Pour nourrir son argumentaire sur le «protectionnisme intelligent», la candidate soutenue par le FN cite la Suisse et ses droits de douane agricoles «de 55%». L’Office fédéral de l’agriculture a fustigé un propos qui donne «une impression complètement fausse» de la réalité

La candidate de l’extrême droite à la présidentielle française Marine Le Pen a répété mardi soir sur TF1 un chiffre jugé tout à fait faux concernant l’agriculture suisse et les droits de douane. Elle avait déjà articulé le même chiffre erroné lors du deuxième débat télévisé avant le premier tour du scrutin, celui avec les onze candidats présents.

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La candidate multiplie les taux par dix

Pour défendre son «protectionnisme intelligent», la candidate du Front national (FN) a en effet une nouvelle fois martelé que le taux moyen de protection douanière pour les produits agricoles importés en Suisse était de 55%. Or selon l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG), il est en réalité dix fois inférieur, soit un taux moyen pour l’ensemble des importations de produits agricoles de 5,1% pour 2016.

«Marine Le Pen ne s’est pas bien informée et donne une impression complètement fausse» du système helvétique, avait alors expliqué à la RTS Reto Strebel, de l’OFAG. En Suisse, il n’existe pas de taux fixe de droits de douane agricoles, et donner un pourcentage comme l’a fait la candidate du FN n’est pas pertinent, avait-il insisté.

Des taxes au poids, pas à la valeur

Les taxes à l’importation, qui varient de beaucoup d’une marchandise à l’autre, sont établies pour chaque produit agricole par l’OFAG. Elles sont perçues sur le poids de la marchandise, et non pas sur sa valeur comme le font d’autres pays. L’OFAG fixe en fait la taxe d’importation de chaque produit en fonction du marché, afin de protéger les producteurs locaux.

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