L’histoire de l’immigration disparaît des programmes de lycée ?

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Laurence De Cock

Le SNES vient de mettre en ligne l’intégralité des projets de programmes d’histoire du lycée destinés à accompagner la réforme. C’est une régression comme on en avait rarement connue. L’histoire de l’immigration disparaît des programmes scolaires. Je reviendrai ultérieurement sur les modalités d’écriture de ces textes mais je souhaite, dans l’urgence, alerter ici sur l’un des problèmes qui me semble absolument majeur et tellement symptomatique : la disparition pure et simple d’un thème que l’on savait déjà sous le feu de la critique mais dont on avait admis malgré toute la légitimité dans l’histoire à transmettre aux enfants.

J’avais déjà consacré un billet à cette question en montrant comment elle avait été débattue pour les précédents programmes. Je me permets donc ici un bref retour sur l’histoire de l’intégration de ce thème dans l’enseignement.

Les premiers travaux d’historiens sur l’immigration sont finalement assez récents puisqu’il a fallu attendre des années 1980 pour que cela fasse l’objet de thèses. On peut citer ceux, pionniers, d’Yves Lequin sur les immigrés lyonnais (1977) ou de Gérard Noiriel sur le bassin de Lorraine (1984). Ces travaux relevaient plutôt de l’histoire sociale. A leur suite, un large panel d’historiens se constitue et l’histoire des immigrations européennes puis coloniales et postcoloniales devient non pas centrale mais communément admise comme un objet de recherche. On y passe au crible les questions de l’accueil, des droits, des discriminations etc. La diffusion récente du documentaire Histoire(s) d’une nation sur le service public, ainsi que l’existence d’un musée de l’histoire de l’immigration prouvent à quel point cette histoire occupe une place importante dans la mémoire nationale.

A l’école, la question de son enseignement s’est posée assez rapidement après ces premières recherches. Plusieurs travaux en éducation ont été consacrés à ce sujet : ceux de Benoît Falaize, Françoise Lorcerie, Valérie Lanier ainsi que ma propre thèse qui interroge l’articulation entre l’enseignement de l’histoire de l’immigration et le fait colonial. Au milieu des années 1980, c’est le ministre Chevènement lui-même qui commande à l’historien Jacques Berque un rapport sur l’école et l’immigration. Le rapport insiste sur la nécessité d’enseigner l’histoire de l’immigration en tant que « cultures d’apport » disait-il. Même si tout cela reste lettre morte – pour des raisons de dysfonctionnements administratifs plus qu’idéologiques d’ailleurs -, les responsables politiques ne lâchent pas cette question qui, au niveau institutionnel, est régulièrement relancée par le CNP (Conseil National des programmes 1989-2005) et qui reste portée dans l’espace public par quelques historiens dont Suzanne Citron et, plus tard, Benjamin Stora. Une question de gauche ? Pas vraiment. Par exemple, pour les programmes de collège précédents, écrits entre 2006 et 2008, la lettre de cadrage de Xavier Darcos insiste particulièrement sur l’histoire de l’immigration. De même, c’est Luc Ferry, lorsqu’il présidait le CNP qui revenait sans cesse sur l’importance de ces enjeux. Tout cela est assez logique : dans les années 1990-2000, l’obsession est celle de l’intégration, il fallait insister sur la France comme « terre d’accueil ».  Les résultats furent assez payants même si tout cela pouvait être très largement amélioré. Pour commencer, cette histoire est mentionnée dans la plupart des manuels scolaires pour traiter des périodes de l’industrialisation au XIXème siècle ou des dites « Trente Glorieuses ». Pour les programmes, il faut attendre le début des années 2000 pour l’école primaire (2002) et le lycée (2003). Si elle disparaît en primaire en 2008, elle entre ensuite au collège et n’avait jamais disparu du lycée. En 2010, elle entre même dans le programme de seconde qui consacre une place importante à l’immigration européenne du début du XXème siècle, notamment italienne.

On peut parler pour cette question de « contenu d’enseignement » sous vigilance politique, c’est-à-dire que les responsables des programmes vont se montrer particulièrement précautionneux pour ne froisser personne. C’est pourquoi nous étions quelques-uns à pointer régulièrement les maladresses de la formulation dans les programmes, les manques de ci et de ça ; tandis que d’autres voyaient déjà dans l’histoire de l’immigration un gage à une « histoire compassionnelle » à l’égard des populations immigrées. Mais je dois avouer que je n’aurais jamais imaginé sa disparition pure et simple. Et je dois dire que cela me paraît être un signe absolument délétère de main tendue à tous les contempteurs de la diversité culturelle. Je n’ose y voir une commande politique ; comment est-ce possible, à l’heure où l’accueil des réfugiés est devenue une question mondiale majeure, humaine, terrible ; de supprimer purement et simplement l’étude de l’épaisseur historique de l’immigration, l’analyse des résurgences de la xénophobie, celle des mécanismes d’accueil et de rejet ?

Il n’est pas trop tard. Les programmes sont mis en discussion au CSP à partir d’aujourd’hui. Nous pouvons demander à ses membres d’imposer le rétablissement de cette histoire dans l’ensemble des classes du lycée. Il en va de la reconnaissance d’une histoire commune dans laquelle des millions d’enfants (issus de l’immigration ou non) peuvent trouver les raisons de leur co-présence dans nos classes. Il en va aussi d’une fidélité aux avancées de la recherche ; enfin, il en va de la compréhension des mécanismes de discriminations qui gangrènent nos sociétés. Occulter cette histoire est un signe politique des plus inquiétants.

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Abdel, le jeune migrant soudanais, relâché pour un vice de procédure de la préfecture de la Creuse

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Guéret (23000)

Centre France

Coup de théâtre judiciaire dans la procédure d’expulsion visant Abdel, un jeune migrant soudanais accueilli à Faux-la-Montagne (Creuse). Transporté lundi soir par les gendarmes dans un centre de rétention en région parisienne, il vient d’être remis en liberté par le juge des libertés et de la détention en raison d’un vice de procédure.

La dernière image que les membres du groupe de soutien à ce jeune migrant soudanais avaient de lui, était son départ de la gendarmerie de Guéret, lundi après-midi, direction Palaiseau, dans l’Essonne.

Une manifestation à Guéret contre l’expulsion d’un réfugié soudanais

Abdel, qui vivait depuis presque un an à Faux-la-Montagne (Creuse) sur le plateau de Millevaches, a donc passé deux nuits en centre de rétention administrative. Il avait rendez-vous, ce mercredi matin, avec le juge des libertés et de la détention d’Evry, du fait d’un référé liberté déposé par son avocat, dépêché par l’association France terre d’asile. Le juge a relevé un vice de procédure dans la convocation à la gendarmerie établie par la préfecture de la Creuse. Il a donc, logiquement, cassé la décision quant à sa mise en détention. Abdel est donc ressorti libre du tribunal vers 12 h 30.

Mobilisation contre l’expulsion d’un jeune Soudanais : la mairie de Guéret occupée ce lundi soir

La préfecture s’est encore une fois couverte de ridicule

« La préfecture s’est encore une fois couverte de ridicule », estime Marc Bourgeois, un habitant de Faux-la-Montagne qui fait partie du groupe de soutien au jeune Soudanais. Il précise cependant que la décision est susceptible d’appel et qu’Abdel risque toujours d’être expulsé vers l’Italie.

Antoine Jézéquel


Il n’y aura pas d’expulsion sur la Montagne Limousine!

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Les invités de Mediapart

Début juillet, des habitants de Faux-la-Montagne, en Creuse, et de villages voisins en Corrèze et Haute-Vienne, ont tenté d’empêcher l’expulsion vers l’Italie de l’un des leurs, un jeune homme soudanais en exil qu’ils accueillent depuis 8 mois avec trois autres de ses compagnons d’infortune.

La loi permettant à la préfète de la Creuse d’autoriser le jeune homme à solliciter l’asile politique en France, ces habitants lui demandaient de le faire. Malgré des demandes en ce sens répétées à maintes reprises les semaines précédentes, et une ultime tentative le 9 juillet, jour de la convocation du jeune Soudanais à la gendarmerie de Felletin, la préfète a décidé d’appliquer à la lettre les accords de Dublin et de renvoyer le jeune homme vers l’Italie, où il n’a aucune attache. Vers 20h, les quelques 200 manifestants rassemblés devant la gendarmerie, se sont fait violemment refouler par les gendarmes : une stratégie de diversion qui leur a permis d’exfiltrer le jeune homme par l’arrière de la gendarmerie, à travers un trou dans le grillage, pour le conduire vers Paris en vue de son expulsion. Une vidéo réalisée par Télé Millevaches résume cette soirée.

Le surlendemain, le jeune Soudanais a refusé d’embarquer à Roissy pour l’Italie et a alors été remis en liberté. Saisissant le tribunal administratif de Limoges pour qu’on lui reconnaisse le droit de déposer sa demande d’asile en France le 23 juillet 2018, une volte-face de dernière minute de la préfecture de la Creuse, qui craignait sans doute d’être contredite par les juges, lui permet finalement de déposer normalement sa demande d’asile en France…

Au-delà de ce cas fortement médiatisé, et devant des situations plus ou moins similaires qui sont de plus en plus nombreuses un peu partout, des habitants et amis de la Montagne limousine ont décidé d’afficher une position claire face à toutes les expulsions, transferts ou « réadmissions » vers l’Italie ou ailleurs qui ne manqueront pas de voir le jour dans la période à venir. Voici ce texte ainsi que la liste de ses premiers signataires.

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Aussi loin que l’on puisse remonter la Montagne Limousine a été une terre d’émigration, mais aussi une terre d’accueil pour toutes sortes de migrants, d’exilés. Voici quelques années que la « question migratoire » refait son apparition sur les plateaux de la Montagne limousine sous un jour nouveau. Il y a trois à quatre ans, des centres d’accueil de demandeurs d’asile (CADA) ont ouvert dans plusieurs communes de la Montagne et de sa périphérie. Suite à l’expulsion militaire du campement informel de migrants de Calais, qui réunissait près de 9000 personnes, s’y sont ajoutés, comme dans de nombreuses campagnes françaises, les très mal-nommés « Centres  d’Accueil et d’Orientation » (CAO). Dans les communes qui se portèrent alors candidates à accueillir de tels centres et dans les communes avoisinantes, des collectifs, des initiatives plus individuelles ont fleuri pour organiser l’hospitalité et la solidarité avec ceux et celles qui arrivaient sur notre territoire sans l’avoir choisi. Des centaines d’habitants de la Montagne se sont ainsi coordonnés, parfois avec le soutien d’élus locaux, pour faire une place à ces nouveaux venus. Cours de français, activités diverses, repas conviviaux, transports ont été mis en place par des collectifs d’habitants solidaires. Puis, assez vite, avec l’inéluctable arrivée des premiers « déboutés » du droit d’asile, et leur sortie des dispositifs d’accompagnement légaux, habitat, subsistance, assistance juridique et morale se sont improvisés, de la même manière. Ce qui relevait des gestes les plus simples, les plus humains dans les premiers temps, s’est progressivement mué en une nécessaire organisation à la marge de la légalité. Légalité qui ne laisse que peu de place à l’expression d’une véritable solidarité avec les exilés, voire qui bien souvent la condamne, la poursuit.

Alors qu’une certaine mansuétude semblait caractériser l’application de la loi dans notre région dans la période récente, un certain nombre de personnes demandeuses d’asile et déboutées ont décidé de rester, de s’installer sur nos plateaux, dans nos communes pour le plus grand plaisir de la plupart des habitants, heureux d’accueillir et d’accompagner cette incontestable source de vitalité, de joie et d’ouverture culturelle. Nous leur avons, de multiples manières, fait place dans nos vies, ils et elles en font désormais partie intégrante. Il n’y a plus que des écarts d’ordre « légaux » entre eux, elles et nous.

Alors quand nous réalisons ces dernières semaines, qu’un tour de vis annoncé par le gouvernement depuis longtemps sur la « politique d’accueil » produit ses premiers effets visibles sur nos amis, nous ne pouvons réprimer plus longtemps notre colère. Nous les avons accueillis sans demander l’autorisation à personne, nous nous sommes organisés pour rendre leur vie ici possible même si nous ne sommes pas encore parvenus à lever toutes les difficultés causées par leur statut « légal ». Nous avons bien compris que l’opération catastrophique de maintien de l’ordre du 9 juillet 2018 à Felletin, en Creuse, valait comme un avertissement. Mais renvoyer, ou laisser renvoyer, les gens qui ont tout fait pour en partir, dans des pays où ne les attendent que persécutions, misère, torture et mort, n’est toujours pas, pour nous, un choix envisageable.

Nous, habitants et amis des diverses communes de la Montagne et de ses alentours, avons donc décidé de répondre aux Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF), aux ordres de « reconduite à la frontière », émis par les préfectures dont chacun de nos villages dépendent, de la même façon que nous avons répondu à cette situation jusque-là. Nous n’en tiendrons aucun compte. Mieux, nous serons de celles et ceux qui feront tout pour qu’ils ne soient pas suivis d’effet. Il n’y aura pas d’expulsion d’exilés sur la Montagne limousine, qu’on se le dise !

Nous appelons tout le monde, partout, à faire de même, à exercer ce « devoir de fraternité » dont de lointaines révolutions nous ont laissé l’héritage.

Signataires :Marie-Noëlle Agniau, poète,Vicq-sur-Breuilh (87) ;
Dominique Albaret, maire de Saint Pardoux la Croisille, Peuple et Culture 19 ;
Aquaserge (groupe de musique) ;

Armelle Barroux, rédactrice, Royère de Vassivière (23) ;
Christophe Bellec, cofondateur de la coopérative Cesam-Oxalis ;
Pierre Bergounioux, écrivain ;
Léonard Bernard, Faux la Montagne (23) ;
Frédéric Bondu, moniteur d’atelier, Gentioux-Pigerolles ;
Laurent Bourdelas, écrivain, Vicq-sur-Breuilh (87) ;
Marc Bourgeois, Faux la Montagne ;
Marie-Rose Bourneil, Maire de Tarnac (19) ;
Denise Bredinus, Gourdon-Murat ;
Milou Brette, conseillère municipale de Peyrelevade (19), syndicaliste ;
Jean-Lou Brette, Peyrelevade ;
Martine Bruzat, Felletin ;

Alain Carof, sociologue, Felletin ;
Laetitia Carton, réalisatrice, conseillère municipale de Faux-La-Montagne ;
Jean-Marie Caunet, 1er adjoint de La Nouaille (23) ;
Cimade, groupe local Peyrelevade (19) ;
Cimade, groupe local Eymoutiers (87) ;
Kléber Clemenceau, Gourdon-Murat (19) ;
Dany Clemenceau-Magnaval, conseillère municipale de Gourdon-Murat (19) ;
Gilles Clément, paysagiste, écrivain ;
Dominique Clermont, femme de théâtre, La Celle sous Gouzon (23) ;
Guillaume Codet, cuisinier, Faux la Montagne ;
Jean Combasteil, ancien député-maire de Tulle ;
Jean-Louis Comolli, cinéaste ;

Clémence Davigo, réalisatrice, Faux la Montagne ;
Yaël Davigo, étudiante, Faux la Montagne ;
Samuel Deleron, Faux la Montagne et Limoges ;
Nicolas Derieux, Maire de Saint Martin Château (23) ;
Le conseil municipal de Saint Martin Château (23) ;
Isabelle Despres, Faux la Montagne ;
Isabelle Doyon, enseignante, Faux la Montagne ;
Jean-Francois Draperi, directeur du Centre d’économie sociale du Conservatoire des Arts et métiers ;
François-Xavier Drouet, réalisateur, Faux la Montagne ;
Marie-Claire Drut, institutrice, Gentioux-Pigerolles ;
Maryse Dupont, Rempnat (87) ;
Didier Dupont, Rempnat (87) ;
Julien Dupoux, géographe ;

Philippe Eychene, ouvrier, Faux la Montagne ;

Anne-Marie Fadda, Bugeat (19) ;
Fatima Fellat, aide médico-psychologique, Eymoutiers ;

Janine Gabiache, conseillère municipale de Tarnac ;
Yvan Gabiache, Tarnac ;
Jeanne Gailhoustet, directrice de l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Limoges ;
Didier Garreau, Chavanac ;
Jackie Garreau, Chavanac ;
Antoine Gatet, juriste en environnement ;
Anne Germain, Faux la Montagne ;
Hélène Gibert, comédienne, Faux la Montagne ;
Emilie Gianre, conseillère municipale de Gentioux-Pigerolles (23) ;
Manon Glibert, conseillère municipale de Tarnac ;
Véronique Goga, Faux la Montagne ;
Jean-Jacques Gouguet, professeur émérite – Université de Limoges ;
Gilles Gracineau, curé d’Eymoutiers ;
Dominique Grador, Adjointe au maire de Tulle ;
Emmanuel Gratadour, Faux la Montagne ;

IPNS, journal d’information du Plateau de Millevaches ;

Isabelle Grand, Maire de Gioux (23) ;

Marie-France Houdart, ethnologue ;

Francis Juchereau, responsable associatif, chercheur associé ;

Marianne Lanavère, Eymoutiers  ;
Marc Lanceau, conseiller municipal de Faux-la-Montagne (23) ;
André Laurent, Maire de Pradines (19) ;
Patrick Leclerc, retraité, Faux la Montagne ;
Sophie Lefeuvre, Faux la Montagne ;
Paloma León, auteure ;
Thierry Letellier, Maire de la Villedieu (23) ;
Claire Lestavel, Faux la Montagne ;
Catherine Luce, conseillère municipale de Tarnac ;
Jean-Paul Lucas, enseignant retraité, Les Billanges (87) ;
Michel Lulek, Faux-la-Montagne, directeur de publication de IPNS ;

Richard Madjarev, Limoges, retraité Ministère de la Culture ;
Jacques Malnou, Faux la Montagne ;
Gérard Monédiaire, professeur émérite des facultés de droit ;
Emmanuel Monfreux, berger, Faux la Montagne ;
Montagne Accueil Solidarité (MAS) de Peyrelevade (19) ;
Montagne Accueil Solidarité (MAS) de Eymoutiers (87) ;
Montagne Accueil Solidarité (MAS) de Peyrat le Château (87) ;

Sophie Noguet, Enseignante, Faux la Montagne ;

Jérôme Orvain, Conseiller régional Nouvelle Aquitaine pour la Creuse ;
Jean-Paul Oudot, instituteur à la retraite, Gentioux-Pigerolles ;
Mumine Ozsoy, Conseillère Régionale Nouvelle Aquitaine pour la Corrèze ;

Guillaume Paillard, Faux la Montagne ;
Michel Parot, comédien et homme de théâtre, La Celle sous Gouzon ;
Michel Patinaud, Eymoutiers ;
Frank , dessinateur de bande desinée ;
Pascale Perrier, Professeure de lettres, Faux la Montagne ;
Peuple et Culture 19 ;
Pic, dessinateur ;
Dominique Pifarély, musicien ;
Jean Yves Pineau, Limoges, directeur des LOCALOS ;
Monique Plazanet, employée Ephad, Tarnac ;
Dominique Pradignac, Aixe sur Vienne, responsable syndical ;
Jean-François Pressicaud, Felletin ;
Jeanne Puchol, autrice de bande dessinée ;

Serge Quadruppani, écrivain, Eymoutiers ;

Jacqueline Renaud, retraitée, Tarnac ;
RESF 19 ;
Carole Riffaud, Praticienne en péri-natalité, Eymoutiers ;
Ève Risser, musicienne ;
Jean Rochard, producteur de musique (éd.NATO) ;
Claude Rogeaux, Faux la Montagne ;
Corinne Romanet, 1ère adjointe au maire de La Villedieu ;
Benjamin Rosoux, conseiller municipal de Tarnac ;
Eric Rouvellac – Limoges – universitaire ;

Jeannot Salvatori, musicien, Faux-La-Montagne ;
Pierre Simonet, retraité, Limoges ;
Christophe Soulié, journaliste ;

Surnatural Orchestra, groupe de musique ;

Manée Teyssandier, Peuple et culture 19 ;
Solenn Tiquet, infirmière, Faux la Montagne ;
Nathalie Torselli, Rempnat ;
Frédéric Torselli, maître d’oeuvre, Rempnat ;

Carole Vandroy, Festival Folie les mots, Faux la Montagne ;
Mireille Verdier, Faculté de Médecine, Université de Limoges ;
Catherine Villain, retraitée, Faux la Montagne…

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Comment la France va-t-elle choisir les 60 migrants qu’elle s’est engagée à accueillir ?

Par Emma Donada

Question posée par Babette le 15 août 2018

Bonjour,

Nous avons raccourci votre question initiale : «Comment la soixantaine de réfugiés de l’Aquarius que la France accepte de recevoir sera-t-elle «triée» et que vont devenir ceux qui seront refusés ?»

Afin de mettre un terme à l’errance de l’Aquarius, le navire affrété par SOS Méditerranée et bloqué en mer avec 141 migrants à bord depuis vendredi, plusieurs pays européens sont parvenus à un accord mercredi 14 août : contre l’accueil de l’Aquarius à Malte, ils se sont engagés à prendre en charge un certain nombre de migrants débarqués sur l’île.

L’Espagne s’est engagée à accueillir 60 des 255 personnes secourues ces derniers jours (141 personnes à bord de l’Aquarius, et 114 personnes d’un navire maltais), l’Allemagne 50, le Portugal, 30, et le Luxembourg, 5. L’Elysée a annoncé de son côté que la France accueillerait 60 migrants. Vous nous interrogez sur la façon dont ces personnes seront «triées».

Contacté par CheckNews, Pascal Brice, le directeur général de l’Office français des réfugiés et apatrides (OFPRA) préfère parler d’«identification». Le seul critère retenu pour être accueilli est de relever du droit d’asile. Une dizaine d’officiers de l’OFPRA doit arriver ce jeudi 16 août à Malte pour entendre les personnes concernées. Elles devront raconter leur parcours, afin de «faire valoir le danger» qui les a poussées à partir.

«Ce sont des entretiens tout à fait comparable avec ceux qui se font en France», précise-t-il. Avec en plus, «les précautions qui conviennent» pour un public particulièrement bouleversé après le sauvetage.

Une fois les 60 personnes «identifiées», elles seront accueillies en France, avec la garantie de recevoir une protection en tant que réfugié (ou une protection subsidiaire), et un titre de séjour. «Même si administrativement ils devront repasser en préfecture, la décision de l’OFPRA est acquise» puisque l’instruction aura déjà été «faite sur place», explique Pascal Brice.

Interrogé sur le nombre de personnes potentiellement recevable, Pascal Brice est confiant: «tout montre que nous n’aurons pas de problème à trouver les soixante personnes», notamment en raison de leur nationalité, majoritairement érythréenne et somalienne. Il s’agit de la cinquième opération de ce type menée par l’OFPRA depuis juin.

Cordialement

Emma Donada


Un jugement du TA de Paris concernant l’expulsion vers l’Italie…

2018 06 25 TA Paris


Migrants : l’union de façade d’une Europe forteresse

liberation.fr

Alain Auffray, envoyé spécial à Bruxelles

Il aura fallu neuf heures de négociations aux chefs d’Etat et de gouvernement réunis à Bruxelles jeudi et vendredi pour parvenir à résoudre, non pas une «crise migratoire», les entrées illégales dans l’Union ayant chuté de 95% depuis le pic de 2015, mais une «crispation politique», en Italie et en Allemagne, selon les mots d’un proche du président français. A 4h40 du matin, vendredi, Emmanuel Macron s’est réjoui, en quittant les bâtiments du Conseil européen, que «toutes les solutions pensées à la va-vite, soit de repli national, soit de trahison de nos principes [aient] été explicitement écartées». Reste que, et le chef de l’Etat évite de le clamer, l’accord obtenu vendredi confirme que l’Union se transforme en une forteresse inexpugnable. Pour la France, c’est le prix à payer pour maintenir la cohésion des Vingt-Huit, menacée par la poussée des démagogues.

«Volontaires»

Il ne faut cependant pas se tromper : ce tournant a été pris dès mars 2016, lors de la conclusion de l’accord Union-Turquie qui a coupé la route des Balkans. Contre monnaie sonnante et trébuchante (3 milliards d’euros par an), Ankara a accepté de fermer l’accès à la Méditerranée et de reprendre sur son sol tous ceux qui parviendraient néanmoins à passer. En d’autres termes, les Européens ont sous-traité à Ankara le contrôle de leurs frontières extérieures. En échange, l’Union s’est engagée à accueillir une infime partie des réfugiés statutaires reconnus par le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) de l’ONU se trouvant en Turquie (37 000 jusqu’à présent, 45 000 à venir). C’est l’Espagne et le Maroc qui ont inventé ce type d’accord de sous-traitance dans les années 90, ce qui a tari la route de la Méditerranée occidentale.

La seule qui reste donc entrouverte demeure celle de la Méditerranée centrale. Entrouverte, car l’Italie a déjà négocié avec les tribus libyennes afin qu’elles empêchent les départs. Et parce que l’Union aide, de son côté, le HCR et l’Office international des migrations (OIM) dans leurs interventions en Libye destinées à freiner l’embarquement des migrants et à financer les retours (20 000 retours volontaires depuis novembre 2017).

Pour la fermer totalement, l’Union annonce qu’elle va non seulement accroître ses financements, mais aussi qu’elle va aider les gardes-côtes libyens, qui disposent de moyens misérables, à intercepter les départs illégaux. Elle met au passage en garde les ONG : pas question qu’elles continuent à intervenir dans les eaux territoriales libyennes. Les chefs d’Etat européens ont franchi une étape supplémentaire en décidant d’«étudier» s’il est possible de créer des «plateformes régionales de débarquement» dans les pays tiers (Libye et Tunisie en clair), sous supervision du HCR et de l’OIM, dans lesquelles les personnes secourues en mer seraient débarquées. L’idée est d’y effectuer un tri entre demandeurs d’asile et migrants économiques, ces derniers étant renvoyés dans leurs pays.

Si, malgré tout, des étrangers sans-papiers parviennent dans les eaux territoriales de l’Union, ils seront débarqués dans des «centres fermés», rebaptisés dans la nuit de jeudi à vendredi «centres contrôlés», gérés par le HCR et l’OGM avec les moyens de l’Union et des Etats membres. L’idée est la même que pour les «plateformes de débarquement» : faire le tri entre les personnes admises à demander l’asile politique (10% en moyenne) et les autres. Les demandes d’asile seront instruites sur place et seuls les réfugiés statutaires seront autorisés à sortir de ces «centres» pour être répartis dans différents pays européens. Le compromis trouvé tient en un mot : volontariat. Seuls les pays «volontaires» créeraient ces centres et la répartition des réfugiés se ferait, elle aussi, sur une base volontaire.

«Pays le plus proche»

Tout le problème réside dans la gestion des retours des migrants et des déboutés du droit d’asile. Ils sont difficiles à mettre en œuvre parce que soit on ne connaît pas la nationalité du migrant, soit son pays d’origine refuse de le reprendre, soit, enfin, le pays tiers dont il provient n’est pas sûr, ce qui est le cas de la Libye. Ainsi, après un pic de 46% de retours en 2016, on est retombé à 36,6% en 2017. L’objectif est de parvenir à 70%, ce qui semble difficile. C’est pour cette raison, qu’à ce stade l’Italie et la France excluent d’accueillir de tels centres sur leur sol, seules la Grèce et l’Espagne étant prêtes à le faire… «La France n’est pas un pays de première arrivée, s’est justifié le chef de l’Etat français. Certains voulaient nous pousser à cela, je l’ai refusé. Les règles internationales de secours en mer sont claires : c’est le pays le plus proche qui doit être choisi comme port.»

La création de ces centres implique qu’à l’avenir tous les demandeurs d’asile qui auront réussi à prendre la mer et seront interceptés aux frontières extérieures de l’Union resteront enfermés durant toute la durée de l’instruction de leur demande d’asile, afin d’éviter les fameux «mouvements secondaires» qui indisposent tant le ministre de l’Intérieur allemand, Horst Seehofer.

L’Union espère bien que ce dispositif, qui a fait ses preuves en Méditerranée orientale, découragera les réfugiés et les migrants de tenter un passage en force. C’est exactement ce que souhaite depuis 2015 le Hongrois Viktor Orbán, qui remporte là une belle victoire idéologique.

Alain Auffray envoyé spécial à Bruxelles , Jean Quatremer correspondant à Bruxelles


Crise de l' »Aquarius » : « Dommage qu’il n’y ait aucun grand pays entre l’Italie et l’Espagne… »

nouvelobs.com

Par L’Obs Publié le 12 juin 2018 à 12h29

Ce mardi matin à 11 heures, le navire « Aquarius », affrété par l’ONG française SOS Méditerranée, fait toujours des ronds dans l’eau à une cinquantaine de kilomètres à l’est des côtes maltaises. Mais plus pour longtemps : après 72 heures de confusion, marquées par les refus successifs de l’Italie et de Malte, les 629 migrants à bord (dont 123 mineurs isolés, 11 enfants en bas âge et 7 femmes enceintes), sauvés au large de la Libye, devraient pouvoir accoster en Espagne dans quelques jours après la proposition, lundi, du nouveau gouvernement de Pedro Sanchez .

« L’Espagne honore les engagements internationaux en matière de crise humanitaire. […] Il est de notre obligation d’aider à éviter une catastrophe humanitaire et d’offrir un ‘port sûr’ à ces personnes », écrit Madrid dans un communiqué.

Au-delà des rodomontades du ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini, qui a crié victoire lundi soir en voyant la situation débloquée, les trois jours de crise ont été marqués par le silence assourdissant des autorités françaises, pourtant interpellées par plusieurs ONG. Car la solution espagnole, pour « encourageante » qu’elle est, n’est pas la plus facile pour l' »Aquarius », actuellement à 1.400 kilomètres du port de Valence. « Atteindre l’Espagne prendrait plusieurs jours. Avec 629 personnes à bord et une météo qui se détériore, la situation risquerait de devenir critique », expliquait SOS Méditerranée lundi soir sur son compte Twitter.

Le ravitaillement opéré par Malte, lundi, ne permettait de distribuer qu’un seul repas par personne ce mardi, ajoute l’ONG. Des vivres supplémentaires ont été livrés dans la matinée par un navire italien.

????UPDATE 9h39 Confirmation reçue par l’#Aquarius : port « sûr » #Valence, #Espagne. Les équipes st soulagées qu’1 solution se profile. Mais ça prolonge inutilement le tps passé en mer par les rescapés déjà vulnérables & réduit la capacité de sauvetages. Vivres attendus arrivés. pic.twitter.com/SBLGGEBnMy

— SOS MEDITERRANEE France (@SOSMedFrance) 12 juin 2018

La Commission européenne a appelé lundi à un « règlement rapide » de la situation de l' »Aquarius », évoquant un « impératif humanitaire ». David Beversluis, médecin de MSF se trouvant à bord, décrit la situation :

« Les rescapés sont épuisés, déshydratés, parfois brûlés par le mélange d’essence et d’eau de mer. »

????[1/2] UPDATE Le MRCC espagnol a proposé d’accueillir l’#Aquarius à #Valence. Cette mobilisation est un signe très positif mais atteindre l’Espagne prendrait plusieurs jours. Avec 629 personnes à bord et une météo qui se détériore, la situation risquerait de devenir critique.

— SOS MEDITERRANEE France (@SOSMedFrance) 11 juin 2018

« Non-assistance à personnes en danger »

Lundi après-midi, Médecins du Monde a dénoncé l’inaction de la France sur le dossier.

« Monsieur Emmanuel Macron, vous ne pouvez pas qualifier de ‘crimes contre l’humanité’ les persécutions des migrants en Libye, faire du sauvetage en mer une ‘grande cause nationale’ et vous abstenir, au risque d’être complice de non-assistance à personnes en danger », écrit l’ONG sur Twitter.

M. @EmmanuelMacron,
Vous ne pouvez pas :
– qualifier de ‘crimes contre l’humanité’ les persécutions des #migrants en Libye
– faire du sauvetage en mer une ‘Grande cause nationale’

Et vous abstenir, au risque d’être complice de non-assistance à pers. en danger.#OpenFrenchPort https://t.co/Mwde6LKFQh

— Médecins du Monde (@MdM_France) 11 juin 2018

De nombreux tweets déploraient dans le même temps, souvent sur le mode ironique, qu’il n’existe pas un pays plus proche pour permettre au navire d’accoster dans de meilleures conditions.

Dommage qu’il n’y ait aucun grand pays doté de nombreux ports entre Italie et Espagne, ça aurait fait moins de chemin https://t.co/vHs3ofj3db

— Samuel Laurent (@samuellaurent) 11 juin 2018

Je viens de vérifier et je peux vous l’affirmer : entre l’Italie et l’Espagne, il y a un pays avec une large côte pleine de ports. Mais je n’ai pas entendu les autorités proposer d’accueillir #Aquarius, ce bateau français qui sauve des vies depuis des mois.#DroitsdelHommeMonCul pic.twitter.com/F2DPRgwnkW

— Flore J. ???????????? (@florowicz) 11 juin 2018

Ce mardi matin sur CNews, le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a lui clamé qu' »aucun port français » ne devait accueillir l' »Aquarius » :

« Aucun port français, ni [en] Corse, ni Nice, ni Marseille. L »Aquarius’, il a une destination toute trouvée, il faut qu’il retourne vers les côtes libyennes. On veut que Nice devienne Lampedusa ? »

Non Monsieur @jattali Nice ni aucun port français ne deviendra jamais #Lampedusa. L’#Aquarius et les bateaux de migrants ont une destination toute trouvée= retrouver les côtes libyennes ou tunisiennes. Seul ce gage de fermeté fera diminuer les flux migratoires.#LaMatinale #CNews pic.twitter.com/s2Yj5xZBwu

— Eric Ciotti (@ECiotti) 12 juin 2018

Laurence Sailliet, porte-parole de LR, renchérissait : « Accepter ce bateau, c’est cautionner le travail des passeurs, accepter ce bateau, c’est continuer à entretenir cette voie d’immigration. »

Des voix au sein de la majorité, en revanche, se multiplient depuis lundi pour appeler le gouvernement à agir. Le porte-parole de LREM Gabriel Attal a ainsi estimé sur Public Sénat que la position italienne était « à vomir », ajoutant « ne pas imaginer que la France ne participe pas à trouver une solution humanitaire ».

« C’est inadmissible de faire de la petite politique avec des vies humaines comme ce qui est fait en ce moment. »D’autres députés LREM ont embrayé dans le même sens. « La France est restée muette. Laissant à la dérive le principe d’accueil inconditionnel des migrants. Qu’attendons-nous pour agir ? » se demande Sonia Krimi (Manche). « Face à l’urgence et à la détresse absolue, la France se serait honorée à faire une exception et à accueillir les passagers de l »Aquarius' », a tweeté Anne-Christine Lang (Paris). « La loi Asile et immigration n’est pas qu’un symbole : elle a abaissé les droits des demandeurs d’asile et recroquevillé l’espace mental de nos frontières », dénonce quant à lui Sébastien Nadot (Haute-Garonne). « C’est tout à l’honneur de l’Espagne, et cela redore (un peu) notre blason européen. Il s’agit bien d’aide humanitaire ! », a enfin réagi Olivier Véran (Isère).

Il a fallu attendre ce mardi matin pour que Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat rattaché au Quai-d’Orsay, justifie la position de la France au micro de Sud-Radio : « La France prend plus que sa part, au sens où elle est engagée sur le théâtre libyen pour stabiliser la situation, au sens où nous sommes engagés pour accueillir sur trois ans 10.000 personnes éligibles au droit d’asile […] pour leur éviter cette traversée de la mort. »

« Dans le cas précis de l »Aquarius’, il y a une proposition qui a été faite par l’Espagne, elle est en cours d’expertise d’un point de vue météorologique et de la capacité du bateau à se rendre dans le port de Valence, donc affaire à suivre. »Emmanuel Macron a dénoncé en Conseil des ministres la « part de cynisme et d’irresponsabilité du gouvernement italien », rappelant « qu’en cas de détresse, ce soit la côte la plus proche qui assume la responsabilité de l’accueil », rapporte le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. Le chef de l’Etat ajoute :

« Si un bateau avait la France pour rive la plus proche, il pourrait accoster. […] La question qui est centrale est de savoir si les personnes qui sont présentes sur l’Aquarius sont éligibles à l’asile. »« Il faut une réponse européenne » sur ce sujet qui sera au menu du Conseil européen des 28 et 29 juin, où la France et l’Allemagne devaient présenter ensemble une proposition ambitieuse », notamment sur le financement de la police des frontières Frontex, conclut Benjamin Griveaux.

La proposition corse : « Facile », balaie Lemoyne

Quelques heures plus tôt, à la surprise générale, les dirigeants nationalistes corses Jean-Guy Talamoni (président de l’Assemblée de Corse) et Gilles Simeoni (président du Conseil exécutif) avaient proposé à l' »Aquarius » de venir accoster dans un port de l’île, deux fois plus proche que l’Espagne.

#Aquarius: l’Europe doit traiter de façon solidaire la question humanitaire. Compte tenu de la localisation du navire et de l’urgence, mon avis est qu’il serait naturel d’ouvrir un port corse pour porter secours à ces personnes en détresse.

— Jean-Guy Talamoni (@JeanGuyTalamoni) 11 juin 2018

Manque de vivres, mauvaises conditions météo, et port espagnol trop éloigné : face à l’urgence, le Conseil exécutif de Corse propose à @SOSMedFrance d’accueillir l’#Aquarius dans un port #Corse

— Gilles Simeoni (@Gilles_Simeoni) 12 juin 2018

« On peut penser à Bastia ou Ajaccio », expliquait Jean-Guy Talamoni ce mardi matin sur RMC. « J’ai eu au téléphone la préfète de Corse, qui n’était pas encore bien informée de la situation et de notre prise de position. J’attends un retour, il y aura certainement des échanges dans la matinée. »

« Il faut porter secours : il y a des femmes enceintes, des enfants en bas âge, une situation qui se dégrade. […] C’est plus que préoccupant. »Agacé, Jean-Baptiste Lemoyne a balayé l’initiative corse sur Sud-Radio : « Oui enfin, il prend une position, n’étant pas aux responsabilités, qui est facile. […] Là tout le monde réagit à chaud, c’est le concours Lépine. […] il y a une situation naturellement qui interpelle, mais il faut des réponses rationnelles. »

« Que dit le droit international ? Il faut aller vers le port le plus sûr et le plus proche. Et on voit bien que la Corse n’est pas le port le plus sûr et le plus proche. Vu la situation du bateau, c’est entre l’Italie et Malte. »Or le bras de fer entre les deux pays se serait éternisé sans l’intervention de Madrid…

T.V.