du pays, deux personnes ont été blessées par balles quand les forces de sécurité ont ouvert le feu alors que les catholiques tentaient de manifester à la sortie d’une messe. La police a également utilisé des gaz lacrymogènes et des jeunes ont répliqué par des jets de pierres. Quatre véhicules ont été incendiés et des pillages commis.

«Si vous ne videz pas les lieux, j’ordonne qu’on tire sur vous»

Toute l’opposition et la société civile qui réclament le départ du président Kabila (46 ans) dès ce 31 décembre 2017 s’est jointe à l’appel de ces marches, interdite par les autorités comme les précédentes manifestations.

Dans un pays majoritairement catholique où les habitants survivent avec moins d’un dollar par jour, c’est en pleine prière au cœur des églises que les forces de sécurité ont fait irruption. «Alors que nous étions en train de prier, les militaires et les policiers sont entrés dans l’enceinte de l’église et ont tiré des gaz lacrymogènes dans l’église» où se déroulait la messe, a déclaré un chrétien de la paroisse Saint-Michel, dans la commune de Bandalungwa, dans le centre de Kinshasa. «Des gens sont tombés, les secouristes étaient en train de réanimer des vieilles dames, mais le prêtre n’a pas arrêté de dire la messe, elle s’est poursuivie avec les chrétiens qui n’ont pas fui», a affirmé Chantal, une autre paroissienne.

A Kinshasa, les catholiques du «comité laïc de coordination» ont invité les fidèles à marcher, bibles, chapelets et crucifix à la main, après la messe de ce dimanche matin. Ils demandent au président Kabila de déclarer qu’il ne sera plus candidat. Ils veulent aussi un «calendrier électoral consensuel» à la place de l’actuel, qui prévoit des élections le 23 décembre 2018 pour le remplacer, alors que son dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016.

Les autorités congolaises ont coupé l’internet «pour des raisons de sécurité d’État» avant cette marche et affirmé avoir été informé d’une «distribution d’armes» destinée à déstabiliser le régime.

Une équipe de l’AFP a en outre été menacée à Kinshasa par un officier congolais. «Si vous ne videz pas les lieux, j’ordonne qu’on tire sur vous», a lancé l’officier. «Presse ou pas, personne n’entrera. En plus vous êtes avec un Blanc, une race qui nous crée des problèmes. Si vous résistez, on va tirer», a-t-il ajouté. La correspondante de la radio française RFI a été brièvement interpellée, a encore constaté l’AFP.

LIBERATION avec AFP


En Afghanistan, Daech confirme son implantation…

la-croix.com

En Afghanistan, Daech confirme son implantation


Des assaillants déguisés en médecin ont attaqué mercredi 8 mars l’hôpital militaire de Kaboul. Daech, qui a émergé dans le pays en 2014, a revendiqué l’attentat.

Il n’y a plus beaucoup de sanctuaires en Afghanistan depuis l’émergence de Daech. Le groupe a lancé un assaut mercredi 8 mars contre le principal hôpital militaire de Kaboul avant d’ouvrir le feu sur les patients et le personnel. L’attaque, qui a pris fin après plusieurs heures de combats, a fait plus de trente morts et 66 blessés.

D’après des témoins, un kamikaze s’est d’abord fait exploser à l’entrée de l’établissement sécurisé. Profitant du chaos, trois hommes armés habillés en médecins ont ensuite pénétré à l’intérieur de cet hôpital de 400 lits situé dans le quartier des diplomates, près de l’ambassade des États-Unis.

Une série d’opérations meurtrières

L’attentat a rapidement été revendiqué par Daech qui multiplie les attaques à grande échelle depuis un an en Afghanistan. Le 23 juillet 2016, le groupe avait tué 80 personnes de l’ethnie Hazara lors d’une manifestation à Kaboul, avant de s’en prendre en novembre à une mosquée chiite de la capitale, massacrant 27 fidèles.

À lire : En Afghanistan, les pertes de l’armée ne cessent de s’alourdir

Leur dernière opération sanglante remonte au 8 février 2017, jour où huit employés du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont été assassinés dans l’Est du pays, obligeant l’organisation humanitaire à mettre entre parenthèses ses programmes.

Au contraire des talibans qui se sont souvent distanciés par le passé d’opérations susceptibles de provoquer un lourd bilan humain parmi la population, Daech frappe sans distinction civils et militaires en faisant le plus de victimes possible, avec l’intention de marquer les esprits selon une stratégie déjà utilisée au Moyen-Orient.

Daech contre les talibans

L’émergence de Daech en Afghanistan remonte à 2014, date à laquelle un taliban historique incarcéré à Guantanamo, le mollah Abdul Rauf, a fait allégeance au califat autoproclamé d’Aboubakr al-Baghdadi. Ce dernier qui a déjà séjourné dans le pays au début des années 1990 aspire à récupérer l’héritage d’Al-Qaida en Afghanistan, là, où la première génération de djihadistes arabes a combattu contre les Soviétiques.

Très vite, Abdul Rauf entraîne derrière lui des combattants talibans déboussolés par la mort du commandant historique le mollah Omar et les divisions qui surgissent lors de sa succession. Depuis l’Irak, Daech fait parvenir également de l’argent pour soutenir l’émergence de sa franchise locale.

Chassé du Helmand par les talibans, très vite privé de son chef de file Abdul Rauf tué par un drone américain, Daech est parvenu néanmoins à s’installer dans la province orientale du Nangarhar, se constituant un sanctuaire duquel il peut lancer ses attentats.

À lire : La lutte contre Daech passe par l’alliance entre l’Afghanistan et le Pakistan

Contrôlant plusieurs passages vers le Pakistan, les djihadistes peuvent imposer des taxes sur le trafic de l’héroïne, première source de financement des guérillas afghanes, au risque de se heurter violemment avec les talibans.

Au-delà du leadership sur la rébellion et des différences idéologiques, – les talibans étant essentiellement un mouvement national tandis que Daech aspire à califat étendu –, les deux groupes djihadistes s’affrontent désormais pour le contrôle de l’argent de la drogue.

Olivier Tallès


le Front National et les travailleurs…

bastamag.net

Au Parlement européen,

les votes méprisants du FN

et de Marine Le Pen

à l’égard des travailleurs

par Olivier Petitjean

Dans le cadre de la campagne présidentielle, le Front national et sa candidate Marine Le Pen cherchent à labourer les terres de la gauche en se posant en défenseurs des travailleurs et des protections sociales. Pendant ce temps, au Parlement européen, les eurodéputés frontistes montrent un tout autre visage : ils se désintéressent des accords de libre-échange et de leurs conséquences, refusent de lutter contre les délocalisations, soutiennent le « secret des affaires » qui protège les multinationales, s’opposent à l’égalité femmes-hommes au travail, freinent la prévention des cancers professionnels ou la lutte contre l’évasion fiscale. Les votes des députés d’extrême-droite démontrent qu’ils ne se préoccupent pas des intérêts des travailleurs, et ne souhaitent pas une société moins injuste.

L’affaire des « faux » assistants parlementaires du Front national au Parlement européen, qui valent aujourd’hui à Marine Le Pen une demande de levée de son immunité parlementaire, a mis en lumière combien le parti d’extrême-droite a su profiter matériellement de sa présence à Bruxelles et à Strasbourg. Avec une vingtaine de sièges d’eurodéputés remportés en 2014, le FN a mis la main sur une manne qui lui a permis de rémunérer élus et permanents. Mais qu’en a-t-il fait politiquement ?

Dans sa campagne électorale, le Front national et sa candidate Marine Le Pen cherchent à attirer le vote des travailleurs et des déçus de la gauche, en s’appropriant certains symboles comme la retraite à 60 ans. Ils ne cessent de dénoncer les délocalisations, la finance et les lobbys. L’Union européenne et la monnaie unique sont présentées comme la source exclusive de tous nos maux économiques et sociaux. Voilà pour les grands discours frontistes.

L’historique des votes des eurodéputés FN au Parlement européen raconte une toute autre histoire. Qu’il s’agisse de libre-échange, d’améliorer la sécurité des travailleurs, d’égalité professionnelle, de secret des affaires ou de droits syndicaux, les parlementaires frontistes ratent rarement une occasion de démontrer leur dédain total pour les travailleurs et leurs intérêts. Ils se montrent particulièrement actifs pour saborder les modestes efforts des parlementaires de Bruxelles pour promouvoir une Europe plus sociale. Le bilan des élus frontistes au Parlement européen met en lumière le vrai visage économique et social de l’extrême-droite : le mépris pour les salariés, français et étrangers.

Accords de libre-échange : le FN s’en moque

Premier constat : sur les grands sujets que la candidate Marine Le Pen met en avant en France pour dénoncer l’Europe et ses « diktats », comme la directive travailleurs détachés ou les accords de libre-échange type Tafta ou Ceta, les eurodéputés frontistes ne paraissent pas franchement mobilisés. Entre les discours fervents à destination des électeurs français et la réalité des votes au Parlement, c’est parfois le grand écart. Déjà, en avril 2014, lors de la précédente législature, Marine Le Pen avait choisi de s’abstenir, plutôt que de voter contre la directive sur les travailleurs détachés, malgré ses critiques virulentes contre ladite directive en France. En mars 2016, à nouveau, l’eurodéputé LR Jérôme Lavrilleux a publiquement dénoncé l’absence de l’ensemble des frontistes lors d’un débat au Parlement sur les travailleurs détachés.

Même observation en ce qui concerne les accords de libre-échange. Le 28 mai 2015, la commission « Commerce international » – dont Marine Le Pen est membre titulaire – se prononce sur le projet d’accord de libre-échange transatlantique, ce fameux Tafta que la patronne du FN ne cesse de pourfendre dans ces discours. Mais elle n’a pas jugé bon de faire le déplacement. Ni d’ailleurs son suppléant d’alors, Aymeric Chauprade. Bis repetita en janvier 2017, lorsque la commission Commerce international est saisie de l’accord de commerce entre Europe et Canada, le Ceta, qui contient les mêmes dispositions controversées que le Tafta. Marine Le Pen veut bien faire le déplacement pour voter contre le Ceta en plénière devant les caméras, mais quand il s’agit de mener les batailles concrètes en commission, elle a visiblement mieux à faire. Pendant ce temps, organisations non gouvernementales, mouvements sociaux et eurodéputés de gauche et écologistes se mobilisaient.

Lutter contre les délocalisations : Marine Le Pen s’y refuse

Toujours dans le domaine commercial, une importante bataille se livre en mai 2016 au sujet de la Chine. La Commission aussi bien que le Conseil européen envisagent alors d’accorder à la Chine le statut d’économie de marché. Cela aurait davantage ouvert les portes des marchés européens aux produits chinois, à un moment où de nombreux secteurs industriels souffrent de la concurrence chinoise et de son dumping social. Les eurodéputés votent finalement une résolution appelant la Commission à refuser à la Chine ce statut d’économie de marché. Les parlementaires frontistes se sont abstenus…

C’est encore pire en ce qui concerne les délocalisations industrielles, un autre cheval de bataille du parti d’extrême-droite en France. En octobre dernier, suite à l’annonce de la fermeture d’une usine Caterpillar en Belgique et à la menace de fermeture de l’usine Alstom de Belfort, le Parlement européen adopte une résolution sur la lutte contre la désindustrialisation en Europe. Cette fois, les eurodéputés frontistes votent carrément contre, à l’exception de Florian Philippot.

Le « secret des affaires » protégeant les multinationales : le FN vote pour

L’un des votes qui a le plus été reproché aux eurodéputés frontistes est leur soutien à la directive « secret des affaires », adoptée par le Parlement européen au printemps 2016 malgré une campagne virulente de la société civile, des journalistes et des syndicats (lire notre article). Ce texte comporte des risques graves de régression en matière de droit à l’information et expose tous ceux qui s’intéresseraient de trop près aux activités des entreprises à des poursuites judiciaires. Là encore, les invectives répétées du FN contre les lobbys et le manque de transparence des institutions européennes ne l’empêchent pas de valider un texte en contradiction flagrante avec ces beaux discours. D’autant plus que la directive a été directement inspirée par des cabinets de lobbying au service de grandes multinationales, qui ont travaillé main dans la main avec la Commission, comme l’a montré une enquête de l’ONG bruxelloise Corporate Europe Observatory. C’est peut-être pourquoi Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen et lui aussi eurodéputé, a cherché ultérieurement à prétendre, face à des journalistes, que le FN n’avait en fait pas voté pour cette directive…

Pourquoi les députés FN soutiennent-ils une telle mesure favorable aux multinationales, à leurs stratégies de contournement de l’impôt, à leurs pratiques néfastes en matière sociale ou environnementale ? Sans doute parce que le parti d’extrême droite s’accorde avec la vision du monde de certains grands groupes français qui se sentent menacés par la concurrence « étrangère ». Les révélations des Panama Papers, quelques jours auparavant, ont aussi probablement joué un rôle. Des proches de Marine Le Pen comme Frédéric Chatillon – ancien militant du groupuscule néofasciste violent Gud – et l’expert-comptable Nicolas Crochet, ont ainsi été mis en cause. Ils avaient recouru à des montages financiers « offshore » pour mettre à l’abri dans des paradis fiscaux des fonds provenant de leur société Riwal, principal prestataire du FN pour sa communication. Le but de l’opération était, selon leur propre aveu au Monde, d’« échapper à la pression médiatique ». La directive « secret des affaires » compliquera ce type d’investigations.

Renforcer le pouvoir des salariés : le FN vote contre

Malgré leur rhétorique sur les attaques contre les travailleurs, les eurodéputés frontistes ne sont pas tendres envers les syndicats. Lors du vote de la résolution du Parlement européen sur les affaires Alstom et Caterpillar, ils ont rejeté une série d’amendements visant à renforcer les droits des salariés et de leurs représentants face aux restructurations et aux licenciements boursiers, et à les associer plus étroitement à la définition des stratégies des entreprises.

Lors de l’adoption de la loi travail en France en 2016, alors même que Marine Le Pen dénonçait publiquement le texte, les sénateurs FN David Rachline et Stéphane Ravier ont cherché à y inclure en douce, avant de les retirer, plusieurs amendements visant à réduire les droits syndicaux, notamment dans les petites entreprises, et supprimer certains droits sociaux comme le compte pénibilité. De quoi ravir le patronat.

Droits des femmes et égalité au travail : le FN vote contre

La défense des droits des travailleuses et de l’égalité au travail ne semble pas compatible avec la vision du monde du Front national. Comme le rappellent l’eurodéputée socialiste Pervenche Bérès dans un petit livre, ou la journaliste Marine Turchi dans un article plus ancien pour Mediapart, les parlementaires FN s’opposent systématiquement aux efforts du Parlement européen dans ce domaine. Ils « ont voté contre les huit rapports présentés au Parlement européen depuis 2014 visant à renforcer les droits des femmes, écrit Pervenche Bérès. Ils sont opposés au congé maternité harmonisé à 20 semaines partout en Europe et rémunéré à 100 % ; ils sont contre un salaire égal entre les femmes et les hommes à compétences égales. » L’eurodéputé frontiste Dominique Martin a défendu en séance la « liberté des femmes de ne pas travailler » et de « s’occuper de leur foyer », à laquelle il faudrait accorder selon lui une importance au moins égale à celle de l’égalité salariale.

Prévenir les cancers professionnels : le FN vote contre

Le Front national est tout aussi absent sur les questions de santé et de sécurité au travail. Une proposition de directive sur les cancers au travail est actuellement en cours de discussion au Parlement. Les eurodéputés de la commission Emploi ont souhaité renforcer la proposition très faible élaborée par la Commission (lire notre article), en fixant des seuils d’exposition plus stricts et en incluant de nouvelles substances dans la liste des produits potentiellement toxiques. Les deux députés FN qui siègent dans cette commission, Dominique Martin et Joëlle Ménil, sont parmi les rares à s’y être opposés. On verra quelle sera leur attitude lors du vote en plénière.

Lutter contre l’évasion fiscale : le FN vote contre

Une grande partie des votes négatifs des eurodéputés FN contre des mesures visant à défendre les travailleurs et les classes défavorisées semblent motivés par le refus de toute avancée sociale dès lors qu’elle se situe au niveau européen. Ils rendent Bruxelles et l’euro responsables de la détresse sociale que connaissent de nombreux Français, mais contribuent dans le même temps à bloquer toutes les tentatives d’atténuer le carcan néolibéral qui pèse aujourd’hui sur l’Europe.

Quand bien même ils ne cessent de dénoncer l’évasion fiscale des multinationales – du moins quand elles sont états-uniennes –, ils ont refusé de voter en faveur d’une résolution du Parlement, adoptée en décembre 2015, sur la lutte contre l’évasion fiscale en améliorant « la transparence, la coordination et la convergence des politiques en matière d’impôts sur les sociétés au sein de l’Union ». Explication de ce refus ? Cela risquait d’encourager une évolution vers une « union fiscale ».

Socle européen des droits sociaux : le FN vote contre

En janvier dernier, ils ont tous voté contre la proposition de créer un « socle européen des droits sociaux ». Ce socle est destiné à compléter l’architecture européenne et à lutter contre le dumping social en formalisant un seuil minimal de droits sociaux en deçà desquels les États membres ne devraient pas descendre. Les parlementaires frontistes considèrent qu’il s’agit d’une atteinte inacceptable à la souveraineté nationale.

De manière similaire, ils ont voté en septembre 2016 contre une résolution du Parlement européen sur la lutte contre le dumping social en Europe, au motif que la seule et unique solution à ce problème était selon eux de supprimer la directive sur les travailleurs détachés [1]. Ils refusent donc de s’associer de quelque manière que ce soit aux efforts mis en œuvre par le Parlement européen pour l’améliorer. Il est vrai que de nombreuses voix à gauche sont sceptiques sur ces efforts, mais c’est surtout en raison de l’opposition des pays d’Europe de l’Est, et non par refus de principe d’une action à l’échelle européenne.

Toujours selon la même logique, les eurodéputés FN « ont voté contre la proposition d’un registre commercial transparent et accessible de toutes les entreprises de l’Union ; contre, encore, la création d’une agence européenne du transport routier, chargée de faire appliquer correctement la législation de l’Union et de promouvoir la coopération entre tous les États membres sur ces questions », rappelle encore Pervenche Bérès. Pour le FN, visiblement, mieux vaut pas de solution qu’un début de solution européenne.

Olivier Petitjean

NOTE : Cet article a été amendé le vendredi 21 avril pour donner les références des absences de Marine Le Pen en commission Commerce international, et préciser qu’elle a bien fait le déplacement pour voter en plénière contre le Ceta.


Marine Le Pen et la frontière de l’indécence

lemonde.fr

Marine Le Pen et la frontière

de l’indécence


Editorial. En exploitant électoralement, lundi, les attentats qui ont eu lieu en France, la chef du Front national a franchi une « ligne rouge d’ordre moral ».

Editorial du « Monde ». La question est simple : peut-on dire n’importe quoi, aller jusqu’au propos le plus indigne, dans une campagne électorale ? La réponse, hélas, est connue : oui. Toutefois, dans la plupart des ­démocraties qui ont été victimes du terrorisme islamiste, les candidats sérieux, quand ils abordent ce sujet, observent une limite. On ne récolte pas de voix sur le dos des morts. C’est une sorte de ligne rouge d’ordre moral – et qui préserve l’avenir. Cette ligne rouge, la chef du Front national (FN), Marine Le Pen, vient de la franchir.

Lire aussi :   En vue du premier tour, Marine Le Pen mise tout sur le discours anti-immigration

Aux Etats-Unis, au lendemain des attentats de 2001, au tout début de la présidence du républicain George W. Bush, aucune personnalité démocrate ne s’est autorisée à exploiter politiquement la tragédie.

Dans les mois qui ont suivi, alors que le Congrès enquêtait sur les défaillances de la sécurité dans cette attaque, aucun démocrate n’a même songé à critiquer l’administration républicaine sur le thème : « Avec nous, ça n’aurait pas eu lieu. » Pourtant, les services de sécurité de Bill Clinton avaient laissé à son successeur un dossier estampillé « Ben Laden », prévenant que son groupe, Al-Qaida, cherchait à perpétrer des attentats sur le territoire américain.

Au Royaume-Uni, au lendemain des attentats de Londres en juillet 2005, qui firent 56 morts, le débat est vif. L’engagement en Irak du premier ministre, le travailliste Tony Blair, est critiqué, de même que la passivité de services secrets visiblement pris de court. Mais pas un responsable conservateur ­sérieux n’a osé prétendre qu’un gouvernement tory aurait empêché les attentats.

Sens des responsabilités

On peut avancer que certains d’entre eux auraient peut-être pu être évités – on l’a entendu en France au lendemain de la tuerie de Nice, le 14 juillet 2016 –, jamais le garantir. La nature du risque terroriste est d’être relativement imprévisible. Elle interdit à tout candidat à un mandat public de prendre l’engagement qu’il ou elle empêchera le terrorisme islamiste. A posteriori, elle interdit d’exploiter électoralement les victimes de ce type d’attentats. C’est affaire de décence et de sens des responsabilités.

Pas pour Mme Le Pen, qui a déclaré, lundi soir : « Avec moi, il n’y aurait pas eu de Mohamed Merah, français grâce au droit du sol. » Propos absurde, sauf à laisser entendre qu’elle est prête à priver de leur nationalité des centaines de milliers de Français dont les parents sont d’origine étrangère.

« Avec moi, il n’y aurait pas eu » les attentats du ­Bataclan et du Stade de France, a-t-elle poursuivi, parce que les terroristes « ne seraient pas entrés dans notre pays » – faux, là encore, parce que les policiers eux-mêmes reconnaissent que la frontière franco-belge, Schengen ou pas Schengen, n’a jamais été hermétique. Peut-on jouer ainsi, à des fins électorales, avec la mémoire des morts ?

La présidente du FN a promis un moratoire « total, immédiat sur toute l’immigration légale » au lendemain de son élection, le temps de revoir la législation.

Lire aussi :   Pour François Fillon, le moratoire de Marine Le Pen sur l’immigration n’a « aucun sens »

De retour d’une visite dans leur pays, hommes d’affaires, scientifiques, étudiants, infirmiers et médecins faisant tourner nos hôpitaux publics, ouvriers et employés aux tâches les plus ingrates, tous ces étrangers, qui sont partie intégrante de la France de 2017, ne pourraient y entrer de nouveau… Donald Trump s’est essayé à pareille démagogie, la justice américaine lui a barré la route. Mais, dans ce style-là, rien n’arrête Mme Le Pen.


Camouflet à Donald T, président des États-Unis…

liberation.fr

Donald Trump retire son projet

de réforme de santé

et d’abrogation de l’Obamacare

Par AFP

Le président Donald Trump a subi une lourde défaite politique après avoir demandé aux républicains de retirer le projet phare de réforme du système de santé, faute de majorité, selon une source au Congrès.

Le président de la Chambre des représentants et chef de file des républicains Paul Ryan «a parlé au président à 15 heures aujourd’hui et le président a demandé à (Paul Ryan) de retirer le projet de loi», a affirmé cette source.

Le retrait de ce qui a été l’une des principales promesses de la campagne présidentielle représente un énorme échec personnel pour Donald Trump, qui a bâti une bonne partie de son image sur ses talents de négociateur.

Il a mis tout son poids dans la balance, se rendant même personnellement au Congrès et passant d’innombrables coups de fil pour tenter de convaincre les républicains frondeurs pour qui la loi va, soit trop loin dans le démantèlement de la législation phare de l’ex-président Barack Obama soit pas assez, comme c’est le cas des ultra-conservateurs du Freedom Caucus.

La mine sombre, Sean Spicer, porte-parole de la Maison Blanche, avait à son point presse clairement laissé entendre que l’exécutif se préparait à un revers. Donald Trump «a fait tout ce qui était possible» pour que la loi passe, avait-il affirmé.

Les 430 membres de la Chambre des représentants (193 démocrates et 237 républicains) devaient voter peu après 19H30 GMT. Mais le nombre de républicains ayant annoncé leur opposition dépassait la trentaine, ce qui assurait une défaite, la minorité démocrate étant totalement opposée.

AFP


Conditions des demandeurs d’asile en Italie…

meltingpot.org

Efiubò : les demandeurs d’asile en Italie peuvent travailler, voyager, étudier….?

L’absence d’une loi sur l’asile en Italie engendre un état de confusion et d’incertitude. Dans cet épisode de Efiubò, l’avocat de l’Association d’études juridiques sur l’immigration Loredana Leo donne des réponses aux questions que nous avons recueillies à propos des droit des demandeurs d’asile et des réfugiés.

D. J’ai demandé l’asile politique et après avoir reçu un refus, j’ai déposé un recours. Alors que j’attends le résultat de l’application qu’est-ce que je peux faire ? Est-ce que je peux aller à l’école ? Est-ce que je travailler ? Est-ce que je obtenir des soins auprès de la santé publique ?

Vous pouvez travailler seulement six mois après la présentation de la demande d’asile. Souvent cependant, l’employeur conteste que dans votre permesso di soggiorno il n’y a pas le mot « travail » mais seulement le mot « demandeur d’asile ». Dans ce cas vous pouvez contacter un avocat qui peut demander à la police d’ajouter le mot « travail » sur votre permesso. Vous pouvez suivre des cours de formation reconnu par l’État italien, vous avez la possibilité de vous inscrire aux services de santé régional et profiter de tous les soins offerts par le service.

Est-ce qu’il y a de programmes de formation gratuites pour les réfugiés politiques ?

Très souvent, il y n’a pas de cours spécifiques pour les réfugiés, mais le conseil c’est de chercher s’il y a des financements public pour participer à des stages.

Est-ce que c’est possible de créer une section spécifique auprès de la Cour d’appel civil réservée aux réfugiés ?

L’avis des ASGI c’est que, en Italie, plutôt que créer une section spécifique, il serait nécessaire s’engager dans la formation des juges, des interprètes ou d’autres outils qui peuvent faciliter la procédure de la demande d’asile.


Comment pouvons-nous faire et qui nous pouvons nous saisir pour donner renseignements réelles sur la situation politique de notre pays face à la Commission et au tribunal ?

La Commission et la Cour doivent examiner la situation de votre pays d’origine, mais le conseil c’est de faire des recherches individuelles et d’amener les résultats de vos recherches à la Commission, ou de les remettre à votre avocat, puis de les rendre disponibles à la Cour.


Combien de fois je peut présenter un recours contre un refus de la Commission ?Est-ce que je dois toujours payer l’avocat ?

Trois fois. S’il y a un refus de la Commission c’est possible de le contester devant le tribunal civil. Si l’avis de la Cour est négatif, vous pouvez déposer une plainte auprès de la Cour d’appel et si même si la Cour d’appel donne un avis négatif, vous pouvez aller à la Cour de Cassation.
Pour le paiement de l’avocat, très souvent, les coûts sont supportés par l’État, mais il peut arriver que, le conseil de l’ordre des avocats ne permette pas de l’aide. Dans ce cas les migrants eux-mêmes doivent payer les dépenses.

Pourquoi les personnes qui ont un permesso di soggiorno pour des raisons humanitaires ne peuvent pas demander la réunification familial tandis que le personnes qui ont l’asile peuvent le demander ?

Parce qu’il s’agit d’une disposition de la loi. L’article consolidé 29 de la Loi sur l’immigration (testo unico sull’immigrazione) exclut la possibilité de demander la réunification pour les titulaires d’un permis de séjour pour des raisons humanitaires.

Combien de fois peut-on renouveler la protection subsidiaire et humanitaire ?

Il n’y a aucune limite au renouvellement. Le problème c’est que très souvent il faut beaucoup de temps pour obtenir le renouvellement. Officiellement la durée devrait être de vingt jours, mais souvent il faut beaucoup plus de temps. Si au bout de deux ou trois mois, vous n’avez pas reçu de réponse, vous devriez consulter un avocat.

Comment puis-je travailler hors de l’Italie si je suis réfugié en Italie ?

À l’heure actuelle la seule option c’est de demander l’autorisation au ministère compétent du pays étranger où d’aller dans les consulats de ce pays en Italie. Je vous rappelle que le 20 mai 2013 prendra effet la directive européenne qui donne aux titulaires d’une protection internationale (statut de réfugié ou protection subsidiaire) la possibilité d’avoir la Carta di Soggiorno, papier qui permet de vous déplacer librement dans la quasi-totalité des pays de l’Union européenne. Pour demander la Carta di Soggiorno en Italie il faut être conformes à certaines prescriptions, comme, par exemple, la présence pendant au moins cinq ans sur le territoire italien.

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