Saint-Denis 2019, la LDH en congrès…

Du 8 au 10 juin 2019, la Ligue des droits de l’Homme a réuni ses délégués, représentants des sections, fédérations et comités régionaux lors de son 90e congrès national, à Saint-Denis.

Un congrès tourné vers l’international

Wadih Al-Asmar, président d’EuroMed Droits, Roland Biache, président de l’Association européenne pour la défense des droits de l’Homme (AEDH), Dimitris Christopoulos, président de la Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH), ont insisté sur l’ampleur des crises qui nous menacent. L’accent a ainsi été mis sur la nécessaire solidarité internationale, face à un recul sans précédent des espaces de liberté, sur l’importance de la défense des droits qui, plus que jamais, nous unit.

 

CQFD pour l’égalité – Projet de lutte contre les discriminations dans les quartiers populaires

Le projet CQFD pour l’égalité, porté par la LDH et lancé en 2017, a pour objectif de lutter contre les discriminations dans les quartiers populaires en renforçant les compétences des acteurs locaux et des habitants. Les associations de quartier bénéficient d’un ancrage local fort et d’une connaissance des problématiques quotidiennes vécues par les habitantes et les habitants avec qui ils ont tissé des liens de confiance. La LDH apporte aux associations un appui technique, une expertise et une légitimité permettant de renforcer leur visibilité et leurs compétences.

 

Pour la justice, contre les violences policières

Cette année a aussi été marquée en France par une escalade autoritaire et des coups préoccupants portés aux libertés publiques et à l’égalité des droits.

Dans ce contexte tendu, la LDH a rappelé solennellement l’engagement initié, avec plus de cinquante organisations, pour la défense des libertés publiques. C’est également dans ce cadre que la LDH a, cette année, encouragé ses sections à se lancer dans la création d’observatoires des libertés et des pratiques policières partout en France afin de recenser et de dénoncer, notamment, la répression à l’encontre des manifestants.

Il est plus que jamais nécessaire d’entendre et d’écouter une France jusque-là silencieuse, qui voit aujourd’hui ses droits violemment réprimés. Les témoignages de Jérôme Rodrigues et Geneviève Legay, tout deux « gilets jaunes » et victimes de violences policières, en ont apporté la démonstration.

 

La LDH auprès du jeune public

Ce congrès a également été l’occasion de revenir sur des actions auprès du jeune public entreprises par de nombreuses sections de la LDH :

– chaque année, partout en France, des établissements scolaires participent au concours des « Ecrits pour la fraternité », contribuant à la formation et à la sensibilisation des citoyennes et citoyens de demain ;

– la LDH en résidence, dispositif d’interventions en milieu scolaire en Midi-Pyrénées qui a permis de toucher près de 10 000 jeunes depuis 2014 sur de nombreuses thématiques, notamment les discriminations et le vivre-ensemble ;

– le concours de plaidoiries initié par la section de Compiègne-Noyon.

 

Le congrès a adopté deux résolutions :

Conforter la perspective d’une bioéthique pour toutes et tous autour de cinq principes – La LDH s’appuie sur cinq grands principes qui doivent prévaloir lors de l’examen de tout sujet de bioéthique : une approche démocratique, le respect de la personne, l’égalité, la non marchandisation, la liberté et l’indépendance de la recherche menée en respect des règles éthiques.

Au coeur des luttes pour l’égalité : les droits des femmes – La LDH défend une société mixte dans laquelle les femmes et les hommes sont libres et égaux en dignité et en droits indivisibles et universels.

 

La LDH en action

Le rapport moral, le rapport d’activité et le rapport financier ont été adoptés par une forte majorité des délégués des sections.

 

Malik Salemkour réélu président de la LDH

A l’issue du congrès, le Comité central renouvelé a élu le Bureau national. Malik Salemkour a été réélu président de la LDH. Maryse Artiguelong, Dominique Noguères, Vincent Rebérioux et Marie-Christine Vergiat sont vice-présidents ; Roland Biache est secrétaire général ; Martine Cocquet, Stéphane Lenoël, Fabienne Messica et Christiane Véron sont secrétaires généraux adjoints. Alain Esmery est trésorier national. Arié Alimi, Patrick Canin, Tiphaine Havel et Philippe Legrand sont membres du Bureau national.

Alimi Arié, Artiguelong Maryse, Bectarte Clémence, Biache Roland, Bordet Joëlle, Brun-Valicon Lionel, Canin Patrick, Cocquet Martine, De Cock Laurence, Deceuninck Benjamin, Delarbre Jean-Michel, Esmery Alain, Eynaud Bernard, Garrigues Paul, Gharbi Mohamed, Giroud Sophie, Hamida Khaled, Havel Tiphaine, Laville Philippe, Le Bourhis Isabeau, Leclerc Hélène, Leclercq Emmanuel, Legrand Philippe, Lelièvre Jean-Marie, Lemétayer Germaine, Lenoël Stéphane, Levasseur Fabienne, Manceron Gilles, Messica Fabienne, Miné Michel, Molesin Julien, Nakache Pascal, Noguères Dominique, Plé Eléonore, Rafier Jean-Pierre, Ramis Roland, Ramond Thierry, Rebérioux Vincent, Riva Jérôme, Salemkour Malik, Selek Pinar, Spinelli Olivier, Stervinou Matthieu, Tehio Nathalie, Tricoire Agnès, Vergiat Marie-Christine, Véron Christiane, Vossah Koffi composent désormais le Comité central.

 


Congrès de la LDH 2019. Dans les changements sociétaux, penser l’avenir…

Retour sur le congrès 2019 de la Ligue des droits de l’Homme, par Malik Salemkour, président de la LDHDu 8 au 10 juin, la Ligue des droits de l’Homme a tenu son 90e congrès national à Saint-Denis (93). Elle a ainsi réuni plus de 219 délégués, venus de l’hexagone et des territoires ultra-marins, représentants des sections, des fédérations et comités régionaux.

Pendant ces trois jours, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) a traité des enjeux internationaux en donnant la parole aux présidents de la FIDH, l’AEDH et EuroMed Droits. Tous ont insisté sur l’ampleur des crises qui nous menacent. L’accent a ainsi été mis sur la nécessaire solidarité internationale, face à un recul sans précédent des espaces de liberté, sur l’importance de la défense des droits qui, plus que jamais, nous unit.

Cette année a aussi été marquée en France par une escalade autoritaire et des coups préoccupants portés aux libertés publiques et à l’égalité des droits. Dans ce contexte tendu, la LDH a rappelé solennellement l’engagement initié, avec plus de cinquante organisations, pour la défense des libertés publiques. Il est plus que jamais nécessaire d’entendre et d’écouter une France jusque-là silencieuse, qui voit aujourd’hui ses droits violemment réprimés. Les témoignages de Jérôme Rodrigues et Geneviève Legay, tout deux « gilets jaunes » et victimes de violences policières, en ont apporté la démonstration.

Le congrès a adopté deux résolutions, l’une sur la bioéthique et l’autre sur les droits des femmes. Chacun de ces textes servira de cadre et de points de repères à l’action de la LDH dans les années qui viennent. Les deux thèmes choisis pour leur pertinence au contexte social actuel répondent à la fois aux changements sociétaux profonds et à la nécessité d’un combat réaffirmé contre les inégalités nouvelles et celles qui perdurent. Agir pour l’égalité et promouvoir les droits des femmes dans une société mixte est un enjeu crucial, tout autant que de dénoncer les reculs réguliers quant à l’accès à des droits effectifs, dont les plus fondamentaux, éducation, soins… mais aussi la conquête de nouveaux droits.

Ont également été adoptés à une large majorité le rapport moral du président, le rapport d’activité du secrétaire général et le rapport financier du trésorier.

Enfin, les instances délibératives et exécutives de la LDH ont été renouvelées. Malik Salemkour a été réélu président. La tâche sera lourde. Elle appelle l’engagement de toutes celles et de tous ceux qui entendent vivre dans un monde où la solidarité, la liberté et l’égalité soient plus que jamais des valeurs d’avenir, un avenir à construire ensemble.

Paris, le 10 juin 2019

Télécharger le texte de la résolution »Conforter la perspective d’une bioéthique pour toutes et tous autour de cinq principes »

et le texte de la résolution « Au coeur des luttes pour l’égalité : les droits des femmes »


Lettre de l’Observatoire de la liberté de création à l’attention de Radio France et France Musique

Lettre de l’Observatoire de la liberté de création

Chère Madame, chers Messieurs,

Nous avons été alertés, notamment par une pétition, ainsi que par la presse, de la menace de suppression de plusieurs émissions consacrées à la création musicale contemporaine sur France Musique.

Nous sommes extrêmement surpris de cette décision brutale et espérons qu’il s’agit d’un malentendu.

Comment Radio-France et France Musique pourraient-elles décider ainsi de ne pas remplir leur cahier des charges, à savoir valoriser la création artistique ?

L’Observatoire de la liberté de création, avec l’ensemble de ses partenaires, apporte son soutien aux musiciens, compositeurs et organisateurs de festivals qui sont légitimement inquiets des conséquences désastreuses qu’aurait la mise en œuvre de cette décision.

Le motif tiré de l’injonction par l’Etat de faire des économies n’est pas recevable. L’Etat doit donner aux grands établissements culturels et aux grands médias les moyens de remplir leurs missions. Et les économies ne peuvent porter sur la création artistique.

Nous vous demandons de ne pas sacrifier la création contemporaine.

Bien cordialement.

Paris, le 21 mai 2019