Appel au rassemblement devant l’ambassade du Maroc à Paris : pour les libertés démocratiques au Maroc

Appel à rassemblement le 28 février 2019 à 18h30 devant l’ambassade du Maroc à Paris, soutenu par la LDH

Nous, organisations démocratiques marocaines en Europe, sommes scandalisées par le sabotage de la conférence qu’organisait l’Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM) à Paris, le vendredi 15 février, sur la liberté de la presse au Maroc.
Nous considérons que cet acte, prémédité et accompli par une quinzaine de nervis téléguidés, est destiné à bâillonner les voix qui œuvrent pour un Etat démocratique au Maroc.
Nous déclarons haut et fort notre détermination à aller de l’avant. Nous ne céderons jamais à la violence et à l’intimidation des ennemis de la démocratie et des libertés.
Pour exprimer notre indignation et dénoncer cet acte qui nous rappelle les années de plomb, nous appelons à un rassemblement de protestation devant l’Ambassade du Maroc à Paris.
Nous invitons tou-te-s les démocrates épri-se-s de liberté à se joindre à nous pour qu’ensemble nous faisons barrage à ces méthodes barbouzardes et fascisantes d’un autre temps.

Rendez-vous le jeudi 28 février 2019 à 18h30, devant l’ambassade du Maroc
5, rue le Tasse
75016 Paris
Métro : Trocadéro (ligne 9)

Signataires : Asdhom, AMF, ATMF, AMDH-Paris/IDF, TAMAYNUT, FMVJ-France, APADM, PSU-France, Voie
démocratique (Europe), PADS, FCSMR-France
Soutiens : CRLDHT, Mrap, LDH, ATF, PTT, FPT, AFAPREDESA, FTCR, UTAC, ACDA, IST, Ensemble !, FEMED, Femmes plurielles, Cedetim/IPAM, Fasti, NPA, Acort, PIR, ADTF, CSMRP,
Solidaires, PCF

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L’éditorial de Malik SALEMKOUR, président de la LDH

Ce que révèle la situation du migrant

La crise de l’accueil des migrants est mondiale, des États-Unis à l’Amérique latine, du Proche-Orient à l’Afrique, en passant par l’Europe. Partout, ces flux migratoires sont traités par chaque pays dans leurs seuls effets, sans appréciation globale ni action internationale sur leurs causes structurelles, multiples et interdépendantes. Les guerres, le terrorisme, les régimes totalitaires prospèrent sur la misère, sur des territoires surexploités et corrompus, sur les concurrences exacerbées, sur les pénuries d’eau et de terres vivables. Les dérèglements climatiques exacerbent ces tensions. Ces violences et ces injustices rendent la distinction entre réfugiés et migrants économiques sans objet. C’est, pour tous, une question de survie et l’espoir d’un futur en paix.

Ces étrangers qui, au péril de leur vie, frappent aux portes de l’Europe et de la France, sont pourtant indésirables au lieu d’être accueillis comme réfugiés en demande de protection. L’extrême droite en saisit l’opportunité pour diffuser sa haine, alimentant une xénophobie et un nationalisme identitaire pervers, distillant bien au-delà de ses rangs l’idée qu’ils seraient coupables de tous les maux. Les pires amalgames sont faits avec le terrorisme et l’insécurité. Ils seraient une menace culturelle, inassimilables, trop nombreux, la cause même du racisme, et non les victimes, et pèseraient sur les systèmes de protection sociale comme sur les acquis sociaux. Autant de raisonnements et de peurs infondés, qui confortent des réponses d’exclusion et de fermeture, dans un entre-soi mythifié et illusoirement protecteur.

Ces logiques à l’œuvre sont un poison qui construit, autant qu’un mur, un « eux » et « nous », renforçant à l’extérieur un sentiment d’abandon de pays riches égoïstes et fragilisant à l’intérieur l’unité nationale par les confusions induites avec les immigrés réguliers et leurs descendants, souvent français.

Les réformes successives des lois sur l’immigration façonnent un droit des étrangers de plus en plus spécifique, restrictif et dérogatoire au droit commun. Les objectifs sont clairs : limiter l’accueil et le séjour par tout moyen et favoriser les expulsions du territoire. Ainsi, l’accès aux droits d’asile ou au séjour est constamment rendu plus difficile, les pouvoirs administratifs renforcés avec une justice marginalisée et devenue d’abattage par des procédures dématérialisées inadaptées, les droits

au recours limités, la protection des mineurs bafouée par l’enfermement en rétention jusqu’à la remise en cause du droit du sol. Autant d’injustices et d’arbitraires qui révoltent nombre de citoyennes et citoyens solidaires, face auxquels l’État répond en les traitant en délinquants.

Or, ce sort réservé aux étrangers se révèle être un laboratoire du recul des droits fondamentaux qui touche progressivement toutes et tous. Notre démocratie et l’État de droit vacillent. C’est ainsi une société de surveillance généralisée qui se met en place, restreignant chaque jour plus nos libertés. C’est la marginalisation des juges au profit de l’administration et du ministère de l’Intérieur, de moindres possibilités de recours et des peines automatiques. Un régime policier se dessine avec des contrôles au faciès et des discriminations en raison d’une origine, d’une religion réelle ou supposée, qui minent notre cohésion nationale.

Cette spirale infernale est mortifère, avec le risque de tensions croissantes. Elle n’est pas inéluctable dès lorsqu’on se refuse de céder aux chimères sécuritaires pour avancer des réponses de justice, d’égalité et de solidarité. Moins démagogiques, elles sont à la fois plus ambitieuses et gages de progrès, d’emploi et de prospérité.

Elles obligent à repenser le monde et à bâtir un avenir commun durable et de paix. Elles s’appuient sur la prise de conscience mondiale de l’impasse d’un système économique ultralibéral financiarisé qui menace la planète, affaiblit les peuples, les dispositifs sociaux et accroît les inégalités. La lutte contre le réchauffement climatique offre l’occasion de changer de modèle, plus économe en ressources, mieux assis sur les potentiels des territoires comme plus solidaire. De nombreuses expériences apparaissent, qui en montrent la viabilité et l’intérêt économique et environnemental.

L’accueil des migrants s’inscrit alors dans de nouvelles perspectives, positives pour le futur de l’humanité tout entière. La solidarité nécessaire devient un investissement d’avenir dans lequel la liberté de circulation devient un levier du progrès, ressourçant en même temps l’universalité et l’indivisibilité des droits.


Cent ans d’hypocrisie

politis.fr

par Pouria Amirshahi

Le centenaire de l’armistice de 1918 ne doit pas faire oublier que, derrière les discours de paix, la compétition absolue n’a pas cessé.

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Il y a cent ans, au faîte de sa puissance militaire et industrielle, la vieille Europe entreprit de s’autodétruire. L’ombre du Vieux Monde (le vrai) qui s’écroule en 1918 se projette encore jusqu’à nous, comme un mort-vivant.

L’ancienne prétention impérialiste des États européens à occuper tous les espaces terrestres et maritimes connus, et à organiser entre eux la compétition – jusqu’à la guerre – pour en être la puissance dominante, laisse encore ses traces qui n’en finissent pas de pourrir le monde et surtout les femmes et les hommes qui y vivent, d’abord dans les États d’Afrique (conférence de Berlin, 1885) et d’Orient (le soi-disant Levant issu des accords Sykes-Picot en 1916). Des murs artificiels – « frontières » – ont été érigés entre les peuples – et parfois au milieu des peuples – par les Européens… qui en ont décrété l’intangibilité.

Depuis quatre ans, un peu plus que d’habitude, nous avons eu droit à beaucoup de poncifs. Certes, on oublie moins qu’autrefois ce que la France doit aux soldats de ses colonies, enrôlés de force ou par des promesses jamais tenues (cela se reproduira en 39-45), on évoque le massacre des innocents perpétrés par des généraux arrogants, la lâcheté de la plupart des parlementaires soumis aux marchands d’armes. On a même pu entendre l’évocation des mutins de Craonne. Mais la version officielle de l’État ne retient guère, au fond, toutes ces trahisons infligées à la République. Le « périple mémoriel » mis en scène par Emmanuel Macron, s’il a l’avantage de ne pas s’en tenir au culte d’une mémoire militaire malvenue, est surtout hypocrite, et le parterre qui sert de vitrine à la concorde internationale, avec notamment la présence de Trump et de Poutine – grands pacifistes – à la cérémonie du 11 novembre, ne saurait tromper notre jugement.

Derrière les discours de paix, la compétition absolue n’a pas cessé, incluant désormais des multinationales privées. On espionne et contre-espionne. On invente et vend des armes toujours plus meurtrières qui perpétuent les boucheries d’antan : larmes de crocodile à Verdun, contrats juteux à Ryad… On perpétue aussi la modernité européenne et son modèle économique carboné, destructeur de la nature et qui nous laisse encore des milliards de particules dans les airs (lire notre nouvelle rubrique ici). Confrontés autrefois au socialisme, aujourd’hui à l’écologie, des dirigeants d’entreprise s’accommodent de plus en plus de pouvoirs autoritaires, quand ils ne les financent pas carrément ; ces tentations (néo)fascistes s’appuient aussi sur des fractions abandonnées du peuple et reprennent une option sur le monde, depuis le Brésil ou la Hongrie, l’Italie ou les États-Unis. La dictature chinoise et l’autocratie russe ne sont pas en reste…

La Société des Nations issue du désastre de la Grande Guerre fut incapable de réguler les intérêts étatiques divergents, spectatrice de toutes les défaites morales qui suivirent. L’ONU aujourd’hui reste certes le moins mauvais garant de la paix, mais que faire quand reprend le jeu des alliances et du bilatéralisme tous azimuts, dont Donald Trump a fait sa méthode diplomatique au service exclusif des intérêts économiques des grosses entreprises de son pays ?

L’Europe a certes fait du chemin depuis en trouvant sa paix intérieure. On ne se fait plus la guerre, mais on se concurrence toujours (l’arme est fiscale) et les salariés sont trop souvent la variable d’ajustement. Le travail détaché nous l’a montré. Surtout, par la cohorte de précaires et chômeurs que génère son modèle économique, l’Europe nourrit la bête qui n’était pas totalement morte. Invoquer le refus du national-populisme, comme le fait Emmanuel Macron, quand dans le même temps on l’alimente par l’accentuation inouïe des inégalités, ne ressemble pas à la sagesse de celui qui retient les leçons, mais plutôt au cynisme de l’apprenti sorcier.

La « nuée qui porte l’orage » qu’avait vue Jaurès plane toujours au-dessus de nos têtes. Sortir de la barbarie aurait sans doute été l’enjeu fondamental de cette commémoration. Proposer une feuille de route pour une nouvelle étape de civilisation humaine, et a minima un nouveau cours européen, voilà un devoir digne pour qui préside la République française. Au lieu de cela, Emmanuel Macron propose aux Européens une « paix armée » aux relents de guerre froide et se pose en sauveur d’une démocratie qui s’empoisonne elle-même. Au fond, il perpétue le monde des morts-vivants.

• Lire aussi sur Politis.fr l’analyse de Denis Sieffert sur les élections de mi-mandat aux États-Unis.


Arabie saoudite. Peine de mort requise contre cinq militantes des droits de l’homme


Cinq militantes des droits de l’homme détenues en Arabie saoudite encourent la peine de mort. La monarchie absolue mène une forte répression contre les dissidents.

La peine de mort a été requise contre cinq militantes des droits de l’homme en Arabie saoudite, ont annoncé Human Rights Watch (HRW) et plusieurs groupes de défense.

Parmi les détenues figure Israa al Ghomgham, militante musulmane chiite de premier plan qui a rassemblé des informations sur les manifestations de masse qui ont eu lieu dans la province Orientale à partir de 2011. Elle a été arrêtée chez elle en décembre 2015 avec son mari.

Elle pourrait être la première femme à être condamnée à la peine capitale pour son activité relative aux droits de l’homme.

Elle est notamment accusée d’incitation à manifester et d’avoir apporté un soutien moral à des émeutiers.

Répression

L’Arabie saoudite, monarchie absolue sunnite où les manifestations publiques et les partis politiques sont interdits, a adopté ces dernières années des réformes sociales et économiques de grande envergure sous la houlette du jeune prince héritier Mohamed ben Salman (MBS).

Mais ces réformes sont accompagnées d’une répression contre les dissidents. Des dizaines de religieux, d’intellectuels et de militants ont été arrêtés cette année, dont des femmes qui avaient fait campagne pour le droit de conduire dans ce pays musulman profondément conservateur.

Or, les femmes se sont vus récemment accorder le droit de passer leur permis de conduire.

« Toute exécution est effroyable, mais demander la peine de mort pour des militantes comme Israa al Ghomgham, qui ne sont même pas accusées de comportement violent, est monstrueux », a déclaré mercredi Sarah Leah Whitson, directrice de HRW au Moyen-Orient.

ALQST, un groupe saoudien de défense des droits de l’homme basé à Londres, a rapporté la décision concernant Israa al Ghomgham au début de la semaine.


Comment la France va-t-elle choisir les 60 migrants qu’elle s’est engagée à accueillir ?

Par Emma Donada

Question posée par Babette le 15 août 2018

Bonjour,

Nous avons raccourci votre question initiale : «Comment la soixantaine de réfugiés de l’Aquarius que la France accepte de recevoir sera-t-elle «triée» et que vont devenir ceux qui seront refusés ?»

Afin de mettre un terme à l’errance de l’Aquarius, le navire affrété par SOS Méditerranée et bloqué en mer avec 141 migrants à bord depuis vendredi, plusieurs pays européens sont parvenus à un accord mercredi 14 août : contre l’accueil de l’Aquarius à Malte, ils se sont engagés à prendre en charge un certain nombre de migrants débarqués sur l’île.

L’Espagne s’est engagée à accueillir 60 des 255 personnes secourues ces derniers jours (141 personnes à bord de l’Aquarius, et 114 personnes d’un navire maltais), l’Allemagne 50, le Portugal, 30, et le Luxembourg, 5. L’Elysée a annoncé de son côté que la France accueillerait 60 migrants. Vous nous interrogez sur la façon dont ces personnes seront «triées».

Contacté par CheckNews, Pascal Brice, le directeur général de l’Office français des réfugiés et apatrides (OFPRA) préfère parler d’«identification». Le seul critère retenu pour être accueilli est de relever du droit d’asile. Une dizaine d’officiers de l’OFPRA doit arriver ce jeudi 16 août à Malte pour entendre les personnes concernées. Elles devront raconter leur parcours, afin de «faire valoir le danger» qui les a poussées à partir.

«Ce sont des entretiens tout à fait comparable avec ceux qui se font en France», précise-t-il. Avec en plus, «les précautions qui conviennent» pour un public particulièrement bouleversé après le sauvetage.

Une fois les 60 personnes «identifiées», elles seront accueillies en France, avec la garantie de recevoir une protection en tant que réfugié (ou une protection subsidiaire), et un titre de séjour. «Même si administrativement ils devront repasser en préfecture, la décision de l’OFPRA est acquise» puisque l’instruction aura déjà été «faite sur place», explique Pascal Brice.

Interrogé sur le nombre de personnes potentiellement recevable, Pascal Brice est confiant: «tout montre que nous n’aurons pas de problème à trouver les soixante personnes», notamment en raison de leur nationalité, majoritairement érythréenne et somalienne. Il s’agit de la cinquième opération de ce type menée par l’OFPRA depuis juin.

Cordialement

Emma Donada


Après le discours de Donald Trump : Une volonté de guerre.

politis.fr

par Denis Sieffert

En dénonçant l’accord sur le nucléaire iranien, le Président américain pratique la politique du pire.

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En dénonçant de la façon la plus dure qui soit l’accord sur le nucléaire iranien, Donald Trump a sans doute montré ses véritables intentions. Pour le Président américain, il ne s’agit pas seulement d’empêcher l’Iran d’accéder au nucléaire militaire, mais de déstabiliser le régime des mollahs. Il pratique pour cela la politique du pire. Il espère secrètement que Téhéran reprendra rapidement sa course à l’arme atomique pour justifier des frappes sur les sites sensibles, voir plus. Trump veut créer les conditions d’une confrontation directe. C’est sans doute ce qui a échappé à Emmanuel Macron dans sa vaine tentative de convaincre le Président américain de négocier une extension de l’accord de Vienne de 2015. Il n’y a pas de conditions qui puissent satisfaire Washington, parce que l’objectif véritable est l’affaiblissement, voire la chute du régime iranien, d’abord par l’aggravation des sanctions économiques et, in fine, par la guerre. L’ironie de l’histoire, c’est que le renforcement de l’influence iranienne dans la région doit beaucoup aux États-Unis. C’est en effet l’offensive de mars 2003 contre l’Irak qui a contribué à installer à Bagdad un gouvernement chiite pro-iranien. Par son intervention en Syrie, l’Iran a ensuite sauvé un régime qui lui est favorable.

Au total, en quinze ans, l’Iran est parvenu à établir une continuité territoriale de Téhéran à la Méditerranée. Et sa position s’est trouvée encore renforcée, le 6 mai, par le succès du Hezbollah et de ses alliés du mouvement chiite Amal aux élections législatives au Liban. Ces gains d’influence expliquent en partie la violence de la guerre livrée au Yémen par l’Arabie saoudite, avec des armes occidentales, contre les rebelles houthis pro-Iraniens. Pour les États-Unis, c’est une puissance régionale en pleine expansion qu’il faut d’urgence briser. Il y a donc un abîme entre Washington et les autres signataires de l’accord de Vienne. Les Européens, les Russes et les Chinois défendent un texte spécifiquement destiné à la question nucléaire. Pour les États-Unis, il s’agit d’une remise en cause globale de l’influence iranienne au Moyen-Orient. C’est aussi la stratégie de l’Arabie saoudite et d’Israël.

Cette affaire démontre une fois encore le poids du lobby pro-israélien sur la politique américaine. La droite israélienne rêve depuis plusieurs années déjà d’entraîner les États-Unis dans une guerre contre l’Iran. Israël se chargerait alors de mener une offensive de grande envergure sur le Liban pour détruire le potentiel militaire du Hezbollah. La plupart des raids conduits par l’aviation israélienne au cours des derniers mois en Syrie y préparaient en visant significativement le Hezbollah ou des milices iraniennes. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, et les colons ont fait, mardi, un pas vers leur objectif d’un embrasement généralisé de la région. On ne dira jamais assez que le but est d’anéantir toutes les forces qui pourraient potentiellement faire obstacle à la liquidation, au moins politique, de la question palestinienne. Ce sont ces stratégies mortifères qui se dessinent derrière la décision de Donald Trump.

Pour l’heure, l’une des inconnues de la situation nouvellement créée est la capacité de résistance des Européens. Federica Mogherini, la responsable italienne de la diplomatie européenne, a affirmé mardi que la communauté internationale continuerait d’appliquer l’accord. Mais cette affirmation de principe risque de trouver rapidement ses limites. Les Européens résisteraient-ils longtemps si Washington appliquait des sanctions aux entreprises non-américaines qui continueraient d’intervenir en Iran ? On peut en douter. Et surtout, les Européens, à l’instar de la France, disent vouloir poser à l’Iran de nouvelles conditions au prétexte de sauver l’accord. C’est la position d’Emmanuel Macron (voir notre éditorial dans Politis n°1500). L’étau se resserrerait alors un peu plus sur l’Iran. Le Président iranien, Hassan Rohani, tente pour l’instant de déjouer le piège qui lui est tendu. Il a indiqué qu’il n’entendait pas relancer immédiatement l’enrichissement de l’uranium, afin de sauver l’accord de Vienne. Mais de nouvelles conditions posées par les Européens rendraient rapidement sa position intenable. Certes, le pire n’est jamais sûr, mais Donald Trump et ses alliés israéliens et saoudiens nous en rapprochent dangereusement.


La note sociale est une réalité glaçante en Chine…

huffingtonpost.fr

En Chine, les personnes avec une faible « note sociale » ne pourront plus prendre l’avion ou le train


CHINE – Mal garer un vélo, fumer dans un espace public, être grossier… Ces incivilités font baisser la « note sociale » attribuée à chaque citoyen chinois, et pourront bientôt en empêcher certains de prendre le train ou l’avion. La Chine a annoncé qu’elle allait commencer à appliquer, à partir du mois de mai, de (nouvelles) restrictions pour les personnes avec une « note sociale » basse, annonce Reuters le 16 mars.

Depuis 2014, le pays travaille sur un système de notation des citoyens qui sera complètement opérationnel et obligatoire en 2020. La note sera attribuée en fonction du comportement, du casier judiciaire, mais aussi de la situation financière, de la civilité – des opinions politiques – et globalement de tous les faits et gestes. Dans moins de deux mois, les personnes qui auront une note trop basse seront ainsi interdites d’avion ou de train.

Depuis plusieurs années déjà, le gouvernement du désormais indéboulonnable Xi Jinping, limitait les déplacements des citoyens trop endettés. Le choix des restrictions se base sur une liste noire des « débiteurs » établie par la Cour populaire suprême en 2013. Selon Reuters, les personnes figurant dans la liste peuvent voir leur accès restreint dans les hôtels de luxe ou la fréquentation de clubs de golf. Ou encore rencontrer des difficultés pour inscrire leurs enfants dans des écoles cotées, faire des achats en ligne ou faire une demande carte de crédit.

Désormais, les petites incivilités pourront aussi faire descendre la note des personnes concernées. L’accès limité aux transports n’est que la dernière sanction en date, indique The Verge, parmi d’autres déjà imposées à plus de sept millions de Chinois.

Sanctionnés pour des excuses « pas sincères »

Il est très simple de voir sa note descendre en flèche. Peuvent perdre des points les citoyens qui ont donné de « fausses alertes sur le terrorisme », causé des « problèmes » sur des vols, utilisé des billets de trains expirés, fumé dans un espace public, mal garé leurs vélos ou qui ont présenté des excuses qui ne sont pas jugées « sincères ».

« Les autorités gouvernementales chinoises espèrent clairement créer une réalité dans laquelle les mesquineries bureaucratiques pourraient considérablement limiter les droits des personnes. À mesure que le pouvoir du président Xi Jinping prendra de l’ampleur et que le système approche de sa pleine mise en œuvre, d’autres abus viendront », assénait Maya Wang de l’ONG Human Rights Watch.

Ce système de notation est au cœur de l‘intrigue d’un épisode de la série « Black Mirror », « Chute libre », dans lequel les citoyens se notent entre eux. Ceux qui ont de mauvaises notes finissent en marge de la sociétés, parias.

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