86 000 demandes d’asiles enregistrées en France en 2016…

sudouest.fr

86 000 demandes d’asiles

enregistrées en France en 2016

Au total 85 726 demandes ont été enregistrées par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) l’an dernier, ce qui représente une hausse de 7,1% par rapport à 2015, selon le rapport annuel publié vendredi. On est « loin d’un afflux massif », dit Pascal Brice, le directeur général de l’Ofpra, en conclusion du rapport qui confirme des tendances largement connues.

Si l’on ajoute les migrants ayant déposé un dossier en préfecture mais relevant d’un autre pays européen aux termes de la procédure dite « de Dublin » pour l’examen de leur demande, la hausse est de 20% à 97 300 dossiers, selon le ministère de l’Intérieur.

Les Albanais sont les plus demandeurs

En 2016, le premier pays d’origine des demandeurs (en comptant les mineurs et les réexamens) a été l’Albanie avec 7 432 demandes, soit un doublement en un an, et ce bien que le pays soit considéré comme « d’origine sûre », selon l’Ofpra.

Viennent ensuite le Soudan (6 163 demandes), l’Afghanistan (6126) et la Syrie (6085), pays traversés de conflits, et le cas spécifique de Haïti (5355 dossiers), avec une demande concentrée sur la Guyane au point d’engorger les dispositifs.

Faisant état de sa « vigilance absolue » sur le terrorisme, l’Ofpra a pour la première fois donné des chiffres des refus de protection ou exclusions au nom d’une « menace grave pour la sûreté de l’Etat », qui ont concerné 15 personnes l’an dernier. Un peu plus de 38% des demandeurs ont obtenu l’asile. Il s’agit d’ »un niveau record » selon l’Ofpra, qui compte pour 28% dans ce taux de protection (le reste venant de la cour d’appel, longtemps prépondérante).

Le taux est « désormais comparable aux principaux pays d’accueil dans l’UE », souligne Pascal Brice en conclusion du rapport, alors que la France est régulièrement accusée de ne plus être une terre d’accueil pour les réfugiés face à une Allemagne plus généreuse.

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Lettre ouverte à nos concitoyen-e-s…

ldh-france.org

…qui doutent et s’inquiètent, à juste titre.

Libertés/Démocratie  >  Démocratie
Paris, le 3 avril 2017,

L’élection présidentielle à venir va constituer un tournant politique majeur. Le résultat pèsera lourdement sur notre vie à toutes et tous. Or, nous sommes des millions que ce rendez-vous plonge dans le doute, l’inquiétude, voire la colère.

Nos doutes portent sur l’utilité même du vote et sur notre capacité collective à porter plus haut la démocratie et la République. Ils portent sur la capacité et la volonté de candidats, dont le rôle est de défendre le bien commun, de porter nos valeurs de justice, de solidarité, de respect des libertés, d’honnêteté. Ils sont alimentés par les trahisons subies, la prolifération des divisions, des querelles, des concurrences d’ego et par une campagne électorale qui fait aussi peu de cas des grands enjeux d’avenir que des urgences d’aujourd’hui.

Ces enjeux et ces urgences, nous les connaissons : ils s’appellent chômage et racisme, discrimination et crise du logement, privilèges contre l’égalité des droits, services publics et territoires abandonnés, violences sociales et violences policières, Europe en crise, défi écologique à relever, militarisation du monde.

Nos inquiétudes ne font que croître, au fur et à mesure que nous assistons à la radicalisation sans limite de la droite anciennement républicaine et que nous voyons grandir l’hypothèse d’une possible victoire électorale des forces d’extrême droite qui nous confisquerait le droit de choisir notre avenir.

La Ligue des droits de l’Homme n’a pas vocation à dicter son vote à qui que ce soit. C’est aux citoyennes et aux citoyens qu’il revient de faire des choix. Elle entend, en revanche, affirmer que l’engagement est nécessaire par le vote, et au-delà s’adresser solennellement à chacune et chacun.

Certains estiment qu’aucun candidat ne porte les réponses nécessaires, d’autres avanceront que ce ne sont ni les candidats ni les élections qui assureront un changement réel et profitable à l’intérêt général. D’autres encore se font à l’idée de ne pas voter, faute d’un choix suffisamment clair à leurs yeux.

Tout cela peut se discuter. Mais à tous, nous disons : votez. Votez avec vos doutes, avec vos insatisfactions, vos inquiétudes, vos convictions. Mais votez avec la démocratie au cœur, avec la liberté en tête et la fraternité au corps.

Nous pouvons d’autant moins être spectateurs que nous sommes, toutes et tous, acteurs de la société civile, porteurs de propositions et de pratiques associatives qui témoignent de la vitalité de nos pratiques en matière de solidarité.

Il n’est certes pas certain qu’un monde meilleur émerge des urnes. Mais il peut être pire, largement pire. Dans ce monde-là, nos cœurs seront sommés de ralentir, nos idées seront promises au bâillon et nos droits au pilon. Ce monde-là serait plus dur pour les faibles et plus violent pour tous.

Rien ne serait pire que de le voir advenir à cause d’une absence de mobilisation citoyenne.

Chacune, chacun tient entre ses mains un fragment de notre combat, un morceau d’avenir.