Protégé : Vote FN, une bataille de proximité,

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Protégé : Réunion de section lundi 3 avril à 18h30 Colombier

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Protégé : Les dix boulets du candidat Fillon…

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Quelle dynamique pour le FN aux présidentielles ?

mediapart.fr

Présidentielles :

les chances de Marine Le Pen

observées à la loupe

par trois chercheurs

Par Rachida El Azzouzi
  • Joël Gombin, spécialiste de sociologie et de géographie électorales

Il est paradoxal que la capacité de Marine Le Pen d’emporter l’élection présidentielle semble augmenter à mesure qu’approche l’élection, alors que dans le même temps, les estimations fournies par les sondages forment

une courbe aussi plate que la morne plaine de Waterloo

. Depuis janvier, toutes les enquêtes promettent autour de 26 % au premier tour à la candidate du Front national – on observe certes des variations d’une enquête à l’autre, mais plutôt inférieures à la marge d’erreur attendue, ce qui laisse penser qu’on assiste peut-être à une certaine prudence des sondeurs, chacun ajustant ses estimations vers la moyenne de ses confrères. Ce score s’inscrit d’ailleurs dans la lignée des résultats du FN lors des élections intermédiaires passées et semble bien correspondre au potentiel électoral du parti lepéniste, comme je le montrais

dans un précédent article

.

Cela devrait selon toute vraisemblance assurer un ticket d’entrée à Marine Le Pen pour le second tour. Mais une fois ce stade atteint, les chances de l’emporter de la candidate frontiste, si l’on fait une lecture littérale des sondages (voir par exemple ce site qui calcule, à partir de l’ensemble des sondages, la probabilité de victoire de chaque candidat), sont infimes, pour ne pas dire nulles. De fait, pas un seul sondage n’a, pour l’heure, donné Marine Le Pen gagnante contre Macron – ni même un autre adversaire, depuis le retrait de François Hollande. Dans la plupart de ces études, la présidente du FN est donnée à 40 % ou moins.

Disons-le tout net, toutefois : à ce stade, les sondages portant sur le second tour sont d’une fiabilité toute relative. En effet, il est difficile pour les électeurs de se forger un avis définitif sur leur comportement au second tour avant même de savoir quelle sera l’offre électorale qui leur sera proposée. Et cela est d’autant plus vrai lorsque la possibilité que le FN soit de la partie existe. Ainsi, dans les enquêtes récentes, une part significative, entre un quart et un tiers, des sondés ayant l’intention de voter Hamon ou Mélenchon au premier tour déclarent qu’ils s’abstiendraient au second tour dans l’hypothèse d’un duel Macron-Le Pen. C’est assez en phase avec ce qu’on peut entendre régulièrement dans certains cercles politisés de gauche, du type « on ne m’y reprendra pas »« j’ai déjà donné avec Chirac en 2002 », etc.

Mais le fait est qu’on entend régulièrement ce discours depuis 15 ans et que pour autant, à chaque fois que le FN parvient au second tour et semble pouvoir éventuellement l’emporter, les électeurs de gauche se mobilisent massivement pour contrer le parti d’extrême droite. Les élections régionales de 2015 ont fourni une parfaite illustration de ce fait : en PACA ou dans les Hauts-de-France, de nombreux électeurs de gauche qui n’avaient pas voté au premier tour se sont déplacés au second tour pour voter pour Christian Estrosi ou Xavier Bertrand, ou plutôt contre Marion Maréchal-Le Pen et Marine Le Pen. Dès lors, il semble difficile d’imaginer que ces électeurs soient prêts à voter pour celui qui voit une cinquième colonne islamiste partout et pas pour un Emmanuel Macron, qu’on peut critiquer à de nombreux égards, mais dont la rhétorique est somme toute bien plus modérée. Et ce d’autant plus que l’enjeu d’une victoire frontiste à l’élection présidentielle est incommensurable avec celui d’un succès à une élection régionale. Il est donc fort possible que Marine Le Pen soit battue, dans l’hypothèse d’un duel avec Macron, plus sèchement encore que les sondages ne l’indiquent.

Pourtant, une autre hypothèse peut être envisagée. Il n’est pas impossible que nous soyons à l’aube de ce qu’on appelle, dans le jargon de la science politique, une élection de réalignement. Parfois, la manière dont les groupes sociaux se comportent électoralement est profondément transformée, de nouveaux enjeux s’imposent, conduisant à une redéfinition des rapports de force électoraux. C’est par exemple ce qui s’est passé, d’après Pierre Martin, entre 1981 et 1984, lorsque le Front national émerge électoralement. On pourrait ainsi imaginer que, de manière ironique, le FN réussisse le pari de Florian Philippot – imposer un nouveau clivage dominant dans la vie politique française, entre les « mondialistes » et les « patriotes » pour reprendre les termes du FN, entre les tenants d’une « société ouverte » et ceux d’une « société fermée », mots généralement utilisés par ceux qui, bien que se trouvant de l’autre côté du clivage, souhaitent voir émerger la même structuration du champ politique que le FN.

De manière ironique, disais-je, car au fond, si ce réalignement se produisait, il serait le résultat, à court terme, non pas tant de l’habileté stratégique ou de la justesse des analyses de la direction du FN que d’une succession d’événements assez imprévisibles : la désignation de Fillon à la primaire de la droite et, surtout, le « Fillongate » qui l’a touché par la suite, et son entêtement à se maintenir comme candidat des Républicains ; la désignation de Benoît Hamon à la primaire de la gauche, qui a libéré de l’espace politique pour Emmanuel Macron ; l’émancipation de ce dernier qui, bien qu’ayant joué un rôle central dans le dernier quinquennat, a choisi de se lancer en rupture avec le gouvernement et le Parti socialiste.

Si donc ce réalignement se produisait, autour d’enjeux relatifs à la mondialisation et aux relations de la société française avec le reste du monde, alors il n’est pas impossible de penser que le FN puisse rassembler la moitié de l’électorat autour de cet enjeu – c’est d’ailleurs la thèse que défend Jérôme Sainte-Marie depuis quelque temps. On aurait alors un second tour d’élection présidentielle qui serait comme une redite du référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen.

Mais même dans un tel cas, il est sans doute plus probable que, le 7 mai 2017, Marine Le Pen perde. Toutefois, le plus intéressant surviendrait sans doute ensuite. Les Républicains, ayant perdu leur seule raison d’être – gagner les élections – seraient sans doute soumis à des dynamiques centripètes très fortes, qui verraient une part importante de leurs élus, cadres et électeurs rejoindre le FN – et une autre partie Macron et sa coalition (dont on ignore encore le nom – le Cercle de la raison ?). À gauche, il y a fort à parier qu’une part importante des troupes rejoindrait Macron, comme en Italie à la fin de la Première République, en 1994, l’essentiel des forces de gauche se sont retrouvées au sein du Parti démocrate.

Dans cette configuration, alors oui, sans doute, le FN – ou plutôt ce qu’il serait devenu, qui ne s’appellerait plus le FN – pourrait avoir un potentiel majoritaire. Mais on serait dans un autre monde politique…


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