Journée 2017 des droits de l’Homme au pays de l’Homme à Sarlat -30-09-17-

Deuxième édition

Journée des droits de l’Homme au pays de l’Homme

section de Sarlat

samedi 30 septembre 2017

9h à 22h30

au Colombier

Le thème central, qui sera longuement traité cette année, s’articule autour de l’enfant, la minorité, le passage à la majorité, le statut des enfants sous toutes ses formes, le respect des droits des mineurs-es étrangers-ères isolés-es, les atteintes au droits des enfants ainsi que les différents problèmes posés par la collation des données et de la sécurité sur les réseaux sociaux et/ou dans le cadre scolaire ou familial.
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 11h30 à 13h
Table ronde sur le sujet des enfants mineurs et des mineurs étrangers
animée par Maria Carrier
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14h à 15h
Comment devenir famille d’accueil ?
Avec le témoignage de familles d’accueil en Dordogne. Informations détaillées sur le parcours à suivre pour devenir acteur-actrice de la prise en charge des mineurs dans un département.

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15h à 16h
Dédicace du livre « Le battant »  par AYEOTE KOUMOUMBA, auteur africain.
Editions Saint Honoré
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17h à 19h
Conférence de Françoise Dumont
Présidente d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme
« De l’évolution des droits de l’enfant de la préhistoire -ou presque- à nos jours »
Suivie d’un débat public avec la participation exceptionnelle

de représentants-es de la société civile au Parlement africain
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Concert exceptionnel à 20h00 *

Bruno Daraquy

chapiteau du Centre Culturel de Sarlat

sur des textes de François Villon

En préambule à cette journée exceptionnelle

une soirée est proposée le vendredi 29 à partir de 19h au cinéma Rex de Sarlat

Un buffet sera mis à disposition **
P
rojection du film « Polisse » de Maïwen
Le film sera suivi d’un débat sur la place de l’enfant dans notre société
animé par Jean-Marie Lelièvre, président de la section LDH de Sarlat,

Renseignements et réservations

06 41 89 41 22
ldhsarlat@gmail.com

* Participation : 5€
** Participation 10€

 

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Conférence-débat avec Jean-François Mignard : « En finir avec l’état d’urgence » Mercredi 9 mars 20h à Sarlat Cinéma Rex

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Collectif contre l’état d’urgence et pour les libertés en sarladais

 

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Agrobusiness : le créneau des mille vaches

Mediapart

12 septembre 2013
| Par Jade Lindgaard – .fr

Un millier de vaches passant leurs journées sous hangar, sans sortir, à ruminer des grains de maïs, du soja et des pousses de luzernes. Dix mètres carrés par bête, dans une atmosphère contrôlée scientifiquement. Trois traites de lait quotidiennes pour produire jusqu’à 8,5 millions de litres par an. Sans oublier, la valorisation du lisier en électricité par le truchement du plus gros méthaniseur jamais construit en France (1,5 mégawatt). Un remake de Terminator à la campagne ? Non, une ferme picarde en cours de construction sur le lieu-dit du « bout du monde », au pays des céréales, de la betterave et de la bière.

Action de la Confédération paysanne contre la ferme des mille vaches, 12 septembre 2013.
Action de la Confédération paysanne contre la ferme des mille vaches, 12 septembre 2013.

L’exploitation agricole que le groupe de BTP Ramery développe aujourd’hui dans la Somme convoque une rencontre du troisième type : d’un côté, la traditionnelle activité de production laitière, emblématique de la paysannerie française, et de l’autre, l’échelle industrielle et la culture de la maximalisation des profits. « Si c’est un gros mot de dire qu’on fait cette ferme pour gagner de l’argent… », ironise Michel Welter, directeur du projet pour Ramery, et lui-même ancien agriculteur, pour qui « l’intérêt, c’est de garder de la valeur ajoutée dans le département. C’est un projet économique global. Est-ce qu’on peut se priver de la ressource économique et de la rentrée de devises que peut être l’agriculture ? ». Le groupe prévoit de traire la première vache d’ici huit à dix mois, soit d’ici l’été prochain, et de salarier quinze personnes pour s’en occuper.

Alors que le secteur laitier peine à se sortir d’une crise endémique, et que Jean-Marc Ayrault est attendu le 12 septembre au salon de la production agricole (Space), à Rennes, la « ferme des mille vaches » cristallise les passions. Une coalition inédite de riverains, d’écologistes et de militants de la Confédération paysanne dénonce « l’usine des mille vaches » et l’industrialisation de l’agriculture. « Au début, je n’étais pas contre, cela pouvait donner du boulot au village », raconte le président de l’association Novissen, Michel Kfoury, médecin. Mais après étude du dossier, lors de l’enquête publique, il s’inquiète des effets sanitaires de l’élevage de masse, dangereux en cas d’épizootie, et du ballet de camions chargeant et déchargeant le lisier et les déchets verts destinés au méthaniseur : « 40 % de la surface d’épandage se trouve au-delà de 25 km du centre de la ferme. »

Affiche célébrant les 40 ans du groupe Ramery, en 2012.
Affiche célébrant les 40 ans du groupe Ramery, en 2012.

Le trafic lié à l’activité laitière représentera en moyenne deux camions et quinze véhicules utilitaires par jour. Il y a aussi l’enjeu de l’eau : le pompage a déjà été interdit dans le passé en certains endroits à cause de la présence excessive de pesticides. « C’est ce qui nous inquiète le plus. » L’élevage de mille vaches nécessiterait 40 000 mètres cubes par an. « L’enjeu majeur du projet est la protection de la qualité des eaux superficielles et souterraines en lien avec le site d’élevage intensif », analyse l’Autorité environnementale.

Maire de Drucat, 900 habitants, la commune concernée par le méthaniseur, Henri Gauret se soucie, lui, de la proximité de la ferme avec les premières maisons de l’agglomération, à 600 mètres environ : « S’il y a de l’odeur, des mouches, des insectes, ce sera pour nous. » Les surfaces bâties et bitumées s’étendront sur 7,5 hectares. C’est la plus grosse ferme jamais construite en France.

Une manifestation doit se tenir le 12 septembre. La Confédération paysanne veut l’ériger en cause de mobilisation nationale, alors que l’Union européenne vient d’entériner la réforme de la politique agricole commune (PAC) et que doit maintenant se discuter sa mise en œuvre à l’échelon national.

Pour Stéphane Le Foll, le ministre de l’agriculture, même si ce projet ne correspond pas à ses priorités, il « s’appuie sur des méthodes et technologies innovantes, dont les résultats, s’ils sont vérifiés, pourraient être exploités dans le cadre de projets collectifs », explique-t-il dans une lettre aux opposants. Il ne faut pas se priver de voir ce que donnera cette méthode, du moment qu’elle respecte le cadre légal, ajoute son entourage, selon qui les petites exploitations ne sont pas forcément plus écologistes que les très grosses.

La section départementale de la FNSEA, le puissant syndicat agricole, saute d’un pied sur l’autre, visiblement tiraillée : « Un apporteur de capitaux externes au monde agricole développe un projet autour de sa force de frappe, dans lequel les agriculteurs associés ne sont pas décideurs, cette gouvernance ne nous plaît pas », explique François Magnier, directeur de la FDSEA de la Somme. Pour autant, la taille « n’est pas un problème en tant que telle, elle n’est pas liée à la mécanisation. La robotisation des salles de traite démarre à 60 vaches ». En moyenne, les exploitations du coin regroupent 50 vaches laitières. Véritable puissance industrielle régionale, le groupe Ramery est un familier des marchés publics. En janvier 2012, son président du directoire, Philippe Beauchamps, a été mis en examen pour recel d’abus de biens sociaux et corruption privée pour un prêt de 4 millions d’euros consentis au président du club de foot RC Lens, Gervais Martel (voir ici).

« Technologies innovantes »

François Hollande au salon de l'agriculture, le 28 février 2012 (Reuters).
François Hollande au salon de l’agriculture, le 28 février 2012 (Reuters).

Enlisé sous la présidence Sarkozy, le projet de plus grosse ferme de France a refait surface après l’élection de François Hollande – interpellé à la télé sur le sujet pendant sa campagne électorale. Delphine Batho y était plutôt opposée lorsqu’elle était encore ministre. Son successeur Philippe Martin ne s’est pas prononcé sur le sujet. En février 2013, la préfecture autorise l’exploitation du méga-site, mais le plafonne à 500 vaches car il manque au porteur du projet 1 500 hectares de terre pour épandre tout le lisier de ses bêtes.

Sauf que c’est bien une installation pouvant accueillir 1 000 bovins qui est en cours de construction, conformément à son permis de construire, attribué en mars dernier. En réalité, le groupe Ramery ne cache pas être en capacité d’utiliser 3 000 hectares, soit la quantité nécessaire pour atteindre le cap des 1 000 vaches. « Et s’il le faut, on en a 5 000 au vu des engagements des agriculteurs. » Soit, de quoi rassembler 1 700 bêtes. « L’objectif est toujours de monter une ferme de 1 000 vaches », confirme Michel Welter. Il fixe le point d’équilibre économique de sa future exploitation entre 800 et 850 laitières. « Nous avons longtemps parlé du projet des 999 vaches, comme il existe des jeans à 9,99 euros », ajoute-t-il, provocateur.

Plusieurs recours juridiques ont été déposés contre le permis de construire et l’autorisation d’exploitation. Petite affaire dans l’affaire : Éric Mouton, le maire de Buigny-Saint-Maclou (540 habitants), qui accueille la ferme, est aussi l’architecte qui en a conçu et dessiné les plans. Conflit d’intérêts ? « Je ne suis pas juge et partie, je n’ai pas participé au vote municipal », assure-t-il à Mediapart. Ce contrat lui a rapporté la somme rondelette de 30 à 40 000 euros, alors qu’il ne possède pas d’expertise particulière en bâtiment d’élevage d’animaux. Ramery n’a pas lésiné sur le lobbying pour convaincre la puissance publique. En 2011, le groupe a convié une quarantaine d’élus (maires et conseillers généraux) et responsables, dont le sous-préfet, à visiter une ferme de 800 vaches dotée d’un méthaniseur en Allemagne.

Manifestation contre la ferme des mille vaches à Amiens, 23 juin 2013 (Novissen).
Manifestation contre la ferme des mille vaches à Amiens, 23 juin 2013 (Novissen).

Le monde rural n’est pas que le théâtre de faillites financières, de désertion agricole et de désespoir paysan. Il est aussi la cible d’investissements lucratifs, portés par de nouveaux acteurs attirés par les promesses de retombées financières de l’agrobusiness. « Ce projet élimine les paysans et détruit l’agriculture : ce n’est plus de l’agriculture mais de l’exploitation industrielle du vivant, au détriment de l’environnement, de la biodiversité, et du bien-être animal », dénonce Pierre-Alain Prévost, coordinateur de la campagne Envie de paysans, pour la Confédération paysanne.

Une forme d’accaparement des terres, comme on en voit dans les pays pauvres. « Ramery est en train de concentrer tout l’élevage du département : faire dans la Somme ce qui s’est fait en Bretagne avec les porcs », s’inquiète Michel Kfoury, de Novissen. Mais pour Michel Welter, en charge du projet, rien ne sert de pleurer sur un monde paysan révolu : « Aujourd’hui, la moitié du lait UHT vient d’Allemagne car il est moins cher. On est dans un marché européen. Si nous ne faisons pas tout pour abaisser les coûts de production, d’autres le feront. »

Entre 1990 et aujourd’hui, « le prix du lait n’a pas bougé alors que celui du fioul a été multiplié par 4,5, la main-d’œuvre par deux et que la ferraille a aussi augmenté », a-t-il calculé. Selon lui, le coût moyen de la production laitière en France se situe autour de 392 euros par mètre cube. Il se vend entre 330 et 340 euros. C’est intenable. « Si je pouvais gagner 1 500 euros net avec 30 vaches laitières en travaillant 70 heures par semaine, je serais peut-être plus heureux. Mais ça n’est plus possible. Mes parents élevaient 25 vaches et ont pu élever trois enfants. Avec 25, je ne pourrais pas payer les études de mes trois filles. Les producteurs laitiers sont en voie de disparition. C’est un métier de chien. » Entre 2000 et 2010, plus du tiers des élevages laitiers ont disparu en Picardie.

« Un groupe de mille vaches, c’est fondamentalement différent, considère François Magnier, de la FDSEA. Quand vous en avez 70, vous les connaissez toutes. Si l’une tousse, vous le voyez. Vous faites la traite, les soins, tous les métiers sont en vous. On ne peut pas être seul avec mille vaches, ce n’est pas la même attention humaine. » De son côté, le maire de Buigny-Saint-Maclou, l’architecte, tranche : « On est tous pour les pâquerettes, mais faut s’adapter, pas rester sur des modèles de l’ancien temps. »

Pour Pierre-Alain Prévost, de la Confédération paysanne, « deux modèles s’affrontent. Où trace-t-on la limite ? 1 000, 5 000, 20 000,  50 000 vaches ? ». Michel Welter rentre tout juste d’un voyage aux États-Unis, où il a visité une ferme de 25 000 vaches, Fair Oaks farm, dans l’Indiana. Encore éberlué et admiratif, il décrit cette salle dévolue au public de visiteurs pour qu’ils puissent assister en direct à la traite de l’énorme troupeau. Une véritable salle de spectacle.

La boîte noire :Toutes les personnes citées dans cet article ont été interrogées de visu ou par téléphone entre le 3 et le 11 septembre. Sollicitée, la chambre d’agriculture de la Somme n’a pas retourné mon appel. L’entourage de Philippe Martin m’a rappelé mais sans pouvoir me transmettre d’informations précises sur la position du ministre.

URL source: http://www.mediapart.fr/journal/france/110913/agrobusiness-le-creneau-des-mille-vaches

Semer n’est pas jouer …

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/11/29/pour-les-agriculteurs-ressemer-sa-propre-recolte-sera-interdit-ou-taxe_1610778_3244.html#ens_id=1610322


Agriculture raisonnée….

Samedi dernier à 15h38

«On engage l’humanité dans un hold up légalisé»

Par Hélène Lancial et Leïla Piazza, étudiants à l’Ecole de Journalisme de Grenoble

Pierre Rabhi. (Yoann Etienne.)

Les députés envisagent de taxer l’utilisation par les paysans des semences auto-produites. Votre réaction?
C’est absolument scandaleux ! C’est une stratégie de confiscation de l’autonomie des paysans pour pouvoir ouvrir des marchés. C’est aussi bête que ça. Prendre des résolutions comme cela, c’est absolument stupide et meurtrier. S’il n’y a plus que des multinationales qui ont le droit de vendre des semences, alors que nous avons un patrimoine semencier de 10 à 12 000 ans, transmissible de génération en génération, ça veut dire que l’on engage l’humanité dans un processus de prise en otage et de hold-up légalisé.

Comment peut-on enclencher le changement de société que vous prônez?

Un changement de société ne se fait pas du jour au lendemain. Mais je dirais qu’il commence par soi. Si on veut que la société change, il faut que l’humain change. Et l’humain ne peut changer que si chacun de nous change. Il ne faut pas se faire d’illusion là dessus et réfléchir au modèle que nous voulons mettre en place. Je le base sur la sobriété, sur quelque chose qui nous ramènerait à la juste mesure. Parce qu’aujourd’hui, on est dans la démesure. Avec une croissance économique infinie, le toujours plus infini amènera certainement pas le changement, mais une « chaotisation » générale.

Peut-on envisager une solution politique?
Bien sûr, la politique est indispensable. Seulement le discours politique d’aujourd’hui ne remet pas en question le modèle. Il veut simplement l’aménager, le faire perdurer à tout prix. On est donc en train de faire de l’acharnement thérapeutique sur un modèle qui ne fonctionne plus. Les citoyens, en s’impliquant dans le changement, réussiront à amener, sans doute, une politique différente.

Vous avez décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle. Comment envisagez-vous de défendre vos valeurs?
Nous engageons un mouvement politique non politicien, « tous candidats », pour mettre bien en évidence que le changement se fera si chacun de nous s’engage dans celui-ci.