Paris : le couple soupçonné d’avoir participé au saccage du Fouquet’s ressort libre du tribunal

francetvinfo.fr

franceinfoRadio France

Les prévenus, originaires d’Indre-et-Loire, étaient jugés en comparution immédiate samedi.

Le couple soupçonné d’avoir participé au saccage du Fouquet’s à Paris est ressorti libre du tribunal samedi 23 mars, pour cause de « nullité de procédure », indique le journaliste de franceinfo présent à l’audience.

Ces deux personnes étaient jugées en comparution immédiate à Paris, deux jours après leur placement en garde à vue dans le cadre d’une enquête ouverte des chefs de dégradations par moyens dangereux, vols aggravés et recels aggravés.

L’avocat du couple, Arié Alimi, a soulevé plusieurs nullités de procédure et le président du tribunal, après une heure de délibéré a estimé qu’elles étaient valables. Toujours selon l’avocat, l’homme de 46 ans n’a pas pu prendre son traitement contre la narcolepsie, avant l’arrivée au tribunal. Il s’endormait par intermittence dans le box. Le procureur a estimé qu’il ne pouvait pas être jugé alors qu’il n’avait pas pris son médicament. « La façon dont les personnes sont jugées alors qu’ils sont malades et qu’on ne leur retransmet pas leur médicament, c’est révoltant et le tribunal m’a entendu et a considéré qu’il y avait une nullité et que la procédure s’arrête », explique l’avocat sur franceinfo.

S’agissant de la femme, Ambre, l’acte est nul, parce que « j’ai dit qu’il y avait des vidéos qui prouvaient que ce petite couple charmant n’avait rien fait. Qu’on leur avait remis les fourchettes et le tabouret. Ils les avaient demandés. Il n’y avait aucun vol. Ce sont des agents de sécurité du Fouquet’s qui, compte tenu des dégradations, se disaient finalement : ‘on va donner aux gens ce qui reste et ce qui est par terre’. C’est la raison pour laquelle le PV de comparution immédiate a également été annulé », a considéré Maître Alimi.

Ambre, 30 ans, s’est d’ailleurs dit « très soulagée » au micro de franceinfo. « Je ne savais même pas ce que c’était une garde à vue donc je suis très heureuse de sortir », explique la jeune femme. « On a débarqué devant le Fouquet’s qui était ravagé. Les gens étaient déjà passés dedans pour tout voler. Le vigile ne nous a pas empêchés de rentrer et le vigile a mis à disposition des couverts pour que les gens se servent. Je suis repartie avec quatre fourchettes et je lui ai demandé si je pouvais prendre le tabouret pour la blague et il m’a autorisé. C’était le symbole, c’était vraiment un souvenir du Fouquet’s », explique-t-elle.

« Il n’y a pas eu de vol dans cette affaire », affirme Maître Arié Alimi. « On n’est pas dans une affaire d’Etat, on est dans une affaire ridicule et avec les moyens absolument ridicules« , ajoute l’avocat. « Quand j’ai vu cette procédure, je me suis dit mais où est ce qu’on va ? On a fait de la géolocalisation en temps réel, on a envoyé des policiers de Paris dans l’Indre-et-Loire, on a fait des recherches dans toute la France. Autant dire que Tarnac à côté, c’est pas grand-chose. On a mis des moyens disproportionnés qui ont coûté énormément d’argent au contribuable, uniquement pour aller chercher quelqu’un pour un tabouret et quatre fourchettes pour garder un souvenir. Je crois qu’on a dépassé les bornes depuis longtemps, s’agissant des ‘gilets jaunes’. Il y a un moment où il faut revenir sur terre », assure-t-il.

Le couple avait été interpellé près de Tours (Indre-et-Loire) par la police judiciaire parisienne. C’est une publication Facebook de la jeune femme, montrant des photos d’un tabouret et de couverts volés dans le célèbre restaurant, qui avait alerté les gendarmes d’Indre-et-Loire.

Au domicile de l’aide-soignante de 30 ans, les enquêteurs avaient retrouvé les objets en question. La trentenaire avait été interpellée avec son conjoint de 43 ans qui avait lui aussi reconnu avoir participé à la manifestation.

Samedi 16 mars, le Fouquet’s avait été saccagé en marge de la mobilisation des « gilets jaunes » sur les Champs-Élysées. La direction du restaurant a annoncé vendredi qu’il resterait fermé pour « plusieurs mois ».

 

Publicités

Dérive autoritaire – Le Courrier


Plus rien ni personne ne semble en mesure de freiner la dérive autocratique d’Emmanuel Macron. Ni l’escalade policière, et désormais militaire, s’abattant sur les gilets jaunes. Après l’adoption d’une nouvelle loi anticasseurs, des périmètres entiers, comme les Champs-Elysées à Paris, seront interdits de cortèges. Pour un mot de trop, les opposants politiques sont menacés de poursuites judiciaires. L’armée sera appelée en renfort ce samedi, pour l’acte XIX. Elle protégera certains établissements publics afin de permettre aux CRS de se déployer au contact des manifestants. Un véritable retour en arrière: ce n’était pas arrivé en métropole depuis la répression de la grève des mineurs en 1947, et la Guerre d’Algérie.

Dans la rue, ceux qui osent encore manifester, qui ne sont pas déjà amendés, en prison ou assignés à résidence, courent le risque de se faire gazer, tabasser, voire de perdre une main ou un œil. Zineb Redouane, une octogénaire victime d’un tir tendu de lacrymogène, est même décédée à Marseille, dans l’indifférence du gouvernement. D’autres morts devront-ils s’ajouter à la longue liste des victimes de violences policières en France? Les centaines d’Algériens en 1961, les communistes du métro Charonne un an plus tard, les manifestants de mai-juin 1968, Vital Michalon en 1977 à Super-Phénix, Malik Oussekine en 1986, Rémi Fraisse en 2014…

Enfermé dans ses certitudes et son mépris de classe, le gouvernement n’entend pas dialoguer. Sa seule réponse consiste à traiter le mouvement social par la répression. Nicolas Sarkozy avait ouvert la voie pour mater les banlieues. Une politique poursuivie par Manuel Valls lors des manifestations contre la Loi travail et Nuit debout. Rien sur le fond. Certes, il y a eu des débats. Un grand show, même. Mais d’inflexion de la politique menée, point. Des revendications des gilets jaunes (pouvoir d’achat, rétablissement de l’ISF, démocratisation de la vie politique, etc.), il ne restera rien, ou alors l’indexation des retraites. Et encore.

Comme il paraît lointain le temps des rassemblements paisibles sur les ronds-points. Le mouvement était trop populaire. Il fallait le casser, le morceler, le discréditer, le pousser à la radicalisation. Instiller la peur. Réduire le mouvement social à une bande de casseurs. Les chaînes d’info en continu ont contribué à alimenter un climat de guerre civile. Histoire d’obliger tout le monde à rentrer chez soi. Reposer le couvercle sur la marmite. Jusqu’aux prochaines élections. Ça pourrait marcher. Espérons que non.