Europe…

LDH sarlat

L’ancien porte-parole de Berlusconi devient président du Parlement européen

Jean-Jacques Régibier
Mardi, 17 Janvier, 2017
Humanite.fr
Photo AFP

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Le député de droite Antonio Tajani (PPE) a été élu président du Parlement européen, en remplacement du social-démocrate Martin Schulz. Le co-fondateur de Forza Italia, ancien commissaire européen et proche de Berlusconi, a bénéficié du retrait de la candidature du libéral Guy Verhofstadt ( ALDE ) et de l’absence d’accord sur une candidature commune à gauche.
C’est une douche froide pour les forces progressistes du Parlement européen, même si l’élection d’Antonio Tajani à la présidence du Parlement ne faisait plus guère de doute mardi matin, jour du vote au cours de la session plénière à Strasbourg. Elu au terme de trois tours de scrutin, sa candidature a bénéficié de toutes les circonstances favorables.
L’alliance à droite tout d’abord. Certes, avec ses 217 députés, le PPE ( Parti Populaire européen ) est le groupe majoritaire du Parlement européen, mais à elles seules, les voix de ses députés n’auraient pas suffi à assurer la victoire de son candidat. Le renfort de dernière minute apporté par les libéraux de l’ALDE a donc été d’un précieux secours, même s’il s’est conclu à l’issue d’une rocambolesque cavalcade politique de son leader – jusqu’à maintenant en tous cas – Guy Verhofstadt. Pensant que l’heure était venue de pousser ses propres pions pour devenir lui-même président du Parlement, l’ancien premier ministre belge avait en effet d’abord tenté une alliance inédite avec le groupe Cinq Etoiles de Beppe Grillo, jusque là allié avec l’UKIP, le parti europhobe de Nigel Farage. Pour un groupe connu pour sa défense déterminée des valeurs européennes, la pilule était dure à avaler, et le groupe des libéraux ( ALDE ) a finalement décidé de rejeter cette alliance, et de désavouer, par contrecoup, son aventureux président. Qu’à cela ne tienne, Guy Verhostadt changeait son fusil d’épaule lundi soir en concluant un accord de désistement, cette fois-ci avec le groupe PPE, contre des concessions que le groupe de droite majoritaire au Parlement européen juge cependant « minimes. » L’alliance du PPE et des Libéraux rendait compliquée une alternative à la victoire d’un autre candidat que Tajani. Dès le premier tour de l’élection à la présidence du Parlement européen, les 274 voix obtenues par l’ancien porte-parole de Berlusconi, prouvaient d’ailleurs que l’accord passé entre droite et Libéraux était globalement respecté.
Mais la désunion à gauche a également pesé lourd dans l’élection dans un fauteuil d’Antonio Tajani. Pourtant, après le second tour de l’élection, certains y croyaient encore, spécialement du côté des sociaux-démocrates. Ceux-ci répétaient en boucle que la « grande coalition », cette alliance de fait conclue entre les deux grandes forces politiques du Parlement européens – PPE et sociaux-démocrates – sous l’ère Schulz, avait vécu, et qu’il fallait en revenir à une « alliance progressiste », incluant sociaux-démocrates, Verts et Gauche Unitaire européenne, un ensemble pesant presque 300 députés sur les 751 que compte le Parlement. Les sociaux-démocrates appelaient donc les Verts/ALE et la GUE/GVN a retirer leurs candidates et à voter pour l’Italien Gianni Pitella, malgré le peu d’enthousiasme que le candidat du groupe Socialistes et Démocrates suscitait auprès de beaucoup de députés progressistes, qui lui reprochaient à la fois son manque de charisme et son alignement systématique sur les positions de Martin Schulz au cours de la précédente présidence. Encore aurait-il fallu que les socialistes acceptent quelques concessions pour obtenir un accord à gauche, ce qui n’a pas été le cas.
Du côté des Verts/ALE, Yannick Jadot, regrettait entre le deuxième et le troisième tour, que les sociaux-démocrates ne fassent pas un geste par exemple en faveur d’une remise en cause du CETA, en acceptant simplement que la légalité du CETA soit soumise à la Cour européenne de Justice. In fine, ce fut la seule concession exigée par les Verts, sans succès. « Votez pour nous, nous demandent-ils, mais ils ne veulent absolument rien concéder en contrepartie sur le plan politique », confiait Yannick Jadot peu de temps avant le vote pour le troisième tour de l’élection du président, ajoutant : « si ça continue, nous maintiendrons notre candidate. » Devant le refus des socialistes, c’est qu’ont finalement fait les Verts.
La GUE a également maintenu sa candidate, Eleonora Forenza, même si plusieurs députés du groupe y étaient opposés, arguant que la GUE,  le groupe en principe le plus à gauche du Parlement, risquait d’apparaître comme responsable de l’élection d’un proche de Berlusconi.
Après le maintien en lice des sept candidats, ne restait au quatrième tour de scrutin que les deux candidats qui étaient arrivés en tête, comme l’exige le règlement du Parlement européen, celui du PPE et celui des Sociaux-démocrates. Et c’est, sans surprise qu’Antonio Tajani l’a emporté dans une finale à l’italienne, sur son compatriote Gianni Pitella, par 351 voix contre 282. Les deux institutions phare de l’Union européenne – la Commission, avec Jean-Claude Juncker, et le Parlement, avec Antonio Tajani – sont désormais aux mains de la droite européenne.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette élection n’aura pas permis d’assurer une relève particulièrement prometteuse, ni à la tête du Parlement européen, ni même du côté des candidats qui postulaient à la fonction. « Le choix des candidats est totalement médiocre ! » , tonnait mardi matin Eva Joly ( Verts/ALE .) Une mauvaise impression renforcée par la récente mise en cause du nouveau président du Parlement européen dans le scandale du « Dieselgate » – la manipulation des tests d’émissions par le constructeur allemand Volkswagen -, affaire dans laquelle Antonio Tajani plaide cependant non coupable.
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Les dérives sécuritaires…

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Les dérives sécuritaires

gangrènent les démocraties

européennes

Par Jérôme Hourdeaux

Amnesty International dresse, dans un rapport publié mardi 17 janvier, le portrait inquiétant de la dérive sécuritaire en cours au sein de l’Union européenne (UE) où, sous couvert de lutte contre le terrorisme, une bonne partie des États membres ont fortement érodé les libertés individuelles des citoyens. Intitulé Dangereusement disproportionnée, l’expansion constante de la sécurité nationale, ce rapport, long de 71 pages, se présente comme une étude complète des législations des 14 États membres de l’UE ayant voté des mesures d’exception ou de lutte contre le terrorisme ces deux dernières années.

Car – et c’est l’une des informations de ce rapport –, si la France est bien le pays le plus longuement cité dans cette étude, la dérive sécuritaire n’est pas uniquement la conséquence des attaques ayant frappé notre pays depuis 2015. L’actualité particulièrement lourde de ces deux dernières années en France, la déclaration de l’état d’urgence en novembre 2015 et ses multiples prolongations, l’empilement de lois renforçant les pouvoirs des services de police et des services de renseignement ont en partie masqué le fait que cette frénésie sécuritaire n’était pas le seul fait de la France, mais correspondait bien à une tendance de fond au niveau mondial.

Amnesty rappelle ainsi, en introduction, que dès le mois de septembre 2014, le conseil de sécurité de l’Onu avait adopté, « en un temps record », la résolution n° 2178 qui « imposait aux États l’adoption de lois visant à s’attaquer à la menace des “combattants terroristes étrangers” ». Depuis, 14 pays ont adopté des mesures d’exception ou renforcé leur arsenal antiterroriste : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, le Danemark, l’Espagne, la France, la Hongrie, l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne, le Royaume-Uni et la Slovaquie.

Le rapport  propose une liste des caractéristiques communes à ces réformes liberticides, dans laquelle se dessinent nettement les contours de la politique menée depuis cinq ans sous le mandat de François Hollande : « Des procédures accélérées, grâce auxquelles les lois sont adoptées à la hâte », « des dérogations en matière de droits humains, dans la loi, ou dans la pratique », « la consolidation du pouvoir dans les mains de l’exécutif, de ses agences et des services de sécurité et de renseignement, ne laissant souvent que peu, voire aucun, rôle au système judiciaire », « une définition vague et extrêmement large du “terrorisme” dans la législation », « des exigences en matière de preuves revues à la baisse, passant de la norme traditionnelle du “soupçon raisonnable” au simple “soupçon” », « des liens très faibles, voire parfois inexistants, entre des soi-disant “actes préparatoires” ou des infractions non réalisées, et l’infraction elle-même ».

Amnesty pointe également « l’utilisation de mesures de contrôle administratif pour restreindre le droit de circuler librement et la liberté d’associations de certaines personnes », « la pénalisation de nombreuses formes d’expression qui sont loin de constituer une incitation à la violence », « l’utilisation par l’État de preuves secrètes », « l’invocation par les États de problèmes de sécurité nationale ou de “menace terroriste” afin de prendre arbitrairement pour cible les réfugiés et les migrants, les défenseurs des droits humains, les militants, les opposants politiques, les journalistes, les minorités, et les personnes exerçant en toute légalité leur droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion » et « le manque d’attention porté aux besoins et à la protection des droits de groupes particuliers, notamment les femmes et les enfants ».

La France est par ailleurs longuement épinglée dans le chapitre « État d’urgence/loi d’exception ». Outre la déclaration de l’état d’urgence en novembre 2015, depuis constamment renouvelé, le rapport s’inquiète de la « frénésie du gouvernement » qui, l’été dernier, a fait voter toute une série de dispositions législatives. Ainsi, la loi du 3 juin « a modifié certaines lois pénales afin de renforcer les pouvoirs permanents » dont dispose le gouvernement « pour lutter contre le terrorisme, alors même que la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) avait vivement critiqué ces modification en mars 2016 ».

« En juillet 2016, le Parlement a également profité » du vote d’une nouvelle loi de prolongation de l’état d’urgence « pour modifier la loi de 2015 relative au renseignement afin de l’élargir et de permettre l’analyse en temps réel par les services de renseignement, non seulement des métadonnées d’une personne “identifiée comme présentant une menace”, mais aussi de toute “personne […] susceptible d’être en lien avec une menace”. De plus », poursuit Amnesty, « le Parlement a modifié les lois administratives et pénales pour renforcer encore davantage les pouvoirs et mesures permanents applicables pour lutter contre le terrorisme ». Pour l’ONG, cette « frénésie du gouvernement en juin et juillet 2016 […] traduit sa volonté de voir certains pouvoirs clés, qui ne devraient normalement lui être conférés que dans le cadre d’un état d’urgence officiel, figurer de façon permanente dans sa législation ».

Rappelant l’inefficacité de l’état d’urgence dans la lutte contre le terrorisme, ou plutôt son détournement vers d’autres finalités, Amnesty souligne que « moins de 1 % des perquisitions de domiciles menées entre novembre et février 2016 (soit plus de 3 000) avaient donné lieu, au regard de la législation française, à des chefs d’accusation pour activités à caractère terroriste (excepté les infractions pour “apologie du terrorisme”), ce qui relève à quel point cette mesure était disproportionnée ».

De plus, comme l’ont fait les autorités administratives indépendantes françaises, le Défenseur des droits et la CNCDH, le rapport souligne que « les perquisitions de nuit, souvent violentes et humiliantes, et les assignations à résidence, qui empêchent les gens de travailler ou d’aller à l’école normalement, ont, entre autres mesures, traumatisé des centaines de personnes ».

Enfin, « autre grand révélateur de la disproportion des mesures d’urgence : l’application – ou la tentative d’application – par le gouvernement de mesures d’urgence à des personnes qui n’étaient même pas soupçonnées d’activités menaçant la sécurité de l’État. Parmi elles, des personnes qui projetaient de manifester contre la loi sur la réforme du travail et des défenseurs de l’environnement » lors de la tenue de la COP21 à Paris en décembre 2015.

Outre la France, la Hongrie fait partie des pays ayant le plus durci sa législation. « En juin 2016, le président de la Hongrie, Janos Ader, a promulgué un train de mesures exceptionnelles et draconiennes pour lutter contre le terrorisme, notamment un “sixième  amendement” à la constitution et des modifications aux lois régissant la police, les services de sécurité nationale et la défense », explique Amnesty. Le « sixième amendement » offre à l’exécutif « toute une panoplie de pouvoirs incompatibles avec les obligations de la Hongrie en matière de droits humains » lorsque le pays est confronté à « une situation de menace terroriste » : suspensions de certaines lois, déploiement de l’armée et autorisation d’utiliser les armes à feu, restrictions à la liberté de mouvement…


La guerre contre les réfugiés

LDH sarlat

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La guerre contre les réfugiés

17 janv. 2017 Par agnes matra

Réunies lors d’un Colloque « Droit de vivre pour tous et partout » le 12 et 13 janvier 2017 à Izmir, les associations turques : « Bridging People » et « Paix dans l’Egée », grecque : « Syniparxi-Coexistence » se sont mises d’accord pour poursuivre leurs actions parallèles de soutien aux réfugiés pour répondre aux besoins vitaux des réfugiés. Il s’agit de parer au manque de solidarité des politiques européennes ou turques se renvoyant la responsabilité des conditions de vie des migrants. Il s’agit de trouver des réponses autres que policières aux problèmes humains des migrations. Actuellement, le danger pour les réfugiés ne vient plus des bombardements mais des barrières policières européennes. Actuellement le risque de perdre la vie provient aussi des conditions de travail infligées aux nouveaux esclaves que sont les migrants. Si la guerre frappe en Syrie, elle frappe également ailleurs, sous d’autres formes monstrueuses. En Turquie, les réfugiés syriens sont vite employés, vite productifs et vite victimes d’accident du travail (45% de risques contre 2% pour l’ouvrier turc).

« En Turquie, si aucun Syrien n’a violé une femme turque, l’inverse est cependant d’une banalité courante », déclare Cem Terzi, professeur de chirurgie à l’Université d’Izmir.

Quelle est la situation des migrants en Turquie ?

Le Haut-Commissariat des Nations Unis pour les Réfugiés (UNHCR) a enregistré en septembre 2016, 2 726 900 réfugiés syriens, la Suisse en compte 6 700, la France 3 600. En Turquie, 50 000 enfants de réfugiés sont nés. Le nombre de migrants, toute provenance confondue, est supérieur à 3,5 millions de personnes dont la moitié sont des hommes. Les migrants se déplacent sur toute le territoire turc à la recherche d’emplois, agricoles, chantiers, fabriques textiles. Ce que les entreprises auraient pu faire au coût de la main-d’œuvre du Bangladesh, elles le font faire par les migrants. L’esclavagisme a cours. Les jeunes, parfois en âge d’être scolarisés, travaillent de 12 à 13 heures par jour pour un salaire mensuel de 150 € et paie le loyer de la maison en ruine dans laquelle ils vivent. « Les tomates mangées par les Turcs sont ramassées par les enfants des réfugiés », explique une jeune journaliste dont je dois taire le nom, car elle a déjà été inquiétée par les autorités, et elle ajoute que « la situation est encore pire pour les réfugiés syriens kurdes, rejetés, sans soins, sans considération, vivant sous des tentes dans des zones inhabitées. »

Le Ministère de l’Intérieur Turc a enregistré 254 300 réfugiés dans les camps où sont présents les ONG sur un total de 2 700 000 personnes, toujours d’après les chiffres officiellement communiqués. Pour l’État, il y a 92 500 réfugiés syriens dans les camps d’Izmir, la réalité est que 300 000 migrants gravitent autour de cette ville et y alimentent tous les trafics. Comme le trafic humain, 700€ la vente d’une jeune femme réfugiée. En Turquie, les réfugiés sont catégorisés selon ce qu’ils peuvent apporter économiquement, ils ne sont pas considérés en fonction de ce qui les emmènent en Turquie. Soyons honnêtes, en Europe aussi !

Comme j’ai pu le constater, la gravité et la peur des sanctions policières est tellement oppressante en Turquie qu’il va devenir de plus en plus héroïque d’aider les migrants. Dans un pays au climat très sensible de répression, on peut en un jour fermer une dizaine de radios, licencier des universitaires, des journalistes sans motif explicite autre que l’engagement dans la défense d’une cause. J’ai rencontré des professeurs qui ont appris par les réseaux sociaux ou par le journal, leur licenciement, par la suite ils se sont vus retirer leur passeport et on grossit « la liste noire » qui les empêche de retrouver tout autre emploi, donc tout moyen de vivre. Des professeurs d’université réputés, des journalistes de renom, se retrouvent derrière la porte fermée de leur bureau sans qu’ils aient pu reprendre leurs effets personnels. Aux dires de plusieurs personnes victimes d’arrestations arbitraires, les intimidations ont commencé bien avant le coup d’État raté du 16 juillet 2016. Une professeure émérite de l’Université de médecine d’Izmir m’a dit avoir été retenue dans les sous-sols de l’aéroport d’Istanbul bien avant le 16 juillet et être dans l’incapacité de se déplacer depuis à l’étranger puisqu’on lui a confisqué son passeport. Sa réaction avant qu’on lui passe les menottes a été de vite effacer de son portable tous les contacts de ses amis qui risqueraient d’être arrêtés par la police. D’autres personnes, membres actifs d’associations citoyennes, sont inquiétés, font des allers-retours en prison.

La Turquie se couvre de lieux d’emprisonnement.

Dans ce climat troublant, il est facile de désigner les migrants comme responsables des difficultés ambiantes. Il est facile de se répandre en invectives contre eux. Si les loyers ont augmenté et que les Turcs ne trouvent plus de locations, c’est de la faute de cette masse de migrants. Cette culpabilité des réfugiés figure dans l’enquête faite par l’Université d’Izmir auprès de la population turque. Pour le citoyen turc moyen, ce qui se passe en Turquie devait être provisoire, les Syriens souhaitant rentrer dans leur pays.

Comment sont perçus les migrants par la population turque ?

D’après cette enquête, comme des arabes, paresseux et sales. On note des opinions différentes selon que les personnes interrogées vivent à Izmir, « les réfugiés syriens vont bien finir par retourner chez eux » alors qu’à Istanbul on craint l’installation plus durable des réfugiés. « Les Syriens, ils auraient dû rester chez eux et combattre » est une réaction fréquente. 62% des Turcs considèrent qu’il y a trop de Syriens chez eux. Et qu’ils occupent les emplois des Turcs alors qu’il y a un taux de chômage de 11% et de 20% chez les jeunes turcs.

Mais en fait, les Turcs sont très peu au contact des migrants dispersés sur leur territoire. En 2011, il y avait 5 camps de réfugiés, en 2016, 26 camps répartis sur une dizaine de villes.

La violence augmente-t-elle ? En 4 ans, un réfugié syrien a été tué par la police, mais une impression de grande criminalité règne. La grogne aussi, le gouvernement aidant les réfugiés mais pas les pauvres en Turquie (auxquels néanmoins il fournit des boulets de charbon de la plus mauvaise qualité de chauffage entraînant des nuages de pollution atmosphérique nocive au-dessus des villes).

Qu’est-ce qui attend les réfugiés en Turquie, en Grèce, en Europe ?

Un plus grand durcissement des relations à leurs égard parce que les problèmes des pays de transit sont cruciaux, instauration de la dictature en Turquie, austérité en Grèce, construction de murs aux frontières, ralentissement délibéré des demandes d’asile…

Pour l’Europe, il s’agit de laisser les migrants en périphérie, dans des pays où on peut les faire attendre, au mieux les garder. Depuis l’accord entre la Turquie et l’Union européenne (Readmission Agreement), il est possible de « refouler » des migrants arrivés après le 20 mars 2016 vers la Turquie. Or de ces « déportations officielles », il est impossible de savoir ce que deviennent les personnes reconduites en Turquie. Aucun interprète, aucun journaliste ne peut approcher ces personnes et apprendre où elles ont été conduites. Un mécanisme de terreur est mis en place. De toute manière, les migrants en Turquie sont privés de tous les droits et même privés du statut de réfugiés.

Seulement il est à noter qu’en Turquie, il n’y aura pas seulement de plus en plus d’étrangers privés de droits mais également de citoyens turcs.

Par ailleurs, on continuera à voir une économie souterraine qui assurera des marges astronomiques aux petites et moyennes entreprise turques. On estime à 3,7 milliard d’euros les gains réalisés ces 15 dernières années par les entreprises employant des migrants non déclarés, non assurés. Le gouvernement loin d’empêcher le travail au noir, laisse faire. L’Europe regarde faire.

L’Europe est en dessous de tout et surtout de ses promesses et possibilités d’accueil. Les migrants se savent otages des politiques intérieures des pays européens et de leurs prochaines élections. Ils sont aussi victimes des politiques extérieures des pays européens. L’objectif principal européen étant de décourager les migrants à atteindre une vie digne en Europe.

En Grèce, les migrants sont dans le brouillard de l’austérité et d’un hiver rude. Ils sont dépendants des décisions et des conditions de relocalisations, de quotas. Des vies sont dépendantes des riches puissances européennes. La solidarité dans les pays nantis devient une cause d’emprisonnement. Dans le pays des Droits de l’homme, on songe à mettre les Robins des Bois derrière les barreaux alors que la solidarité devrait être ressentie comme un devoir.

Or, par des compensations financières, reléguer le problème des réfugiés aux pays limitrophes aux zones de conflits ne résout rien. En Turquie, sur 6 milliards d’aides attendues 467 millions l’ont été effectivement. En Grèce, 75% de l’aide européenne est affectée aux ONG, pas aux municipalités. Et il reste à savoir si l’argent est bien utilisé et parvient bien à ceux qui en ont un véritable besoin. Suite aux vagues de froid, de neige, de pluie qui font cruellement souffrir les migrants dans le camp de Moria sur l’île de Lesbos en Grèce, un vieux bateau de guerre a été mis à disposition de 500 migrants, ils sont seulement 130 à avoir accepter d’y vivre sur des lits de camps dans la soute avec une dizaine de chauffage d’appoint, sans accès à de l’eau courante pour se laver, avec des toilettes chimiques sur le port à 100 mètres. Pour les réfugiés, c’est toujours mieux que rester sous des tentes légères qui ruissellent de partout. Janvier 2017.

Aujourd’hui, les plus pauvres du monde risquent leur vie tous les jours dans des pays qui les exploitent et dans des conditions de vie inhumaines.

Peut-on accepter ce qui se passe pas très loin de nos portes à ne pas maintenir closes ?

Les Turcs eux-mêmes s’insurgent contre l’accord qui permet le renvoi en Turquie des migrants qui passent en Europe après le 20 mars 2016.

De quels droits renvoyez-vous des migrants dans un pays que vous ne considérez pas comme sûr et pourquoi ne les avez-vous pas acceptés ?

Les Grecs ne sont pas dupes et déplorent que les discussions européennes se focalisent sur le vieux problème de Chypre pour occulter le problème crucial immédiat des migrants.

Pourquoi les vraies discussions n’ont-t-elles pas lieu ? Á quels jeux se plient les grandes puissances ? Si certains citoyens européens continuent de dire : « Nous ne voulons pas de réfugiés » oublient-ils que leur gouvernement bombarde et tue ?

Les Turcs sont issus de migrations. Les Grecs ont émigré de Turquie dans la décennie de 1920. Aujourd’hui, Turcs et Grecs sont capables ensemble de refaire le chemin de l’histoire pour aider les nouveaux migrants. Ils ont ensemble envie de démontrer que ce n’est pas seulement l’approvisionnement en nourriture, en vêtements chauds qui aident les réfugiés de tout pays, mais un accompagnement fraternel dans leur migration. Les politiques de fermeture des frontières n’ont apporté que le deuil et facilité les trafics.

« Ceux qui vivent sont ceux qui luttent » à bien des égards déjà pour Victor Hugo.

Aujourd’hui la citoyenneté solidaire des gens, de Grèce, de Turquie et d’ailleurs doit être la capacité de subversion, c’est-à-dire la capacité de créer des liens, la capacité de créer des ponts.

Pour complément d’information :

  • Sur la Turquie un pays « sûr » ( Turkey a « safe » country ?), le rapport de la Conférence du 13-14.05.2016 à Istanbul sur : La Communauté Internationale et les réfugiés, Amnesty International Turkey, 2016, ISBN ; 978-605-87393-4-5
  • Sur la situation des migrants en Turquie : Kiyiya vuran Insalik, The almanac of refugee deaths 2015, rapport de l’association « Bridging Peoples », publié en 2017 à Ankara, ISBN : 978-605-4878-76-5

Agnès Barad-Matrahji

Professeure de français-conceptrice FLE

http://www.francaisplus.com

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La xénophobie à tout prix

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La xénophobie à tout prix

18 janv. 2017 Par Eric Fassin

 En 2016, l’économie allemande a connu sa plus forte croissance depuis 2011 (+1,9%) : l’institut fédéral de statistiques (Destatis) l’a confirmé le 12 janvier. Les exportations qui font sa richesse n’en sont pourtant pas la cause. Outre l’augmentation de la consommation intérieure, l’Allemagne doit cette poussée à la hausse des dépenses de l’État (+4,2%), la plus importante depuis 1992, au lendemain de la réunification. Au pays de la rigueur budgétaire, on peut parler d’un « véritable plan de relance ». C’est que 20 milliards d’euros ont été dépensés pendant l’année pour accueillir 1,1 million de migrants fuyant la Syrie qui sont venus accroître la population en la rajeunissant. N’allons pas croire pour autant qu’Angela Merkel endette son pays : en 2016, l’excédent budgétaire atteint presque le même montant. Bref, le pari de l’ouverture aux demandeurs d’asile s’avère économiquement payant.

Le plus remarquable, c’est que ce succès remarquable n’est guère remarqué, du moins à l’étranger. Et ceux qui y prêtent attention, le plus souvent, font la fine bouche (les chiffres sont trompeurs, ça ne va pas durer, c’est uniquement parce que la population allemande est vieillissante, etc.), à moins d’ironiser : vous voyez bien qu’il ne s’agit pas de générosité ; c’était un calcul cynique ! On disait hier que l’Allemagne n’avait pas les moyens de sa politique d’accueil ; on découvre aujourd’hui qu’elle en est bénéficiaire. De toute façon, Angela Merkel a eu tort. La preuve ? Depuis, sous la pression de ses adversaires et surtout de ses alliés politiques, elle a reculé. Elle renonce à répéter son mantra : « Wir schaffen das ! » (« Nous le faisons ! »). Il n’est donc toujours pas question de l’imiter.

Dans l’entretien qu’il accorde le 16 janvier à deux journaux conservateurs, le vénérable Times anglais et le tabloid allemand Bild, à quelques jours de son investiture, Donald Trump ne tient aucun compte de ces statistiques favorables. Il réitère sa critique d’Angela Merkel : elle a commis « une grave erreur », et même « une erreur catastrophique ». Et de transposer la logique qu’il a mise en avant pour financer un mur à la frontière entre le Mexique et les États-Unis : « Nous aurions dû créer des zones de sécurité en Syrie. Cela aurait coûté moins cher. Et les États du Golfe auraient dû payer, parce qu’après tout, ils ont plus d’argent que quiconque. » Autrement dit, l’homme d’affaires états-unien refuse de voir la politique d’immigration allemande comme un investissement ; pour lui, elle représente seulement une dépense. Il songe au coût, pas au bénéfice.

C’est qu’au fond il ne s’agit plus d’économie. « Nous ne voulons pas de gens qui viennent de Syrie sans savoir qui ils sont. Vous savez qu’il n’y a pas moyen d’effectuer des contrôles sur ces gens » – ces « contrôles extrêmes » (« extreme vetting ») que le nouveau président promet aux musulmans. C’est ainsi qu’il interprète d’ailleurs le Brexit. Bien sûr, il évoque la menace terroriste : « Les gens ne veulent pas que d’autres gens arrivent et détruisent leur pays, et vous savez, dans mon pays, nous allons avoir des frontières très fortes. » Toutefois, il y a plus : « Les gens, les peuples veulent leur propre identité ; le Royaume-Uni veut sa propre identité. » Et de conclure : « j’en suis convaincu, s’ils n’avaient pas été forcés d’accepter tous ces réfugiés, en si grand nombre, avec tous les problèmes que ça pose, il n’y aurait pas eu de Brexit. »

Or, en Europe, le Royaume-Uni n’en a accueilli qu’une infime fraction (3% en 2016, contre 66% pour l’Allemagne), moins encore que la France (6%), ce qui en fait un des pays de l’Union les moins ouverts. Mais Donald Trump ne s’embarrasse pas des faits. Certes, tout le monde s’accorde à reconnaître que l’immigration est la cause première du Brexit ; mais ne s’agit-il pas des migrations intra-européennes, et non des demandes d’asile syriennes ? Donald Trump pourrait cependant se réclamer d’un sociologue allemand réputé, Wolfgang Streeck. C’est bien Angela Merkel qui aurait provoqué l’inquiétude des électeurs britanniques : « en entendant parler des politiques d’asile que le gouvernement de Merkel a vendues à l’opinion allemande comme des politiques européennes, ils doivent avoir craint qu’à un moment ou un autre leur pays les adopte à son tour. »

Bref, le problème ne serait pas tant la réalité de l’immigration que sa perception. On connaît les débats sur la distinction entre insécurité et sentiment d’insécurité. Tout se passe comme si « l’insécurité culturelle » effaçait la différence entre la réalité et la perception, entre les difficultés objectives et les craintes subjectives. L’enjeu, ce n’est donc plus l’économie ; c’est ce qu’on pourrait appeler, sans euphémisme, la xénophobie. On en a la confirmation avec le discours de Theresa May le 17 janvier. La Première ministre britannique opte pour le « Brexit dur » : elle préfère ébranler la livre en sacrifiant le marché unique, puisque c’est la condition pour fermer les frontières aux migrants, qu’ils soient européens ou non. On comprend qu’à la différence d’Angela Merkel, elle reçoive le soutien enthousiaste de Donald Trump. Theresa May, comme Donald Trump, choisit de privilégier la xénophobie politique – coûte que coûte.

Depuis des années, on entend dire qu’on ne peut accueillir toute la misère du monde. Et qu’importe si les migrations de toutes sortes se dirigent d’abord vers les pays du Sud, comme le confirme l’exemple syrien. Et qu’importe si les migrants qui arrivent dans les pays du Nord ne sont pas les plus pauvres, loin s’en faut. Reste toujours l’idée qu’il faudrait choisir entre le cœur et la raison, la générosité « droits-de-l’hommiste » et le calcul froid de l’économie. Or, aujourd’hui, avec les résultats de la politique allemande, on devrait prendre conscience que la raison rejoint le cœur : les valeurs d’Angela Merkel se confondent avec l’intérêt bien compris de son pays. Si, politiquement, cela ne change rien, c’est que les passions xénophobes s’opposent à la rationalité économique. Le cœur a ses raisons, que la raison ne connaît pas : nos politiques font le choix de la xénophobie à tout prix. Celle-ci n’est pas déterminée par quelque nécessité économique ; c’est une passion coûteuse, dont on mesure ainsi combien elle est désintéressée.

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10 000 enfants migrants disparus en Europe

LDH sarlat
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10 000 enfants migrants

disparus en Europe :

des ONG alertent

Par Pierre de Boissieu

En 2015, 89 000 enfants non accompagnés sont entrés en Europe, et, parmi eux, 10 000 ont disparu des radars depuis deux ans, selon les chiffres avancés par l’organisation Missing Children Europe, qui regroupe vingt-quatre ONG de l’Union européenne. Europol avait alerté l’opinion publique il y a moins d’un mois sur le sujet : «Nous ne savons pas où ils sont, ce qu’ils font et avec qui», a expliqué Brian Donald, un responsable de l’organisation policière européenne. En Italie, ce serait 5 000 enfants migrants non accompagnés qui auraient disparu ; 1 000 en Suède. De manière générale, les enfants forment un gros contingent de migrants : Missing Children Europe rappelle ainsi que 40% des migrants vivant dans les camps de réfugiés en Grèce sont des enfants.

Un grand nombre d’entre eux «vivent comme des prisonniers, dans des conditions atroces», selon Delphine Moralis, secrétaire générale de Missing Children Europe. S’ils décident de se débrouiller seuls, c’est généralement en désespoir de cause : «Bien qu’ils aient le droit de rejoindre leurs familles, les procédures sont extrêmement lentes et complexes. C’est pourquoi beaucoup d’enfants ne voient pas d’autre solution que de “disparaître” et de continuer leur route par eux-mêmes.» Beaucoup d’entre eux vivent alors l’expérience traumatisante d’être à la rue et de connaître la faim – des expériences qui laissent souvent des traces profondes sur leur santé physique et mentale. Pour Delphine Moralis, ils deviennent également «les proies les plus faciles» des passeurs et autres organisations criminelles, avec souvent travail forcé et exploitation sexuelle.

Réunion des ministres fin janvier

Le rapport d’Europol fin décembre alertait sur l’existence d’une «infrastructure criminelle» visant les migrants à des fins diverses. La filière d’immigration légale est désormais grignotée par des groupes criminels, actifs dans la traite d’êtres humains. «Il y a des prisons en Allemagne et en Hongrie où la grande majorité des prisonniers a un rapport avec l’activité criminelle autour de la crise migratoire», pour Brian Donald.

Missing Children Europe a décidé de lancer sur Facebook la campagne «Mention the Unmentioned». L’organisation propose de partager sur les réseaux sociaux une image en mentionnant le nom du ministre compétent sur cette question dans son pays. Pour la France, la liste fournie par l’organisation indique le nom du ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas (@JJUrvoas). «Avec cette campagne, nous voulons attirer l’attention d’un maximum de personnes sur le sort des enfants migrants en Europe», précise Delphine Moralis. «Cette campagne est plus qu’une pétition. Citer le ministre compétent aura un impact direct sur son cabinet ministériel.» L’association a en vue la réunion informelle des ministres de la Justice et de l’Intérieur des pays de l’Union européenne, qui se tiendra à Malte les 26 et 27 janvier.

Pierre de Boissieu


CAO mineurs…

LDH sarlat
passeursdhospitalites.wordpress.com

CAO mineurs :

fin de non-recours du Home Office

by passeursdhospitalites

« Les mineurs n’auront pas de retour écrit des autorités britanniques notifiant le refus communiqué la semaine dernière ; celles-ci se refusent en effet à formaliser leurs décisions dans le cadre de la procédure ad hoc mise en place à l’occasion du démantèlement » : tel est le message que les autorités françaises ont communiqué aux responsables des CAOMI (Centres d’Accueil et d’Orientation pour Mineurs – voir ici, ici, ici, ici et ), créés à l’occasion de l’expulsion des habitant-e-s du bidonville de Calais.

Pas de notification de la décision signifie pas de possibilité de recours, en violation des droits des mineur-e-s concerné-e-s. En effet la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne prévoit à son article 47 un droit au recours effectif. L’admission des mineur-e-s sur le sol britannique n’était pas le simple fait du prince ou liée au bon vouloir des agents du Home Office, mais correspondait soit aux critères du règlement Européen Dublin III à son article 19 pour la réunification familiale des mineur-e-s, soit aux critères liés à l’amendement Dubs voté par le parlement britannique. Un refus devrait donc pouvoir être contesté s’il ne respecte pas ces critères.

Les personnes mineures ayant accès à un soutien juridique indépendant peuvent bien sûr contester l’absence de notification et de possibilité de recours effectif devant les tribunaux, et si elles gagnent obtenir une notification de refus qu’elles pourront ensuite contester à son tour devant le tribunaux. Sachant que la justice n’est pas nécessairement rapide, qu’une grande partie de ces personnes ont entre 16 et 18 ans, et que la minorité finalement passe vite.

L’autre solution est de déposer une demande d’asile en France et de demander à être réunie à sa famille au Royaume-uni. Au moins en cas de refus il y a une possibilité de recours. Sachant que là aussi ça demande un soutien pour la préparation du dossier, une préfecture qui connaît ce genre de démarche – ce qui est loin d’être le cas partout – et un minimum de bonne volonté du Home Office pour ne pas faire traîner au maximum les procédures.

Pour une personne mineure qui avait 17 ans et demi au moment de la destruction du bidonville, on peut se dire que le temps perdu est éliminatoire. Autant qui n’auront accès ni à la protection de l’enfance, ni à la réunification familiale.

Quand on sait que des personnes mineures avaient déposé une demande d’asile en France pour demander la réunification familiale dans le cadre du règlement Dublin III avant la destruction du bidonville avaient été envoyées en CAOMI. Que leur demande n’a donc pas été traitée dans le cadre de Dublin III mais selon la procédure discrétionnaire mise en place par les autorités britanniques. Et que certaines se sont vues refusées sans notification ni possibilité de contestation : on peut mesurer l’ironie cynique mise en œuvre par les autorités tant françaises que britanniques dans cette affaire.

On peut mesurer aussi la confiance que ces mineur-e-s peuvent avoir dans ces autorités qui les ont berné-e-s.

Et les mineur-e-s expulsé-e-s du bidonville de Calais n’en ont pas fini sur le chemin des violations de leurs droits.

piranesicarceri12-legerGiovanni Battista Piranesi : Les prisons, planche 12.


Protégé : Le lettre de Laurent Mucchielli janvier 2017

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