Communiqué LDH Sarlat : mineurs et majeurs réfugiés à Montignac

LDH sarlat

Compte tenu d’une situation complexe qui évolue tous les jours, il nous semble utile de faire un point sur les jeunes réfugies mineurs et majeurs accueillis au Centre de Chambon à Montignac.

  • Les deux dossiers, mineurs ou majeurs, sont soumis à une même règle exceptionnelle décidée par les autorités françaises : une situation sur le plan juridique qui échappe pour 3 mois au droit commun.
    • La LDH en compagnie de la Cimade et de nombreuses autres organisations protestent énergiquement contre cette mesure et travaille quotidiennement sur le plan politique pour parvenir à casser cette décision . Cette réglementation empêche tout recours pour l’instant, quelle que soit la situation, mineurs ou majeurs.
  • Les actions de recours ou de réexamens ne seront possibles que lorsque cette mesure générale sera levée.
  • L’ASE a pris des dispositions pour accueillir sous couvert judiciaire, les mineurs de Chambon, qui, rappelons-le, ne peuvent pas être accueillis par des familles non agréées par L’État, et, elle ne pourra mettre en œuvre cette solution que lorsque le déblocage juridique sur le plan national aura eu lieu.
  • Les migrants majeurs ont été abusés par les déclarations de B Cazeneuve, ancien ministre de l’Intérieur, selon lesquelles « les accords de Dublin ne seraient pas appliqués pour les migrants qui accepteraient de quitter Calais ». En fait, d’après une circulaire datant du mois d’octobre, il ne s’agissait que de ne pas employer la force publique pour raccompagner les réfugiés dans le premier pays d’entrée en Europe. Les témoignages prouvent que, selon les préfectures, de nombreuses décisions d’assignation à résidence, avec pointage quotidien au commissariat , sont prises contre ces réfugiés. 5% seulement de ces migrants sont raccompagnés effectivement dans le pays d’entrée.
  • Les actions de la LDH sont donc fermement ancrées autour de trois axes principaux :
    • Faire plier le gouvernement pour qu’il accepte de mettre fin à une exception juridique insupportable.
    • Accompagner, dès que cela sera possible, les migrants majeurs dans leurs démarches, en ayant bien à l’esprit que les démarches auront un coût très important puisque les recours sont individuels et non collectifs. Les avocats demandent une somme allant de 300 à 800 euros, quelquefois plus, par dossier. Pour les 6 à 7 majeurs réfugiés qui sont au Chambon cela représente une somme très considérable : la seule solution pour la LDH consistera donc à soutenir au plus près les autorités en Dordogne qui se sont engagées à prendre en charge les démarches administratives et/ou judiciaires (établissement de demande d’Aide Juridictionnelle par exemple).
    • Suivre très scrupuleusement la prise en charge des mineurs par l’ASE, conformément aux engagement pris par cette institution et le Conseil Départemental.
  • La LDH se préoccupe aussi de la situation des animateurs-trices, accompagnateurs-trices du Chambon, qui n’ont pas été formés à cette redoutable tâche d’accompagnement de réfugiés en situation dramatique, et, la LDH soutient, dès à présent, toute tentative d’aide à apporter à ce personnel en souffrance.

La LDH, pour parvenir à ses fins, a pris contact depuis plusieurs semaines avec tout-es les représentants-es de ces institutions, elle est intervenue à de nombreuses reprises pour faire évoluer de nombreux dossiers, et elle y a réussi, elle a organisé des chaînes de dons, participé à des achats d’effets personnels conséquents, et elle continuera à travailler sur le plan politique pour aider à résoudre une situation intolérable sur le plan humain et politique.

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