La facture d’électricité devrait augmenter de 30 % d’ici à 2017

Le Monde.fr avec AFP et Reuters |

 18.02.2013 à 18h40 • Mis à jour le 18.02.2013 à 18h50

Photo d'une ampoule à incandescence et d'une facture d'Electricité de France (EDF) d'un particulier, prise le 13 Août 2010 à Dijon.

Selon des projections de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), la facture moyenne d’électricité des ménages français devrait bondir de 30 % d’ici à 2017, en grande partie à cause d’une augmentation des contributions pour aider au développement des énergies renouvelables.

Dans un rapport publié lundi 18 février, l’instance régulatrice souligne que l’augmentation de la contribution au service public de l’électricité (CSPE) comptera pour plus d’un tiers de l’augmentation dans les quatre prochaines années.

Les « tarifs bleus » (pour les ménages et petits professionnels) seront donc les plus touchés. La CRE prévoit que les hausses de prix seront moindres pour les entreprises et les industriels, avec des projections de 23,7 % pour les clients au ‘tarif jaune’ et de 16 % pour les clients au ‘tarif vert’.

COMMENT DÉVELOPPER LA CONCURRENCE

La CSPE, qui figure sur les factures d’électricité et dont le niveau est fixé par l’Etat, a pour objet de financer des charges de services publics, notamment les tarifs sociaux de l’électricité ou le recours aux énergies renouvelables.

Depuis quelques années, le montant de la CSPE ne permet pas de financer l’augmentation de ces charges, l’exécutif traînant des pieds pour ne pas alourdir la facture des consommateurs. L’ardoise était supportée par EDF. En janvier, un accord a été obtenu, l’Etat s’engageant à rembourser à EDF une créance de 4,9 milliards d’euros.

Contraint d’investir massivement dans son parc de production et ses réseaux de distribution, EDF attend désormais de l’Etat qu’il établisse avant fin 2013 une formule fixant les hausses du prix auquel il doit vendre à la concurrence une partie de sa production d’électricité d’origine nucléaire (Arenh).

Ce prix atteint 42 euros depuis début 2012. Révisé chaque année, il doit être intégré dans les tarifs d’ici à 2016, au même titre que les coûts d’acheminement (Turpe) et de commercialisation de l’électricité, en vertu de la loi sur la nouvelle organisation du marché de l’électricité.

 

La CRE souligne qu’avec un prix de 42 euros, les fournisseurs alternatifs ne sont toujours pas en mesure de proposer des offres plus compétitives que les tarifs réglementés.

Pour assurer « un développement effectif de la concurrence », le régulateur préconise ainsi que les tarifs « soient construits au plus vite par empilement du coût de l’Arenh, du coût du complément d’approvisionnement sur le marché de gros, des coûts commerciaux et du Turpe, sans attendre l’échéance du 31 décembre 2015 prévue par le code de l’énergie ».

Publicités

Les défaillances de sécurité des 19 centrales nucléaires françaises pointées par Bruxelles

 Le Monde.fr |01.10.2012 à 20h43 • Mis à jour le 02.10.2012 à 01h59

Les contrôles de sécurité systématiques menés par l’Union européenne ont révélé des défaillances de sécurité dans l’ensemble des centrales nucléaires françaises, affirme lundi 1er octobre Le Figaro, citant « un bilan encore confidentiel ». Les dix-neuf installations de l’Hexagone « manquent d’instruments de mesure sismique adaptés aux exigences post-Fukushima », note le quotidien sur son site Internet. Ces carences avaient déjà été pointées par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) française dans son long rapport publié en juin et imposant des milliers de prescriptions aux exploitants.

Néanmoins, observe Le Figaro, la centrale de Fessenheim, que François Hollande s’est engagé à fermer en 2016, « présente moins de mauvais points dans le tableau récapitulatif du document européen. Un exemple : les procédures prévues en cas d’accident grave sont jugées insuffisantes à Chooz et Cattenom, mais adéquates [dans la centrale alsacienne] ».

D’après le journal, le parc français doit revoir ses dispositifs pour « les scénarios extrêmes envisagés par Bruxelles : tremblement de terre, inondations, résistance par conception à des secousses ou à des impacts comme la chute d’un avion ».

« AUCUNE COMPLAISANCE »

Le commissaire européen à l’énergie, Gunther Oettinger, dont les équipes ont inspecté l’ensemble des 147 réacteurs européens, espère être en mesure de soumettre son rapport et ses recommandations aux dirigeants de l’UE lors du sommet des 18 et 19 octobre à Bruxelles. « Nos contrôles de sécurité ont été stricts, sérieux et menés en toute transparence. Ils ont permis de révéler ce qui allait bien et là où il fallait apporter des améliorations », a-t-il assuré. « En général, la situation est satisfaisante, mais nous ne devons avoir aucune complaisance », a-t-il ajouté.

Selon le journal allemand Die Welt, qui dit avoir consulté ce rapport, le commissaire européen chiffre à 25 milliards d’euros les travaux de mise en conformité rendus nécessaires par les contrôles qui ont fait apparaître des « centaines d’insuffisances ».

Die Welt souligne que la plupart des critiques concernent les centrales françaises. Aucun démenti n’a été formulé sur les informations de Die Welt.

La Commission européenne a réclamé des contrôles sur tous les types de réacteurs installés dans l’UE, et a demandé une analyse des conséquences d’un accident d’avion sur une installation. L’objectif était de vérifier la sécurité des installations en cas de rupture des approvisionnements en électricité, comme cela s’est produit sur le site de la centrale de Fukushima au Japon, après le séisme suivi d’un gigantesque tsunami qui a inondé les installations.

La Commission européenne peut faire des recommandations, mais elles sont non contraignantes, a insisté Mme Holzner. « Nous allons voir s’ils suivent nos recommandations ou pas ». L’UE compte 147 réacteurs dans 14 pays, dont 58 en France. Et 24 nouveaux réacteurs sont en projet, dont six sont déjà en construction : deux en Bulgarie, deux en Slovaquie, un en Finlande et un en France.


Delphine Batho : « Fessenheim sera fermée le plus tôt possible »

 Le Monde.fr avec AFP et Reuters |

09.09.2012 à 00h17 • Mis à jour le 09.09.2012 à 05h06

La centrale nucléaire de Fessenheim, doyenne du parc français, sera fermée comme promis par le président socialiste François Hollande, déclare Delphine Batho, la ministre de l’écologie et de l’énergie, au Journal du Dimanche (JDD).

L’engagement de François Hollande « sera tenu, Fessenheim sera fermée. Le but est de le faire dans le dialogue social, en garantissant l’approvisionnement énergétique de la région et en préservant les emplois, le plus tôt possible et au plus tard en 2017 », assure la ministre dans une interview dimanche.

« Nous discuterons du calendrier précis lors du débat sur la transition énergétique qui commencera en novembre et s’achèvera avant le premier semestre 2013 », dit-elle. « On n’est pas sur un coup de com’ en début de quinquennat qui sera dilué puis oublié en cours de route. Nous engageons un processus sérieux et durable. La conférence environnementale sera annuelle. Chaque année, on pourra faire le bilan des engagements pris et mettre de nouveaux sujets sur la table. » Le gouvernement fera voter une loi de programmation pour la transition énergétique « avant la fin de l’année 2013 », précise-t-elle.

Selon la ministre, faire passer la part de l’énergie nucléaire de 75 % à 50 % reste un objectif « réaliste ». « Sur l’éolien terrestre et offshore, sur le solaire, sur les énergies marines, la biomasse, le potentiel est considérable. Et cela créera des emplois », dit-elle au JDD.

Le débat autour de la fermeture de la plus ancienne centrale de France, située au bord du Rhin, face à l’Allemagne, et à 40 km de Bâle, en Suisse, a été relancé après un incident de nature chimique sur le site. Deux salariés ont été légèrement brûlés mercredi lors de la manipulation d’un produit chimique dans un bâtiement auxiliairesitué près des deux réacteurs. Le député écologiste, Noël Mamère, avait aussitôt estimé que l’incident était la preuve qu’il ne fallait surtout pas se lancer dans des opérations coûteuses pour tenter de « rafistoler » des centrales vieillissantes. « La filière d’avenir ce sont les énergies renouvelables et certainement pas le nucléaire », a-t-il dit.

François Hollande s’est engagé durant la campagne électorale à fermer Fessenheim d’ici à 2017, quand l’installation aura 40 ans. Mais il n’a pas pas prévu de fermer d’autres centrales d’ici 5 ans.


Carburants : baisser de six centimes, est-ce socialement juste ?

Médiapart

28 août 2012 | Par Michaël Hajdenberg et Jade Lindgaard

Demi-surprise mardi matin : Pierre Moscovici annonce une baisse plus importante que prévu des prix des carburants : jusqu’à six centimes par litre à la pompe, soit l’équivalent de 1,5 euro pour 25 litres dans le réservoir. La veille, Jean-Marc Ayrault avait évoqué une réduction bien plus faible, entre deux et quatre centimes. Joli coup de communication du ministre de l’économie. « C’est une décision sans précédent et d’application immédiate », insiste-t-il. Elle est « extrêmement substantielle, notamment pour les bas revenus. »

© Reuters

Obtenue à l’issue d’une réunion avec les pétroliers, elle doit entrer en application dans les 24 heures pour trois mois. À l’issue de la période, un « mécanisme plus pérenne » doit voir le jour, élaboré avec le ministère de l’écologie et de l’énergie. C’est « un changement de société vers lequel il faut aller, une société de sobriété », a ajouté Pierre Moscovici, un signal adressé aux écologistes opposés par principe à la baisse des coûts des hydrocarbures car elle améliore l’acceptabilité sociale de la pollution.

La charge de l’effort doit être partagée à part égale – trois centimes chacun – entre l’État et les pétroliers, qui vont « rogner leurs marges », précise le ministre. Mais les détails du dispositif n’étaient pas encore connus mardi après-midi. Le manque à gagner pour l’État est estimé par Bercy à 300 millions d’euros. Le gouvernement doit attendre le projet de loi de finances 2013, qui doit être discuté à l’automne, pour réduire la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (Ticpe). D’ici là, il revient à chaque opérateur d’annoncer jusqu’où il peut aller. Total a annoncé une diminution de deux centimes par litre, et de trois sur les autoroutes. Leclerc et Système U s’engagent à vendre à prix coûtant jusqu’à la fin septembre, ce qui représente, selon Michel-Édouard Leclerc, une baisse de deux à trois centimes par litre. Carrefour affirme de son côté déjà vendre en dessous des tarifs de la concurrence. La grande distribution représente environ 60 % de la vente des carburants en France.

Le gel des prix du carburant était une promesse de campagne de François Hollande, alors que le cours du pétrole connaît de nouveaux pics tarifaires, accentués par la faiblesse de l’euro par rapport au dollar. En août, le gazole a connu un nouveau record, avec 1,459 euro par litre. Le 24 août dernier, le litre de super sans plomb 95 atteignait 1,648 euro et le sans plomb 98, 1,6985, selon les calculs du ministère de l’écologie et de l’énergie (voir ici tous les chiffres pour 2012). Pour autant, le gouvernement se contente finalement d’une baisse « modeste et temporaire » de la Ticpe, selon les termes du premier ministre. Fixée autour de 61 centimes par litre d’essence et 43 centimes pour le gazole, elle a rapporté 25 milliards d’euros à l’État en 2011. La fiscalité pétrolière constitue la quatrième recette de l’État, avec, au total, 35 milliards d’euros l’année dernière (soit environ 10 milliards de TVA).

Entre 7,5 et 10 euros économisés par mois

Pour le gouvernement, la baisse des prix des carburants est avant tout une mesure de soutien au niveau de vie des ménages, qui effectuent les deux tiers de leurs déplacements en voiture particulière. Les transports représentent le deuxième poste de dépense des ménages, après le logement et avant l’alimentation. « Les inégalités économiques et sociales habituelles ont un rôle considérable dans la distribution du parc automobile et du rapport à l’automobile », explique la sociologue Marie-Christine Zelem dans la revue Global Chance (voir ici). Plus on est pauvre, plus la part de la voiture dans le budget augmente.

Bien sûr, la voiture et le carburant prennent une part plus importante dans le budget des familles modestes que dans celui des ménages aisés. Et bien souvent, pour ceux qui vivent loin des centres-villes, il s’agit d’une dépense sans alternative possible.

Pour autant, la baisse des prix du carburant annoncée est-elle socialement juste ? En réalité, rien n’est moins sûr. D’abord, car selon l’enquête de l’Insee sur le budget des ménages – un peu datée, elle remonte à 2006, mais c’est la plus récente –, le montant dépensé en transport augmente nettement avec les revenus. Plus on est riche, plus on se déplace, et à plus grands frais. Plus précisément, le budget consacré aux carburants, lubrifiants, huiles et électricité (du véhicule) augmente avec les déciles de revenus. Ainsi, les ménages les plus pauvres y consacrent 540 euros par an, contre 1 251 pour les plus riches.

Budget en euros dépensé par ménage de 2,1 personnes par décile de revenu (Insee)Budget en euros dépensé par ménage de 2,1 personnes par décile de revenu (Insee)

Quel bénéfice les familles populaires tireront-elles de la baisse annoncée du prix des carburants ? Un calcul approximatif douche l’enthousiasme. Une baisse de 1,25 euro pour 25 litres, équivaut à une économie de 2,5 euros pour un plein (50 litres), soit 7,5 euros économisés par mois (pour trois pleins) ou dix euros (pour quatre), ce qui représente en trois mois entre 22,5 euros et 30 euros. Pas vraiment l’eldorado. En 2009, le consommateur dépensait en moyenne entre 1 300 euros (zone péri-urbaine) et 700 euros (à Paris) par an en carburant, selon une étude du ministère de l’écologie et de l’énergie (à lire ici)

Par ailleurs, le carburant n’est pas la seule dépense liée au véhicule. Car il faut aussi tenir compte de l’assurance et de l’entretien, dont les coûts ne cessent d’augmenter. Ainsi, selon l’association de consommateurs UFC-Que choisir, le prix d’un panier de 40 à 60 pièces détachées (boucliers, radiateurs, pièces de carrosserie…) a augmenté en moyenne de 30,5 % entre 2006 et 2011, soit trois fois plus que l’indice général des prix (voir ici).

Quant à l’assurance du véhicule, son prix a enflé de 10 % en dix ans selon une étude de la DGCCRF de janvier 2011 (voir ici).La focalisation sur le prix des carburants occulte l’inflation d’autres coûts qui, eux encore, pénalisent les plus bas revenus.Au bout du compte, et en moyenne, selon une étude de l’Autorité de la concurrence, le premier poste de dépense des Français dans l’automobile concerne l’entretien et la réparation des véhicules : les Français y consacrent 37 % de leur budget voiture. Contre seulement 28 % pour la consommation de carburant et 24 % pour l’achat du véhicule (les assurances et les frais de stationnement arrivent loin derrière).

Dernier élément potentiellement inégalitaire : le financement des 300 millions d’euros que coûtera la mesure. Elle devra en effet être abondée par des hausses d’impôts ou des réductions de dépenses. Autant de pressions financières supplémentaires pour les ménages.

Le budget carburant ne bouge pas depuis 50 ans

Si bien que pour Benoît Faraco, porte-parole de la Fondation pour la nature et pour l’homme, il serait « socialement plus efficace et écologiquement vertueux » d’aider les ménages à acquérir des voitures beaucoup moins consommatrices. Alors qu’en moyenne, en France, les véhicules dépensent environ 7,5 litres aux cent kilomètres, adopter une voiture limitée à 3 ou 4 litres aux cent permettrait d’économiser autour de 350 à 400 euros par an. Soit une économie beaucoup plus substantielle que celle permise par la baisse de 6 centimes.

Pour Nicolas Mouchinino, chargé de mission à UFC-Que choisir, la hausse des prix des carburants est « un problème structurel qui nécessite une politique structurelle », par exemple en faisant pression sur les marges de l’activité de raffinage et d’exploitation.

« Pourquoi ne pas envisager une allocation de 200 litres par an avec une taxation fortement réduite, soumise à plafond de ressources, afin de cibler les actifs pauvres ? » suggère Jean-Pierre Orfeuil, professeur d’aménagement du territoire à l’Institut d’urbanisme de Paris (IUP), et spécialiste des mobilités urbaines. Selon lui, pour aider les péri-urbains, plus dépendants du transport routier, il faut porter son attention à des solutions à visée plus collective. « Si on veut vraiment redonner du pouvoir d’achat, développons le covoiturage en aidant des entreprises ou des associations. On met des milliards et des milliards d’euros chaque année dans des transports de proximité. Très bien. Mais hors Île-de-France, seuls 10 % des gens vont travailler en transports publics. »

Les prix des carburants sont-ils trop élevés en France ? Là encore, rien n’est moins sûr. Le gazole hexagonal se situe dans la moyenne européenne. Selon les calculs de Franck Nadaud et Philippe Quirion du Cired, les prix du carburant ont augmenté exactement au rythme de l’inflation depuis 1960. Sur le graphique ci-dessous (courbe en noir), les prix réels du carburant, c’est-à-dire déduits de l’inflation, atteignent en 2011, après une forte hausse depuis 2009, exactement leur niveau de… 1960.

 

Franck Nadaud et Philippe Quirion (Cired), modèle CARBECO.Franck Nadaud et Philippe Quirion (Cired), modèle CARBECO.

 

Surtout, on découvre (c’est la courbe bleue) qu’il coûte aujourd’hui moins cher de parcourir 100 km qu’en 1960. Malgré la forte augmentation de l’essence et du gazole depuis trois ans, la facture de ce voyage atteint le même niveau que celui de la fin des années 1980 (hors inflation).

« Cela s’explique essentiellement par l’amélioration technique des voitures, plus économes en énergie malgré les gains en sécurité et en confort », explique l’économiste Philippe Quirion. La pénétration du diesel et le système des bonus-malus introduit par le Grenelle de l’environnement ont renforcé cette tendance. Or ce qui compte pour le budget des ménages, c’est bien la facture effective à débourser et non le seul prix à la pompe.

Dernier coup d’œil en arrière, dernière information cruciale : la part du carburant dans le budget des ménages n’a quasiment pas bougé depuis…1959. Elle stagne entre 3 et 4 %. Pas vraiment de quoi grever le niveau de vie des familles.

La boîte noire :

URL source: http://www.mediapart.fr/journal/economie/280812/carburants-baisser-de-six-centimes-est-ce-socialement-juste

Gaz de schiste : Hollande réaffirme son opposition à la fracturation hydraulique

Le Monde.fr avec Reuters | 16.08.2012 à 09h34

François Hollande, le 26 juillet.

François Hollande a réitéré mercredi l’opposition du gouvernement à l’exploitation du gaz de schiste par la technique de la fracturation hydraulique, en recevant au fort de Brégançon (Var) une délégation d’un collectif varois contre l’exploitation du gaz de schiste.

Le chef de l’Etat a également annoncé une refonte du code minier « pour les semaines qui viennent », a indiqué Yvan Daluzeau, porte-parole de la délégation. « La fracturation hydraulique restera totalement interdite », a-t-il dit sur France Info à l’issue de l’entrevue, en citant le président de la République. « Tant qu’il n’y aura pas de techniques sûres, il ne se passera rien. »

Yvan Daluzeau a encore déclaré avoir demandé à François Hollande un moratoire sur des forages de prospection qui doivent débuter prochainement en Seine-et-Marne en attendant une refonte du code minier que le gouvernement s’est engagé à mener à terme. « Il nous a assuré que cette refonte se ferait dans les semaines qui viennent », a-t-il dit.

Plusieurs collectifs sont mobilisés dans le Var contre un permis d’exploration qui couvre les trois quarts du département, en raison des dégâts à l’environnement provoqués par la technique de la fracturation hydraulique. Le gouvernement a prévu de réunir le mois prochain une conférence nationale sur la transition énergétique au cours de laquelle cette question devrait être abordée.


Des papillons modifiés génétiquement par les radiations de Fukushima

Le Monde.fr avec AFP | 14.08.2012 à 10h37 • Mis à jour le 14.08.2012 à 11h41

Des ouvriers travaillent sur la centrale de Fukushima peu après le tsunami qui a touché le Japon en mars 2011.

Des papillons vivant aux alentours de la centrale de Fukushima ont souffert de mutations génétiques sur trois générations à cause de la radioactivité, ont découvert des chercheurs japonais. Environ 12 % de petits papillons bleus de la famille des lycénidés exposés à la radioactivité à l’état de larves lors de la catastrophe nucléaire de mars 2011 ont développé des anomalies, notamment des ailes plus petites et une malformation des yeux, ont expliqué des chercheurs.

Ces insectes, attrapés non loin de la centrale accidentée Fukushima Daiichi en mai, soit deux mois après l’accident, ont ensuite été élevés en laboratoires à des fins de reproduction. Quelque 18 % de la génération suivante a développé des problèmes similaires, a souligné Joji Otaki, professeur à l’université Ryukyu d’Okinawa (sud), interrogé par l’AFP.

La proportion a encore grimpé (à 34 %) pour la troisième génération, alors que les scientifiques avaient pris soin de choisir un papillon sain d’une autre région pour l’accoupler avec un papillon de Fukushima. Six mois après le désastre, un nouveau lot de papillons a été attrapé près de Fukushima Daiichi et, cette fois, le taux d’anomalie de la génération suivante a été mesuré à 52 %, a précisé M. Otaki.

DES ÉTUDES À VENIR SUR D’AUTRES ANIMAUX

Les scientifiques ont aussi réalisé une expérience test sur une population de papillons non affectés. Ils les ont exposés en laboratoire à de faibles doses de radioactivité et ont constaté la même proportion d’anomalies que chez la première génération de papillons de Fukushima. Les résultats de cette étude ont été publiés dans Scientific Reports, un journal sur Internet diffusé par l’éditeur du magazine Nature.

« Nous en avons tiré la conclusion claire que les radiations dégagées par la centrale Fukushima Daiichi avaient endommagé les gènes des papillons », a souligné M. Otaki. Il a toutefois prévenu que ces résultats devaient être pris avec précaution, précisant que l’effet observé n’était avéré à l’heure actuelle que sur les papillons et sur aucune autre espèce animale ni sur l’homme.
Son équipe va mener de nouvelles expériences sur d’autres animaux.

Aucune personne n’est morte directement du fait des radiations provoquées par l’accident de Fukushima, mais les habitants de la région et les travailleurs qui interviennent sur la centrale endommagée redoutent toujours des effets à long terme. Des associations affirment que des effets de la radioactivité se sont transmis sur plusieurs générations à Hiroshima et Nagasaki (sud-ouest), après le lancement de bombes atomiques par les Etats-Unis en août 1945 à la fin de la seconde guerre mondiale


Sortie du nucléaire au Japon, un plan secret pour arrêter 20 réacteurs en France

Politis

Contraint et forcé, cédant aux pressions conjuguées des citoyens, des municipalités et des compagnies d’assurance qui ne veulent plus assumer le risque, le Japon est sorti vendredi du nucléaire. Plus un seul réacteur ne fonctionne tandis que ceux de Fukushima continuent à polluer la région, la contamination poursuivant son grignotage du pays. L’histoire et la pression de la population diront si cette sortie est définitive.

Une leçon pour les gouvernements et les citoyens qui hésitent encore. Même si le prix à payer, pour le Japon, est une augmentation des importations de gaz et de pétrole, voire, pour une petite part, du charbon. Mais la transition écologique implique deux choix qu’il faut regarder en face : d’une part puisque les pouvoirs en place ne veulent plus négocier sur ce sujet, il va falloir accepter ou affronter le risque climatique en attendant que soient mises au point les méthodes de capturer le CO 2 ; et d’autre part il est certain que pour inciter aux économies d’énergies, elles seront ou devront être de plus en plus chères quitte à prévoir des mécanismes pour protéger tous ceux, en France et ailleurs, qui pourraient se retrouver en état de précarité énergétique.

L’autre leçon de cette situation est que l’énergétivore Japon a réussi à ajouter en une seule année aux centrales le gisement des économies d’énergie. Sans allumer les bougies vantées par Nicolas Sarkozy, sans changer de mode de vie. Simplement « en éteignant les lumières inutiles » et en modifiant les méthodes de gestion et de production.

Et évidemment le pays frappé par la catastrophe nucléaire a lancé un plan sans précédent de développement du recours aux éoliennes et à l’énergie solaire. Un véritable pari industriel qui lance ce pays à la poursuite de la Chine dans ces domaines. Avec tout ce que cela comporte de créations d’emplois.

En France, dans le plus grand secret, sans que Nicolas Sarkozy et François Hollande en soient vraiment informés, EDF vient de finir la préparation d’un plan prévoyant la mise à l’arrêt avant la fin de la décennie, d’une vingtaine de réacteurs, dont ceux de Fessenheim, de Dampierre en Burly et de Civaux dans la Vienne. Tout simplement parce que les plus récentes études ont fait apparaître le coût faramineux, des dizaines de milliards d’euros de la modification et de la mise aux normes de la plupart des 58 réacteurs en fonctionnement. 58… ce n’est que quatre de plus que le nombre de ceux qui viennent de « s’éteindre » au Japon.

La mise au point de ce plan sera évidemment démentie, mais il existe et sera soumis dans les mois qui viennent, au gouvernement.