Depuis quelque temps, je me demandais pourquoi ma fille Violette s’était mise à jouer aux voitures, à emprunter les pistolets des garçons et déclarait à qui veut l’entendre que plus tard, elle serait garagiste. Une jolie blondinette de 6 ans portant casquette, blouson de cuir et refusant obstinément d’être en jupe. Une princesse découverte l’autre jour assise devant Monaco-PSG, chantant à tue-tête avec ses frères : «Monaco, on t’encule !» Je me demandais qui l’avait dénaturée à ce point ? Aujourd’hui, je sais ! C’est Najat Belkacem, Vincent Peillon et leur théorie du genre ! A force de vouloir promouvoir l’égalité des sexes à l’école, le gouvernement a totalement perverti ma Violette.

Au départ, je prêtais peu attention aux folles rumeurs circulant sur le Net : «L’éducation sexuelle enseignée dès la maternelle, les élèves incités à la masturbation, l’apologie de l’homophobie…» Même si parfois des images me traversaient l’esprit : une classe verte organisée au bois de Boulogne, un transsexuel maquillé comme un camion volé racontant ses expériences à des bambins bouche bée, je pensais que tous ces délires étaient encore un coup de la droite réactionnaire et des «mariage pour tous». J’avais aussi noté certains changements chez la maîtresse et une bonne humeur inhabituelle…

Un commentaire sur le carnet de correspondance de ma fille m’avait en particulier alerté, deux phrases, pleine de sous entendus : «Violette est de plus en plus éveillée, elle participe et s’enthousiasme énormément !» L’air de rien, je décidais de questionner ma fille, histoire de savoir ce qui se tramait exactement derrière les murs de l’école : «Tu as encore piscine cette semaine, ma chérie ? – Tous les lundis, papa ! – Mais, dis-moi, vous vous baignez comment… en maillot ? – Bah oui, t’es bête, même que Jules a mis mon maillot… – Comment ça Jules a mis ton maillot, vous échangez vos maillots, je vais en parler à ta maîtresse !!! – Sur la tête, papa… il a mis mon maillot sur la tête pour faire le clown.»

J’étais de plus en plus fébrile. Je sentais instinctivement que quelque chose ne tournait pas rond. Et puis dimanche dernier, lorsque Jean-François Copé a brandi à la télévision le livre pour enfant Tous à poil ! mon sang n’a fait qu’un tour. Si Copé, qui a frayé avec des voyous, des trafiquants d’armes, passé des vacances chez eux, reçu des cadeaux de leur part… si cet homme, dénué de tout sens moral, se révolte ainsi… l’affaire est grave ! Je demandais à Violette, qui venait de brûler à l’aide d’un briquet son unique Barbie pour jouer à la police scientifique, de quitter immédiatement le salon. Ulcéré, vent debout, le chef de l’UMP égrenait à voix haute des extraits du livre : «A poil le bébé, à poil la baby-sitter, à poil la mamie, à poil le chien, à poil la maîtresse…» «A poil la maîtresse» : l’histoire de la piscine, de Jules et du maillot de bain de ma fille prenait tout son sens !

L’indignation de Copé m’ouvrait les yeux, je comprenais enfin les dangers de certains ouvrages destinés à la jeunesse. Le scandaleux Tango a deux papas, l’immonde Mademoiselle Zazie a-t-elle un zizi ? Je me remémorais certains livres, dessins animés qui avaient à coup sûr perverti ma Violette.

En tout premier, citons Kirikou dont la famille se balade à poil en permanence. Barbapapa qui est rose comme par hasard, totalement asexué. A moins (ils en sont capables !) qu’il se transforme un jour en pénis géant pour faire l’amour à Barbamama : «Hipipip barbabite !» Je revoyais l’innocent Oui-Oui et sa kyrielle de personnages douteux : le garagiste, monsieur La Pompe, sa fiancée, mademoiselle Chatounette, monsieur Culbuto ! Et que dire de Oui-Oui lui-même dont «le grelot sonne quand il est content» toujours fourré chez monsieur Potiron qui vit dans un champignon, certainement hallucinogène. J’étais effondré !

Pour conclure, je souhaiterais attirer l’attention de M. Copé sur sa bande dessinée préférée, le héros de toute sa jeunesse, Tintin.

Faut-il lui rappeler que le célèbre reporter à houppette vit seul avec Milou, qu’on ne lui connaît aucune relation féminine. (Hormis la Castafiore dont la ressemblance avec Nadine Morano est troublante). En revanche, dans plusieurs albums, Tintin met tout en œuvre pour secourir de jeunes garçons. C’est le cas de Zorino, le vendeur d’oranges péruvien, d’Addallah le fils de l’émir et de Tchang. A propos de sa relation avec Tchang, interviewé par Bernard Pivot, Hergé disait : «C’est une histoire forte d’amitié, voire d’amour.» M. Copé, il est temps d’agir, nos chères «têtes blondes» (sans houppette) sont en danger ! L’Observatoire de la théorie du genre, chargé d’alerter les parents sur les dangers encourus par nos chérubins, écrivait cette semaine : «Demain nos enfants ne liront plus les Trois Mousquetaires, mais plutôt Papa porte une robe.» Soyons extrêmement vigilants. Si Papa porte une robe est un ouvrage scandaleux, alors méfions-nous également des mousquetaires, des personnages historiques et des héros d’aventure. Le chapeau à plumes de d’Artagnan, le collant moulant de Thierry la Fronde, la jupette de Spartacus ont troublé nombre de mes amis.

Stéphane GUILLON