Amazonie: Bolsonaro répond à la pression internationale

liberation.fr

Par Chantal Rayes, correspondante à São Paulo

Rien ne va plus entre Paris et Brasília. La Folha de São Paulo, premier titre du pays, évoque la crise bilatérale la plus grave en soixante ans, après la passe d’armes entre Emmanuel Macron et Jair Bolsonaro, autour des incendies qui ravagent l’Amazonie. Le président français a accusé son homologue brésilien de lui avoir «menti», en promettant, lors du G20 d’Osaka, de respecter les engagements du Brésil inscrits dans l’accord de Paris sur le climat, en échange d’un aval européen – plus que jamais compromis – à un traité de libre-échange UE-Mercosur. Une extrémité verbale qui en dit long sur la perte de prestige du Brésil sur la scène internationale, depuis l’arrivée au pouvoir du leader d’extrême droite, en janvier. Lequel a accusé son homologue français de faire montre d’une «mentalité colonialiste», en mettant au menu du G7 la question de l’Amazonie «sans la participation» des neuf pays du bassin amazonien, dont 60% se trouve au Brésil. Grossier comme son président de père, le député Eduardo Bolsonaro, qui brigue le poste d’ambassadeur à Washington, a pour sa part relayé une vidéo où un locuteur traite Macron d’«idiot».

Selon des sources diplomatiques citées par la Folha, Brasília s’apprêterait même à rappeler son ambassadeur en France, pour consultations, alors que des rassemblements pour la protection de la forêt se tenaient samedi dans plusieurs capitales.

«Je ne me souviens pas d’une mobilisation internationale d’une telle ampleur pour une question environnementale, commente Paulo Moutinho, de l’Ipam, un centre de recherches sur l’Amazonie. C’est historique». Les bravades de Jair Bolsonaro, autoproclamé «capitaine tronçonneuse», accusé de fermer les yeux, voire d’encourager le défrichement, ont fini par internationaliser la crise. Et une fois de plus, c’est l’armée qui est appelée à la rescousse, «pour éteindre l’incendie allumé par Jair Bolsonaro», ironise O Estado de São Paulo. Le Président va envoyer la troupe sur place pour tenter de contrôler les flammes, ce qui fait grincer des dents. Les feux à cette période de l’année, en pleine saison dite «sèche», quand le déboisement commence vraiment, «on sait que ça va arriver, comme Noël en décembre», dit une source militaire citée par le même journal, ajoutant que les alertes ont été ignorées par le gouvernement. La mobilisation de l’armée, pour laquelle l’Amazonie est un sujet ultrasensible, a aussi une portée symbolique : réaffirmer la souveraineté du Brésil sur sa forêt, à l’origine d’un nationalisme sourcilleux. Ici, résonne encore cette petite phrase de François Mitterrand, en 1989 : «Le Brésil doit accepter une souveraineté relative sur l’Amazonie».

Il était 20 :30 dans la capitale brésilienne, vendredi soir, lorsque le chef d’Etat d’extrême droite a prononcé une brève allocution, reçue dans les grandes villes du pays par un panelaço – un battement de casseroles -, pour protester contre sa politique de laisser faire environnemental. Sur un ton qui tranchait sur sa truculence habituelle, le président a promis une «tolérance zéro» envers le défrichement illégal. Il a appelé la population à dénoncer les incendies volontaires et monté une cellule de crise.

La pression internationale semble avoir payé. L’alerte est venue aussi de représentants de l’agronégoce, qui craignent désormais des représailles commerciales, alors que le mot-dièse #BoycottBrazil se répand sur les réseaux sociaux. «L’Europe est l’un des principaux clients de la production agricole du Brésil et c’est elle qui dicte la tendance de la consommation mondiale», s’inquiète Marcello Britto, président de l’Association brésilienne de l’agrobusiness, un secteur mis en cause dans le défrichement. Ses principaux moteurs étant l’élevage extensif, la culture du soja et le grilagem, soit l’appropriation des forêts publiques par des particuliers, à des fins de spéculation foncière. «Les agriculteurs qui sont contents aujourd’hui pleureront demain», a renchéri Kátia Abreu, une des figures du puissant lobby agricole au Congrès. «Le Brésil peut augmenter sa production agricole sans avoir à abattre un seul arbre, en exploitant des parcelles déjà déboisées et aujourd’hui abandonnées, reprend Paulo Moutinho. Mais le défrichement continue quand même… C’est frustrant». Ce spécialiste met cependant en garde contre la tentation d’un boycott indiscriminé. «Il y a certes des agriculteurs et des éleveurs qui s’adonnent à des pratiques prédatrices mais il y en a d’autres qui respectent les lois. La communauté internationale doit les reconnaître. Reconnaître aussi que protéger la forêt a un coût. Le Brésil doit être rémunéré pour les services environnementaux que la préservation de l’Amazonie rend à la planète».

Chantal Rayes correspondante à São Paulo


Appel au rassemblement devant l’ambassade du Maroc à Paris : pour les libertés démocratiques au Maroc

Appel à rassemblement le 28 février 2019 à 18h30 devant l’ambassade du Maroc à Paris, soutenu par la LDH

Nous, organisations démocratiques marocaines en Europe, sommes scandalisées par le sabotage de la conférence qu’organisait l’Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM) à Paris, le vendredi 15 février, sur la liberté de la presse au Maroc.
Nous considérons que cet acte, prémédité et accompli par une quinzaine de nervis téléguidés, est destiné à bâillonner les voix qui œuvrent pour un Etat démocratique au Maroc.
Nous déclarons haut et fort notre détermination à aller de l’avant. Nous ne céderons jamais à la violence et à l’intimidation des ennemis de la démocratie et des libertés.
Pour exprimer notre indignation et dénoncer cet acte qui nous rappelle les années de plomb, nous appelons à un rassemblement de protestation devant l’Ambassade du Maroc à Paris.
Nous invitons tou-te-s les démocrates épri-se-s de liberté à se joindre à nous pour qu’ensemble nous faisons barrage à ces méthodes barbouzardes et fascisantes d’un autre temps.

Rendez-vous le jeudi 28 février 2019 à 18h30, devant l’ambassade du Maroc
5, rue le Tasse
75016 Paris
Métro : Trocadéro (ligne 9)

Signataires : Asdhom, AMF, ATMF, AMDH-Paris/IDF, TAMAYNUT, FMVJ-France, APADM, PSU-France, Voie
démocratique (Europe), PADS, FCSMR-France
Soutiens : CRLDHT, Mrap, LDH, ATF, PTT, FPT, AFAPREDESA, FTCR, UTAC, ACDA, IST, Ensemble !, FEMED, Femmes plurielles, Cedetim/IPAM, Fasti, NPA, Acort, PIR, ADTF, CSMRP,
Solidaires, PCF


L’éditorial de Malik SALEMKOUR, président de la LDH

Ce que révèle la situation du migrant

La crise de l’accueil des migrants est mondiale, des États-Unis à l’Amérique latine, du Proche-Orient à l’Afrique, en passant par l’Europe. Partout, ces flux migratoires sont traités par chaque pays dans leurs seuls effets, sans appréciation globale ni action internationale sur leurs causes structurelles, multiples et interdépendantes. Les guerres, le terrorisme, les régimes totalitaires prospèrent sur la misère, sur des territoires surexploités et corrompus, sur les concurrences exacerbées, sur les pénuries d’eau et de terres vivables. Les dérèglements climatiques exacerbent ces tensions. Ces violences et ces injustices rendent la distinction entre réfugiés et migrants économiques sans objet. C’est, pour tous, une question de survie et l’espoir d’un futur en paix.

Ces étrangers qui, au péril de leur vie, frappent aux portes de l’Europe et de la France, sont pourtant indésirables au lieu d’être accueillis comme réfugiés en demande de protection. L’extrême droite en saisit l’opportunité pour diffuser sa haine, alimentant une xénophobie et un nationalisme identitaire pervers, distillant bien au-delà de ses rangs l’idée qu’ils seraient coupables de tous les maux. Les pires amalgames sont faits avec le terrorisme et l’insécurité. Ils seraient une menace culturelle, inassimilables, trop nombreux, la cause même du racisme, et non les victimes, et pèseraient sur les systèmes de protection sociale comme sur les acquis sociaux. Autant de raisonnements et de peurs infondés, qui confortent des réponses d’exclusion et de fermeture, dans un entre-soi mythifié et illusoirement protecteur.

Ces logiques à l’œuvre sont un poison qui construit, autant qu’un mur, un « eux » et « nous », renforçant à l’extérieur un sentiment d’abandon de pays riches égoïstes et fragilisant à l’intérieur l’unité nationale par les confusions induites avec les immigrés réguliers et leurs descendants, souvent français.

Les réformes successives des lois sur l’immigration façonnent un droit des étrangers de plus en plus spécifique, restrictif et dérogatoire au droit commun. Les objectifs sont clairs : limiter l’accueil et le séjour par tout moyen et favoriser les expulsions du territoire. Ainsi, l’accès aux droits d’asile ou au séjour est constamment rendu plus difficile, les pouvoirs administratifs renforcés avec une justice marginalisée et devenue d’abattage par des procédures dématérialisées inadaptées, les droits

au recours limités, la protection des mineurs bafouée par l’enfermement en rétention jusqu’à la remise en cause du droit du sol. Autant d’injustices et d’arbitraires qui révoltent nombre de citoyennes et citoyens solidaires, face auxquels l’État répond en les traitant en délinquants.

Or, ce sort réservé aux étrangers se révèle être un laboratoire du recul des droits fondamentaux qui touche progressivement toutes et tous. Notre démocratie et l’État de droit vacillent. C’est ainsi une société de surveillance généralisée qui se met en place, restreignant chaque jour plus nos libertés. C’est la marginalisation des juges au profit de l’administration et du ministère de l’Intérieur, de moindres possibilités de recours et des peines automatiques. Un régime policier se dessine avec des contrôles au faciès et des discriminations en raison d’une origine, d’une religion réelle ou supposée, qui minent notre cohésion nationale.

Cette spirale infernale est mortifère, avec le risque de tensions croissantes. Elle n’est pas inéluctable dès lorsqu’on se refuse de céder aux chimères sécuritaires pour avancer des réponses de justice, d’égalité et de solidarité. Moins démagogiques, elles sont à la fois plus ambitieuses et gages de progrès, d’emploi et de prospérité.

Elles obligent à repenser le monde et à bâtir un avenir commun durable et de paix. Elles s’appuient sur la prise de conscience mondiale de l’impasse d’un système économique ultralibéral financiarisé qui menace la planète, affaiblit les peuples, les dispositifs sociaux et accroît les inégalités. La lutte contre le réchauffement climatique offre l’occasion de changer de modèle, plus économe en ressources, mieux assis sur les potentiels des territoires comme plus solidaire. De nombreuses expériences apparaissent, qui en montrent la viabilité et l’intérêt économique et environnemental.

L’accueil des migrants s’inscrit alors dans de nouvelles perspectives, positives pour le futur de l’humanité tout entière. La solidarité nécessaire devient un investissement d’avenir dans lequel la liberté de circulation devient un levier du progrès, ressourçant en même temps l’universalité et l’indivisibilité des droits.


Cent ans d’hypocrisie

politis.fr

par Pouria Amirshahi

Le centenaire de l’armistice de 1918 ne doit pas faire oublier que, derrière les discours de paix, la compétition absolue n’a pas cessé.

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Il y a cent ans, au faîte de sa puissance militaire et industrielle, la vieille Europe entreprit de s’autodétruire. L’ombre du Vieux Monde (le vrai) qui s’écroule en 1918 se projette encore jusqu’à nous, comme un mort-vivant.

L’ancienne prétention impérialiste des États européens à occuper tous les espaces terrestres et maritimes connus, et à organiser entre eux la compétition – jusqu’à la guerre – pour en être la puissance dominante, laisse encore ses traces qui n’en finissent pas de pourrir le monde et surtout les femmes et les hommes qui y vivent, d’abord dans les États d’Afrique (conférence de Berlin, 1885) et d’Orient (le soi-disant Levant issu des accords Sykes-Picot en 1916). Des murs artificiels – « frontières » – ont été érigés entre les peuples – et parfois au milieu des peuples – par les Européens… qui en ont décrété l’intangibilité.

Depuis quatre ans, un peu plus que d’habitude, nous avons eu droit à beaucoup de poncifs. Certes, on oublie moins qu’autrefois ce que la France doit aux soldats de ses colonies, enrôlés de force ou par des promesses jamais tenues (cela se reproduira en 39-45), on évoque le massacre des innocents perpétrés par des généraux arrogants, la lâcheté de la plupart des parlementaires soumis aux marchands d’armes. On a même pu entendre l’évocation des mutins de Craonne. Mais la version officielle de l’État ne retient guère, au fond, toutes ces trahisons infligées à la République. Le « périple mémoriel » mis en scène par Emmanuel Macron, s’il a l’avantage de ne pas s’en tenir au culte d’une mémoire militaire malvenue, est surtout hypocrite, et le parterre qui sert de vitrine à la concorde internationale, avec notamment la présence de Trump et de Poutine – grands pacifistes – à la cérémonie du 11 novembre, ne saurait tromper notre jugement.

Derrière les discours de paix, la compétition absolue n’a pas cessé, incluant désormais des multinationales privées. On espionne et contre-espionne. On invente et vend des armes toujours plus meurtrières qui perpétuent les boucheries d’antan : larmes de crocodile à Verdun, contrats juteux à Ryad… On perpétue aussi la modernité européenne et son modèle économique carboné, destructeur de la nature et qui nous laisse encore des milliards de particules dans les airs (lire notre nouvelle rubrique ici). Confrontés autrefois au socialisme, aujourd’hui à l’écologie, des dirigeants d’entreprise s’accommodent de plus en plus de pouvoirs autoritaires, quand ils ne les financent pas carrément ; ces tentations (néo)fascistes s’appuient aussi sur des fractions abandonnées du peuple et reprennent une option sur le monde, depuis le Brésil ou la Hongrie, l’Italie ou les États-Unis. La dictature chinoise et l’autocratie russe ne sont pas en reste…

La Société des Nations issue du désastre de la Grande Guerre fut incapable de réguler les intérêts étatiques divergents, spectatrice de toutes les défaites morales qui suivirent. L’ONU aujourd’hui reste certes le moins mauvais garant de la paix, mais que faire quand reprend le jeu des alliances et du bilatéralisme tous azimuts, dont Donald Trump a fait sa méthode diplomatique au service exclusif des intérêts économiques des grosses entreprises de son pays ?

L’Europe a certes fait du chemin depuis en trouvant sa paix intérieure. On ne se fait plus la guerre, mais on se concurrence toujours (l’arme est fiscale) et les salariés sont trop souvent la variable d’ajustement. Le travail détaché nous l’a montré. Surtout, par la cohorte de précaires et chômeurs que génère son modèle économique, l’Europe nourrit la bête qui n’était pas totalement morte. Invoquer le refus du national-populisme, comme le fait Emmanuel Macron, quand dans le même temps on l’alimente par l’accentuation inouïe des inégalités, ne ressemble pas à la sagesse de celui qui retient les leçons, mais plutôt au cynisme de l’apprenti sorcier.

La « nuée qui porte l’orage » qu’avait vue Jaurès plane toujours au-dessus de nos têtes. Sortir de la barbarie aurait sans doute été l’enjeu fondamental de cette commémoration. Proposer une feuille de route pour une nouvelle étape de civilisation humaine, et a minima un nouveau cours européen, voilà un devoir digne pour qui préside la République française. Au lieu de cela, Emmanuel Macron propose aux Européens une « paix armée » aux relents de guerre froide et se pose en sauveur d’une démocratie qui s’empoisonne elle-même. Au fond, il perpétue le monde des morts-vivants.

• Lire aussi sur Politis.fr l’analyse de Denis Sieffert sur les élections de mi-mandat aux États-Unis.


Arabie saoudite. Peine de mort requise contre cinq militantes des droits de l’homme


Cinq militantes des droits de l’homme détenues en Arabie saoudite encourent la peine de mort. La monarchie absolue mène une forte répression contre les dissidents.

La peine de mort a été requise contre cinq militantes des droits de l’homme en Arabie saoudite, ont annoncé Human Rights Watch (HRW) et plusieurs groupes de défense.

Parmi les détenues figure Israa al Ghomgham, militante musulmane chiite de premier plan qui a rassemblé des informations sur les manifestations de masse qui ont eu lieu dans la province Orientale à partir de 2011. Elle a été arrêtée chez elle en décembre 2015 avec son mari.

Elle pourrait être la première femme à être condamnée à la peine capitale pour son activité relative aux droits de l’homme.

Elle est notamment accusée d’incitation à manifester et d’avoir apporté un soutien moral à des émeutiers.

Répression

L’Arabie saoudite, monarchie absolue sunnite où les manifestations publiques et les partis politiques sont interdits, a adopté ces dernières années des réformes sociales et économiques de grande envergure sous la houlette du jeune prince héritier Mohamed ben Salman (MBS).

Mais ces réformes sont accompagnées d’une répression contre les dissidents. Des dizaines de religieux, d’intellectuels et de militants ont été arrêtés cette année, dont des femmes qui avaient fait campagne pour le droit de conduire dans ce pays musulman profondément conservateur.

Or, les femmes se sont vus récemment accorder le droit de passer leur permis de conduire.

« Toute exécution est effroyable, mais demander la peine de mort pour des militantes comme Israa al Ghomgham, qui ne sont même pas accusées de comportement violent, est monstrueux », a déclaré mercredi Sarah Leah Whitson, directrice de HRW au Moyen-Orient.

ALQST, un groupe saoudien de défense des droits de l’homme basé à Londres, a rapporté la décision concernant Israa al Ghomgham au début de la semaine.


Comment la France va-t-elle choisir les 60 migrants qu’elle s’est engagée à accueillir ?

Par Emma Donada

Question posée par Babette le 15 août 2018

Bonjour,

Nous avons raccourci votre question initiale : «Comment la soixantaine de réfugiés de l’Aquarius que la France accepte de recevoir sera-t-elle «triée» et que vont devenir ceux qui seront refusés ?»

Afin de mettre un terme à l’errance de l’Aquarius, le navire affrété par SOS Méditerranée et bloqué en mer avec 141 migrants à bord depuis vendredi, plusieurs pays européens sont parvenus à un accord mercredi 14 août : contre l’accueil de l’Aquarius à Malte, ils se sont engagés à prendre en charge un certain nombre de migrants débarqués sur l’île.

L’Espagne s’est engagée à accueillir 60 des 255 personnes secourues ces derniers jours (141 personnes à bord de l’Aquarius, et 114 personnes d’un navire maltais), l’Allemagne 50, le Portugal, 30, et le Luxembourg, 5. L’Elysée a annoncé de son côté que la France accueillerait 60 migrants. Vous nous interrogez sur la façon dont ces personnes seront «triées».

Contacté par CheckNews, Pascal Brice, le directeur général de l’Office français des réfugiés et apatrides (OFPRA) préfère parler d’«identification». Le seul critère retenu pour être accueilli est de relever du droit d’asile. Une dizaine d’officiers de l’OFPRA doit arriver ce jeudi 16 août à Malte pour entendre les personnes concernées. Elles devront raconter leur parcours, afin de «faire valoir le danger» qui les a poussées à partir.

«Ce sont des entretiens tout à fait comparable avec ceux qui se font en France», précise-t-il. Avec en plus, «les précautions qui conviennent» pour un public particulièrement bouleversé après le sauvetage.

Une fois les 60 personnes «identifiées», elles seront accueillies en France, avec la garantie de recevoir une protection en tant que réfugié (ou une protection subsidiaire), et un titre de séjour. «Même si administrativement ils devront repasser en préfecture, la décision de l’OFPRA est acquise» puisque l’instruction aura déjà été «faite sur place», explique Pascal Brice.

Interrogé sur le nombre de personnes potentiellement recevable, Pascal Brice est confiant: «tout montre que nous n’aurons pas de problème à trouver les soixante personnes», notamment en raison de leur nationalité, majoritairement érythréenne et somalienne. Il s’agit de la cinquième opération de ce type menée par l’OFPRA depuis juin.

Cordialement

Emma Donada


Après le discours de Donald Trump : Une volonté de guerre.

politis.fr

par Denis Sieffert

En dénonçant l’accord sur le nucléaire iranien, le Président américain pratique la politique du pire.

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En dénonçant de la façon la plus dure qui soit l’accord sur le nucléaire iranien, Donald Trump a sans doute montré ses véritables intentions. Pour le Président américain, il ne s’agit pas seulement d’empêcher l’Iran d’accéder au nucléaire militaire, mais de déstabiliser le régime des mollahs. Il pratique pour cela la politique du pire. Il espère secrètement que Téhéran reprendra rapidement sa course à l’arme atomique pour justifier des frappes sur les sites sensibles, voir plus. Trump veut créer les conditions d’une confrontation directe. C’est sans doute ce qui a échappé à Emmanuel Macron dans sa vaine tentative de convaincre le Président américain de négocier une extension de l’accord de Vienne de 2015. Il n’y a pas de conditions qui puissent satisfaire Washington, parce que l’objectif véritable est l’affaiblissement, voire la chute du régime iranien, d’abord par l’aggravation des sanctions économiques et, in fine, par la guerre. L’ironie de l’histoire, c’est que le renforcement de l’influence iranienne dans la région doit beaucoup aux États-Unis. C’est en effet l’offensive de mars 2003 contre l’Irak qui a contribué à installer à Bagdad un gouvernement chiite pro-iranien. Par son intervention en Syrie, l’Iran a ensuite sauvé un régime qui lui est favorable.

Au total, en quinze ans, l’Iran est parvenu à établir une continuité territoriale de Téhéran à la Méditerranée. Et sa position s’est trouvée encore renforcée, le 6 mai, par le succès du Hezbollah et de ses alliés du mouvement chiite Amal aux élections législatives au Liban. Ces gains d’influence expliquent en partie la violence de la guerre livrée au Yémen par l’Arabie saoudite, avec des armes occidentales, contre les rebelles houthis pro-Iraniens. Pour les États-Unis, c’est une puissance régionale en pleine expansion qu’il faut d’urgence briser. Il y a donc un abîme entre Washington et les autres signataires de l’accord de Vienne. Les Européens, les Russes et les Chinois défendent un texte spécifiquement destiné à la question nucléaire. Pour les États-Unis, il s’agit d’une remise en cause globale de l’influence iranienne au Moyen-Orient. C’est aussi la stratégie de l’Arabie saoudite et d’Israël.

Cette affaire démontre une fois encore le poids du lobby pro-israélien sur la politique américaine. La droite israélienne rêve depuis plusieurs années déjà d’entraîner les États-Unis dans une guerre contre l’Iran. Israël se chargerait alors de mener une offensive de grande envergure sur le Liban pour détruire le potentiel militaire du Hezbollah. La plupart des raids conduits par l’aviation israélienne au cours des derniers mois en Syrie y préparaient en visant significativement le Hezbollah ou des milices iraniennes. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, et les colons ont fait, mardi, un pas vers leur objectif d’un embrasement généralisé de la région. On ne dira jamais assez que le but est d’anéantir toutes les forces qui pourraient potentiellement faire obstacle à la liquidation, au moins politique, de la question palestinienne. Ce sont ces stratégies mortifères qui se dessinent derrière la décision de Donald Trump.

Pour l’heure, l’une des inconnues de la situation nouvellement créée est la capacité de résistance des Européens. Federica Mogherini, la responsable italienne de la diplomatie européenne, a affirmé mardi que la communauté internationale continuerait d’appliquer l’accord. Mais cette affirmation de principe risque de trouver rapidement ses limites. Les Européens résisteraient-ils longtemps si Washington appliquait des sanctions aux entreprises non-américaines qui continueraient d’intervenir en Iran ? On peut en douter. Et surtout, les Européens, à l’instar de la France, disent vouloir poser à l’Iran de nouvelles conditions au prétexte de sauver l’accord. C’est la position d’Emmanuel Macron (voir notre éditorial dans Politis n°1500). L’étau se resserrerait alors un peu plus sur l’Iran. Le Président iranien, Hassan Rohani, tente pour l’instant de déjouer le piège qui lui est tendu. Il a indiqué qu’il n’entendait pas relancer immédiatement l’enrichissement de l’uranium, afin de sauver l’accord de Vienne. Mais de nouvelles conditions posées par les Européens rendraient rapidement sa position intenable. Certes, le pire n’est jamais sûr, mais Donald Trump et ses alliés israéliens et saoudiens nous en rapprochent dangereusement.


La note sociale est une réalité glaçante en Chine…

huffingtonpost.fr

En Chine, les personnes avec une faible « note sociale » ne pourront plus prendre l’avion ou le train


CHINE – Mal garer un vélo, fumer dans un espace public, être grossier… Ces incivilités font baisser la « note sociale » attribuée à chaque citoyen chinois, et pourront bientôt en empêcher certains de prendre le train ou l’avion. La Chine a annoncé qu’elle allait commencer à appliquer, à partir du mois de mai, de (nouvelles) restrictions pour les personnes avec une « note sociale » basse, annonce Reuters le 16 mars.

Depuis 2014, le pays travaille sur un système de notation des citoyens qui sera complètement opérationnel et obligatoire en 2020. La note sera attribuée en fonction du comportement, du casier judiciaire, mais aussi de la situation financière, de la civilité – des opinions politiques – et globalement de tous les faits et gestes. Dans moins de deux mois, les personnes qui auront une note trop basse seront ainsi interdites d’avion ou de train.

Depuis plusieurs années déjà, le gouvernement du désormais indéboulonnable Xi Jinping, limitait les déplacements des citoyens trop endettés. Le choix des restrictions se base sur une liste noire des « débiteurs » établie par la Cour populaire suprême en 2013. Selon Reuters, les personnes figurant dans la liste peuvent voir leur accès restreint dans les hôtels de luxe ou la fréquentation de clubs de golf. Ou encore rencontrer des difficultés pour inscrire leurs enfants dans des écoles cotées, faire des achats en ligne ou faire une demande carte de crédit.

Désormais, les petites incivilités pourront aussi faire descendre la note des personnes concernées. L’accès limité aux transports n’est que la dernière sanction en date, indique The Verge, parmi d’autres déjà imposées à plus de sept millions de Chinois.

Sanctionnés pour des excuses « pas sincères »

Il est très simple de voir sa note descendre en flèche. Peuvent perdre des points les citoyens qui ont donné de « fausses alertes sur le terrorisme », causé des « problèmes » sur des vols, utilisé des billets de trains expirés, fumé dans un espace public, mal garé leurs vélos ou qui ont présenté des excuses qui ne sont pas jugées « sincères ».

« Les autorités gouvernementales chinoises espèrent clairement créer une réalité dans laquelle les mesquineries bureaucratiques pourraient considérablement limiter les droits des personnes. À mesure que le pouvoir du président Xi Jinping prendra de l’ampleur et que le système approche de sa pleine mise en œuvre, d’autres abus viendront », assénait Maya Wang de l’ONG Human Rights Watch.

Ce système de notation est au cœur de l‘intrigue d’un épisode de la série « Black Mirror », « Chute libre », dans lequel les citoyens se notent entre eux. Ceux qui ont de mauvaises notes finissent en marge de la sociétés, parias.

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En Iran, l’obligation du port du voile islamique pour les femmes a été abolie


L’Iran surprend en relaxant le code vestimentaire islamique pour les femmes

Par Hannah Lucinda Smith le 29 décembre 2017

Les femmes iraniennes ont grandi sous les lois restrictives imposées par les mollahs depuis 1979. Dans les villes, cependant, beaucoup portent leur foulard sur la tête, repoussant les limites de la loi (photo Hans Lucas)

Les femmes iraniennes ont grandi sous les lois restrictives imposées par les mollahs depuis 1979. Dans les villes, cependant, beaucoup portent leur foulard sur la tête, repoussant les limites de la loi (photo Hans Lucas)

A Téhéran, les femmes ne seront plus arrêtées pour être apparues en public la tête découverte, près de 39 ans après l’introduction de ce strict code vestimentaire.

L’annonce surprise a été faite dans la capitale iranienne tard hier soir (le 28 décembre) par la police et renverse l’un des piliers les plus visibles des lois islamiques sous lesquelles le pays a été gouverné depuis 1979.

« Ceux qui ne respectent pas le code vestimentaire islamique ne seront plus conduits dans des centres de détention, et aucune procédure judiciaire ne sera intentée contre eux », a déclaré le général Hossein Rahimi, chef de la police de la ville.

Les récidivistes peuvent encore faire l’objet de poursuites et la détente ne s’applique que dans la capitale, connue pour les mœurs libérales qui prospèrent derrière ses portes closes. Les contrevenants seront plutôt obligés d’assister aux cours donnés par la police.

Le mouvement est susceptible de bouleverser les puristes religieux dans l’Etat chiite, qui voient le foulard islamique, ou hijab, comme faisant partie intégrante du modeste code vestimentaire public des femmes musulmanes. Il sera toutefois adopté par le nombre croissant de femmes qui ont pris position contre la loi.

La réélection du relativement modéré président Rouhani cette année pourrait être l’une des raisons de l’assouplissement de la loi. C’est peut-être aussi le cas des réformes vertigineuses en Arabie Saoudite, le rival sunnite régional de Téhéran, sous les auspices du prince héritier Mohammed ben Salman. Bien que les femmes soient toujours interdites d’apparaître en public en Arabie saoudite, les lois les empêchant de se mêler ouvertement aux hommes ont été assouplies.

Il y avait peu de signes que de telles réformes puissent être promulguées en Iran. Cette semaine, une gymnaste de dix ans avait été convoquée par un comité de discipline après que des photos d’elles en compétition dans un costume « non-islamique » en Malaisie avaient été publiées.

Ce mois-ci, Karen Pierce, une diplomate britannique, n’a pas porté de foulard lorsqu’elle a accompagné Boris Johnson en Iran. Javad Zarif, ministre du gouvernement et hôte du ministre des Affaires étrangères, lui avait pourtant demandé de le faire. Les médias d’Etat iraniens ont qualifié cette action « d’inappropriée » mais elle a été saluée par des activistes féministes.

Deux générations de femmes iraniennes ont grandi sous les lois restrictives imposées par les mollahs après le renversement du Shah en 1979. Dans les villes, cependant, de nombreuses femmes repoussaient le voile plus loin sur leur tête, exposant la plupart de leurs cheveux et poussant les limites de la loi. Récemment, des militantes ont protesté en affichant sur les médias sociaux des photos d’elles-mêmes à l’extérieur avec leurs cheveux tombant librement.

Le vernis à ongles et les vêtements moulants sont également mal vus pour les femmes en Iran, tandis que les hommes peuvent être punis par la police de la moralité du pays s’ils portent des shorts ou se promènent torse nu en public. Le plus souvent, ils sont emmenés dans une fourgonnette de police et se voient remettre des vêtements pour se couvrir.

Hannah Lucinda Smith pour The Times

Lien de l’article en anglais:

https://www.thetimes.co.uk/article/iran-surprises-by-relaxing-islamic-dress-code-for-women-m9wmhkgl7

The Times, un journal de centre-droit, est le plus ancien des quotidiens britanniques (1785) et le plus connu à l’étranger. Il appartient depuis 1981 à Rupert Murdoch. Il a longtemps été le journal de référence et la voix de l’establishment.

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Sévère répression des marches anti-Kabila en R.D. Congo

liberation.fr

Par LIBERATION, avec AFP

Les forces de sécurité de République démocratique du Congo (RDC) ont réprimé dimanche des messes dans des églises à coups de gaz lacrymogène, et empêché des marches après l’appel des catholiques à manifester contre le maintien du président Joseph Kabila. Ces répressions ont pour l’instant fait au moins un mort.

Les autorités congolaises ont sorti l’artillerie lourde – coupure internet, déploiement sécuritaire, barrages policiers – pour étouffer les «marches pacifiques» des catholiques contre le chef de l’Etat, malgré l’appel des Nations unies et des chancelleries au respect du droit à manifester. Ces marches ont été organisées un an après la signature sous l’égide des évêques d’un accord prévoyant des élections fin 2017 pour organiser le départ du président Joseph Kabila, dont le mandat a expiré depuis décembre 2016.

A Kananga, au Kasaï, dans le centre du pays, un homme a été tué par balles par des militaires qui ont ouvert le feu sur des chrétiens catholiques en marge d’une marche anti-Kabila. A Kinshasa, au moins une quinzaine de personnes ont été blessées, selon un décompte d’une équipe de l’AFP qui s’est rendue dans plusieurs paroisses.

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La police a par ailleurs interpellé douze enfants de chœur catholiques à la sortie d’une paroisse du centre-ville.

A Lubumbashi (sud-est), deuxième ville du pays, deux personnes ont été blessées par balles quand les forces de sécurité ont ouvert le feu alors que les catholiques tentaient de manifester à la sortie d’une messe. La police a également utilisé des gaz lacrymogènes et des jeunes ont répliqué par des jets de pierres. Quatre véhicules ont été incendiés et des pillages commis.

«Si vous ne videz pas les lieux, j’ordonne qu’on tire sur vous»

Toute l’opposition et la société civile qui réclament le départ du président Kabila (46 ans) dès ce 31 décembre 2017 s’est jointe à l’appel de ces marches, interdite par les autorités comme les précédentes manifestations.

Dans un pays majoritairement catholique où les habitants survivent avec moins d’un dollar par jour, c’est en pleine prière au cœur des églises que les forces de sécurité ont fait irruption. «Alors que nous étions en train de prier, les militaires et les policiers sont entrés dans l’enceinte de l’église et ont tiré des gaz lacrymogènes dans l’église» où se déroulait la messe, a déclaré un chrétien de la paroisse Saint-Michel, dans la commune de Bandalungwa, dans le centre de Kinshasa. «Des gens sont tombés, les secouristes étaient en train de réanimer des vieilles dames, mais le prêtre n’a pas arrêté de dire la messe, elle s’est poursuivie avec les chrétiens qui n’ont pas fui», a affirmé Chantal, une autre paroissienne.

A Kinshasa, les catholiques du «comité laïc de coordination» ont invité les fidèles à marcher, bibles, chapelets et crucifix à la main, après la messe de ce dimanche matin. Ils demandent au président Kabila de déclarer qu’il ne sera plus candidat. Ils veulent aussi un «calendrier électoral consensuel» à la place de l’actuel, qui prévoit des élections le 23 décembre 2018 pour le remplacer, alors que son dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016.

Les autorités congolaises ont coupé l’internet «pour des raisons de sécurité d’État» avant cette marche et affirmé avoir été informé d’une «distribution d’armes» destinée à déstabiliser le régime.

Une équipe de l’AFP a en outre été menacée à Kinshasa par un officier congolais. «Si vous ne videz pas les lieux, j’ordonne qu’on tire sur vous», a lancé l’officier. «Presse ou pas, personne n’entrera. En plus vous êtes avec un Blanc, une race qui nous crée des problèmes. Si vous résistez, on va tirer», a-t-il ajouté. La correspondante de la radio française RFI a été brièvement interpellée, a encore constaté l’AFP.

LIBERATION avec AFP