Œil sur le front : dépôt de plainte du ministère de l’intérieur…

oeilsurlefront.liberation.fr

Le ministre de l’intérieur porte plainte

en diffamation

contre Florian Philippot –

L’escalade verbale de responsables FN à l’encontre des policiers anticorruption qui enquêtent sur les soupçons d’emplois fictifs du parti au Parlement européen, vient de prendre un tournant judiciaire avec le dépôt d’une plainte en diffamation de Matthias Fekl.

Le ministre de l’Intérieur Matthias Fekl a déposé plainte mardi contre Florian Philippot, cinq jours après des déclarations du vice-président du FN visant les policiers qui enquêtent sur les soupçons d’emplois fictifs du parti d’extrême droite au Parlement européen. Sur le plateau de BFMTV, le bras-droit de Marine Le Pen avait assimilé les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff) à une «police politique». «Quand vous avez une police politique… les pauvres… je vous assure, ils étaient là, ils ne savaient pas ce qu’ils devaient faire, ils ne savaient pas où ils devaient aller. Ils ont pris des dossiers qui n’avaient rien à voir, ils ont pris des dossiers liés à l’élection présidentielle d’une candidate d’opposition […] On envoie la police de l’État pour chercher des dossiers liés à la présidentielle. Il faut que les gens voient ça», avait déclaré Florian Philippot en commentant les perquisitions dont a fait l’objet le 17 février le siège du Front national.

Le vice-président du FN avait également émis l’hypothèse qu’un «système de corruption» soit à l’origine de fuites dans les médias : «Un enquêteur de perquisition a donné au Monde, peut-être contre de l’argent d’ailleurs, il y a peut-être un système de corruption d’ailleurs derrière tout ça […] donc a violé le secret de l’instruction».

«Les insinuations et menaces se multiplient pendant cette campagne présidentielle», avait déploré lundi le syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI-CFDT), à l’unisson de plusieurs autres organisations de policiers qui s’alarment des attaques de responsables politiques contre la police et plus spécifiquement les enquêteurs anticorruption. Selon le SCSI, les récentes déclarations jugées «inadmissibles» de Florian Philippot ont poussé les policiers de ce service à saisir leur hiérarchie «afin de déposer plainte en diffamation».

«Le ministre de l’Intérieur ferait mieux de s’occuper de la sécurité des Français et du terrorisme plutôt que de faire mumuse», a répondu Florian Philippot dans un tweet.

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Le FN soupçonné de fraude…

lemonde.fr

Une enquête préliminaire ouverte

pour des soupçons de fraude

du FN dans le Nord

Les enquêteurs soupçonnent le FN d’avoir rémunéré avec des fonds publics, entre 2010 et 2015, des collaborateurs travaillant sur l’élection présidentielle de 2012.

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 04.04.2017 à 18h15 • Mis à jour le 04.04.2017 à 18h26

La justice s’intéresse notamment au cas de David Rachline, qui a été rémunéré par le conseil régional de Nord-Pas-de-Calais, alors qu’il siégeait à la fois au conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur et au conseil municipal de Fréjus.
La justice s’intéresse notamment au cas de David Rachline, qui a été rémunéré par le conseil régional de Nord-Pas-de-Calais, alors qu’il siégeait à la fois au conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur et au conseil municipal de Fréjus. JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Le parquet de Lille a ouvert une enquête préliminaire portant sur des soupçons d’emplois fictifs au sein du groupe Front national au conseil régional du Nord-Pas-de-Calais entre 2010 et 2015, indique une source judiciaire. Marine Le Pen était alors la présidente de ce groupe.

Selon Le Canard enchaîné, qui révèle l’information, les enquêteurs soupçonnent le FN d’avoir rémunéré avec des fonds publics, entre 2010 et 2015, des collaborateurs qui auraient pu en réalité travailler au service du parti, notamment pour préparer l’élection présidentielle de 2012.

Toujours selon l’hebdomadaire, la justice s’intéresse notamment au cas de David Rachline, aujourd’hui directeur de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, qui a été un temps rémunéré par le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. A la même époque, M. Rachline siégeait à la fois au conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur et au conseil municipal de Fréjus (Var), à l’autre bout de la France.

L’enquête doit également déterminer si Marine Le Pen a mis des moyens matériels normalement alloués au travail des élus régionaux, comme l’usage de photocopieuses, au service de la campagne de 2012, selon Le Canard enchaîné.

Le FN nie la fraude

Les magistrats parisiens, saisis d’une information judiciaire, enquêtent parallèlement sur des soupçons similaires au Parlement européen. Dans ce dossier distinct, les juges d’instruction s’interrogent sur la nature des activités de plusieurs assistants d’eurodéputés, qu’ils soupçonnent d’avoir travaillé indûment pour le FN.

Deux assistants parlementaires frontistes, dont la chef de cabinet de Marine Le Pen, ont été mis en examen dans le cadre de cette enquête et Marine Le Pen elle-même a été convoquée – mais elle refuse de répondre aux juges, comme son immunité parlementaire le lui permet, le temps de la campagne en cours. Les dirigeants du parti, qui nient toute fraude, estiment être la cible d’une justice instrumentalisée.