En Iran, l’obligation du port du voile islamique pour les femmes a été abolie


L’Iran surprend en relaxant le code vestimentaire islamique pour les femmes

Par Hannah Lucinda Smith le 29 décembre 2017

Les femmes iraniennes ont grandi sous les lois restrictives imposées par les mollahs depuis 1979. Dans les villes, cependant, beaucoup portent leur foulard sur la tête, repoussant les limites de la loi (photo Hans Lucas)

Les femmes iraniennes ont grandi sous les lois restrictives imposées par les mollahs depuis 1979. Dans les villes, cependant, beaucoup portent leur foulard sur la tête, repoussant les limites de la loi (photo Hans Lucas)

A Téhéran, les femmes ne seront plus arrêtées pour être apparues en public la tête découverte, près de 39 ans après l’introduction de ce strict code vestimentaire.

L’annonce surprise a été faite dans la capitale iranienne tard hier soir (le 28 décembre) par la police et renverse l’un des piliers les plus visibles des lois islamiques sous lesquelles le pays a été gouverné depuis 1979.

« Ceux qui ne respectent pas le code vestimentaire islamique ne seront plus conduits dans des centres de détention, et aucune procédure judiciaire ne sera intentée contre eux », a déclaré le général Hossein Rahimi, chef de la police de la ville.

Les récidivistes peuvent encore faire l’objet de poursuites et la détente ne s’applique que dans la capitale, connue pour les mœurs libérales qui prospèrent derrière ses portes closes. Les contrevenants seront plutôt obligés d’assister aux cours donnés par la police.

Le mouvement est susceptible de bouleverser les puristes religieux dans l’Etat chiite, qui voient le foulard islamique, ou hijab, comme faisant partie intégrante du modeste code vestimentaire public des femmes musulmanes. Il sera toutefois adopté par le nombre croissant de femmes qui ont pris position contre la loi.

La réélection du relativement modéré président Rouhani cette année pourrait être l’une des raisons de l’assouplissement de la loi. C’est peut-être aussi le cas des réformes vertigineuses en Arabie Saoudite, le rival sunnite régional de Téhéran, sous les auspices du prince héritier Mohammed ben Salman. Bien que les femmes soient toujours interdites d’apparaître en public en Arabie saoudite, les lois les empêchant de se mêler ouvertement aux hommes ont été assouplies.

Il y avait peu de signes que de telles réformes puissent être promulguées en Iran. Cette semaine, une gymnaste de dix ans avait été convoquée par un comité de discipline après que des photos d’elles en compétition dans un costume « non-islamique » en Malaisie avaient été publiées.

Ce mois-ci, Karen Pierce, une diplomate britannique, n’a pas porté de foulard lorsqu’elle a accompagné Boris Johnson en Iran. Javad Zarif, ministre du gouvernement et hôte du ministre des Affaires étrangères, lui avait pourtant demandé de le faire. Les médias d’Etat iraniens ont qualifié cette action « d’inappropriée » mais elle a été saluée par des activistes féministes.

Deux générations de femmes iraniennes ont grandi sous les lois restrictives imposées par les mollahs après le renversement du Shah en 1979. Dans les villes, cependant, de nombreuses femmes repoussaient le voile plus loin sur leur tête, exposant la plupart de leurs cheveux et poussant les limites de la loi. Récemment, des militantes ont protesté en affichant sur les médias sociaux des photos d’elles-mêmes à l’extérieur avec leurs cheveux tombant librement.

Le vernis à ongles et les vêtements moulants sont également mal vus pour les femmes en Iran, tandis que les hommes peuvent être punis par la police de la moralité du pays s’ils portent des shorts ou se promènent torse nu en public. Le plus souvent, ils sont emmenés dans une fourgonnette de police et se voient remettre des vêtements pour se couvrir.

Hannah Lucinda Smith pour The Times

Lien de l’article en anglais:

https://www.thetimes.co.uk/article/iran-surprises-by-relaxing-islamic-dress-code-for-women-m9wmhkgl7

The Times, un journal de centre-droit, est le plus ancien des quotidiens britanniques (1785) et le plus connu à l’étranger. Il appartient depuis 1981 à Rupert Murdoch. Il a longtemps été le journal de référence et la voix de l’establishment.

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Sévère répression des marches anti-Kabila en R.D. Congo

liberation.fr

Par LIBERATION, avec AFP

Les forces de sécurité de République démocratique du Congo (RDC) ont réprimé dimanche des messes dans des églises à coups de gaz lacrymogène, et empêché des marches après l’appel des catholiques à manifester contre le maintien du président Joseph Kabila. Ces répressions ont pour l’instant fait au moins un mort.

Les autorités congolaises ont sorti l’artillerie lourde – coupure internet, déploiement sécuritaire, barrages policiers – pour étouffer les «marches pacifiques» des catholiques contre le chef de l’Etat, malgré l’appel des Nations unies et des chancelleries au respect du droit à manifester. Ces marches ont été organisées un an après la signature sous l’égide des évêques d’un accord prévoyant des élections fin 2017 pour organiser le départ du président Joseph Kabila, dont le mandat a expiré depuis décembre 2016.

A Kananga, au Kasaï, dans le centre du pays, un homme a été tué par balles par des militaires qui ont ouvert le feu sur des chrétiens catholiques en marge d’une marche anti-Kabila. A Kinshasa, au moins une quinzaine de personnes ont été blessées, selon un décompte d’une équipe de l’AFP qui s’est rendue dans plusieurs paroisses.

A lire aussi Au Kasaï, massacres à huis clos

La police a par ailleurs interpellé douze enfants de chœur catholiques à la sortie d’une paroisse du centre-ville.

A Lubumbashi (sud-est), deuxième ville du pays, deux personnes ont été blessées par balles quand les forces de sécurité ont ouvert le feu alors que les catholiques tentaient de manifester à la sortie d’une messe. La police a également utilisé des gaz lacrymogènes et des jeunes ont répliqué par des jets de pierres. Quatre véhicules ont été incendiés et des pillages commis.

«Si vous ne videz pas les lieux, j’ordonne qu’on tire sur vous»

Toute l’opposition et la société civile qui réclament le départ du président Kabila (46 ans) dès ce 31 décembre 2017 s’est jointe à l’appel de ces marches, interdite par les autorités comme les précédentes manifestations.

Dans un pays majoritairement catholique où les habitants survivent avec moins d’un dollar par jour, c’est en pleine prière au cœur des églises que les forces de sécurité ont fait irruption. «Alors que nous étions en train de prier, les militaires et les policiers sont entrés dans l’enceinte de l’église et ont tiré des gaz lacrymogènes dans l’église» où se déroulait la messe, a déclaré un chrétien de la paroisse Saint-Michel, dans la commune de Bandalungwa, dans le centre de Kinshasa. «Des gens sont tombés, les secouristes étaient en train de réanimer des vieilles dames, mais le prêtre n’a pas arrêté de dire la messe, elle s’est poursuivie avec les chrétiens qui n’ont pas fui», a affirmé Chantal, une autre paroissienne.

A Kinshasa, les catholiques du «comité laïc de coordination» ont invité les fidèles à marcher, bibles, chapelets et crucifix à la main, après la messe de ce dimanche matin. Ils demandent au président Kabila de déclarer qu’il ne sera plus candidat. Ils veulent aussi un «calendrier électoral consensuel» à la place de l’actuel, qui prévoit des élections le 23 décembre 2018 pour le remplacer, alors que son dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016.

Les autorités congolaises ont coupé l’internet «pour des raisons de sécurité d’État» avant cette marche et affirmé avoir été informé d’une «distribution d’armes» destinée à déstabiliser le régime.

Une équipe de l’AFP a en outre été menacée à Kinshasa par un officier congolais. «Si vous ne videz pas les lieux, j’ordonne qu’on tire sur vous», a lancé l’officier. «Presse ou pas, personne n’entrera. En plus vous êtes avec un Blanc, une race qui nous crée des problèmes. Si vous résistez, on va tirer», a-t-il ajouté. La correspondante de la radio française RFI a été brièvement interpellée, a encore constaté l’AFP.

LIBERATION avec AFP