Conférence-débat avec Jean-François Mignard : « En finir avec l’état d’urgence » Mercredi 9 mars 20h à Sarlat Cinéma Rex

Section Sarlat ldhsarlat@gmail.com

Collectif contre l’état d’urgence et pour les libertés en sarladais

 

affiche a3 ver 2 format maillogo atelier 24Accueil

06 41 89 41 22

ldhsarlat@gmail.com

Posez vos questions et vos contributions sur notre adresse courriel, nous répondrons publiquement à vos questionnements

Publicités

L’électricité nucléaire coûte de plus en plus cher, selon la Cour des comptes

Par La rédaction de Mediapart

|

Le coût de l’électricité nucléaire ne cesse de croître en France : il a augmenté de 21 % entre 2010 et 2013, pour atteindre quasiment 60 euros par mégawatt-heure, contre seulement 49,6 en 2010, analyse la Cour des comptes, dans un rapport publié le 27 mai.

Le coût de l’électricité nucléaire ne cesse de croître en France : il a augmenté de 21 % entre 2010 et 2013, pour atteindre quasiment 60 euros par mégawatt-heure (MWh), contre seulement 49,6 en 2010, analyse la Cour des comptes, dans un rapport publié le 27 mai (à lire en cliquant ici).

Si EDF doit aujourd’hui dépenser plus d’argent pour produire de l’énergie atomique, c’est pour un ensemble de raisons : inflation des dépenses d’exploitation (coûts du combustible, de personnel, impôts et taxes, dépenses des fonctions centrales et supports), provisions pour la gestion des déchets et des combustibles usés ainsi que pour le futur démantèlement des centrales, investissements de maintenance. Depuis 2008, le montant des investissements annuels d’EDF a été multiplié par trois ; depuis 2010, il a doublé.

En réalité, ces nouvelles estimations de la Cour des comptes s’inscrivent dans un contexte déjà connu : après plusieurs années de sous-investissements dans son activité de production nucléaire, l’électricien fait face à des dépenses accrues de maintenance, qui s’ajoutent au « grand carénage » programmé pour remettre les réacteurs au niveau technique et de sûreté nécessaire au rallongement de leur durée de vie (entre 2011 et 2033, EDF devrait dépenser 90 milliards d’euros pour que ses réacteurs de 900 et 1300 MW passent avec succès leur quatrième visite décennale). Construites à l’origine pour 40 ans, les tranches nucléaires pourraient être utilisées pendant 50 ou 60 ans, selon EDF. Ce projet industriel n’a pas été validé par l’autorité de sûreté du nucléaire.

La catastrophe de Fukushima au Japon en 2011 a par ailleurs entraîné une révision à la hausse des exigences de sûreté, qui se traduisent elles aussi par des dépenses supplémentaires dans le parc nucléaire français, évaluées à 11 milliards d’euros.
Selon les calculs de la Cour des comptes, entre 2014 et 2025, la moitié des investissements d’EDF dans ses centrales correspondra à des investissements de sûreté.

Pour toutes ces raisons, les experts de la Cour des comptes estiment qu’à moyen terme les coûts de production du parc « sont orientés à la hausse ». Autrement dit, l’électricité nucléaire coûtera de plus en plus cher à produire. Le seul élément qui pourrait permettre d’atténuer les dépenses serait l’allongement de la durée de vie des réacteurs de 40 à 50 ans qui, par une astuce comptable, permettrait de lisser dans le temps l’impact des dépenses. D’où le lobbying effréné d’EDF qui a tenté toute l’année 2013 d’obtenir de l’Etat (son actionnaire à 85 %) l’autorisation de prolonger dans ses comptes la durée d’activité de ses installations. Le gouvernement Ayrault s’y était finalement opposé.

L’électricien se trouve pris dans un étau temporel : d’un côté, il doit faire durer ses centrales de dix à vingt ans supplémentaires pour amortir ses investissements. De l’autre, cette perspective lui coûtera cher : le parc nucléaire a été construit par vagues très rapprochées dans les années 1980 – 80 % des réacteurs ont été mis en service entre 1977 et 1987. Si bien que les dépenses liées à son vieillissement vont elles aussi se succéder à un rythme très rapide. Or la technologie de 3e génération, celle de l’EPR, promet d’être encore beaucoup plus onéreuse. La Cour des comptes se dit incapable de chiffrer le coût du courant qui sortira de l’EPR de Flamanville. Mais elle note que l’accord signé en octobre 2013 entre EDF et le gouvernement britannique pour le réacteur de Hinkley Point correspond à 114 euros par MWh, presque le double du coût du parc français actuel.

Autre alerte lancée par le rapport : la taxe sur les installations nucléaires de base, acquittée par l’électricien (579 millions de recettes en 2013), ne suffit plus désormais à couvrir l’ensemble des crédits publics consacrés à la production nucléaire (R&D, ainsi que pour la sûreté et la sécurité), qui atteignent 732 millions.

Comme en 2012, année de son rapport qui fait date sur les coûts de la filière électro-nucléaire, la Cour insiste sur « la nécessité » pour les pouvoirs publics de « prendre position sur le prolongement de la durée d’exploitation des réacteurs au-delà de 40 ans ». Autrement-dit : il faut décider maintenant, au risque sinon de mettre le système de production nucléaire en difficultés financières, techniques, humaines et de sûreté d’ici 2027. Car à cette date, 80 % des installations auront atteint l’âge de 40 ans.


Nucléaire : la loi devrait garantir l’arrêt de la centrale de Fessenheim

Mediapart.fr

08 mars 2014 | Par Jade Lindgaard

 

Malgré les doutes émis en coulisse par des ministres importants du gouvernement, la fermeture de la centrale de Fessenheim semble acquise dans la loi de transition énergétique. Une manifestation pour en demander l’arrêt immédiat se tient dimanche 9 mars, trois ans après la catastrophe de Fukushima.

Le projet de loi sur la transition énergétique, attendu en juin devant le conseil des ministres, devrait garantir l’arrêt définitif de la centrale nucléaire de Fessenheim, la plus ancienne du parc français. L’arbitrage est acté, de source gouvernementale proche du dossier. Il passe par une mesure décisive : le plafonnement de la puissance nucléaire installée à son niveau actuel, c’est-à-dire environ 63 300 mégawatts (MW). Selon cette nouvelle règle, si les deux réacteurs de Fessenheim (d’une puissance de 900 MW chacun) ne fermaient pas, l’EPR actuellement en construction à Flamanville (1 600 MW) ne pourrait pas démarrer. Comme l’arrêt de ce réacteur de nouvelle génération n’est pas au programme de l’exécutif socialiste, le choix semble donc scellé. Même si le nom du site alsacien d’EDF ne figurera peut-être pas en toutes lettres dans le texte, par crainte d’un risque d’inconstitutionnalité. Sur ce point précis, une analyse juridique est toujours en cours entre services administratifs et ministères.

La centrale nucléaire de Fessenheim, en Alsace (Wikicommons).
La centrale nucléaire de Fessenheim, en Alsace (Wikicommons).

Autre mesure phare intégrée au projet de loi : l’introduction d’une nouvelle procédure séparant la décision d’arrêt définitif d’une installation nucléaire, de la procédure de son démantèlement.

Aujourd’hui, l’exploitant peut à tout moment décider d’arrêter un réacteur, et même de vider son cœur. Ce sont des actes courants indispensables à la maintenance du parc. En revanche, il a besoin d’un arrêté de démantèlement pour démonter les équipements importants pour la sûreté et créer de nouveaux déchets, et ainsi mettre définitivement à l’arrêt l’installation. Problème : la procédure est très longue. Elle dure environ cinq ans, selon les estimations de l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN). Et elle n’incite pas les exploitants à préparer les opérations de démantèlement. D’où l’idée, portée par l’ASN, de distinguer les deux actes : le constat de l’arrêt définitif d’abord, la préparation et la mise en œuvre du démantèlement ensuite.

L’ASN souhaite limiter la procédure de lancement du démantèlement à quelques années, afin de le mettre en œuvre le plus rapidement possible, en présence des personnels qui ont exploité le réacteur. Aujourd’hui, elle estime qu’il faut environ deux ans à un exploitant pour monter un dossier de demande de décret de démantèlement, et environ 3 ans à l’ASN et à l’IRSN pour expertiser ce dossier et conduire la procédure (enquête publique, notamment). « Ces délais sont liés à des activités très concrètes, importantes et assez complexes. Dans le cadre des procédures actuellement prévues par les textes, il nous semble difficile qu’ils puissent être significativement raccourcis », explique Sophie Mourlon, directrice générale adjointe de l’ASN. Le démantèlement en lui-même devrait courir sur plusieurs dizaines d’années.

Pierre-Franck Chevet, président de l'ASN, auditionné à l'Assemblée nationale, le 13 février 2014.
Pierre-Franck Chevet, président de l’ASN, auditionné à l’Assemblée nationale, le 13 février 2014.

« Cette idée n’a absolument rien à voir avec Fessenheim, même s’il y a eu des doutes dans la communication, nous le regrettons », a déclaré Pierre-Franck Chevet, le président de l’autorité, devant la commission parlementaire sur les coûts du nucléaire, le 13 février dernier (voir ici). Il n’empêche qu’elle tombe à point pour tenter de tenir le délai fixé par François Hollande : fermer Fessenheim d’ici fin 2016. Si la loi est votée en l’état, l’arrêté d’arrêt définitif pourrait en théorie être publié assez rapidement, une fois surmonté l’obstacle de la définition des critères de fermeture – ainsi que des probables recours qui seront déposés devant le Conseil d’État.

Dernier élément de réforme, lui aussi prévu dans le projet de loi : redonner à l’État le pouvoir de fermer une installation nucléaire, prérogative aujourd’hui exclusive de l’ASN et d’EDF (voir ici notre article à ce sujet)Si la loi est votée avec ces dispositions, un calendrier contraignant devrait peser sur EDF.

Mais EDF a-t-il démarré ses études d’ingénierie pour le démantèlement de la centrale de Fessenheim ? Il semble que oui, mais à un rythme très tranquille. « EDF a peu anticipé sur la fermeture », remarque Jean-Michel Malerba, délégué interministériel à la fermeture de la centrale. Henri Proglio, PDG du groupe, l’a reçu. Peu enthousiasmée par cette perspective de fermeture, l’entreprise appliquera la loi si elle est votée. Le prédécesseur du délégué dirige aujourd’hui le cabinet du ministre de l’écologie et de l’énergie, Philippe Martin.

« Cette estimation n’est pas du tout la nôtre »

Pourtant, des ministres ne se privent pas pour déclarer aux journalistes, en off, que la centrale de Fessenheim ne fermera pas. Premier argument avancé : le coût supposé de l’arrêt des deux réacteurs. Près de 4, 5, 8 milliards d’euros : des sommes importantes sont citées, jamais officiellement reprises par EDF. Elles portent sur le manque à gagner pour l’exploitant, par rapport à une durée théorique d’utilisation de 50 ou 60 ans – options non validées par l’ASN. « Aucun document ne justifie ces estimations », considère Denis Baupin, député écologiste et co-rapporteur de la mission sur les coûts du nucléaire, actuellement en cours de travaux. Une séance d’audition doit porter sur les conditions de fermeture des réacteurs. Quelle indemnisation l’Etat versera-t-il à EDF (c’est-à-dire, à 85 %, à lui-même) ? Objet de discussion entre EDF, le ministère du budget et la direction générale de l’énergie et du climat, ce chiffrage devrait être rendu public en même temps que la présentation du projet de loi. Le montant de 4 milliards, repris par plusieurs ministres, « n’est pas du tout le nôtre », explique d’ores et déjà une source gouvernementale proche du dossier.

Age des réacteurs nucléaires dans le monde, en 2009 (©Y. Marignac).
Age des réacteurs nucléaires dans le monde, en 2009 (©Y. Marignac).

Deuxième épine dans les chaussures ministérielles, l’impact sur l’emploi. Près de 2 200 emplois directs, indirects et induits seraient touchés sur la zone de Colmar et de Mulhouse, dont 850 agents EDF que le groupe doit reclasser, selon une étude du cabinet Syndex pour le comité central d’entreprise de l’électricien. Cela ne représente que 1 % de l’emploi de la zone selon le rapport, mais plus de la moitié de la communauté de commune de Fessenheim (2 300 habitants). L’Insee doit à son tour publier une étude sur le sujet. Son estimation serait un peu plus basse, entre 1 700 et 2 000 emplois impactés.

De son côté, la porte-parole de la fédération mines-énergie de la CGT, majoritaire chez EDF, Marie-Claire Cailletaud, se dit certaine que la centrale alsacienne ne fermera pas pendant la mandature. L’organisation a déposé un recours contre la nomination de Malerba. Elle conteste « que le gouvernement puisse fermer un outil industriel qui fonctionne ».

L’ASN a imposé à EDF d’importants travaux sur les deux réacteurs de Fessenheim, lors du réexamen de sûreté décennal (pour l’autoriser à voguer vers ses 40 ans), dont le coût est estimé entre 100 et 200 millions d’euros. Ils ont notamment porté sur le renforcement du radier en béton, sorte de plancher, situé sous la cuve des réacteurs. Il doit récupérer le cœur fondu, le « corium », en cas d’accident gravissime et de fusion du réacteur. Sauf qu’en réalité, les travaux réalisés ne permettront pas de bloquer la bombe radioactive, mais seulement d’en retarder la chute dans le sol : trois jours, au lieu de moins de 24 heures avant travaux. « Ce n’est pas un récupérateur de corium avec toutes la garanties qui s’y rattachent », a expliqué Pierre-Franck Chevet, de l’ASN, devant les parlementaires en février. Il considère néanmoins que la sûreté de l’installation est assurée jusqu’en 2019 et 2021, dates des prochaines visites décennales.

Or la plus grande nappe phréatique d’Europe se trouve sous la centrale : la nappe rhénane, près de 80 milliards de mètre cube d’eau entre Bâle et Mayence, qui assure 80 % des besoins en eau potable et plus de la moitié de ceux de l’industrie de la région. Qu’adviendrait-il en cas d’accident grave ?

Une manifestation pour « un avenir sans nucléaire » doit se tenir dimanche 9 mars dans la vallée du Rhin supérieur, trois ans après la catastrophe de Fukushima. Des ponts devraient être bloqués, puis un rassemblement est prévu autour de la centrale de Fessenheim. Des militants sont attendus depuis l’Allemagne et la Suisse, preuve de la résonnance internationale du dossier de la fermeture de la centrale alsacienne.

URL source: http://www.mediapart.fr/journal/france/080314/nucleaire-la-loi-devrait-garantir-l-arret-de-la-centrale-de-fessenheim


Greenpeace désigne les centrales nucléaires à fermer en priorité

Libération

28 mars 2013 à 12:11
La centrale de Fessenheim, en Alsace, en septembre 2012.

La centrale de Fessenheim, en Alsace, en septembre 2012. (Photo Vincent Kessler. Reuters

En plus de Fessenheim, l’ONG a énuméré les centrales du Blayais, du Bugey, de Gravelines et du Tricastin.

Par AFP

«Pourquoi seulement Fessenheim ?» Greenpeace a désigné jeudi quatre autres centrales nucléaires à «fermer en priorité» après avoir analysé, pour les 19 sites français, leur vulnérabilité et les conséquences économiques potentielles d’un accident. Outre Fessenheim (Haut-Rhin), doyenne des centrales françaises promise à la fermeture d’ici fin 2016 par François Hollande, Greenpeace a inscrit sur sa liste noire les sites du Blayais (Gironde), du Bugey (Ain), de Gravelines (Nord) et du Tricastin (Drôme).

Jeudi matin, à l’aube, une dizaine de militants de Greenpeace ont déjoué la surveillance pour projeter sur la centrale de Fessenheim deux textes grâce à de puissants projecteurs. «Pourquoi seulement moi ?» pouvait-on lire durant une dizaine de minutes sur l’un des réacteurs de Fessenheim alors que la liste des centrales jugées dangereuses était projetée sur une piscine.

«Pour tenir sa promesse François Hollande doit acter la fermeture d’au moins vingt réacteurs à horizon 2020», souligne dans un communiqué Sophia Majnoni, chargée de campagne nucléaire pour Greenpeace, en référence à l’engagement du président de la République de baisser la part du nucléaire de 75 à 50% d’ici 2025 dans la production d’électricité. La fermeture de vingt réacteurs représentant une puissance totale de 18,1 gigawatts, soit environ 28% de la puissance du parc nucléaire français, qui compte en tout 58 réacteurs. «Fermer uniquement Fessenheim est une manœuvre politique. Cela ne nous permet pas d’atteindre l’objectif présidentiel mais surtout d’autres centrales sont aussi dangereuses», ajoute Sophia Majnoni.

«Niveau de sûreté satisfaisant» selon EDF

Un porte-parole d’EDF a déclaré à l’AFP que «toutes les centrales nucléaires d’EDF, y compris Fessenheim, présentent un niveau de sûreté satisfaisant, comme l’a souligné l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) lors de la remise de son rapport sur les évaluations complémentaires de sûreté le 3 janvier 2012».

Après l’accident de Fukushima, l’ASN a procédé à un audit des centrales françaises et a conclu qu’aucune centrale ne devait être fermée mais a prescrit des travaux obligatoires. «EDF s’est engagé à améliorer encore le niveau de sûreté de ses réacteurs dans le cadre des prescriptions demandées par l’ASN. Il s’agit notamment du renforcement de la robustesse des installations face à des situations extrêmes (inondations, séisme….)», a ajouté le porte-parole du groupe.

Pour établir sa liste noire, Greenpeace a examiné «trois séries de critères» : le niveau de sûreté des centrales (âge, puissance, nature du combustible, etc.), les risques d’«agressions externes naturelles ou non naturelles» (inondation, séisme, risque industriel, incendie, etc.) et les conséquences d’un accident (proximité d’une frontière ou d’une grande métropole, activités proches, etc.). Pour le Blayais, l’ONG pointe par exemple les possibles impacts d’un accident sur l’activité viticole. Pour la centrale de Gravelines, l’association pointe «une concentration impressionnante de risques» avec la présence de «22 installations classées dont 8 Seveso dans un rayon de 10 km».

«La catastrophe de Fukushima est venue nous rappeler qu’il faut se préparer à un accident majeur même si ce n’est pas le scénario le plus probable», commente Greenpeace, qui boycotte le processus officiel du débat national sur la transition énergétique lancé en novembre par le gouvernement.


Les défaillances de sécurité des 19 centrales nucléaires françaises pointées par Bruxelles

 Le Monde.fr |01.10.2012 à 20h43 • Mis à jour le 02.10.2012 à 01h59

Les contrôles de sécurité systématiques menés par l’Union européenne ont révélé des défaillances de sécurité dans l’ensemble des centrales nucléaires françaises, affirme lundi 1er octobre Le Figaro, citant « un bilan encore confidentiel ». Les dix-neuf installations de l’Hexagone « manquent d’instruments de mesure sismique adaptés aux exigences post-Fukushima », note le quotidien sur son site Internet. Ces carences avaient déjà été pointées par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) française dans son long rapport publié en juin et imposant des milliers de prescriptions aux exploitants.

Néanmoins, observe Le Figaro, la centrale de Fessenheim, que François Hollande s’est engagé à fermer en 2016, « présente moins de mauvais points dans le tableau récapitulatif du document européen. Un exemple : les procédures prévues en cas d’accident grave sont jugées insuffisantes à Chooz et Cattenom, mais adéquates [dans la centrale alsacienne] ».

D’après le journal, le parc français doit revoir ses dispositifs pour « les scénarios extrêmes envisagés par Bruxelles : tremblement de terre, inondations, résistance par conception à des secousses ou à des impacts comme la chute d’un avion ».

« AUCUNE COMPLAISANCE »

Le commissaire européen à l’énergie, Gunther Oettinger, dont les équipes ont inspecté l’ensemble des 147 réacteurs européens, espère être en mesure de soumettre son rapport et ses recommandations aux dirigeants de l’UE lors du sommet des 18 et 19 octobre à Bruxelles. « Nos contrôles de sécurité ont été stricts, sérieux et menés en toute transparence. Ils ont permis de révéler ce qui allait bien et là où il fallait apporter des améliorations », a-t-il assuré. « En général, la situation est satisfaisante, mais nous ne devons avoir aucune complaisance », a-t-il ajouté.

Selon le journal allemand Die Welt, qui dit avoir consulté ce rapport, le commissaire européen chiffre à 25 milliards d’euros les travaux de mise en conformité rendus nécessaires par les contrôles qui ont fait apparaître des « centaines d’insuffisances ».

Die Welt souligne que la plupart des critiques concernent les centrales françaises. Aucun démenti n’a été formulé sur les informations de Die Welt.

La Commission européenne a réclamé des contrôles sur tous les types de réacteurs installés dans l’UE, et a demandé une analyse des conséquences d’un accident d’avion sur une installation. L’objectif était de vérifier la sécurité des installations en cas de rupture des approvisionnements en électricité, comme cela s’est produit sur le site de la centrale de Fukushima au Japon, après le séisme suivi d’un gigantesque tsunami qui a inondé les installations.

La Commission européenne peut faire des recommandations, mais elles sont non contraignantes, a insisté Mme Holzner. « Nous allons voir s’ils suivent nos recommandations ou pas ». L’UE compte 147 réacteurs dans 14 pays, dont 58 en France. Et 24 nouveaux réacteurs sont en projet, dont six sont déjà en construction : deux en Bulgarie, deux en Slovaquie, un en Finlande et un en France.


Delphine Batho : « Fessenheim sera fermée le plus tôt possible »

 Le Monde.fr avec AFP et Reuters |

09.09.2012 à 00h17 • Mis à jour le 09.09.2012 à 05h06

La centrale nucléaire de Fessenheim, doyenne du parc français, sera fermée comme promis par le président socialiste François Hollande, déclare Delphine Batho, la ministre de l’écologie et de l’énergie, au Journal du Dimanche (JDD).

L’engagement de François Hollande « sera tenu, Fessenheim sera fermée. Le but est de le faire dans le dialogue social, en garantissant l’approvisionnement énergétique de la région et en préservant les emplois, le plus tôt possible et au plus tard en 2017 », assure la ministre dans une interview dimanche.

« Nous discuterons du calendrier précis lors du débat sur la transition énergétique qui commencera en novembre et s’achèvera avant le premier semestre 2013 », dit-elle. « On n’est pas sur un coup de com’ en début de quinquennat qui sera dilué puis oublié en cours de route. Nous engageons un processus sérieux et durable. La conférence environnementale sera annuelle. Chaque année, on pourra faire le bilan des engagements pris et mettre de nouveaux sujets sur la table. » Le gouvernement fera voter une loi de programmation pour la transition énergétique « avant la fin de l’année 2013 », précise-t-elle.

Selon la ministre, faire passer la part de l’énergie nucléaire de 75 % à 50 % reste un objectif « réaliste ». « Sur l’éolien terrestre et offshore, sur le solaire, sur les énergies marines, la biomasse, le potentiel est considérable. Et cela créera des emplois », dit-elle au JDD.

Le débat autour de la fermeture de la plus ancienne centrale de France, située au bord du Rhin, face à l’Allemagne, et à 40 km de Bâle, en Suisse, a été relancé après un incident de nature chimique sur le site. Deux salariés ont été légèrement brûlés mercredi lors de la manipulation d’un produit chimique dans un bâtiement auxiliairesitué près des deux réacteurs. Le député écologiste, Noël Mamère, avait aussitôt estimé que l’incident était la preuve qu’il ne fallait surtout pas se lancer dans des opérations coûteuses pour tenter de « rafistoler » des centrales vieillissantes. « La filière d’avenir ce sont les énergies renouvelables et certainement pas le nucléaire », a-t-il dit.

François Hollande s’est engagé durant la campagne électorale à fermer Fessenheim d’ici à 2017, quand l’installation aura 40 ans. Mais il n’a pas pas prévu de fermer d’autres centrales d’ici 5 ans.


Des papillons modifiés génétiquement par les radiations de Fukushima

Le Monde.fr avec AFP | 14.08.2012 à 10h37 • Mis à jour le 14.08.2012 à 11h41

Des ouvriers travaillent sur la centrale de Fukushima peu après le tsunami qui a touché le Japon en mars 2011.

Des papillons vivant aux alentours de la centrale de Fukushima ont souffert de mutations génétiques sur trois générations à cause de la radioactivité, ont découvert des chercheurs japonais. Environ 12 % de petits papillons bleus de la famille des lycénidés exposés à la radioactivité à l’état de larves lors de la catastrophe nucléaire de mars 2011 ont développé des anomalies, notamment des ailes plus petites et une malformation des yeux, ont expliqué des chercheurs.

Ces insectes, attrapés non loin de la centrale accidentée Fukushima Daiichi en mai, soit deux mois après l’accident, ont ensuite été élevés en laboratoires à des fins de reproduction. Quelque 18 % de la génération suivante a développé des problèmes similaires, a souligné Joji Otaki, professeur à l’université Ryukyu d’Okinawa (sud), interrogé par l’AFP.

La proportion a encore grimpé (à 34 %) pour la troisième génération, alors que les scientifiques avaient pris soin de choisir un papillon sain d’une autre région pour l’accoupler avec un papillon de Fukushima. Six mois après le désastre, un nouveau lot de papillons a été attrapé près de Fukushima Daiichi et, cette fois, le taux d’anomalie de la génération suivante a été mesuré à 52 %, a précisé M. Otaki.

DES ÉTUDES À VENIR SUR D’AUTRES ANIMAUX

Les scientifiques ont aussi réalisé une expérience test sur une population de papillons non affectés. Ils les ont exposés en laboratoire à de faibles doses de radioactivité et ont constaté la même proportion d’anomalies que chez la première génération de papillons de Fukushima. Les résultats de cette étude ont été publiés dans Scientific Reports, un journal sur Internet diffusé par l’éditeur du magazine Nature.

« Nous en avons tiré la conclusion claire que les radiations dégagées par la centrale Fukushima Daiichi avaient endommagé les gènes des papillons », a souligné M. Otaki. Il a toutefois prévenu que ces résultats devaient être pris avec précaution, précisant que l’effet observé n’était avéré à l’heure actuelle que sur les papillons et sur aucune autre espèce animale ni sur l’homme.
Son équipe va mener de nouvelles expériences sur d’autres animaux.

Aucune personne n’est morte directement du fait des radiations provoquées par l’accident de Fukushima, mais les habitants de la région et les travailleurs qui interviennent sur la centrale endommagée redoutent toujours des effets à long terme. Des associations affirment que des effets de la radioactivité se sont transmis sur plusieurs générations à Hiroshima et Nagasaki (sud-ouest), après le lancement de bombes atomiques par les Etats-Unis en août 1945 à la fin de la seconde guerre mondiale