Comment la France va-t-elle choisir les 60 migrants qu’elle s’est engagée à accueillir ?

Par Emma Donada

Question posée par Babette le 15 août 2018

Bonjour,

Nous avons raccourci votre question initiale : «Comment la soixantaine de réfugiés de l’Aquarius que la France accepte de recevoir sera-t-elle «triée» et que vont devenir ceux qui seront refusés ?»

Afin de mettre un terme à l’errance de l’Aquarius, le navire affrété par SOS Méditerranée et bloqué en mer avec 141 migrants à bord depuis vendredi, plusieurs pays européens sont parvenus à un accord mercredi 14 août : contre l’accueil de l’Aquarius à Malte, ils se sont engagés à prendre en charge un certain nombre de migrants débarqués sur l’île.

L’Espagne s’est engagée à accueillir 60 des 255 personnes secourues ces derniers jours (141 personnes à bord de l’Aquarius, et 114 personnes d’un navire maltais), l’Allemagne 50, le Portugal, 30, et le Luxembourg, 5. L’Elysée a annoncé de son côté que la France accueillerait 60 migrants. Vous nous interrogez sur la façon dont ces personnes seront «triées».

Contacté par CheckNews, Pascal Brice, le directeur général de l’Office français des réfugiés et apatrides (OFPRA) préfère parler d’«identification». Le seul critère retenu pour être accueilli est de relever du droit d’asile. Une dizaine d’officiers de l’OFPRA doit arriver ce jeudi 16 août à Malte pour entendre les personnes concernées. Elles devront raconter leur parcours, afin de «faire valoir le danger» qui les a poussées à partir.

«Ce sont des entretiens tout à fait comparable avec ceux qui se font en France», précise-t-il. Avec en plus, «les précautions qui conviennent» pour un public particulièrement bouleversé après le sauvetage.

Une fois les 60 personnes «identifiées», elles seront accueillies en France, avec la garantie de recevoir une protection en tant que réfugié (ou une protection subsidiaire), et un titre de séjour. «Même si administrativement ils devront repasser en préfecture, la décision de l’OFPRA est acquise» puisque l’instruction aura déjà été «faite sur place», explique Pascal Brice.

Interrogé sur le nombre de personnes potentiellement recevable, Pascal Brice est confiant: «tout montre que nous n’aurons pas de problème à trouver les soixante personnes», notamment en raison de leur nationalité, majoritairement érythréenne et somalienne. Il s’agit de la cinquième opération de ce type menée par l’OFPRA depuis juin.

Cordialement

Emma Donada

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