Communiqué LDH nationale sur l’Etat d’urgence

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Communiqué LDH
Paris, le 16 mai 2016

L’état d’urgence au profit du maintien de l’ordre social

Le gouvernement vient d’interdire à des militants de participer à des
manifestations contre la loi travail en s’appuyant sur les dispositions de
la loi sur l’état d’urgence. Ces interdictions ne reposent que sur la
présence réelle ou supposée de telle ou telle personne à des
manifestations, sans que n’ait été retenu à leur encontre aucun fait
répréhensible autre que de protester contre les violences policières ou
contre la loi travail dont l’Assemblée nationale n’a pu débattre jusqu’au
bout en raison de l’usage de l’article 49.3 de la Constitution.

Déjà lors de la COP 21 et toujours sur les mêmes fondements, le
gouvernement avait pris des mesures d’assignation à résidence, validées
par le Conseil d’Etat, contre des militants écologistes. En interdisant de
manifestation des militants qui ne sont en rien suspectés d’être liés aux
raisons invoquées lors de la proclamation de l’état d’urgence, le
gouvernement fait, un peu plus, la démonstration que celui-ci est conçu et
utilisé à des fins
qui n’ont rien à voir avec la lutte contre le terrorisme. Sans aucun
contrôle du juge judiciaire, sans contrôle réel du juge administratif, le
gouvernement dispose ainsi, et en use, de pouvoirs exorbitants qui portent
atteinte aux libertés publiques et individuelles.

La LDH condamne totalement cette accumulation de mesures autoritaires et
tient à souligner combien les inquiétudes qu’elle avait manifestées dès la
première prorogation de l’état d’urgence s’avèrent fondées. Le
gouvernement s’apprête à proroger une troisième fois l’état d’urgence. Une
nouvelle fois, la LDH appelle les députés à mettre un terme à ce régime
d’exception indigne d’une démocratie.

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