Société

Par Emma Sarango, France Bleu Gironde et France Bleu jeudi 27 juillet 2017 à 19:18

Au mois de mai, un jeune ivoirien de 15 ans est mort percuté par une voiture au CHU de Bordeaux
Au mois de mai, un jeune ivoirien de 15 ans est mort percuté par une voiture au CHU de Bordeaux © Maxppp –

Trois mois après un accident mortel à Bordeaux, plusieurs syndicats et associations écrivent au préfet de Gironde pour l’interpeller sur la prise en charge des migrants mineurs isolés. Pierre Dartout répond qu’il n’y pas eu de manquement.

Le préfet de Gironde, Pierre Dartout, a reçu lundi une lettre ouverte rédigée par un collectif de syndicats (Sud Santé Sociaux notamment) et d’associations (collectif de soutien aux mineurs étrangers isolés, Ligue des droits de l’Homme, Réseau éducation sans frontière). Dans ce courrier, le collectif assure que plusieurs migrants mineurs isolés ont été récemment refoulés du commissariat de Bordeaux alors que la loi oblige la police à « informer et orienter » cette population en recherche d’hébergement.

Dans l’un de ces cas, l’issue a été dramatique : en mai dernier, le migrant « refoulé » du commissariat de Bordeaux, un ivoirien âgé de 15 ans, est allé trouvé refuge sur le parking du CHU où il a été percuté mortellement par une voiture. « S’il avait été pris en charge au commissariat, il ne se serait pas retrouvé sur la rampe d’accès au CHU et n’aurait pas été percuté par un véhicule » assure Jean-Claude Guicheney, président de la ligue des Droits de l’Homme en Gironde

Pas de manquement selon la préfecture

Pour ces migrants mineurs arrivés en France sans leur famille, le Conseil départemental met en place une cellule d’accueil ouverte de 9h à 16h les jours de semaine. En dehors de ces horaires, les mineurs se rendent donc au commissariat pour que le parquet soit saisi. « Mais dans au moins six cas que nous avons recensés, ils sont refoulés avec parfois la menace de recours à la force publique » dénonce François Dabadie, secrétaire général du syndicat Sud Santé Sociaux en Gironde.

« Il n’y a pas de manquement » répond de son côté le préfet de Gironde. « Les règles sont claires et le commissariat n’a pas vocation à accueillir ces migrants pour la nuit » assure Pierre Dartout, rappelant que l’enquête sur ce drame est toujours en cours.