Entrave à la demande d’asile. Collectif Roya Solidaire.

Bonjour
Audience Tribunal Administratif de Nice jeudi 31 Aout 15h00
pour entrave aux demandes d’asile
Vidéo principalement tournée en camera cachée,
elle prouve l’entrave a la demande d’asile
elle sera mise en ligne le jeudi 31 aout à 07h00

https://www.youtube.com/watch?v=bV_2v6A4Z1A

Vidéo produite par: Collectif Roya Solidaire
Titre de la vidéo: PACA (Pas d’Asile en Côte d’Azur)

 

Il est dorénavant impossible pour les demandeurs d’asile d’accéder à leurs droits depuis la Roya
Le préfet des AM détourne des procédures afin de reconduire ces personnes en Italie.
Maitre Zia Oloumi a saisi le tribunal administratif pour référé liberté individuel.
Le référé a été déposé en début de semaine et l audience est fixée pour le jeudi 31 septembre à 15h00
des représentants d’associations seront présents lors de l audience
Petit résumé:
Lundi 21 Aout 12 demandeurs d’asiles dont un mineur isolé attendaient chez moi afin d accéder à la PADA rue Grosso à Nice.
Nous avons donc prévenu la gendarmerie par mail en y mentionnant les identités de chacun.
Lundi soir un gendarme m appelle nous prenons donc donc rendez vous en gare de breil sur roya afin que les gendarmes constatent et prennent les identités des DA avant de les diriger dans le train afin qu is accedent à la PADA.
Mardi 22 Aout
nous partons de mon domicile à pieds direction gare scnf de Breil,
une 20 aine de gendarmes mobiles présents, ainsi que une dizaine de policiers de la PAF dont madame la commissaire Lallemand.
Madame la commissaire m informe que dorénavant les DA doivent passer par la PAF menton afin de considérer les demandes d ‘asile.
Les DA sont donc transportés jusqu’à la PA Menton.
Pas plus de six minutes après leur arrivée, ils sont conduits à la Police italienne où ils seront réadmis en Italie avec un « refus d’entrée le mineur a été réadmis en Italie par le train depuis la « fameuse » gare de Menton-Garavan
contact: 0652539917
 
Publicités

Des coursier-ière-s à vélo qui ne veulent pas pédaler pour des miettes de pain noir

Communiqué LDH

Paris, le 30 août 2017

Dans ces mois d’été et de chaleur caniculaire, des coursier-ière-s à vélo sont en grève. La Ligue des droits de l’Homme (LDH) dénonce le dévoiement du droit du travail qu’ils et elles subissent : c’est sur ordre des sociétés de livraison, au travers d’applications numériques, que ces coursier-ière-s à vélo attendent auprès de restaurants les commandes pour les porter au domicile des client-e-s.

Une de ces sociétés de livraison de repas exige que ses livreur-se-s payé-e-s jusque-là 7,50 € l’heure plus 2 ou 3 € la course, le soient désormais à 5 € la course sans fixe. La société a donné jusqu’à fin août à celles et ceux qui travaillent encore à ces conditions pour changer de contrat, argumentant qu’il ne s’agit que d’une activité d’appoint qui ne justifierait pas un salaire normal. Les coursier-ière-s de cette société protestent à juste titre contre ce qu’ils-elles estiment être une précarisation de l’emploi et une baisse de leur rémunération.

La LDH, qui œuvre pour l’effectivité des droits économiques et sociaux, est conduite à demander pourquoi les coursier-ière-s de ces applications numériques subissent une précarisation toujours plus forte de leur contrat alors qu’ils-elles exercent leur travail sous l’autorité d’un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements.

Au-delà des différences de statut, la LDH rappelle que l’égalité d’accès aux droits est un principe intangible aussi en matière de conditions, de durée et de rémunération du travail, telle la prise en compte d’une véritable astreinte pour celles et ceux qui doivent se tenir prêt-e-s à intervenir rapidement sur leur lieu de travail.

Plus largement, ce conflit social pose la question de l’effectivité des droits de l’Homme au travail et du respect des différents textes et instruments qui les garantissent. La LDH demande à la ministre du travail l’organisation d’une conférence multipartite qui permette d’avancer sur le mode de réglementation de ce secteur. Dans l’immédiat, la LDH souhaite que le ministère du travail organise une médiation au profit de personnes qui subissent une exploitation sévère sans avoir les moyens de se défendre.

 

 


APPEL URGENT !

Appel urgent de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme sur la condamnation de Cédric Herrou

Télécharger le texte de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme.
FRA 001 / 0817 / OBS 092

Harcèlement judiciaire et policier /
Condamnation
France
28 août 2017L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, partenariat de la FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante en France.

Description de la situation :

L’Observatoire a été informé par des sources fiables de la condamnation et du harcèlement continu de M. Cédric Herrou, militant engagé dans des actions d’aide et d’accueil des personnes migrantes et réfugiées notamment dans la vallée de la Roya, région des Alpes Maritimes qui borde la frontière italienne, membre du conseil d’administration de l’association « Roya citoyenne », association de défense des migrants de la vallée franco-italienne de La Roya [1]. M. Herrou dénonce particulièrement le refoulement illégal de migrants, notamment des mineurs, des Alpes Maritimes vers l’Italie.

Selon les informations reçues, le 8 août 2017, la Cour d’appel d’Aix-en-Provence a condamné M. Cédric Herrou à quatre mois de prison avec sursis et à verser 1 000€ de dommages et intérêt à la Société nationale des chemins de fer (SNCF) pour « aide à l’entrée, à la circulation et au séjour irréguliers d’un étranger en France » commis en octobre 2016 (article L. 622-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda)) et « faits d’installation en réunion sur le terrain d’autrui [la SNCF], sans autorisation, en vue d’y habiter » (article 322-4-1 du Code pénal).

Pendant le procès, l’avocat général a invoqué qu’il y avait eu une contrepartie à l’aide apportée par Cédric Herrou, car « lorsque l’aide s’inscrit dans la contestation globale de la loi, elle sert une cause militante et constitue à ce titre une contrepartie ».

Le 10 février 2017, le Tribunal correctionnel de Nice avait condamné en première instance M. Cédric Herrou à une amende de 3 000€ pour « aide à l’entrée, à la circulation et au séjour irrégulier d’un étranger en France » (voir rappel des faits).

En première instance M. Cédric Herrou avait expliqué vouloir « apporter aux migrants un soutien sanitaire, alimentaire et moral » notamment aux personnes, principalement originaires du Soudan et de l’Érythrée qui traversent à pied la frontière italienne par la vallée de la Roya.

Par ailleurs, une autre procédure pénale visant M. Herrou est actuellement en cours. Le 26 juillet 2017, le parquet de Grasse a mis M. Cédric Herrou en examen pour « aide à l’entrée et à la circulation d’étrangers en situation irrégulière ». M. Cédric Herrou avait été arrêté le 24 juillet 2017 à la gare de Cannes dans un train dans lequel voyageaient 156 personnes migrantes qui se rendaient à Marseille pour déposer une demande d’asile. M. Herrou était présent dans le train de Nice à Cannes afin de filmer d’éventuelles interpellations. Après avoir été maintenu en garde à vue pendant deux jours, sa sixième depuis 2016, M. Cédric Herrou a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire français et d’accéder aux gares et aux parvis de gare des Alpes Maritimes. Il doit en outre aller pointer à la Gendarmerie de Breil sur Roya toutes les deux semaines. Il risque jusqu’à cinq ans de prison et 30 000 € d’amende [2].

M. Herrou est également régulièrement convoqué par la police. Le 17 août 2017, il a été convoqué à une audition libre car il est « soupçonné d’avoir commis ou tenté de commettre l’infraction d’injure publique envers un fonctionnaire dépositaire de l’autorité publique par un moyen de communication par voie électronique et ce les 12 et 13 juin 2017 ». Cette convocation, qui fait suite à une plainte déposée par le préfet est liée à un post Facebook dans lequel il critiquait la politique mise en place à l’encontre des migrants dans la région. Par ailleurs, depuis 2016 il a fait l’objet de six gardes à vue et son domicile a été perquisitionné à quatre reprises.

En outre, plusieurs gendarmes sont postés dans la montagne autour du domicile de M. Cédric Herrou et les bénévoles qui travaillent chez Cédric Herrou en faveur des droits des migrants sont très souvent contrôlés par la police, au même titre que toute personne qui descend de chez lui. Des actes d’intimidation et des insultes de la part de membres des forces de l’ordre visant M. Herrou, son avocat et des bénévoles qui travaillent avec lui auraient également été rapportés. M. Herrou reçoit également de nombreuses menaces et insultes par courrier et sur les réseaux sociaux.

M. Herrou n’est pas le seul militant harcelé en France pour son soutien aux personnes migrantes et réfugiées. Plusieurs se sont plaints de la multiplication des cas de convocations au commissariat, de gardes à vue et de poursuites pour aide au séjour irrégulier ou autres délits [3].

La vallée de la Roya dans les Alpes Maritimes, qui compte 5000 habitants, est le théâtre d’une vaste opération policière visant à intimider le passage et la présence de migrants. La vallée est en permanence surveillée par environ quatre-cents policiers et/ou gendarmes, qui opèrent un contrôle strict du déplacement de toute personne « d’apparence étrangère », selon les témoignages des associations. Des dizaines de migrants se cachent et se mettent en danger pour échapper à la police. Ainsi, il y aurait eu officiellement 18 décès de personnes migrantes constatés par les pompiers depuis l’été 2016. En outre, lorsque des personnes sont appréhendées par la police aux frontières française, plusieurs témoignages font état de refoulement vers l’Italie, en violation des procédures relatives au droit d’asile. En l’absence de processus d’accueil et d’accompagnements, des habitants se mobilisent pour apporter une aide humanitaire ou un soutien juridique ou social aux personnes migrantes présentes dans la région.

L’Observatoire s’indigne de la condamnation et du harcèlement judiciaire dont M. Cédric Herrou fait l’objet en ce qu’ils ne visent qu’à le punir pour ses activités légitimes et pacifiques de défense des droits humains, et particulièrement son action en faveur des personnes migrantes et réfugiées dans la vallée de la Roya.

L’Observatoire appelle les autorités françaises à mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris au niveau judiciaire à l’encontre de M. Cédric Herrou et celle de l’ensemble des défenseurs des droits humains visés dans le cadre de leurs actions en faveur des personnes migrantes et réfugiées en France.

Plus généralement, l’Observatoire appelle les autorités françaises à garantir une protection efficace contre des poursuites visant des actions « humanitaires et désintéressées ». En effet, la formulation des dispositions de l’article L. 622-4 du Ceseda est si imprécise qu’elle peut donner lieu à des interprétations jurisprudentielles contradictoires, en fonction de la nature des actes de solidarité incriminés [4].

Rappel des faits :

Le 11 août 2016, M. Cédric Herrou a été interpellé à la sortie de son domicile et placé en garde à vue par la police aux frontières de Menton, alors qu’il conduisait un véhicule avec à son bord huit personnes migrantes d’origine érythréenne sans papiers d’identité.

Lors de son interrogatoire, M. Cédric Herrou revendiquait une action humanitaire ancienne auprès des migrants afin de leur permettre de se nourrir, de se laver et de se réchauffer avant de les conduire à la gare ferroviaire la plus proche sans percevoir aucune contrepartie.

L’affaire fut classée sans suite par la justice française au motif de l’ « exemption humanitaire » prévue par la loi. En effet, le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) exonère de poursuites pénales « toute personne physique ou morale, lorsque l’acte reproché n’a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte et consistait à fournir des conseils juridiques ou des prestations de restauration, d’hébergement ou de soins médicaux destinées à assurer des conditions de vie dignes et décentes à l’étranger, ou bien toute autre aide visant à préserver la dignité ou l’intégrité physique de celui-ci » (article L. 622-4 du Ceseda).

Le 20 octobre 2016, une patrouille de gendarmerie a évacué un immeuble désaffecté de la SNCF à Saint Dalmas de Tende, organisé en centre d’accueil temporaire pour étrangers en situation irrégulière en provenance d’Érythrée et du Soudan, dont 29 mineurs, par plusieurs associations dont Roya citoyenne, Médecins du monde, Amnesty International, Association démocratie Nice (ADN), Habitat & citoyenneté, Réseau éducation sans frontières (RESF), Cimade 06, MRAP 06, et la Ligue des droits de l’Homme (LDH). Sur place étaient également présents plusieurs représentants d’associations locales, y compris la section de Cannes et de Grasse de la LDH et M. Cédric Herrou. Trois bénévoles ont été arrêtés dont M. Herrou. Dans leur procès-verbal, les gendarmes ont conclu à une occupation illicite du bien immobilier appartenant à la SNCF « ne permettant pas d’accueillir dans des conditions sanitaires et sécuritaires les personnes affaiblies, malades et souvent mineures ». M. Herrou a été gardé 48 heures en garde à vue et les deux autres bénévoles 24 heures. Le parquet de Nice a alors décidé d’engager des poursuites pénales contre M. Herrou à la suite de ce procès-verbal. Aucun des autres bénévoles ou associations présentes n’a été inquiété. M. Herrou a été placé sous contrôle judiciaire : il a été assigné à résidence, interdit de quitter le département des Alpes Maritimes et interdit de conduire un véhicule. Son mini van a de plus été saisi par la police.

A l’issue de l’enquête, M. Cédric Herrou a été renvoyé devant le tribunal correctionnel et placé sous contrôle judiciaire dans l’attente d’un jugement.

Le 10 février 2017, le Tribunal correctionnel de Nice a reconnu que l’action de M. Cédric Herrou se faisait dans un cadre de solidarité évident mais a cependant estimé que M. Herrou n’apportait pas la preuve d’une action de sauvegarde individualisée pour chaque migrant dont il a facilité l’entrée sur le territoire national alors qu’il ne peut pas indiquer leurs noms, les circonstances de leur venue en Europe et fournir la preuve au cas par cas d’un franchissement de la frontière qui aurait été réalisé dans des circonstances matérialisant un péril.

Par ailleurs, le tribunal a également estimé que les personnes migrantes dont M. Cédric Herrou a facilité le séjour et la circulation se trouvait sur le territoire national du fait de sa propre action. Par conséquent le tribunal a reconnu M. Cédric Herrou coupable « d’aide à l’entrée, à la circulation et au séjour irrégulier d’un étranger en France » et l’a condamné à une amende de 3 000€.

Actions requises :

L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités françaises en leur demandant de :

i. Mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris au niveau judiciaire, à l’encontre de M. Cédric Herrou, ainsi que l’ensemble des défenseurs des droits humains et particulièrement des droits des personnes migrantes et réfugiées en France ;

ii. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à ses articles 1 et 12.2 ;

iii. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la France.

Adresses :

· M. Emmanuel Macron, Président de la République, @EmmanuelMacron ; Tel : +33 1 42 92 81 00
· M. Edouard Philippe, Premier Ministre, @EPhilippePM ; Tel : +33 1 42 75 80 00
· M. Gérard Collomb, Ministre de l’intérieur, @gerardcollomb
· M. Jean Yves le Drian, Ministre des affaires étrangères, @JY_LeDrian ; Tel : +33 1 43 17 53 53
· Mme Nicole Belloubet, Ministre de la justice, @NBelloubet ; Tel : +33 1 44 77 60 60
· Mme Christine Lazerges, Président de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH), Fax : +33 1 42 75 77 14 ; email : cecile.riou@cndh.fr @CNCDH
· Mme Elisabeth Laurin, Représentante permanente de la République française auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, Fax : +41 22 758 91 37 ; email : mission.france@ties.itu.int ; @FranceONUGeneve
· M. Pierre Sellal, Représentant permanent de la République française auprès de l’Union européenne à Bruxelles, Fax : +32 22 30 99 50 ; email : courrier.bruxelles-dfra@diplomatie.gouv.fr ; @RPFranceUE

Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques de la France dans vos pays respectifs.

***
Paris-Genève, le 28 août 2017

Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.

L’Observatoire, partenariat de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible. La FIDH et l’OMCT sont membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne pour les défenseurs des droits de l’Homme mis en œuvre par la société civile internationale.

Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence :
· E-mail : Appeals@fidh-omct.org
· Tel et fax FIDH : 33 1 43 55 25 18 / 33 1 43 55 18 80
· Tel et fax OMCT : + 41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29


Pourquoi la mission du navire antimigrants en Méditerranée est illégale


Comment l’UE camoufle le terrorisme d’extrême-droite contre les musulmans

middleeasteye.net

Alain GabonSaturday 29 July 2017 09:20 UTC29 juillet

Le deux poids, deux mesures qui structure de A à Z la médiatisation, les discours, une bonne partie de la recherche ainsi que les politiques sur le terrorisme est désormais bien connu, quotidiennement visible, empiriquement vérifiable et amplement documenté.

Pour résumer, il consiste en une double déformation systématique de la réalité et de la diversité du terrorisme, que l’on réduit d’abord au terrorisme de type non-étatique (style al-Qaïda ou Daech) – produisant déjà une première et énorme distorsion dans la représentation du phénomène, le terrorisme étatique étant de loin le pire de tous – avant de restreindre une second fois les discours et représentations de ce terrorisme (exclusivement non-étatique donc) à l’une de ses variétés : le « djihadisme islamiste ».

Il en ressort une perception du phénomène grossièrement biaisée, faussée, déformée et surtout, parfaitement inexacte. Ce qui semble d’ailleurs être le but recherché.

Le « terrorisme », mot à géométrie variable

L’excellent et incisif journaliste américain Juan Cole a établi de façon concise et avec beaucoup d’humour la liste de ces deux poids, deux mesures, et tout un chacun peut régulièrement en observer la véracité.

Ainsi, les terroristes blancs ne sont en général pas des terroristes mais de simples « meurtriers » ou « criminels », alors que leurs homologues arabes et/ou musulmans, eux, sont immédiatement perçus et catégorisés comme « terroristes ». De même, les premiers sont toujours présentés comme des individus isolés sans aucun rapport avec quelque autre personne ou groupe, tandis que les « djihadistes » font inévitablement partie d’un groupe, voire d’un vaste complot « islamiste » planétaire, quand bien même il est évident que l’attaquant était lui aussi un individu parfaitement isolé, un loner coupé de tout.

Un terroriste blanc et/ou chrétien ne sera jamais présenté comme typique des blancs ou des chrétiens. Par contre, un Arabe/musulman sera toujours représentatif des prétendues tares de sa société d’appartenance supposée

Un terroriste blanc et/ou chrétien ne sera jamais présenté comme typique des blancs ou des chrétiens. Par contre, un Arabe sera toujours représentatif des prétendues tares de sa société d’appartenance supposée. Un musulman qui s’attaque à d’autres personnes en hurlant « Allahu Akbar » est ainsi automatiquement considéré comme caractéristique de la « maladie de l’islam », de sa soi-disant « violence innée ». On sommera alors tous les musulmans et leurs autorités spirituelles, imams et autres, de « dénoncer » son acte, de « faire entendre leurs voix », de « combattre la violence qui couve en leur sein ».



Des musulmans protestent contre le terrorisme à Rome, Italie, le 21 novembre 2015, dans le cadre de manifestations mondiales menées sous le slogan « Not In My Name » (pas en mon nom) (AA)

Par contraste, la religion chrétienne, les chrétiens en général et leurs autorités n’ont jamais, au grand jamais, quoi que ce soit à voir avec le terrorisme chrétien tel qu’exprimé par les meurtres de docteurs et d’infirmières qui pratiquent des avortements ou les attaques de cliniques et de centres de planning familial – actes assez répandus, et depuis longtemps, aux États-Unis, au point qu’ils ne surprennent plus personne tant ils sont devenus banals.

La culpabilité et la responsabilité collective ne s’appliquent donc que lorsque le terroriste est musulman. Remarquons d’ailleurs que l’expression « terrorisme christianiste » n’existe pas, contrairement au terrorisme « islamiste ».

En outre, les djihadistes sont toujours parfaitement décrits comme sains d’esprit et maîtres de leurs actes. Mais les autres, surtout ceux qui tuent ou cherchent à tuer des musulmans, sont en général présentés comme des fous, des détraqués et des cas cliniques qui relèvent avant tout de la psychiatrie.

À LIRE : Des jeunes hommes blancs se radicalisent. Il est temps d’en parler

Surtout, jamais l’on ne reliera les attaques des extrémistes d’extrême-droite à une culture collective, à certains discours dominants, à une idéologie (anti-immigrée, islamophobe, racialiste, nationaliste ou autre) pourtant construite et propagée de façon consistante par des idéologues comme Bat Ye’Or avec ses « théories » démentielles sur l’« Eurabia » et « l’islamisation » de l’Europe, des blogs comme Riposte Laïque ou Fdesouche, des grands médias comme Valeurs Actuelles, des intellectuels islamophobes comme Éric Zemmour ou Renaud Camus, et des figures politiques influentes comme Donald Trump, Geert Wilders ou Oskar Freysinger.

Jamais l’on ne tient, surtout pénalement, ces idéologies, discours, médias et dirigeants politiques comme au moins en partie responsables du terrorisme anti-musulmans et anti-immigrés, alors que l’on considère le « salafisme », « l’islamisme radical » (ou simplement « politique »), voire l’islam tout entier, comme sources, origines ou « antichambres » du djihadisme. Idéologies qu’il faut alors éradiquer, y compris en expulsant ceux qui les propagent (imams « radicaux ») et en fermant sur de simples suspicions et sans preuve aucune des lieux de culte.

L’utilisation du mot « terrorisme » et des termes qui lui sont associés (« radicalisation », « extrémisme », etc.) est donc toujours hautement sélective. Sa caractérisation et son traitement par nos États obéissent à une géométrie variable, et ses critères changent à volonté selon les attaquants et les victimes.

Un cas d’école emblématique : Dylann Roof

Les exemples sont légion. Un des plus criants : celui du jeune Américain de 19 ans Dylann Roof qui, le 18 juin 2015, tue en pleine messe neuf Africains-Américains dans leur église de Charleston (Caroline du Sud), afin de déclencher, selon des documents trouvés à son domicile, « une guerre des races » aux États-Unis.

Suprémaciste américain somme toute classique dans son idéologie et sa culture, Roof appartenait à la mouvance sudiste confédérée chrétienne. On retrouve rapidement chez lui quantité de documents, pamphlets, drapeaux, photos et manifestes suprémacistes et néonazis, y compris son propre site web The Last Rhodesian, où il pose fièrement en arborant les symboles de ces mouvements et explique ses motivations et modèles, comme l’apartheid et l’Afrique du Sud ségrégationniste.

Malgré tout cela, y compris sa propre confession concernant la motivation raciste et raciale de ses meurtres, les autorités états-uniennes et la plupart des grands médias occidentaux refusent de parler d’acte terroriste. Obama qualifie alors la tuerie de « senseless shooting » (fusillade insensée). Les grands médias tant européens qu’américains déploient des trésors d’inventivité linguistique (et d’hypocrisie) pour éviter d’avoir à décrire Roof pour ce qu’il est de toute évidence — un terroriste de type White Christian Supremacist — et au lieu de cela, le décrivent comme un meurtrier, un extrémiste, etc. et même, pour le New York Times, un Visiteur des Enfers !



Photo non datée tirée du site internet The Last Rhodesian le 20 juin 2015, montrant Dylann Roof, accusé d’avoir abattu neuf Africains-Américains dans une église de Caroline du Sud (AFP/lastrhodesian.com )

Chose encore plus incroyable dans cette entreprise de déni collectif, le directeur du FBI lui-même, James Comey, refuse également de parler de terrorisme alors que cette attaque  correspond en tout point à la définition de sa propre agence, dont elle pourrait même constituer un cas d’école.

On imagine aisément la différence de traitement médiatique, policier, politique et judiciaire si, au lieu d’un suprémaciste blanc chrétien et de ses victimes noires, le meurtrier avait été un Arabe musulman qui aurait exécuté neuf personnes blanches dans leur église en hurlant « Allahu Akbar » avant que la police ne retrouve chez lui des vidéos et textes d’allégeance à Daech !

On imagine aisément la différence de traitement médiatique, policier, politique et judiciaire si, au lieu d’un suprémaciste blanc chrétien et de ses victimes noires, le meurtrier avait été un Arabe musulman qui aurait exécuté neuf personnes blanches dans leur église en hurlant « Allahu Akbar »

Dylann Roof a été jugé et condamné à mort en 2017, mais pour meurtres et « crimes de haine », pas pour terrorisme, ce dont il était pourtant bien l’auteur.

Voilà un exemple de la façon dont nos institutions médiatiques, policières, politiques et judiciaires nient et évacuent, y compris de leurs statistiques officielles, certaines formes de terrorisme non-« islamiste », même parmi les plus graves, tout en évitant de s’en prendre aux idéologies, aux leaders d’opinions (comme ceux précédemment cités, les Wilders, Trump ou Zemmour) et aux groupes (comme le Tea Party) qui créent et nourrissent ce terrorisme-là, de la même manière qu’ils le font avec le djihadisme et ses soi-disant « sources » dans le salafisme, les mosquées « radicales », les Frères musulmans et autres.

Malgré les mensonges des dirigeants et médias, la menace « djihadiste » reste à la baisse

Le dernier rapport d’Europol, « EU Terrorism. Situation and Trend 2017 », malgré sa rhétorique alarmiste (car il faut bien justifier ses budgets), montre que comme les années précédentes, cette menace terroriste avec laquelle on effraie nos populations tue en réalité très peu et que rien, aucune cause de mortalité, violente ou pas, ne tue moins que cela en Europe : 142 victimes en 2016 sur les 510 millions d’habitants des 28 pays de l’UE. On aimerait que toutes les autres causes de mort violente, des accidents aux homicides, soient à un si bas niveau.

On voit aussi à quel point nos dirigeants, médias, pseudo-experts en terrorisme et têtes parlantes des plateaux télé nous mentent à la fois sur l’ampleur et sur les tendances de cette menace. Alors que tous, tous les jours, martèlent qu’elle n’a jamais été aussi haute et ne cesse d’empirer, la réalité est exactement le contraire, comme le rappelle le rapport d’Europol : « Le total des 142 attaques confirme et poursuit la diminution du nombre des attentats entamée en 2014 (226 cas) et 2015 (211) » (p. 10).



Policiers sur les lieux d’une fusillade mortelle dans une mosquée de Québec le 29 janvier 2017 (Reuters)

Non seulement le nombre d’attentats réussis est faible, mais la proportion des attaques « djihadistes » par rapport au total l’est également (13 sur 142). Et les attentats dits djihadistes diminuent eux aussi, à la fois en nombre (de 17 en 2015 à 13 en 2016) et en victimes (de 151 en 2015 à 142 en 2016).

Et cela, jamais vous n’entendrez un responsable politique vous le dire, jamais vous ne verrez ces faits avérés faire la une des journaux ou des magazines, tant la gouvernance par la peur est indispensable aux gouvernants

Et cela, jamais vous n’entendrez un responsable politique vous le dire, jamais vous ne verrez ces faits avérés faire la une des journaux ou des magazines, tant la gouvernance par la peur est indispensable aux gouvernants et l’hystérie paranoïaque autour du terrorisme utile à certains.

Encore plus intéressant : alors que l’on nous affirme que la menace djihadiste touche désormais tout le monde et qu’aucun pays n’est à l’abri, seuls 3 des 28 pays membres de l’UE (France, Belgique et Allemagne) ont subi un ou plusieurs attentats de ce type sur leur sol, réussis ou pas, dans la période étudiée (rapport Europol p. 49). La vaste majorité de l’UE, 25 pays sur 28, n’en ont subi aucun, même en considérant les attentats manqués ou déjoués, et ce malgré la situation syrienne et la guerre contre Daech qui, depuis deux ans, ont grandement exacerbé la menace.

Comment l’UE exclut de ses chiffres le terrorisme contre les musulmans, immigrés et réfugiés

Surtout, une lecture attentive du rapport nous apprend, au détour d’un paragraphe (p. 10), une autre chose proprement sidérante, confirmant ce que l’on suspectait déjà depuis un moment :  à savoir que les États membres (à une exception près, la Hollande) ne considèrent pas « les assauts violents commis par des individus et groupes d’extrême-droite contre les demandeurs d’asile et les minorités ethniques en général » comme des actes terroristes ! Ils ne les incluent donc pas dans leurs chiffres, statistiques, communiqués et rapports. Même chose pour Europol, qui se base sur les données fournies par ces États membres. On en reste soufflé.



Des manifestants armés protestent devant une mosquée du Texas, en décembre 2015 (AFP)

La justification expressément donnée par les auteurs du rapport se trouve dans une note de bas de page, qui elle-même renvoie à l’annexe méthodologique. Là (p. 54), on trouve (en la cherchant bien), la fameuse définition du « terrorisme » qui soi-disant justifierait que ce type d’attaques ne soient pas prises en considération.

Deuxième surprise : la définition – qui est d’ailleurs celle adoptée par les États membres de l’UE – ne justifie en rien une telle exclusion sélective des « assauts violents commis par des individus et groupes d’extrême-droite contre les demandeurs d’asile et les minorités ethniques en général ». Bien au contraire.

On y lit en effet qu’un attentat terroriste consiste en « un acte intentionnel qui, de par sa nature ou son contexte, pourrait gravement nuire à un pays ou une organisation internationale lorsqu’il est commis avec l’intention d’intimider une population, ou de forcer de façon illégitime un gouvernement ou une organisation internationale à faire ou à ne pas faire quelque chose, ou de déstabiliser ou détruire les structures politiques, constitutionnelles, économiques ou sociales d’un pays ou d’une organisation internationale. »

Donc la définition exacte, point par point, de ces « assauts violents commis par des individus et groupes d’extrême-droite contre les demandeurs d’asile et les minorités ethniques en général » !

On sait ainsi que pour les autorités et les États membres de l’UE, foncer dans une foule en hurlant « Allahu Akbar » est bien du terrorisme, mais brûler vifs des réfugiés syriens en incendiant leurs centres d’accueil n’en est pas

On sait ainsi que pour les autorités et les États membres de l’Union européenne, foncer dans une foule en hurlant « Allahu Akbar » est bien du terrorisme, mais brûler vifs des réfugiés syriens en incendiant leurs centres d’accueil (comme cela se produit régulièrement en Allemagne, en Suède et ailleurs), par exemple, n’en est pas.

L’exclusion de la catégorie « terrorisme » de ce type d’attentats contre les réfugiés et les minorités est totalement injustifiable. Elle aboutit dans les faits à camoufler la réalité et l’ampleur (qui, elle, va croissant, contrairement au « djihadisme » en diminution) du terrorisme contre ces groupes et populations. Elle fausse aussi totalement les statistiques, discours et perceptions publiques du phénomène.

À LIRE : Nos djihadistes et les leurs

Ce choix délibéré est encore plus grave et injustifiable compte tenu du contexte : une explosion vertigineuse du nombre d’attaques de ce type, d’ailleurs reconnue également par Europol : « Les réfugiés et minorités ethniques de l’UE font face à une violence accrue », et cette vague de crimes est destinée à « sévèrement intimider des segments de ces populations » (p. 8). Ce qui constitue selon sa propre définition et celle de l’UE l’une des motivations et l’un des critères suffisants pour classifier un crime comme « acte terroriste ».

Malgré cela, le rapport soutient qu’« il ne s’agit pas de terrorisme ou d’extrémisme violent. Ces crimes ne sont donc pas rapportés par les États membres et ne sont dès lors pas inclus dans les chiffres ». Ahurissant.

D’autant qu’un peu plus loin dans le rapport (encore dans une petite note de bas de page nécessitant un microscope pour être lue), on trouve ceci : « Selon le ministre de l’Intérieur allemand dans des déclarations aux médias, une moyenne de presque 10 attaques par jour ont été commises en 2016 contre des réfugiés ». Donc pour cette seule année, ce sont près de 3 500 attaques contre la seule population des réfugiés qui ont été commises, et autant d’actes terroristes potentiels exclus des comptes !



Des partisans du parti d’extrême-droite allemand AFD manifestent à Berlin (AFP)

On ne peut qu’imaginer – à défaut donc de le connaître par manque de données accessibles – le nombre astronomique des attaques contre les autres minorités ethniques ou perçues comme telles en dehors des réfugiés, et à quoi ressembleraient les rapports Europol ou autres et les discours sur « la menace terroriste » dans nos sociétés — ses cibles et victimes principales, ses attaquants, ses idéologies, ses figures inspiratrices — si tout cela était inclus et communiqué par les États membres et leurs agences.

Ce terrorisme d’extrême-droite, qui pourrait bien être le plus répandu de tous, se retrouve du même coup protégé de l’attention, des mesures spéciales et des politiques publiques dont il pourrait faire l’objet, à l’instar du « djihadisme »

Mais il y a pire que cette distorsion et ce déni : on exonère ainsi les terroristes d’extrême-droite islamophobes, racistes, anti-immigrés et anti-réfugiés non seulement du label « terroriste », mais – ce qui est encore plus grave – des enquêtes et procédures judiciaires spécifiques avec circonstances aggravantes qui sont déclenchées contre suspects et coupables lorsqu’un crime violent, une agression, un meurtre, etc. est considéré comme un acte terroriste.

Ce terrorisme-là, dont le simple chiffre ci-dessus sur l’Allemagne suggère qu’il pourrait bien être le plus répandu de tous, se retrouve du même coup protégé de l’attention, des mesures spéciales et des politiques publiques dont il pourrait faire l’objet, à l’instar du « djihadisme ».

On a donc désormais la preuve par Europol elle-même que l’essentiel, voire la totalité, du terrorisme d’extrême-droite contre les réfugiés (musulmans et autres) et les minorités ethniques en Europe est presque systématiquement et délibérément exclu des comptes, statistiques, discours et rapports publics des États membres de l’UE. Ce qui revient par là-même à protéger ces terroristes-là des politiques anti-terroristes qui pourraient les cibler aussi durement que l’on cible leurs homologues djihadistes.

– Alain Gabon est professeur des universités et maître de conférences en Études françaises aux États-Unis. Il dirige le programme de français de l’Université Wesleyenne de Virginie et est l’auteur de nombreuses conférences et articles sur la France contemporaine et l’islam en Europe et dans le monde pour des ouvrages et revues universitaires spécialisés, des think tanks comme la Cordoba Foundation en Grande-Bretagne, et des médias grands publics comme Saphirnews ou Les cahiers de l’Islam. Un essai intitulé « Radicalisation islamiste et menace djihadiste en Occident : le double mythe » a été publié en septembre 2016 par la Cordoba Foundation.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Photo : les pompiers tentent d’éteindre un incendie dans un ancien hôtel qui était en reconstruction pour devenir un centre d’accueil pour demandeurs d’asile le 21 février 2016 à Bautzen, près de Dresde, dans l’est de l’Allemagne. L’incident n’a fait aucune victime, le refuge n’étant pas encore habité. Les propos anti-réfugiés exprimés par certains spectateurs sur place avaient choqué l’opinion (AFP).


Communiqué de Paris d’Exil…

A la suite de l’appel pour un changement radical de politique migratoire lancé par des associations et collectifs militant pour l’accueil et les droits des étrangers, une délégation avait été conviée – à la seule initiative d’Emmaüs International – à l’Elysée le 26 juin dernier, dont l’ambition était notamment de réagir au Plan Migrant, annoncée par G.Collomb 2 semaines plus tard.

Au sein de cette délégation comprenant le Gisti, la Cabane Juridique, Emmaüs International, Amnesty International, la CCFD, l’association Paris d’Exil ainsi que le collectif des p’tits dèjs de Flandres, et la Roya Citoyenne représentait les récentes associations citoyennes nées d’une pratique de terrain.

Or, Paris d’Exil s’est finalement retirée de la signature du texte de l’appel pour deux raisons :

Le 23 juin, entre un échange de mails, présentant l’ensemble de la délégation aux participants, et la conférence téléphonique survenant quelques heures après pour préparer la rencontre, un nouvel intervenant avait été invité à l’insu de tous : Thierry Kühn de Emmaüs France, ancien directeur de Emmaüs solidarité, association gestionnaire du centre pour migrant. Celui-ci proposa pendant la réunion préparatoire de féliciter le gouvernement du dispositif mis en place porte de la Chapelle, sans même proposer une dénonciation minimum  de ce que génère ce centre de tri.

Il réitéra au nom de la délégation ses félicitations dans une interview à Télérama le lendemain :

http://www.telerama.fr/monde/accueil-des-migrant-emmaus-adresse-un-defi-a-emmanuel-macron,159880.php#xtor=EPR-164-[newsletter_trasoiree]-20170623

Nous estimons que  toute dénonciation de la politique gouvernementale actuelle passe impérativement par une désolidarisation sans ambigüité du « modèle » du centre de la porte de la Chapelle, où des bénévoles,  s’échinent nuit et jour, convaincus de « faire le bien », sans doute en toute bonne foi, alors qu’ils participent d’un système menant les exilés vers des assignations à résidence et des expulsions.

Il est impossible pour l’association Paris d’Exil, de signer un appel initié notamment par Emmaüs France, mouvement étroitement lié à Emmaüs Solidarité, par le fait de son directeur, l’association assurant, pour le compte de la Mairie de Paris, l’intendance du centre, en étroite coordination avec les services de la préfecture qui y opèrent le tri des exilé-e-s dubliné-e-s ou non, et en fonction de leurs origines.. On cherchera vainement la moindre dénonciation de ces pratiques illégales par le mouvement Emmaüs France, ce qui aurait pu justifier sa présence.

Emmaüs Solidarité facilite purement et simplement la mise en œuvre par le gouvernement d’une politique assumée d’expulsion, qui consiste à appliquer le règlement de Dublin de façon extrêmement agressive et abusive. Le centre de la Porte de la Chapelle, véritable souricière à exilé-e-s, est l’un des rouages qui, avec le règlement de Dublin, fait tourner la politique d’expulsion de l’Etat français aujourd’hui. Comment peut-on participer passivement à son intendance le jour, et prétendre jouer les leaders d’une campagne de protestation et de dénonciation la nuit ? Il y a là une contradiction insurmontable, qui nous laisse perplexe quant aux motivations de la politique de communication d’Emmaüs aujourd’hui.

Non seulement l’association ne dénonce ni les tris, ni les expulsions au Soudan ou en Afghanistan de demandeurs d’asile, mais elle administre un système qui permet cette ignominie. Pour prendre un autre exemple, au Centre d’accueil des familles exilées à Ivry-sur-Seine ouvert en février 2017. Emmaüs n’a pas su mettre en place une permanence juridique qui aurait permis à des familles d’avoir des informations sur les risques et les conséquences de leur « dublinisation », leur permettre des recours, ou de faire le nécessaire pour avoir un enregistrement et un accès aux conditions matérielles d’accueil dans des délais décents, si ce n’est légaux. Or, plusieurs associations étaient prêtes à assurer cette  mission. La raison du  refus de coopération invoquée par la directrice du centre Aurélie EL HASSAK MARZORATI  : Il était trop compliqué de faire un choix rapide entre les différentes associations candidates. Résultat, des familles dublinées, sans informations et sans recours, sont régulièrement menacées d’expulsion. (cf. CP Paris d’Exil du 25/07/17 sur un jeune père afghan placé en CRA le 24/07)). Le déni d’information et d’accès au droit est le fait de l’association. Emmaüs aurait-elle des raisons de craindre la présence d’une association trop militante au sein de ses locaux ?

Voilà un mois que la proposition d’une concertation nationale est en travail, réponse à l’interpellation faite à l’Elysée précédemment. Elle mobilise un certain nombre de bénévoles, d’associations solidaires et militantes. En attendant, le « plan migrants’ est passé tranquillement, sans vague, sans communiqué de presse envoyé par les 250 signataires ici présents… Emmaüs France s’est engagé dans une protestation alors parfaitement inoffensive.

Pour rappel, le plan migrant  entend :

–       réduire  à 6 mois le délai de traitement des demandes d’asile, contre 14 aujourd’hui (cela coûtera moins cher en ADA, c’est judicieux, on déboutera et expulsera plus vite également)

–       créer 7 900 places supplémentaires (mais de quel ordre ? CHUM ou CADA ? les places en CADA promises en 2015 n’ont toujours pas été mises à disposition, et on peut rire de ce nombre dérisoire, alors que la France promettait d’accueillir plus de 20 000 personnes !)

–       Améliorer (et non garantir!) les conditions d’accueil des mineurs étrangers ….

Et surtout :

–       renforcer les contrôles aux frontières contre ces méchants envahisseurs (tout en fermant le service des visas à Kaboul)

–       Garantir l’exécution des obligations de quitter le territoire

–       Annonces budgétaire : 200M d’euros pour le sécuritaire, 40M d’euros pour le soutien à l’intégration…

Les assos et collectifs ont besoin de rassembler leurs énergies et de s’unir sur une base claire. Si les assises nationales de l’accueil et des droits des étrangers doivent se tenir, il est nécessaire que cela se fasse selon un cadre défini par les collectifs et associations de terrain, et avec la présence de personnes exilées. Il est nécessaire de ne pas nous en tenir au stade de l’indignation, mais de proposer un nouveau modèle de société, bien éloigné de ce qu’annonce pour l’instant le gouvernement.

Paris d’Exil

http://www.parisdexil.org
Facebook

Twitter


Un lien essentiel dans notre soutien aux réfugiés-es…

Il semble judicieux de donner à relire un texte essentiel qui avait été publié afin d’interpeller les candidats-es à l’élection présidentielle 2017.
Il permet de se rendre compte de la duplicité actuelle du gouvernement français atteint de schizophrénie qui, par la voix de son président, prône la tolérance et l’humanisme, et qui, par l’autre voix sinistre de son ministre de l’Intérieur, distille avec une efficacité redoutable, réadmissions, raccompagnements et expulsions vers des pays jugés « sûrs » comme le Soudan ou l’Afghanistan, entre autres, sans oublier les multiples atteintes aux droits que nous constatons tous les jours dans les centres d’accueil répartis dans toute France.

https://www.parisdexil.org/

Pour compléter votre information vous pouvez suivre ce lien : www.stopdublin.fr