Mylène Palisse menacée de sanction : communiqué de la LDH.

LDH sarlat

ldh-france.org

Mylène Palisse menacée de sanction : l’indépendance du fonctionnaire

et la liberté d’expression syndicale

attaquées

– Ligue des droits de l’Homme

Libertés/Démocratie
14.12.2016
Communiqué communLe conseil de discipline réuni ce mardi 13 décembre 2016, a émis un avis infligeant une sanction de 7 jours d’exclusion temporaire avec sursis à l’encontre de Mylène Palisse.

Pourtant, l’exercice du contradictoire et les éléments avancés par ses défenseurs CGT ont mis en lumière le caractère totalement injustifié et discriminatoire des poursuites disciplinaires engagées depuis 9 mois contre Mylène Palisse, notre collègue et camarade élue CGT. L’administration pénitentiaire, en dépit de ce dossier vide, persiste dans sa détermination à faire taire ses personnels !

Nos organisations remercient l’ensemble des personnels et citoyens qui se mobilisent massivement pour soutenir Mylène et pour défendre la liberté d’expression syndicale. Alors même que l’autorité judiciaire est gardienne des libertés syndicales, le Ministère de la Justice a voulu museler les professionnels exerçant dans les Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation, à travers une de ses représentantes syndicales, et pourtant c’est tout le contraire qui se produit !

Il appartient désormais au Ministère de corriger son errement politique en infirmant l’avis du Conseil de discipline.

Nos organisations exigent l’abandon des sanctions disciplinaires et le respect de la liberté d’expression syndicale.

Jusqu’à ce que le Ministère entende raison, nos organisations appellent l’ensemble des personnels, citoyen-nes, fonctionnaires, à signer massivement la pétition « Respecter la liberté d’expression » qui a, en quelques jours, obtenu plus de 2 000 signataires.

Nos organisations appellent à poursuivre la mobilisation car seul un tel rapport de force a contraint aujourd’hui l’administration pénitentiaire à un premier recul !

Toutes et tous solidaires avec Mylène !

« Quelles que soient les barrières que l’on vous oppose, il est en votre pouvoir de vous en affranchir, vous n’avez qu’à le vouloir. » 1791 Olympe de Gouges Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne – Postambule

Paris, le 14 décembre 2016

Organisations signataires : La CGT insertion probation, La CGT, La CGT Fonction publique, l’UD CGT 65, le SNJ-CGT, L’UGICT-CGT, SOLIDAIRES Fonction publique, La FSU, Le Syndicat de la Magistrature, La Ligue des droits de l’Homme, l’Observatoire international des prisons

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Protégé : En Occitanie, les ratés de l’après-Calais…

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Soutien à l’Auberge des migrants…

LDH sarlat
politis.fr

Politis soutient l’Auberge des migrants

par Laurent Laborie

Pour chaque abonnement, 5 euros seront reversés à l’association.

À l’issue du démantèlement du bidonville de Calais, il restera plus de deux mille migrants sur les différents sites du ­Calaisis, d’autres encore rejoindront la région dans les semaines qui viennent, dans l’espoir de traverser la Manche pour retrouver leur famille. La dispersion de Calais, si elle est annoncée comme « humanitaire », ne saurait en rien résoudre une situation globale. Mais l’opération détournera les regards, alors que la situation à venir s’annonce déjà bien plus inquiétante qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Après s’être engagé au côté de la Cimade, du DAL et de la Ligue des droits de l’homme, ­Politis soutient aujourd’hui ­l’Auberge des migrants, une association très active auprès des réfugiés à Calais et à Grande-Synthe. Politis traite régulièrement de la question des réfugiés. Nos journalistes sont sur le terrain pour rendre compte d’une situation toujours plus alarmante, du travail des associations ou de l’engagement de centaines de citoyens. Politis vous invite aujourd’hui à participer. En vous abonnant, ou en abonnant un ami, vous permettrez au journal de reverser 5 euros à l’Auberge des migrants. Cet engagement solidaire contribuera à la poursuite et au renfort de l’action de l’association en faveur des réfugiés.

Le camp de Calais accueillait 350 réfugiés en janvier 2014, et jusqu’à 9 000 au moment de l’évacuation. Demain, ils seront de nouveau des milliers, et dans des conditions encore plus difficiles. En lien avec deux autres associations indépendantes et engagées, Utopia 56 et son homologue britannique Help Refugees, l’Auberge des migrants prépare et distribue des milliers de repas, elle collecte tentes et sacs de couchage, vêtements, produits d’hygiène, bois de chauffage et de cuisson. L’association a également participé à la construction d’abris, de cuisines et d’espaces de vie collectifs. Aujourd’hui, les besoins se multiplient alors que les aides publiques se réduisent. Le nombre de bénévoles a chuté en raison notamment de la destruction partielle du bidonville, laissant croire à une résolution de la situation, alors même que les différents conflits ne cessent de jeter sur les routes un nombre toujours plus important de réfugiés.

Créée en 2008, l’Auberge des migrants est une association reconnue d’utilité publique. Aujourd’hui, elle a un besoin impératif de matériel. Notamment pour louer ou acheter des fourgons afin d’assurer l’approvisionnement alimentaire, mais aussi pour effectuer le transport des équipes entre Calais et Grande-Synthe ou, parfois, aller récupérer des réfugiés égarés. En vous engageant dès maintenant auprès de l’Auberge des migrants, vous participerez à ce mouvement de solidarité et vous soutiendrez Politis dans la poursuite de son action de terrain, indispensable pour vous délivrer chaque semaine, en toute indépendance, un autre regard sur l’actualité.

Offrez un autre regard sur l’actualité, offrez Politis ! (ici) / cadeaupolitis.pdf


La Sociale de Gilles Perret…

LDH sarlat

blogs.mediapart.fr

…documentaire d’utilité publique !

21 déc. 2016 Par Outils du soin

On applaudit à la fin de la séance ! Cela est déjà rare pour un film, alors pour un documentaire …

La Sociale est un formidable rappel des valeurs de solidarité et de progrès qui animaient les inventeurs de la Sécurité Sociale en 1946, valeurs qui ont petit à petit laissé la place à une approche essentiellement comptable, oubliant cette volonté politique qui visait à libérer les employés, salariés et leurs familles de l’angoisse de la maladie et de ses conséquences dévastatrices.

Bien sûr les temps ont changé, les urgences de l’après-guerre étaient sans doute plus vitales que les besoins d’aujourd’hui. Mais même si le contexte s’est grandement modifié, même si un effort constant doit permettre à cette organisation de tirer profit des évolutions des techniques et des outils de gestion modernes, l’exigence initiale de solidarité et de progrès devrait toujours inspirer la conduite de la Sécurité Sociale. En ces temps où l’accès aux soins de première nécessité risque d’être en partie remis en cause par des promesses électoralistes, ce documentaire rappelle entre autres, le formidable bond en avant de l’espérance de vie, seulement quelques années après la création de la Sécurité Sociale, dû au simple fait de prendre en charge la santé des populations quelque soit leur situation socio-économique.

Les figures qui illuminent « La Sociale ».

Tout d’abord celui qui en est le fil rouge, Jolfred Frégonara, 96 ans, militant CGT, chargé de la mise en place des premières caisses primaires en 1946 en Haute-Savoie. Pas une ride dans la voix. A voir comment il continue de défendre sa grande cause aujourd’hui, on imagine l’énergie du bonhomme il y a 70 ans, lorsqu’il a fallu s’organiser en quelques mois dans son département, quitte à bousculer un peu le patronat de l’époque. Il en a encore le sourire malin dans les yeux quand il en parle.

En surplomb, trône la figure historique mais passée aux oubliettes, d’Ambroise Croizat. Communiste et secrétaire général de la métallurgie CGT – ce qui, par la suite, a dû sans doute lui valoir de disparaître de la mémoire officielle – il devient ministre du Travail dans les gouvernements d’après-guerre et dirige, à partir de début 1946, la mise en place de l’ensemble du nouveau système de protection sociale : maladie, retraite, allocations familiales. Il s’appuiera sur les bataillons de militants CGT pour réussir le tour de force de faire émerger une structure opérationnelle en moins d’un an ! Il décède à 50 ans et son cercueil sera accompagné par près d’un million de personnes, majoritairement ouvriers, employés, militants, qui savaient au plus profond d’eux ce qu’ils lui devaient.

Michel Etievent, l’historien qui nous guide des aciéries de La Léchère en Tarentaise, où le père d’Ambroise Croizat menait les premières luttes syndicales, jusqu’au Ministère du Travail, où il retrouve, ému, le portrait de l’artisan de la Sécurité Sociale et où François Rebsamen, ministre du Travail lors du tournage du documentaire, étale toute son inculture et son inconséquence. Michel Etievent a consacré l’essentiel de son travail aux luttes ouvrières et à Ambroise Croizat en particulier. Il vibre, il est habité par son sujet et par le souci de rendre justice et leur place dans l’histoire à tous ces militants qui se sont battus pour l’amélioration des conditions de travail et de la protection sociale.

La formidable hépatologue de l’APHP, qui règle assez rapidement la discussion absurde sur les petits risques et les gros risques. Elle explique également de manière très simple et pédagogique, que le prix très élevé de certains médicaments, est beaucoup plus dû à la spéculation financière des laboratoires qui cassent leur tirelire pour en racheter d’autres à coup de milliards pour le futur profit de leurs actionnaires, qu’au réel coup de recherche et développement. Le soi-disant trou de la Sécurité Sociale serait-il en partie dû à la nécessité des laboratoires de rembourser rapidement leurs créanciers ? Qui doit-on accuser de mauvaise gestion alors ? Ces entreprises ont-elles le moindre souci de la santé publique ?

Bien qu’il soit en l’occurrence plutôt l’ange noir qu’une figure qui illumine le documentaire, il est impossible de ne pas relever la tirade de Denis Kessler lors du congrès du Medef en 2007. On se pince ; on pense qu’il est en train de lire une revendication du patronat de la fin du XIX ème siècle ; on sent la haine et le mépris dans chaque mot qu’il éructe. Et pourtant il s’agit de sa pensée, livrée sans filtre, où l’on sent la volonté d’une revanche qui bouillonne et semble prête à le faire exploser. On ne va pas souhaiter qu’il tombe gravement malade pour qu’il puisse bénéficier de la prise en charge totale de soins coûteux, et qu’il fasse amende honorable comme un autre chantre de l’ultra-libéralisme et du démantèlement de la Sécurité Sociale, Jean-Marc Sylvestre, qui après être passé à deux doigts de la mort il y a plus de 10 ans, avait écrit un article dans Les Echos se terminant par « Le système de santé français est formidable : il faudrait être sûr que tout le monde puisse en bénéficier… ». Rassurons ses amis libéraux, vu son article du 3 novembre dans Atlantico, il a oublié cet épisode douloureux …

Toujours le même mot d’ordre …

Le message que délivre les acteurs de ce documentaire continue de faire écho aux idéaux qui ont guidé les pionniers : progrès et solidarité. Avant d’être budgétaire, le choix est politique. Quelle vision a-t-on de la santé pour tout un peuple ? Les acteurs économiques n’ont-ils pas finalement intérêt à ce que l’ensemble de la population ait accès aux soins sans que ce soit au détriment d’autres besoins de base ? Quelle est cette soi-disant modernité qui conduit à une médecine à plusieurs vitesses ?

A voir l’énergie, l’élan, la « gnaque » que certains avaient il y a 70 ans, on rêve d’un sursaut ! Et que « La Sociale », immédiatement après sa carrière en salles, soit diffusée à la télévision à une heure de grande écoute pendant la campagne présidentielle.

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Une condamnation du CD de la Haute-Garonne aux sujets des MIE…

 LDH sarlat

Justice : le Conseil Départemental de la Haute-Garonne devra mieux prendre en charge les mineurs isolés étrangers

La justice a ordonné au Conseil Départemental de Haute-Garonne de prendre des mesures immédiates dans la prise en charge de 80 mineurs isolés étrangers, hébergés à l’hôtel.

  • MP + AFP
  • Publié le 26/12/2016 à 16:28
Des mineurs encore à l'hôtel © France 3

© France 3 Des mineurs encore à l’hôtel

Le conseil départemental déclare de son côté avoir déjà trouvé une solution pour 127 jeunes et voté une augmentation de 130% de sa capacité d’accueil.
80 mineurs non scolarisés
Six avocates toulousaines avaient saisi, début octobre, le juge des tutelles des mineurs du tribunal de grande instance (TGI) de Toulouse au nom de 80 jeunes étrangers dont la garde avait été confiée à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), gérée par le département.
Hébergés à l’hôtel depuis plusieurs mois dans le centre de Toulouse, ces mineurs n’étaient alors pas scolarisés, n’avaient pas de titre de transport, de vêtements adaptés ou de suivi socio-éducatif, plaidaient leurs avocates.

Les menaces du juge
Dans une série d’ordonnances rendues entre octobre et décembre, le juge a donné à la collectivité un délai de 15 jours à un mois pour prendre des mesures, à l’issue duquel elle devra, dans certains cas, payer des astreintes variables allant jusqu’à 130 euros par jour, a précisé à l’AFP l’une des avocates, Me Hélène Martin-Cambon.

Le cas d’un jeune afgan
L’une des ordonnances, que l’AFP a pu consulter, fait état de « violations graves et persistantes des droits fondamentaux » d’un jeune Afghan dans le cadre de sa prise en charge.
Elle fait notamment injonction au département « de rechercher pour le mineur une place en foyer ou toute autre solution éducative conforme aux intérêts du mineur », de « faire faire un bilan complet de santé » et de « fournir sans délai une vêture complète et adaptée ».
« Les mesures ont été en partie exécutées », souligne Me Martin-Cambon, « mais il reste encore une cinquantaine de jeunes à l’hôtel ». Les avocates se disent « extrêmement préoccupées de voir que les collectivités territoriales n’ont pas les moyens d’assurer les missions qui sont les leurs ».

Le Département a augmenté sa capacité d’accueil de 130 %
Dans un courriel à l’AFP, le département a déclaré mettre « tout en oeuvre pour mettre en application les ordonnances du juge des tutelles ».
« En avril 2016, le Conseil départemental a adopté un plan de création de 450 places d’accueil supplémentaires pour la protection de l’enfance, augmentant ainsi sa capacité d’accueil de 130% » sur plusieurs mois.
« 112 places ont ainsi été créées au 31 décembre 2016. Depuis mai 2016, ce plan a permis de trouver une solution pérenne pour 127 jeunes qui ont pu quitter l’hôtel au profit de structures adaptées.
Une cinquantaine de jeunes est encore hébergée à l’hôtel pour laquelle le Conseil départemental recherche des solutions adaptées », selon la même source


Communiqué LDH Sarlat : mineurs et majeurs réfugiés à Montignac

LDH sarlat

Compte tenu d’une situation complexe qui évolue tous les jours, il nous semble utile de faire un point sur les jeunes réfugies mineurs et majeurs accueillis au Centre de Chambon à Montignac.

  • Les deux dossiers, mineurs ou majeurs, sont soumis à une même règle exceptionnelle décidée par les autorités françaises : une situation sur le plan juridique qui échappe pour 3 mois au droit commun.
    • La LDH en compagnie de la Cimade et de nombreuses autres organisations protestent énergiquement contre cette mesure et travaille quotidiennement sur le plan politique pour parvenir à casser cette décision . Cette réglementation empêche tout recours pour l’instant, quelle que soit la situation, mineurs ou majeurs.
  • Les actions de recours ou de réexamens ne seront possibles que lorsque cette mesure générale sera levée.
  • L’ASE a pris des dispositions pour accueillir sous couvert judiciaire, les mineurs de Chambon, qui, rappelons-le, ne peuvent pas être accueillis par des familles non agréées par L’État, et, elle ne pourra mettre en œuvre cette solution que lorsque le déblocage juridique sur le plan national aura eu lieu.
  • Les migrants majeurs ont été abusés par les déclarations de B Cazeneuve, ancien ministre de l’Intérieur, selon lesquelles « les accords de Dublin ne seraient pas appliqués pour les migrants qui accepteraient de quitter Calais ». En fait, d’après une circulaire datant du mois d’octobre, il ne s’agissait que de ne pas employer la force publique pour raccompagner les réfugiés dans le premier pays d’entrée en Europe. Les témoignages prouvent que, selon les préfectures, de nombreuses décisions d’assignation à résidence, avec pointage quotidien au commissariat , sont prises contre ces réfugiés. 5% seulement de ces migrants sont raccompagnés effectivement dans le pays d’entrée.
  • Les actions de la LDH sont donc fermement ancrées autour de trois axes principaux :
    • Faire plier le gouvernement pour qu’il accepte de mettre fin à une exception juridique insupportable.
    • Accompagner, dès que cela sera possible, les migrants majeurs dans leurs démarches, en ayant bien à l’esprit que les démarches auront un coût très important puisque les recours sont individuels et non collectifs. Les avocats demandent une somme allant de 300 à 800 euros, quelquefois plus, par dossier. Pour les 6 à 7 majeurs réfugiés qui sont au Chambon cela représente une somme très considérable : la seule solution pour la LDH consistera donc à soutenir au plus près les autorités en Dordogne qui se sont engagées à prendre en charge les démarches administratives et/ou judiciaires (établissement de demande d’Aide Juridictionnelle par exemple).
    • Suivre très scrupuleusement la prise en charge des mineurs par l’ASE, conformément aux engagement pris par cette institution et le Conseil Départemental.
  • La LDH se préoccupe aussi de la situation des animateurs-trices, accompagnateurs-trices du Chambon, qui n’ont pas été formés à cette redoutable tâche d’accompagnement de réfugiés en situation dramatique, et, la LDH soutient, dès à présent, toute tentative d’aide à apporter à ce personnel en souffrance.

La LDH, pour parvenir à ses fins, a pris contact depuis plusieurs semaines avec tout-es les représentants-es de ces institutions, elle est intervenue à de nombreuses reprises pour faire évoluer de nombreux dossiers, et elle y a réussi, elle a organisé des chaînes de dons, participé à des achats d’effets personnels conséquents, et elle continuera à travailler sur le plan politique pour aider à résoudre une situation intolérable sur le plan humain et politique.


Les enfants de Calais dans l’incertitude…

LDH sarlat

infomie.net

France/Royaume-Uni :

Les enfants isolés de Calais

laissés dans l’incertitude

(Paris) – Le gouvernement du Royaume-Uni devrait faire pleinement usage de toutes les lois et régulations existantes pour accepter le transfert d’enfants migrants non accompagnés se trouvant actuellement en France, a déclaré Human Rights Watch a déclaré aujourd’hui. Le gouvernement français devrait veiller à ce que les enfants migrants non accompagnés se trouvant sur le territoire français aient pleinement accès aux procédures d’asile, à un soutien de santé mentale et à d’autres services essentiels.

« Beaucoup d’enfants migrants non accompagnés en France sont désespérés et ne souhaitent rien d’autre que de rejoindre leurs familles au Royaume-Uni », a déclaré Juliane Kippenberg, Directrice adjointe de la division Droits de l’enfant à Human Rights Watch. « En l’absence d’espoir véritable que leur statut sera résolu prochainement, il existe un risque réel que certains de ces enfants quittent les centres pour tenter de rejoindre le Royaume-Uni, risquant de se retrouver sans abri ou d’être victime d’exploitation et de violence.

On estime à 1900 le nombre d’enfants migrants non accompagnés ayant tenté de rejoindre le Royaume-Uni depuis le camp informel à Calais, au nord de la France, et qui ont été transférés dans des centres d’accueil temporaires à travers la France lorsque le gouvernement a fermé le camp fin octobre 2016. Des agents du Ministère de l’intérieur britannique, le Home Office, ont mené des entretiens avec ces enfants à Calais et dans les nouveaux Centres d’accueil et d’orientation pour mineurs isolés (CAOMI), afin d’évaluer leur admissibilité au titre du regroupement familial en vertu des régulations européennes ainsi que de la disposition humanitaire de la loi sur l’immigration, adoptée par le Parlement britannique en 2016 et qui traite des mineurs isolés, connue sous le nom d’ « amendement Dubs ». Il faut reconnaître que le Home Office a mobilisé des ressources considérables pour interviewer et évaluer les dossiers dans le cadre de cette procédure accélérée.

Le 9 décembre, le quotidien britannique The Guardian a publié l’information selon laquelle le Home Office avait mis un terme à ce processus après avoir accepté de transférer environ 750 enfants sur son territoire. Les responsables du Home Office ont confirmé ce nombre à Human Rights Watch et ont précisé qu’environ 200 de ces enfants ont été acceptés en vertu de l’amendement Dubs. Les enfants ayant de la famille au Royaume-Uni mais dont le transfert n’a pas été autorisé au cours de cette procédure accélérée peuvent toujours faire une demande de transfert une fois qu’ils auront déposé une demande d’asile en France, a précisé le Home Office.

Entre le 5 et le 16 décembre, Human Rights Watch a interrogé 41 enfants migrants non accompagnés originaires d’Ethiopie, d’Erythrée, du Soudan, de Syrie et d’Afghanistan dans des centres d’accueil dans les régions françaises de Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’azur. Human Rights Watch a également interrogé des membres du personnel des CAOMI, des représentants des Préfectures et des organisations non gouvernementales. Human Rights Watch avait également interrogé des migrants, enfants comme adultes, et des employés d’organisations non gouvernementales à Calais, et a observé la fermeture du camp.

Human Rights Watch a observé que le processus mis en place pour les demandes de transfert des enfants vers le Royaume-Uni a été opaque et arbitraire, et que la santé mentale de ces enfants en a souffert. Les enfants ont déclaré ne pas avoir reçu d’informations : ni sur comment et quand ils obtiendraient la réponse concernant leur dossier, ni sur les critères de sélection ni sur d’éventuels recours si leur demande de transfert était rejetée. Ils se demandaient également comment faire le suivi de leur dossier auprès du Home Office britannique.

Plusieurs d’entre eux ont expliqué qu’ils étaient si bouleversés qu’ils ne parvenaient ni à manger, ni à dormir, et deux d’entre eux ont affirmé penser à mettre fin à leurs jours. Un garçon de 17 ans, qui a été détenu dans son pays natal, l’Ethiopie, mais aussi en Libye au cours de son voyage vers la France, a déclaré qu’il cherchait désespérément à rejoindre sa tante au Royaume-Uni : « Je me sens très seul ici… je vais me suicider [si je ne peux pas y aller] ».

Les réglementations européennes établissent des règles détaillées concernant le regroupement familial. D’après ces réglementations, les enfants non accompagnés devraient être autorisés à rejoindre leur père, leur mère ou tout autre responsable légal, ainsi que leurs frères et sœurs, oncles, tantes ou grands-parents si ces derniers sont en mesure de s’occuper de l’enfant et si le transfert est de toute manière dans l’intérêt supérieur de l’enfant.

Human Rights Watch a interrogé des enfants dont la tante, l’oncle ou les grands-parents se trouvent au Royaume-Uni mais dont le transfert a été refusé. Ces enfants ne comprenaient pas pourquoi d’autres ont été autorisés à rejoindre leur famille au Royaume-Uni et pas eux, et ont dit ne pas avoir pu faire le suivi auprès du Home Office car ils ne disposaient d’aucun contact. Un garçon de 16 ans originaire d’Afghanistan a un oncle, une tante et des grands-parents au Royaume-Uni. Un garçon de 17 ans originaire d’Ethiopie a dû rester en France alors que sa demi-sœur a été transférée au Royaume-Uni pour rejoindre son oncle, avec qui le garçon n’a pas de liens familiaux.

Alors que l’amendement Dubs appelle le gouvernement britannique à appliquer des critères larges pour organiser le transfert de mineurs non accompagnés, ceux adoptés par le Home Office pour les enfants de Calais sont au contraire restrictifs. L’intérêt supérieur de l’enfant n’est pas le facteur prédominant, et beaucoup d’enfants ont expliqué à Human Rights Watch qu’ils sentent qu’ils ont été rejetés de manière arbitraire.

Les critères limitent l’entrée au Royaume-Uni principalement aux enfants âgés de 12 ans ou moins ou qui courent un haut risque d’exploitation sexuelle. Les enfants soudanais et syriens âgés de 15 ans ou moins sont admissibles au Royaume-Uni en vertu des critères Dubs parce que le taux d’acceptation des demandes d’asile en première instance pour ces nationalités au Royaume-Uni est d’au moins 75 pour cent.

Human Rights Watch a identifié des situations rentrant dans le cadre de l’amendement Dubs mais pour lesquels les critères ne semblent pas avoir été appliqués correctement. Par exemple, selon les critères Dubs, les frères et sœurs devraient pouvoir être transférés ensemble au Royaume-Uni, même si l’un d’eux est plus âgé que l’âge requis, tant que le plus jeune entre dans les critères. Pourtant, dans un cas, deux frères originaires d’Ethiopie, âgés de 12 et 15 ans, ont été séparés : le plus âgé a dû rester en France. La loi ne précise pas le nombre d’enfants à admettre, pour autant, lorsque la disposition a été débattue au Parlement, le ministre de l’Intérieur avait parlé d’accepter entre 1000 et 3000 enfants de Calais et d’ailleurs en Europe. Le nombre de 200 enfants acceptés par le Royaume-Uni semble être honteusement faible pour une disposition destinée à être une mesure humanitaire, a déclaré Human Rights Watch.

Le Home Office britannique devrait élargir ses critères d’application de l’amendement Dubs pour s’assurer que les enfants plus âgés ne soient pas exclus de l’examen des dossiers.

Les autorités françaises ont mis en place de nouveaux centres d’accueil sous l’autorité de l’administration centrale, en dehors du système habituel de protection de l’enfance, duquel relèvent normalement les enfants migrants non accompagnés. Dans l’attente des décisions de transfert par les autorités britanniques, les enfants dans ces centres temporaires n’ont pas eu accès aux procédures de l’asile ou au système en place de protection de l’enfance. Les autorités françaises considèrent ces centres comme temporaires, partant du principe qu’un nombre important d’enfants seraient transférés au Royaume-Uni. Néanmoins, à la mi-décembre, certaines autorités locales ont expliqué à Human Rights Watch qu’elles étaient sur le point de débuter la procédure d’asile, conformément aux instructions du Ministère de l’intérieur.

« La France devrait agir sans plus attendre pour s’assurer que tous les enfants migrants aient accès à la totalité des procédures d’asile en France, y compris à des informations complètes sur le processus, la représentation légale, les procédures de regroupement familial, et un examen équitable basé sur l’intérêt supérieur de l’enfant », a déclaré Juliane Kippenberg. « La France ne devrait pas laisser ces enfants dans le flou juridique plus longtemps ».

Beaucoup de ces structures sont situées dans des centres de vacances ou des centres de formation vacants, et du personnel a été embauché rapidement pour faire face à la fermeture du camp de Calais. Bien que certains centres soient gérés par des équipes de professionnels ayant l’expérience de l’aide aux réfugiés, d’autres sont dirigés par des organisations ou des personnes ne présentant pas ces compétences. Beaucoup de centres ne disposent pas non plus d’un accès régulier à des traducteurs, rendant impossible la communication entre les enfants et les équipes.

La plupart des enfants non accompagnés interrogés ont été victimes d’arrestations ou de violence dans leur pays d’origine ou pendant leur voyage vers l’Europe, notamment en Libye. Plusieurs enfants ont pleuré au cours des entretiens ; d’autres ont expliqué qu’ils n’arrivaient pas à dormir, qu’ils faisaient des cauchemars ou qu’ils étaient angoissés, signes qui peuvent être la conséquence d’un trouble de stress post-traumatique. Malgré le besoin évident d’un soutien psychosocial, certains centres ne disposaient pas non plus d’un soutien systématique et professionnel de la part de psychothérapeutes.

Certains enfants ont également dit qu’ils ont été victimes d’abus de la part de la police française, d’autres migrants ou de citoyens français ordinaires lorsqu’ils étaient à Calais. Dans un des centres, des riverains ont agressé des mineurs non accompagnés, proférant des remarques racistes à leur égard ou en leur lançant des bouteilles à plusieurs reprises. Les enfants ont décidé de ne plus sortir du centre, craignant nouvelles agressions.

« Les enfants non accompagnés ont vécu des événements atroces et représentent un groupe extrêmement vulnérable », a conclu Juliane Kippenberg. « Le Royaume-Uni comme la France devraient s’assurer que leurs droits sont protégés ».

Témoignages d’enfants non accompagnés

« J’ai eu un entretien avec le Home Office dans la jungle [de Calais], puis un deuxième entretien ici [pour rejoindre mon cousin au Royaume-Uni]. Ensuite, ils nous ont dit d’attendre… Je ne mange plus, je ne dors plus, je n’arrive plus à rien faire. Je suis inquiet de ce qu’il va se passer…. Je suis seul. Je n’ai pas de contact avec ma famille en Ethiopie. Je suis dans le noir…. Je ne sais pas combien de temps je vais tenir. Je préfère retourner à Calais et monter dans un camion là-bas et aller mourir là-bas plutôt que de rester…. Je ne peux pas sortir [du centre] ici. Si je sors, les gens nous jettent des bouteilles…. J’ai évité une bouteille que quelqu’un m’a jetée… près du terrain de foot. Ça m’est arrivé à moi, mais aux autres aussi. Ici, j’ai l’impression que les gens ne veulent pas de nous…. Au pays ou ici, c’est le même sort – partout où je vais, c’est le malheur… »

Garçon de 17 ans originaire d’Ethiopie, région Nouvelle-Aquitaine

« Je suis venu avec ma sœur. C’est pire pour les femmes. Nous avons le même père, mais pas la même mère. Elle a 17 ans. Elle est au Royaume-Uni maintenant [après qu’elle a été transférée] … [Le Home Office] m’a demandé des détails sur moi et ma sœur [pendant l’entretien ici, au CAOMI] … J’ai donné tous les détails : son numéro, où elle vit… Pourquoi est-ce que je reste ici ? Parfois, elle m’appelle [depuis le Royaume-Uni] … Peut-être que toute ma famille [en Ethiopie] est morte ou est partie. Je ne peux pas les contacter… Comment rester ici sans ma sœur ? C’est très difficile pour moi…. Quand je suis arrivé ici, mon espoir a été tué en deux jours. Mon rêve est mort. »

Garçon de 17 ans originaire d’Ethiopie, région Nouvelle-Aquitaine.

« J’ai de la famille. Je ne sais pas pourquoi j’ai des problèmes…. Cette attente est trop difficile…. Un jour est comme une année…. Quand j’ai eu l’entretien avec le Home Office [à Calais], je leur ai donné les noms, âges et adresses de mon oncle, de ma tante et de leurs enfants [les cousins]. Une lettre a été adressée à mon oncle avec un mauvais nom [qui n’était pas le mien] donc mon oncle a dit qu’il ne connaissait pas [cette personne]. Les autorités britanniques m’ont interrogé ici et m’ont dit qu’ils allaient vérifier…. Je veux avoir des nouvelles des gens des services de l’immigration. Je veux savoir quel est le problème. Donnez-moi juste une réponse…. Je ne peux pas dormir. [Il y a] trop de tension. »

Garçon de 16 ans originaire d’Afghanistan, région Nouvelle-Aquitaine.

« J’ai été emprisonné à deux reprises, après des manifestations [à Oromia, en Ethiopie]. Je suis allé à Addis Abeba et mon cousin m’a dit : « Va au Soudan ». Donc je suis allé au Soudan. Puis je suis allé en Libye. Nous avons été retenus dans une grande salle, comme une prison. Il n’y avait pas de soleil… Ils vous frappent. Je suis resté là-bas pendant quatre mois…. J’ai donné de l’argent pour sortir… C’était très violent… Mon ami est mort là-bas. Il ne pouvait pas payer pour sortir… J’ai de la famille au Royaume-Uni, ma tante. Je suis en contact avec elle. Le Home Office l’a appelée et lui a posé des questions. Puis rien [ne s’est passé] … Je me sens très seul ici. Je l’ai déjà dit aux gens qui travaillent ici. Je vais me suicider [si je ne peux pas y aller]. »

Garçon de 17 ans originaire d’Ethiopie, région Nouvelle-Aquitaine.

« J’ai un cousin au Royaume-Uni. Nous sommes en contact par téléphone. À Calais, on nous a dit : « si tu as de la famille, tu peux y aller ». Nous ne comprenons pas les critères…. Je veux retourner à Calais…. Nous ne pouvons pas perdre notre temps, nous ne pouvons pas rester ici. Notre problème c’est la famille. »

Garçon de 16 ans originaire d’Erythrée, région Provence-Alpes-Côte d’azur.

« Mon frère est au Royaume-Uni. Il a 24 ans et apparemment ça, c’est un problème. Le Home Office l’a appelé et il leur a dit qu’il ne pouvait pas s’occuper de moi. Il a sa propre maison à Londres et un travail, et la nationalité britannique. »