Journée des droits de l’Homme : conférences maintenues…

LDH sarlat

Suite à des prévisions météorologiques exécrables la LDH de Sarlat maintient les conférences mais annule la journée prévue au Jardin du Plantier

La table ronde est maintenue comme annoncé ci-dessous

Salle Pierre Benoît au Colombier

11h30 à 13h

table ronde

sur le thème de l’accueil des migrants et des réfugiés

animée par Maria Carrier

en présence de migrants et de réfugiés et d’associations concernées

http://www.ldh-france.org/sujet/etrangers/

http://www.ldh-france.org/accueil-digne-respectueux-droits-fondamentaux-etrangers-en-france/

http://www.ldh-france.org/oee-adresse-une-lettre-ouverte-ministre-interieur/

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La conférence sur les droits de l’Homme est maintenue comme annoncé ci-dessous

Chapiteau du Centre Culturel 

15h30 à 16h30

Conférence de Dominique Guibert

Président de l’Association européenne des droits de l’Homme

« De l’évolution des droits de l’Homme de la préhistoire à nos jours »

https://www.facebook.com/Association-Europ%C3%A9enne-pour-la-D%C3%A9fense-des-droits-de-lHomme-AEDH-148840628476777/

http://www.inserom.eu/fr/les-partenaires/association-europeenne-pour-la-defense-des-droits-de-lhomme-aedh

https://www.facebook.com/dominique.guibert.161

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16h30 à 17h30

Débat public sur les droits de l’Homme

animé par Jean-Marie Lelièvre

président de la section LDH de Sarlat

http://www.sudouest.fr/2016/03/17/on-surveillera-ceux-qui-nous-surveillent-2303501-2147.php

http://www.l-echo.info/article/sarlat-caneda/2016-02-23/pour-preparer-venue-jean-francois-mignard-39821.html

https://ldhsarlat.wordpress.com/2016/02/21/adherez-en-ligne-a-la-ldh-section-de-sarlat/

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Le concert de Pierre Cherbero est annulé.

Les stands associatifs sont supprimés

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Le vendredi 30/09/16, à 20h15,

en ouverture de cette Journée exceptionnelle,

le film d’Alain Tasma « Nuit noire »

sera projeté et un débat suivra

en présence de Dominique Guibert.

 

Le débat sera animé par Jean-Marie Lelièvre,

président de la section LDH de Sarlat.

cinema-110

 

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Edito de Politis : un affligeant silence.

LDH sarlat
Un affligeant silence

par Denis Sieffert

On peut s’en éloigner trois semaines durant sans perdre le fil du médiocre feuilleton. Nicolas Sarkozy est égal à lui-même. Et Manuel Valls pas loin d’être égal à Nicolas Sarkozy.

Notre vie politique ressemble parfois à un mauvais livre dont on pourrait sauter des chapitres entiers sans dommage. On peut s’en éloigner trois semaines durant (question d’hygiène personnelle) sans perdre le fil du médiocre feuilleton. Nicolas Sarkozy est égal à lui-même. Et Manuel Valls pas loin d’être égal à Nicolas Sarkozy. Pour ne citer que ces deux-là, qui n’ont donc rien eu de plus urgent cet été que de monter, ou d’entretenir, cette « affaire du burkini » qui a défrayé la chronique. Pour les retardataires – dont je suis –, une seule photo suffit à résumer l’histoire. On y voit sur une plage quatre représentants de la « force publique » obligeant une femme à se délester de l’habit délictueux. Les gendarmes de Saint-Tropez traquaient les nudistes, les policiers de Nice font la chasse aux musulmanes. Les premiers nous faisaient rire, les seconds, hommes de main de Christian Estrosi, nous inspirent de la honte.

Comment sommes-nous tombés si bas ? Visiblement, la vergogne n’affecte pas les responsables de cette campagne. Et ce n’est sûrement pas une « simple » ordonnance du Conseil d’État qui les arrêtera. Ils n’ont d’ailleurs pas tardé à faire litière de la décision de la plus haute juridiction de la République, les uns en préconisant une loi et, pourquoi pas, une réforme constitutionnelle ; les autres en se promettant de continuer la polémique. Insondable cynisme d’une partie de notre personnel politique pour laquelle l’islamophobie est désormais un positionnement stratégique inscrit dans la durée.

Et cela, malgré les risques encourus par notre société. Que la séance d’humiliation publique de la plage de Nice ait eu lieu à quelques encablures de la Promenade des Anglais, un mois seulement après la tragédie du 14 juillet, devrait au moins interpeller les consciences. Pas besoin d’être grand clerc pour deviner l’usage que les émules de Daech pourront faire de cette scène. Encore faudrait-il que les consciences existent. Au lieu de ça, les boutefeux continuent de gratter leurs allumettes. Ainsi, la nomination de Jean-Pierre Chevènement à la tête d’une « Fondation pour l’Islam de France », et son propos sur la « disparition d’une nationalité » – la nationalité « blanche », sans doute – dans la ville de Saint-Denis, ne vont certainement pas éteindre la polémique. Pas plus que ses invitations à la « discrétion » dont on redoute les conséquences. Qu’advient-il quand un hijab – ou une barbe, voire un bonnet de prière – n’est pas jugé assez « discret » ? Et qui en juge ? On voit que cette invitation, sous les dehors de la sagesse, expose à tous les risques.

À vrai dire, ayant manqué une partie de ce pitoyable débat, je pensais ne pas y revenir aujourd’hui. D’autant que Christophe Kantcheff avait dit la semaine dernière l’essentiel sur le sujet. Je m’apprêtais plutôt à regarder devant nous : l’année électorale, le retour de la question sociale, l’affaire de la loi travail, ce chômage qui ne faiblit pas, et cette transition écologique en panne de volonté politique. Je pensais revenir sur cette histoire de primaire à gauche qui va se refermer comme un piège sur ceux qui se lanceront dans l’aventure avec l’espoir de devancer François Hollande. C’était mon intention. Mais voilà ! Devant nous, il y a aussi, encore et toujours, les faux débats sur l’islam, et sur ce que certains se plaisent à nommer « l’identité de la France ». Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Nos Charles Martel mènent une guerre larvée dont l’arme est un racisme qui n’ose pas encore dire son nom. Ils sont les nostalgiques d’une France uniformément blanche ou, à tout le moins, d’une culture de l’exclusion.

C’est finalement la première inquiétude que l’on peut avoir à l’aube de cette année politique. Il s’agit de savoir si cette thématique va l’emporter. La question sera bien sûr décisive à droite, entre Juppé et Sarkozy. Elle déterminera l’issue de la primaire, et désignera le concurrent qui deviendra ipso facto le grand favori de la course à l’Élysée. Mais l’ironie de l’histoire, c’est que Manuel Valls sert la cause de Sarkozy en plaçant le débat sur ce même terrain fangeux, tout en dénonçant la « dérive » de l’ancien Président. On peut regretter la timidité des réactions au sein du gouvernement. Sans parler du silence de François Hollande. On a bien entendu deux ministres, Najat Vallaud-Belkacem (aussitôt repentie) et Marisol Touraine, se désolidariser du Premier ministre. Mais c’est bien peu pour une affaire qui aurait dû provoquer un véritable sursaut moral. Au lieu de quoi, on n’a droit qu’à un affligeant silence. Finalement, la seule démission dont il était question mardi matin dans le microcosme était celle d’Emmanuel Macron. Mais pas précisément pour des raisons d’éthique personnelle. L’idole du Medef avait sans doute peur de se faire oublier. Le voilà libre comme l’air. Avec un Premier ministre qui agit comme s’il préparait sa propre candidature et un ex-ministre de l’Économie qui s’apprête à lancer la sienne, mais où est donc passé François Hollande ?


Poursuites des actions contre l’arrêt anti burkini..

LDH sarlat

Quand les maires ignorent l’Etat de droit avec la complicité du ministre de l’Intérieur

Communiqué LDHPlusieurs maires ont décidé de maintenir les arrêtés destinés à interdire l’accès à la plage et la baignade à des femmes vêtues d’un « burkini », et ce malgré l’arrêt de principe rendu par le Conseil d’Etat et la demande que la LDH leur a faite de respecter cette décision de justice. Interpellé publiquement, le ministre de l’Intérieur a refusé d’agir à l’encontre de ces maires, préférant se défausser sur les associations. C’est pourquoi la LDH a décidé de poursuivre ses actions pour obtenir la suspension et l’annulation de ces arrêtés. C’est ainsi que, se pliant à la jurisprudence du Conseil d’Etat, le tribunal administratif de Nice qui avait refusé de censurer l’arrêté de la ville de Villeneuve-Loubet vient de suspendre les effets de celui pris par la ville de Cannes, par une décision du 29 août 2016.

La LDH déplore l’attitude de ces élus de la République dont le leitmotiv est le laxisme de l’Etat, et qui ignorent les principes élémentaires de l’Etat de droit. Elle déplore tout autant l’attitude du ministre de l’Intérieur qui s’abstient de faire respecter la loi.

La LDH veut ici rappeler aux maires concernés qu’elle ira jusqu’au bout, y compris en envisageant des poursuites sur la base de l’article 432-4 du Code pénal réprimant les atteintes aux libertés par des dépositaires de l’autorité publique.

 

Paris, le 30 août 2016


La lettre de la section de la Ligue des Droits de l’Homme Bassin d’Arcachon et Val de l’Eyre

LDH sarlat

http://ldh-gironde.org/wp-content/uploads/2016/06/LA-LETTRE-N%C2%B0-11_Arcachon.pdf


Arrêt anti burkini : décision du Conseil d’État. communiqué

LDH sarlat

Communiqué LDH

Paris, le 26 août 2016

Un coup d’arrêt utile mais qui ne résout rien

La décision du Conseil d’Etat vient, heureusement, de donner un coup d’arrêt à la volonté de certains responsables politiques, de droite, d’extrême droite et de gauche, de porter atteinte à la liberté de conscience, aux libertés individuelles et de faire de la laïcité un instrument d’exclusion.

Mais cette décision ne résout rien. Des élus municipaux ont pu s’en prendre à des femmes en raison de leur pratique religieuse, on a trouvé des juges pour les approuver et du Premier ministre au Front national en passant par Nicolas Sarkozy tous sont d’accord pour faire, par idéologie et appétit de pouvoir, de nos concitoyens musulmans des Français pas comme les autres.

Outre le ridicule d’un débat qui a fait de la France la risée du monde, ce qui est en jeu ici, c’est la division de la nation selon l’origine et la religion des hommes et des femmes qui vivent en France.

Nous récusons cette vision de la France et nous appelons les femmes et les hommes de ce pays à la rejeter. La LDH appelle tous les maires qui ont cru devoir prendre cette mesure à la rapporter sans délai.

Un article très important complémentaire de ce communiqué :

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/08/26/pourquoi-voter-une-loi-contre-le-burkini-serait-complique_4988632_4355770.html

 

 


La musique : une thérapie de la démocratie ?

LDH sarlat
monde-diplomatique.fr

La musique : une thérapie de la démocratie ?

La musique a toujours, en France, inquiété plus ou moins fortement les pouvoirs politiques, laïcs ou spirituels. Est-ce parce qu’ils pressentaient la passion démoniaque et manipulatrice dont elle est porteuse, le non-dit incontrôlable de ses messages qui échappe à toute explication rationnelle et objective et peut mettre en mouvement de façon imprévisible les affects individuels et collectifs ?

Chocs de corps sonores ou captation d’une fréquence électrique naturelle, la musique charrie des passions douteuses, provoque des illusions perceptibles, met en scène des combats sans merci, exprime l’inexprimable, imprime chez l’auditeur une temporalité différente qui le fait accéder à des paradis artificiels, proches de la mélancolie, de l’hystérie ou du mysticisme sublimatoire : des tremblements de larmes chez Monteverdi à la spiritualité humaniste ritualisée chez Mozart, des colères intérieures et « hystérisantes » de Chopin aux chevauchées angoissées et compactes de Schumann, de la séduction possessive de Liszt et Wagner au narcissisme apollinien de Ravel, du romantisme explosé de Schoenberg aux microfantasmes recomposés et distanciés de Ligeti, l’histoire de la musique n’en finit pas de représenter des combats instrumentaux, des passions mélodiques déchues, des possessivités harmoniques qui violentent la sensibilité, des sublimations thématiques, des contemplations rythmiques hypnotisantes dont, selon les mots de Maurice Merleau-Ponty, « la signification dévore les signes (1)  » et qui met en scène des schémas sensibles ou formels aux antipodes des modèles de sentiments et de vie démocratique… Plus que les arts visuels et ceux de l’écrit, la musique court-circuite les différents niveaux des processus inconscients, en étant le reflet métaphorique des conflits de pouvoir, de possession et de mort, de l’homme et de la société. « Une culture du son rejette l’antique autorité de l’ordre verbal » écrit Georges Steiner (2), laissant ainsi libre cours à tout ce qui n’est pas médiatisé, et donc conscientisé par le langage. Elle ne dit quelque chose qu’« au-delà du bien et du mal », elle est amorale, peu militante, rarement pédagogique, jamais idéologique (même dans la 9e symphonie de Beethoven, dont on a voulu à tort faire une œuvre engagée). Disons même avec Adorno que le langage musical est au-delà du langage signifiant : « En cela réside son aspect religieux… Toute musique a pour idée la forme du Nom divin. Prière démythifiée… (3)  » ; la musique traduit « cette imminence d’une révélation qui ne se produit pas (4).  » Prophétique et un tantinet obscurantiste, la musique ? On est très loin de la démocratie.

Combats instrumentaux et passions mélodiques

Beaucoup de dictateurs se sont servis de son pouvoir psychique, manipulateur, pour entraîner les armées, les masses, les travailleurs des usines harcelés par le stakhanovisme ; les rois de France, en particulier Henri III, Henry IV et Louis XIV, ont chanté sur la scène de l’Opéra pour accroître leur légitimité de droit divin et surreprésenter le spectacle de la cour, grandeur et misère d’une société monarchique. La Révolution française a tenté d’utiliser la musique comme vecteur idéologique, en représentant un opéra par jour, mais sans succès…

C’est sans doute pour cela, et par réaction contre l’Ancien Régime, que Napoléon, suivi par la plupart des régimes du XIXe siècle, oublia l’apprentissage de la musique à l’école et rejeta celle-ci dans la sphère du domaine privé et de l’art d’agrément, mis à part l’Opéra, à qui l’on découvrit des vertus de catharsis sociale. Les héros, puis les anti-héros (Don José, Carmen, La Traviata, Tristan, Wotan, Pelleas, Wozzeck, Lulu…), ont joué ce rôle de miroir des pulsions et des interdits sociaux, anarchistes, moraux, raciaux, sexuels de la société du XIXe siècle, permettant à la musique de répondre de façon allégorique à la question : « Qu’est-ce que l’homme (5) ».

Cette méfiance de la IIIe République, qui a rejeté la musique dans la sphère de l’art d’agrément et de l’éducation individuelle, a contribué à marginaliser l’éducation musicale à l’école et la musique française sur le plan international. La musique n’a pas véritablement participé à l’effort de construction républicaine de la société française, comme cela a été le cas dans tous les pays d’Europe centrale et en Allemagne. C’est de là que provient le « handicap démocratique » de la musique en France. Un étiage particulièrement criant des subventions à l’enseignement musical et à la musique dans les années 1920 a failli faire sombrer la pratique et la diffusion musicales et a suscité Un sursaut nécessaire dans les années 1950 et Plus encore à partir de 1958 lors de la création du ministère de la culture par André Malraux. Préparée par Jeanne Laurent au sein des gouvernements de la République, une prise de conscience s’est peu a peu manifestée, découvrant le rôle d’épanouissement social auquel la musique Peut contribuer dans le contexte d’un Premier élan de démocratisation culturelle. Disons d’emblée que les politiques des quarante années suivantes se sont cantonnées à une démocratisation quantitative, sans s’interroger sur les réelles vertus démocratiques de la musique.

Dans les quartiers défavorisés, les prisons, les hôpitaux

De 1958 à 2000, l’aide de l’Etat a connu deux périodes principales. Jusqu’en 1975, celle de l’ère Malraux – Landowski appliquant les principes gaullistes d’une « démocratie de la volonté… sacralisant l’art », et instituant un « aménagement musical » du territoire afin de permettre au plus grand nombre de ressentir le choc d’une confrontation directe et sans préparation avec les grandes œuvres de l’art et de l’esprit ; mais ce plan qui incluait une première déconcentration favorisait surtout la « culture cultivée » du patrimoine musical, confortant les institutions (orchestres, opéras) et les professionnels de la musique. Cette première forme de « démocratisation musicale éclairée » a réussi à redonner à la musique une légitimité sociale et un rôle démocratique, ainsi qu’à amorcer la décentralisation et donc l’engagement des collectivités territoriales, sans toutefois sortir du cercle élargi des enseignements traditionnels et sans dynamiser la création.

Un refuge narcotique dans un monde artificiel

De 1975 à 1990, se déroule la seconde période que l’on pourrait qualifier de « démocratie de la pédagogie » : volonté de rénover l’enseignement, de développer la pratique amateur collective, d’ouvrir l’aide de l’Etat à toutes les formes de musique, et de démocratiser la diffusion musicale par une politique des publics, le développement d’institutions professionnelles de diffusion (comme la Cité de la musique de La Villette, à Paris), le soutien à des actions de portée sociale et culturelle, notamment par l’intermédiaire du FIC (Fonds d’intervention culturelle) : équipements mobiles, écoles intercommunales en milieu rural, opérations dans les quartiers défavorisés, interventions dans les prisons et les hôpitaux… Cette période a été particulièrement fertile en projets innovants et décentralisés, ouvrant partout des brèches pour faire rentrer la musique dans les écoles, les centres culturels, les politiques de la ville, les contrats d’objectifs passés entre l’Etat et les régions…

Une grande effervescence soutenue par l’utopie d’une action de cohésion sociale a caractérisé la mise en place d’un véritable réseau de professionnels de la musique et de la culture. Les conservatoires aussi ont élaboré des schémas pédagogiques nouveaux, ouvrant les portes au jazz, aux musiques ethniques et actuelles, à la technologie.

Malgré tous ces efforts, matérialisés par le doublement du budget du ministère de la culture en 1982, les politiques musicales successives se sont pourtant heurtées à la complexification de la vie sociale, à l’explosion des groupes sociaux, au raz de marée des musiques d’outre-Atlantique, à la rigidité des institutions de grande qualité mises en place, au désintéressement des médias. Les jeunes réclament un autre type d’enseignement de la musique, plus ludique, moins élitiste ; les salles de concert des orchestres se vident, l’Opéra demeure un gouffre financier et jusqu’à 80 % des élèves de conservatoire quittent l’établissement à la fin de la première année, tandis qu’une demande croissante de cultures urbaines se fait jour. La pédagogie ne peut plus être seulement artistique, elle doit être aussi sociale.

Dans une époque où l’on constate une « baisse de la volonté collective », les musiques envahissent l’univers quotidien des jeunes pour lesquels elles représentent de plus en plus une forme de ciment social et culturel, voire ethnique et géographique. Mais si la musique classique, par le manque d’évolution de ses formes d’expression, risque de se marginaliser dans l’élitisme – en dépit de quelques coups de pub réussis comme les Folles Journées de Nantes -, les musiques actuelles dominantes sont vécues par les jeunes moins comme un facteur d’entraînement à la participation sociale ou d’apaisement des fractures et des exclusions sociales, que comme un refuge narcotique dans un monde artificiel et aculturé, que proposent les producteurs-marchands, acteurs francs-tireurs, francs-tireurs des esprits dans un libéralisme mondialisé et une vie quotidienne cloisonnée, voire ghettoïsée.

D’où l’embarras compréhensible des gouvernants et leur prudence coupable pour lancer une nouvelle étape de la démocratisation culturelle, dont les hésitations menacent jour après jour tel ou tel pan du patrimoine et de la création, alors qu’il faut plus que jamais rassembler, confronter les diverses formes de l’art, qui ne sont que le reflet de ces complexes identités culturelles défendues en paroles par les artisans de l’Europe.

Dans ce grand projet fédérateur d’identités, la musique a un grand rôle à jouer, car elle transcende tout langage objectif ou réglementaire, tout discours verbal que le piège des mots rend, malgré de bonnes intentions consensuelles, facteur d’exclusion. A l’image de l’enfant qui, en pratiquant la musique, diminue son échec scolaire, la société a tout intérêt à utiliser le pouvoir


Le droit valide pour l’instant les arrêtés anti burkinis..

LDH sarlat

mediapart.fr

La justice valide les arrêtés anti-burkini

Par Hélène Constanty

Les trois juges des référés du tribunal administratif de Nice ont rendu cet après-midi une décision très politique. En rejetant les requêtes présentées par la Ligue des droits de l’homme (LDH) et le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) vendredi (lire notre compte-rendu de l’audience), ils valident l’arrêté municipal interdisant le port du burkini, pris le 5 août par la commune de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes). La juridiction administrative poursuit donc sur sa lancée : le 13 août, elle avait déjà rejeté un premier recours du CCIF contre le premier arrêté anti-burkini, signé par David Lisnard, le maire (LR) de Cannes fin juillet, qui avait enclenché une vague d’interdictions dans les cités balnéaires.

Les juges ont estimé que le port du burkini sur les plages constituait une expression inappropriée des convictions religieuses et motivent leur ordonnance par l’actualité terroriste : « Comme l’illustre notamment l’assassinat d’un prêtre catholique dans son église à Saint-Étienne-du-Rouvray, le 26 juillet 2016, quelques jours avant l’arrêté municipal du 5 août 2016 qui est en litige, la coexistence des religions, qui est l’élément constitutif du principe de laïcité, est combattue par le fondamentalisme religieux qui prône une pratique radicale de la religion, incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française et le principe d’égalité des sexes et que, dans ce contexte, le port d’un vêtement sur les plages pour y afficher de façon ostentatoire des convictions religieuses susceptibles d’être interprétées comme relevant de ce fondamentalisme religieux est d’une part, non seulement de nature à porter atteinte aux convictions ou à l’absence de convictions religieuses des autres usagers de la plage, mais d’être ressenti par certains comme une défiance ou une provocation exacerbant les tensions ressenties par la population à la suite de la succession d’attentats islamistes subis en France, dont celui de Nice le 14 juillet 2016 et le dernier du 26 juillet 2016 qui a directement visé la religion chrétienne. »

Ils ont donc rejeté l’argumentation de la LDH et du CCIF, qui voyaient dans les arrêtés anti-burkini des atteintes graves aux libertés fondamentales. Patrice Spinosi, l’avocat de la LDH, ne semble guère surpris, compte tenu de la décision déjà rendue par le même tribunal à propos de Cannes : « Nous allons immédiatement saisir le Conseil d’État, qui devrait statuer rapidement en appel. » Une audience pourrait avoir lieu dans les dix jours. D’ici là, les estivants auront quitté les plages.