Le réquisitoire de Christiane Taubira contre la déchéance de nationalité

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Le Monde.fr |

31.01.2016 à 22h32

• Mis à jour le 31.01.2016 à 22h53 | Par Thomas Wieder

Dans "Murmures à la jeunesse", l'ancienne garde des sceaux s'attaque à la déchéance de nationalité.
C’est un texte écrit dans le plus grand secret par Christiane Taubira, imprimé discrètement en Espagne, acheminé sur des palettes opaques et présenté aux librairies comme un « livre sous X » pour réduire les risques de fuites. Intitulé Murmures à la jeunesse, cet essai d’un peu moins de 100 pages, mis en vente lundi 1er février et tiré à 40 000 exemplaires, expose les raisons pour lesquelles l’ex-garde des sceaux est opposée à l’inscription de la déchéance de nationalité dans la Constitution. La date de sortie ne doit rien au hasard, quatre jours avant le début de l’examen du projet de loi constitutionnelle à l’Assemblée nationale.

Le contact avec l’éditeur, Philippe Rey, remonte au 10 janvier. Huit jours plus tard, le bon à tirer est donné. Christiane Taubira a souhaité aller vite, afin que le livre paraisse à la veille du débat parlementaire sur la déchéance de nationalité. Le tout dans le plus grand secret. Seul François Hollande se voit adresser un jeu d’épreuves, vendredi 22 janvier, cinq jours avant que ne soit rendue publique la démission de Mme Taubira. A cette date, le livre est déjà imprimé. La quatrième de couverture témoigne d’ailleurs de l’emballement des événements des derniers jours : sur la quatrième de couverture, Mme Taubira est encore présentée comme « garde des sceaux et ministre de la justice ».

Lire aussi : Christiane Taubira : « Je choisis d’être fidèle à moi-même »

« Un pays doit être capable de se débrouiller avec ses nationaux »

S’il ne se réduit pas à cela, le premier tiers du livre ayant pour thème le défi terroriste en général, ce sont évidemment les pages consacrées à la déchéance de nationalité qui seront lues avec le plus d’attention. Une vingtaine de pages au total, au fil desquelles Mme Taubira expose un à un ses arguments. « L’inefficacité » de la mesure, d’abord, en raison de ses « effets nuls en matière de dissuasion ». Mais, plus fondamentalement, l’enjeu symbolique. « Osons le dire : un pays doit être capable de se débrouiller avec ses nationaux. Que serait le monde si chaque pays expulsait ses nationaux de naissance considérés comme indésirables ? Faudrait-il imaginer une terre-déchetterie où ils seraient regroupés », demande l’ex-garde des sceaux. Et l’auteur de poursuivre :

« A qui parle et que dit le symbole de la déchéance de nationalité pour les Français de naissance ? Puisqu’il ne parle pas aux terroristes […], qui devient, par défaut, destinataire du message ? Celles et ceux qui partagent, par totale incidence avec les criminels visés, d’être binationaux, rien d’autre. […] C’est à tous ceux-là que s’adresse, fût-ce par inadvertance, cette proclamation qu’être binational est un sursis. Et une menace : celle que les obsédés de la différence, les maniaques de l’exclusion, les obnubilés de l’expulsion feront peser, et le font déjà par leurs déclarations paranoïaques et conspirationnistes, sur ceux qu’ils ne perçoivent que comme la cinquième colonne. »

Réquisitoire implacable contre la déchéance de nationalité, vademecum précieux pour tous ceux qui, à l’orée du débat parlementaire, voudront brandir des arguments contre le projet de révision constitutionnelle, le texte de Christiane Taubira est un acte politique fort, et sans doute inédit, écrit par une ministre en exercice dont on imagine mal, à sa lecture, qu’elle ait pu imaginer un seul instant rester membre du gouvernement après l’avoir publié.

Lire aussi : Christiane Taubira : les coulisses du départ

Pas une diatribe contre Hollande et Valls

Il ne faut toutefois pas faire dire au texte ce qu’il ne dit pas, et ceux qui pourraient s’attendre à une diatribe véhémente contre François Hollande et Manuel Valls en seront pour leur frais. Car sur ce plan-là, Christiane Taubira reste prudente. Si affleurent, ici ou là, son malaise vis-à-vis de la philosophie sécuritaire du gouvernement et sa nostalgie d’une gauche au pouvoir oublieuse de ses ambitions sociales, l’auteure prend soin, en particulier dans la postface, de rendre hommage au président de la République, dont elle salue de façon appuyée l’attitude qui fut la sienne dans les minutes et les heures qui ont suivi les attentats du 13 novembre 2015.

En ceci, Christiane Taubira se démarque assez clairement de certains de ses prédécesseurs qui, tels Cécile Duflot ou Arnaud Montebourg, n’avaient pas hésité, après avoir quitté le gouvernement, à s’opposer de façon frontale au chef de l’Etat. Bien au contraire : en prenant soin de ménager M. Hollande, Mme Taubira semble apporter un démenti à tous ceux qui l’imaginent déjà se lancer dans une primaire à gauche en vue de l’élection présidentielle de 2017.

Lire aussi : Le départ de Taubira, ou l’arroseur arrosé

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/01/31/le-requisitoire-de-christiane-taubira-contre-la-decheance-de-nationalite_4856833_823448.html#2IzAyHu7YJRjguup.99

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Mardi 2 février à 20h50 sur France 2 : «La Mort est dans le pré»

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14 janv. 2016

Par Philips Michel

CASH INVESTIGATION revient sur les risques que font courir aux plus sensibles (les enfants) les produits toxiques de notre environnement : en première ligne, les pesticides.
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Lire ici.

Il existe une menace chimique qui pèse sur nos enfants et que les parents ne peuvent pas combattre.
Des polluants que nous ne voyons pas, que nous ne sentons pas mais auxquels nos enfants sont bien exposés. Des particules dangereuses, cachées dans notre alimentation ou dans l’eau que nous buvons. Des polluants tapis dans nos meubles ou dans la poussière de nos maisons. Chaque jour, les enfants peuvent être exposés jusqu’à 128 résidus chimiques. Certains de ces produits sont cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques, neurotoxiques.
Les enfants sont les plus vulnérables car leur cerveau, leur corps, sont en plein développement.
En France et partout dans le monde, médecins et chercheurs lancent l’alerte. Augmentation des cancers infantiles, multiplication des anomalies de naissance ou des troubles hormonaux, explosion de l’autisme. Ces pathologies – très différentes – pourraient bien souvent avoir une même cause : les produits chimiques. Le suspect numéro un : les pesticides.

Six multinationales contrôlent ce secteur : Syngenta, Bayer, Monsanto, Dow, Basf et Dupont. On les appelle le « Big 6 ». Elles règnent presque sans partage sur un marché colossal qui pèse 50 milliards d’euros.
Pendant un an, l’équipe de Cash Investigation a suivi à la trace leurs molécules. Certaines, dangereuses, s’invitent dans notre environnement quotidien. Dans l’air, presque partout en France, nos enfants respirent tous les jours un pesticide classé cancérigène probable. C’est l’un des best-sellers du géant allemand Bayer. Dans l’eau du robinet, un pesticide interdit depuis 15 ans, fait de la résistance. Une substance classée perturbateur hormonal, produite par Syngenta, une firme suisse très discrète… Pour rencontrer ses dirigeants, Elise Lucet a dû s’inviter à un dîner entre la multinationale et des parlementaires français.

Le nombre de cas d’enfants autistes dans le monde explose. L’une des pistes scientifiques les plus sérieuses : l’exposition aux produits chimiques. Grâce notamment à des dizaines d’analyses de cheveux d’enfants, les journalistes de Cash Investigation ont découvert qu’un insecticide massivement vendu en France aurait un rôle dans le déclenchement de l’autisme de certains enfants.
Martin Boudot, a eu accès aux chiffres secrets de ventes des pesticides en France. Grâce à ces données, plus de 800 000 lignes, le magazine a pu réaliser la carte inédite des départements les plus exposés aux pesticides classés dangereux.
La démocratie pèse parfois peu face à l’industrie des pesticides. L’enquête nous a mené jusqu’à Hawaï. Le paradis sur terre est devenu un laboratoire à ciel ouvert. Sur place, les multinationales de l’agrochimie testent leurs futurs produits, font un usage massif des pesticides et les médecins constatent des cas anormalement élevés d’anomalies de naissance. Pour en finir avec cette situation, les habitants ont voté. Mais les industriels contre-attaquent devant les tribunaux.
Après un an d’enquête en France, en Allemagne, en Suisse et aux Etats-Unis, Cash Investigation vous révèle comment certains produits chimiques des multinationales mettent nos enfants en danger.

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Crise du logement : le FN recycle l’intox des réquisitions pour les réfugiés

DESINTOX
Par Pauline Moullot 29 janvier 2016 à 12:40

Le Front national répète que 77 000 logements sociaux ont été attribués à des réfugiés. C’est complètement faux, et très loin du compte.

INTOX. Toujours avide de récupération, le Front national s’est précipité sur le dernier rapport de la fondation Abbé Pierre. Alors que l’association appelle à «plus de volontarisme politique» et fait état de 3,8 millions de mal logés, Nicolas Bay, secrétaire général du FN, a bondi sur l’occasion pour dénoncer le traitement de faveur dont bénéficieraient les «étrangers», «prétendus réfugiés» ou autres «clandestins». Et de s’indigner dans un communiqué «Comment accepter que les 77 000 logements réquisitionnés pour des clandestins ne bénéficient pas en priorité aux Français qui en ont besoin ?»

DÉSINTOX. Revoilà donc les 77 000 logements sociaux dont les clandestins priveraient les Français ! L’intox, déjà entendue dans la bouche de Florian Philippot et Marine Le Pen, date de l’automne dernier. Marie-Arlette Carlotti, ancienne ministre et présidente du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, avait publié le 12 septembre une tribune sur Le Plus de l’Obs où elle proposait de «mobiliser une partie du parc social laissé vacant pour loger les réfugiés» et annonçait «77 310 logements sociaux en attente de locataires».

Derechef, le FN avait hurlé contre la requisition de 77 000 logements au nez et à la barbe de Français en attente de HLM depuis des années. Oubliant d’abord qu’il ne s’agissait que d’une proposition émanant d’une instance consultative sans pouvoir contraignant. Oubliant ensuite que le chiffre évoqué correspond aux logements en vacance structurelle, c’est-à-dire ne trouvant pas preneur. L’estimation correspondait en effet aux données du commissariat général au développement durable. Au 1er janvier 2015, le parc locatif social comptait 4 616 400 logements en métropole, dont 3,1% étaient vacants. Parmi ceux-ci, 1,6% sont inoccupés depuis au moins trois mois (vacance structurelle). Soit pour l’année 2015 à 73 862 logements vacants (les chiffres de Marie-Arlette Carlotti dataient de 2014).

La disponibilité de ces logements s’explique par leur localisation géographique. Depuis 2000, la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain) oblige chaque commune à avoir au moins 20% de logements sociaux. Mais la demande n’est pas la même partout, et le taux de vacances diffère donc sensiblement selon les régions. Ainsi, il est deux fois plus élevé dans le Limousin que dans le reste de la France. Difficile de dire dans ces conditions qu’il s’agit de logements… dont les Français ont besoin.

Mais surtout, l’évocation du chiffre de 77 000 logements vacants sur le territoire ne signifiait pas que la totalité de ces derniers allait être mobilisés pour les réfugiés. Le haut comité proposait clairement de «mobiliser une partie du parc social laissé vacant» et non la totalité, et aussi de définir «des critères et des conditions d’accueil [en procédant] à une répartition géographique équilibrée [pour parvenir] à une intégration harmonieuse de ces populations»Le plan réfugiés de Bernard Cazeneuve et Sylvia Pinel prévoyait de son côté de créer, avant 2017, 5 000 places «destinées à favoriser l’accès au logement autonome des personnes réfugiées», notamment dans des «logements vacants du parc social en zone détendue». Loin des 70 000 HLM…

Six mois plus tard, le bilan est encore plus éloigné de ce qu’écrit Nicolas Bay. Depuis la mise en place du plan mi-octobre, 600 réfugiés (ayant obtenu l’asile) ont été relogés soit dans le parc locatif social soit dans le patrimoine privé des communes ou des particuliers qui ont mis un logement à disposition, selon le délégué interministériel à l’hébergement et à l’accès au logement Sylvain Mathieu. Environ la moitié se sont donc vus attribuer un logement social, soit 300. C’est à dire à peu près 250 fois moins que ce que dit Nicolas Bay. Sans compter qu’on ne peut en aucun cas parler comme il le fait de réquisition… Comme le précise Sylvain Mathieu : «les logements ont été attribués dans des zones détendues, sans créer de concurrence entre les publics». Ainsi, aucun logement social n’a été mobilisé en Île-de-France, où la demande est déjà très forte.

Ajoutons enfin que le terme «clandestins» utilisés par Nicolas Bay à propos des occupants de ces logements sociaux est tout à fait impropre. Ces derniers ayant été octroyés à des personnes ayant obtenu le statut de réfugié et donc un titre de séjour. Le secrétaire général du haut comité, René Dutrey, rappelle par ailleurs que de manière générale, on «ne peut pas obtenir de logement social quand on est sans papiers». Pour bénéficier d’un logement social, il faut en effet être de nationalité française ou justifier d’un titre de séjour valable.

Pauline Moullot


« Airbnb des migrants » : les associations débordées par la générosité des Français

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CRISE DES MIGRANTS – En septembre, après la vague d’émotion suscitée par la photo du petit Aylan, cet enfant syrien retrouvé mort sur une plage turque, des milliers de Français s’étaient dit prêts à accueillir des migrants chez eux et avaient sollicité les associations proposant d’organiser cet hébergement. Plus de quatre mois plus tard, où en est cet élan de solidarité ? Metronews fait le point.

Une famille syrienne à son arrivée en France, le 9 septembre dernier, dans le cadre d'un dispositif visant  soulager l'Allemagne. Depuis, l'accueil des réfugiés du quota européen se fait au compte-gouttes.

Une famille syrienne à son arrivée en France, le 9 septembre dernier, dans le cadre d’un dispositif visant  soulager l’Allemagne. Depuis, l’accueil des réfugiés du quota européen se fait au compte-gouttes.

Illustration/sipa


Etat d’urgence : une interview de Michel Tubiana..

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https://www.youtube.com/watch?v=KlPPQ0Peesc


Nous ne céderons pas

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Madame Taubira partage probablement le refus de 112 associations, 19 syndicats et déjà 40317 signataires

Nous ne céderons pas : mot d’ordre qui témoigne d’une très forte opposition au projet de réforme de la Constitution et qui invite à une démocratie participative de fond.

     « Madame Christiane Taubira, garde des Sceaux, ministre de la Justice, a remis ce 27 janvier 2016, sa démission au Président de la République, qui l’a acceptée. Ils ont convenu de la nécessité de mettre fin à ses fonctions au moment où le débat sur la révision constitutionnelle s’ouvre à l’Assemblée nationale, aujourd’hui, en Commission des Lois », a indiqué l’Élysée. La garde des Sceaux démissionnaire, détestée par la droite et haïe de l’extrême droite, a aussitôt retrouvé sa liberté de parole en revendiquant son départ, au nom de « l’éthique » et du « droit ». Elle a prévu de faire une déclaration mercredi après-midi depuis la place Vendôme, avant la passation de pouvoirs avec Jean-Jacques Urvoas. https://www.mediapart.fr/journal/france/270116/le-depart-de-la-derniere-figure-de-gauche-du-gouvernement?onglet=full

     Nul doute que cette démission à l’approche de la réforme constitutionnelle rejoint le refus profond de très nombreuses associations, syndicats qui appellent à des manifestations samedi 30 janvier à 14h30 dans 67 villes de France :

http://www.nousnecederonspas.org/wp-content/uploads/2016/01/Liste-des-manifestations-et-des-rassemblements-en-France-5.pdf

Nous ne céderons pas

Nos organisations exerceront une vigilance permanente

afin que nos droits et libertés soient préservés

et que nul ne soit victime de discriminations

     Ces 112 associations et 19 syndicats sont convenus d’un texte commun : http://www.nousnecederonspas.org/appel-unitaire/

après avoir déjà rédigé celui-ci “Sortir de l’état d’urgence” le 17 décembre http://www.nousnecederonspas.org/sortir-de-letat-durgence/

puis « Refusons la déchéance de nationalité et la constitutionnalisation de l’état d’urgence » le 18 janvier : http://www.nousnecederonspas.org/refusons-la-decheance-de-nationalite-et-la-constitutionnalisation-de-letat-durgence/

     La démission de Madame Taubira, probablement évincée de son rôle de Garde des Sceaux par les manœuvres constantes de son remplaçant potentiel depuis plus d’un an, laisse la démocratie en état de fragilité systémique si ces réformes sont poursuivies sans que les opinions des Français soient écoutées lors de débats, de forums participatifs (comme le CNN a su en créer) ou d’un référendum national.

 

     Diverses personnes se sont pourtant exprimées pour renforcer la justice, notamment dans le corps de métier des procureurs :

     Le 15 janvier, « le procureur de la République de Marseille Brice Robin, membre de la conférence nationale des procureurs de la République (CNPR), a dit espérer que le parlement profiterait de la réforme constitutionnelle pour graver dans la Constitution l’indépendance du parquet […] qualité d’autorité judiciaire qui lui est actuellement déniée par la Cour de justice européenne, en raison des conditions de nomination de ses magistrats » . »Le Président de la République a annoncé il y a 48 heures l’inscription de ce sujet à l’ordre du jour de la réforme constitutionnelle », […] rappelant que la France dispose, par habitant, d’un budget pour la justice deux fois inférieur et de quatre fois moins de parquetiers que la moyenne des pays européens

     Le 18 décembre, déjà, « ce sont les procureurs [qui tiraie]nt la sonnette d’alarme. Ils demand[ai]ent des moyens supplémentaires et un recentrage sur leurs activités essentielles.» https://www.mediapart.fr/journal/france/181215/les-procureurs-previennent-le-parquet-craque

     Je vous invite à poursuivre cette idée que je me fais de la démocratie participative en signant (ou non) la pétition qui est proposée ici : http://www.nousnecederonspas.org/

     Des voix (de gauche) s’expriment jusqu’à l’étranger pour dénoncer « la méthode de cet homme qui se veut stratège et qui, à force de triangulations politiques et sous la pulsion des événements, a marqué un but contre son propre camp!» Pascal Perrineau, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris »

« Mercredi, c’est la Fédération socialiste d’Indre-et-Loire qui a voté, à l’unanimité des membres de son bureau, une motion de défiance envers l’idée du président de la République. Le PS d’Indre-et-Loire fait part de sa «vive opposition» car la déchéance de nationalité pour les binationaux instaurerait une rupture d’égalité entre les citoyens français selon leurs origines ou leurs ascendances, écrit-il » le 15 janvier dans La Tribune de Genève http://www.tdg.ch/monde/europe/decheance-nationalite-piege/story/10812194

et le journal rappelle que « la déchéance de nationalité pour les binationaux nés français est une mesure demandée depuis longtemps par l’extrême droite et la droite la plus dure. Elle introduit de fait une différence de traitement devant la loi selon ses origines » et « d’un point de vue légal, elle risque de créer de nombreux apatrides. » Or « la déchéance de nationalité existe déjà depuis 1915. Elle a été appliquée à quelque 16 000 personnes depuis la Première Guerre mondiale. Lors de ce conflit, elle s’adressait aux binationaux engagés contre la France. Puis, lors de la Seconde Guerre mondiale, elle s’est appliquée tour à tour aux personnes hostiles au régime de Vichy, puis aux collaborateurs à l’heure de la Libération. C’est ainsi que le général de Gaulle lui-même avait été déchu de la nationalité française en décembre 1940 par Vichy ! Depuis 1996, 13 personnes ont été déchues pour terrorisme. »

 

     Comment cette réforme de la Constitution pourrait-elle être légitime ?

     En effet, la convention de New York du 30 août 1961, entrée en vigueur le 13 décembre 1975, interdit aux États signataires de créer des apatrides. https://treaties.un.org/pages/ViewDetails.aspx?src=TREATY&mtdsg_no=V-4&chapter=5&lang=fr . La France l’a signée le 31 mai 1962.

     La convention européenne sur la nationalité de 1997 prévoit dans son article 4 que «chaque individu a droit à une nationalité» et que « l’apatridie doit être évitée ». Et elle stipule (Article 8 §1) que « Les Etats contractants ne priveront de leur nationalité aucun individu si cette privation doit le rendre apatride.» https://rm.coe.int/CoERMPublicCommonSearchServices/DisplayDCTMContent?documentId=090000168007f2df

     Ne concernant que les binationaux, que signifierait donc cette posture visant à pénaliser (avec quelle réalité dissuasive, au fond ?) des personnes qui seraient ainsi considérées comme des « moins que Français »… du fait de leur « manque de loyalisme envers l’Etat contractant » (art. 3a) ou du fait de leur « comportement de nature à porter un préjudice grave aux intérêts essentiels de l’Etat » (art. 3aii)

     Plutôt que de bousculer des réformes qui ont les relents d’une époque nauséabonde et potentiellement sulfureuse (http://www.cnrtl.fr/definition/sulfureux), il vaudrait mieux construire une société fondée sur la démocratie en actes.

N’oublions pas que « Plus de deux mille six cents intrusions discrétionnaires sont intervenues à domicile, dans des mosquées, des commerces, interventions souvent violentes, sans qu’aucune mise en examen pour terrorisme n’ait eu lieu. Rien n’indique qu’une telle frénésie va s’arrêter, chacun peut en être victime. » http://www.nousnecederonspas.org/sortir-de-letat-durgence/

     Premier épisode : consulter la population, véritablement :

http://www.nousnecederonspas.org/

     Second épisode : obtenir les garanties législatives que des contre-pouvoirs véritables seront construits, face à un « tout sécuritaire » qui constituera la tentation de tout gouvernement potentiel, au-delà de ses espérances, totalitaires ou non, dans un climat de réaménagements géostratégiques majeurs. Je crains que les leçons de l’Histoire ne doivent être exprimées rapidement.

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Au revoir madame Taubira

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Chère madame Taubira, nous ne nous connaissons pas vraiment, mais je voulais vous dire au revoir et surtout dire à mes concitoyens pourquoi, de mon point de vue de sociologue spécialisé sur les questions de sécurité et de justice, vous partez la tête haute. Certes, votre bilan n’est pas bien épais sur le plan pénal. Mais en êtes-vous vraiment responsable ? Je ne le pense pas, pour deux raisons.
 Les peines planchers ont disparu, les magistrats du parquet ont été laissés un peu plus indépendants (vous êtes nettement moins intervenue que vos prédécesseurs), un état d’esprit nouveau a soufflé dans bien des cercles professionnels où vos discours ont toujours fait mouche par leur fond comme par leur forme. Hélas, concernant la nouvelle sanction de la contrainte pénale, la montagne a accouché d’une souris. Entre l’esprit du projet initial et la lettre du texte de loi final, il y a un grand écart qui a vidé cette réforme de l’essentiel de son sens et de sa portée potentielle. Ensuite, vous n’avez pu ni faire passer la réforme de la justice des mineurs, ni supprimer la rétention de sûreté. Enfin, on ne vous a guère entendue sur la lutte contre les discriminations. Mais en êtes-vous vraiment responsable ? Je ne le pense pas, pour deux raisons (et non une seule).D’abord, vous avez fait l’objet d’une campagne de dénigrement total, d’un véritable harcèlement politique de la part de la droite et de l’extrême droite (dans une harmonie qui en dit long sur la proximité intellectuelle des uns et des autres), d’une démagogie hypocrite, ignare et souvent mensongère, doublée d’une hostilité à votre personne qu’aucun autre ministre n’a vécues au cours des quatre dernières années (voir par exemple ici et ici). Pour tous ces beaux messieurs, vous étiez « le laxisme personnifié ». C’est le seul argument qu’ils ont, un slogan de type publicitaire plutôt qu’un argument d’ailleurs. Et ils se fichent de savoir ce qu’il en est dans la réalité. Ils ne sont même pas capables de cliquer sur le site Internet du ministère pour regarder les courbes d’évolution du nombre de personnes condamnées et du nombre de personnes détenues, qui ont continué à augmenter de 2012 à 2015. Regardez, même le petit Guillaume Larrivé, porte-parole de l’ex UMP, vous a qualifiée de « pire ministre de la justice de la Vème République ». Faut lui pardonner, il est jeune, il n’a pas connu madame Dati…

Bref, ils sont vraiment bêtes et méchants, à un point qui étonne dans un pays comme la France et au 21ème siècle. On se dit qu’on mériterait mieux, mais c’est ainsi. Le problème, c’est que votre intelligence et votre culture n’ont fait que davantage mettre en évidence la faiblesse de leurs esprits, et que ça leur a fait mal là où vous savez. Ca leur a fait d’autant plus mal que vous aviez trois circonstances aggravantes. La première est que vous êtes une femme. Et qu’une femme plus intelligente qu’un homme, ça agace toujours l’homme, on dirait même que ça le rend un peu violent. Allez comprendre pourquoi. La seconde est que vous êtes noire. Et que tous ces beaux messieurs de droite extrême et d’extrême droite, ils les aiment bien les noirs des anciennes colonies, mais quand ils restent à leur place. Faut pas déconner quand même. Troisième circonstance aggravante : dès le départ, vous avez scellé l’alliance des noirs et des homosexuels. Si c’est pas de la provocation ça, qu’est-ce que c’est madame Taubira ?! A nouveau, ça leur fait super mal là où vous savez. Certains ne s’en sont même apparemment jamais remis.

Donc oui, vous avez été harcelée de façon totalement inédite par la droite et l’extrême droite.

Mais ce n’est pas la seule raison. Il y en a une deuxième qui est que vous avez été en permanence contrôlée, stoppée dans votre élan, critiquée et censurée par le président de la République et par les chefs des gouvernements auxquels vous avez appartenue. Les rares fois où j’ai approché des membres de votre cabinet (parce que vous m’aviez nommé dans un comité de réflexion – qui n’a servi à rien mais c’est une autre histoire, sans grand intérêt), c’est ce qui m’a le plus frappé. Vos proches semblaient redouter bien moins les critiques médiatiques de votre opposition parlementaire que la censure discrète de vos propres chefs, par le biais de leurs cabinets où des personnes surveillaient de très près vos faits et gestes. Vous et votre équipe avez du vous sentir seuls plus d’une fois.

Dans ces conditions, on peut difficilement vous reprocher la maigreur de votre bilan. Et pour toutes ces raisons, en plus du désaccord de fond qui a provoqué votre démission, je vous regarde partir la tête haute.

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