Discrimination : le maire de Lorette sommé de s’expliquer …

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…par le préfet qui pourrait saisir le tribunal

franceinfoRadio France

Le préfet de la Loire a écrit « un courrier d’observation » à un maire divers droite de son département, qui a fait interdire le port de la combinaison, du monokini, du burkini, et du voile sur le nouveau plan d’eau communal.

Le panneau d\'entrée du plan d\'eau communal de Lorette, dans la Loire, interdisant le port du voile.
Le panneau d’entrée du plan d’eau communal de Lorette, dans la Loire, interdisant le port du voile. (Radio France – Yves Renaud)

Mis à jour le 30/06/2017 | 19:18
publié le 30/06/2017 | 17:50

Le préfet de la Loire a écrit au maire de Lorette « un courrier d’observation », vendredi 30 juin, pour lui demander des précisions au sujet du « règlement intérieur de la baignade naturelle municipale » de sa commune. Selon France Bleu Saint-Etienne-Loire, l’édile a une semaine pour répondre au courrier de la préfecture, qui envisage de saisir le tribunal administratif de Lyon.

Gérard Tardy, le maire divers droite de Lorette, a interdit par arrêté, le port du voile et du burkini sur le nouveau plan d’eau communal. Ces mesures ont été inscrites dans le règlement du nouveau parc de loisirs des Blondières qui a été inauguré vendredi 23 juin. Il s’agit d’un site de près de 4 000 m2, qui comprend deux bassins de baignade et dont l’accès est payant et règlementé. À l’entrée du plan d’eau, il a fait installer un panneau avec un pictogramme représentant une femme voilée barrée d’un trait rouge. Une plainte a été déposée, jeudi 29 juin, par le vice-président de la Maison des potes-Maison de l’égalité, pour « discrimination à l’encontre de personnes en raison de leur religion musulmane ». 

Dans l’article 4 de ce règlement intérieur, il est précisé que « les usagers doivent avoir une tenue décente et une attitude correcte. Dans l’eau, seul le maillot de bain est autorisé : slip ou boxer pour les hommes, une pièce ou deux pièces pour les femmes. Sur la plage sont interdits monokini, burkini, voile dissimulant partiellement ou totalement le visage, combinaison ».

En fonction de la réponse du maire de Lorette, demandée pour le milieu de la semaine prochaine, le préfet « saisira ou non la juridiction administrative », indique le communiqué. Gérard Tardy est un habitué des polémiques discriminatoires, en juin 2016 : il avait fait publier un « avis » sur les panneaux d’affichage de Lorette : « Le Ramadan doit se vivre SANS BRUIT ».

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