La « culture » Canal, un fléau inévitable ?

MEDIAPART

http://blogs.mediapart.fr/blog/vingtras/110513/la-culture-canal-un-fleau-inevitable

Un rapport sur la politique culturelle du quinquennat doit être remis lundi 13 mai à François Hollande. Dans la mesure où cette mission a été confiée à Pierre Lescure, co-fondateur de Canal +, on peut légitimement s’inquiéter sur les grandes orientations qui vont être proposées.

Lescure est sans aucun doute un professionnel bien inséré dans les milieux du spectacle. Mais il est non seulement suspect de conflits d’intérêt possibles avec de grands groupes de l’industrie des medias, mais encore et surtout il a été le catalyseur d’un tsunami culturel dont on peut hélas constater les ravages, notamment sur la plupart des chaînes de télévision.

En effet, il est l’initiateur de « l’esprit Canal » dont la caricature s’étale tous les jours avec complaisance dans l’émission de Michel Denisot, « Le grand journal », ponctuée par « Les guignols de l’info » et les ricanements potachiques de Yann Barthès.

Cette « culture Canal » est basée sur la superficialité et la dérision. Elle a pour but d’amuser en infantilisant, dans de courtes séquences coupées de publicités, ne retenant de l’actualité que l’écume people ou des petites phrases sorties de leur contexte afin de mettre leur auteur en contradiction avec lui-même. Elle opère un lavage des cerveaux pour faire en sorte que la société du spectacle soit en réalité une braderie commerciale.

Surtout ne pas informer et ne pas réfléchir.Se moquer et (surtout) consommer !

Ainsi Canal +, chaîne cryptée et payante, conçue au départ pour apporter une émulation créative dans les médias, a-t-elle introduit le poison du snobisme et de l’affectation décalée dans un système de communication de masse que l’on aurait pu mettre au service de l’éducation et de la culture. Un laboratoire de la sottise et de l’enfumage distingué.

La bienpensance bourgeoise n’a rien à craindre : elle a trouvé son chien de garde.

Cave canem.

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Altran débouté contre la CGT

Mediapart

 

Le groupe Altran, qui avait assigné la CGT en justice, en février dernier, et lui réclamait quelque 50 000 euros de dommages et intérêts, ainsi que 5 000 euros pour frais de procédure, vient d’être débouté, le 25 avril, par la 9e chambre du tribunal de grande instance de Bobigny (on peut lire le jugement ici).

Ce sont des distributions de tracts syndicaux, effectuées devant les bureaux de sociétés clientes d’Altran (comme Canal +, SFR, Bouygues Telecom et Cardiff), qui avaient déclenché le courroux du groupe, prestataire de services en ingénierie informatique et conception de produits industriels.

L’un de ces tracts, intitulé « Indignez-vous », pointait la détérioration des conditions de travail chez Altran, listait des problèmes de primes et de salaires, et les comparait aux augmentations de salaires que se serait octroyées le PDG de l’entreprise (+10 % entre 2011 et 2012).

Muni de constats d’huissiers et d’attestations d’employés de Canal +, le groupe Altran estimait que l’affaire lui causait un préjudice important auprès de ses clients, et avait donc assigné la Fédération nationale des personnels CGT des sociétés d’étude, de conseil et de prévention. Outre les sommes demandées à la CGT, Altran souhaitait que la justice lui interdise les tractages chez ses clients.

La liberté d’expression syndicale étant constitutionnellement reconnue en France, cette procédure semblait acrobatique. De fait, le tribunal a condamné Altran aux dépens.

http://www.mediapart.fr/journal/france/260413/altran-deboute-contre-la-cgt


Bettencourt : le parquet vole au secours de Woerth et Maistre

 

Mediapart


Munch : une CFDT combattante …

 

… comme je l’ai aimée.

POLITIS

Bernard Langlois

http://www.politis.fr/Munch-une-CFDT-combattante,22098.html

« Les Munch, soudés à jamais. » Beau titre, pour un beau film de 50mn [1]

Denis Robert (le réalisateur) et France 3 (le diffuseur) m’ont fait parvenir ce documentaire que la chaîne diffuse ce soir, 10 mai.

Malheureusement à cette heure tardive [2] où les gens normaux sont au lit !

L’originalité de cette œuvre de mémoire et de combat est qu’elle organise, par le truchement de la caméra, un aller-retour permanent entre la grève des Munch, dans les années 80 (ces ouvriers métallurgistes lorrains qui ont occupés leur usine pendant 947 jours) et aujourd’hui, trente ans après, où Robert les a retrouvés et les confronte à leur passé.

Aller-retour rendu possible grâce à des images de l’époque, de la lutte elle-même, filmée de l’intérieur et de bout en bout par l’un de ses meneurs, le jeune (alors) syndicaliste Norbert Klein. Précieux témoignage, qui tient en douze cassettes VHS, intelligemment exploitées par un auteur dont on sait, depuis son long bras de fer victorieux contre Clearstream, qu’il a la Lorraine au cœur.

Alors voilà. Je ne détaille pas, j’espère que vous regarderez, en direct ou en différé.

Juste vous dire ce qui m’a frappé : cette lutte emblématique, qui ouvre la longue séquence du démantèlement de la sidérurgie lorraine des années 80 (années Mitterrand …) est, comme huit ans plus tôt celle des Lip, autre lutte emblématique qui annonce la fin de l’industrie horlogère bisontine, menée principalement par la CFDT [3].

Ça surprendra peut-être ceux qui sont trop jeunes pour avoir connu cette confédération syndicale aujourd’hui ralliée à la collaboration de classes [4] ; mais elle fut cela, avant d’être « recentrée » par Edmond Maire : un foyer de contestation, d’agitation, d’imagination mu par le mot d’ordre (qui était aussi celui du PSU) d’autogestion ouvrière.

La CFDT que j’ai aimée, et qui n’est plus.

Du moins au plan national, confédéral : car la belle grande gueule d’Edouard Martin, le meneur cédétiste de la grève d’ArcelorMittal est là pour prouver qu’à la base, elle n’a pas complètement disparu.

ArcelorMittal, à Florange, à quelques kilomètres seulement de Hombourg Haut, où était située l’usine Munch aujourd’hui démolie : ces deux luttes perdues, mais où se révèlent les hommes de cœur, que Denis Robert ne manque pas de relier, bien sûr.

Comme un pont sur les deux rives d’une même rivière : celle de la sueur, de la peine, de la colère et des larmes des travailleurs.

 

P.-S.

Et signés, les commentaires, comme d’hab’.

 

Notes

[1] Coproduit par Citizen films et France Télévisions.

[2] FR3, 00H15 …

[3] En d’autres endroits, la CGT était en pointe, ce qui surprend moins, je pense notamment à la belle aventure de la radio libre Lorraine Cœur d’acier, de mon confrère et ami Marcel Trillat.

[4] Par Chérèque fils (aka « le Schtroumpf jaune ») après que Chérèque-père a eu transformé la Lorraine en parc d’attraction …


Le coup du mépris

POLITIS

 

Par Denis Sieffert9 mai 2013

 

Avec Jean-Marc Ayrault sur TF 1, on a eu l’impression d’un terrible divorce social avec les manifestants de l’après-midi. Plus qu’un désaccord, un abîme culturel.

Quand il s’agit d’information, le manifestant du Front de gauche est d’un naturel incrédule. Il n’y croit guère, mais il n’en rate pas une miette. C’est sa contradiction. Un peu comme un athée qui irait à la messe chaque dimanche. Pour notre part, nous nous sommes toujours refusé à instruire le procès des « médias » en général et, plus encore, celui des journalistes. Trop avertis que nous sommes de la complexité des rouages de l’information, de la pluralité des opinions, là comme ailleurs, ainsi que des effets en trompe-l’œil que peut produire une poignée d’éditorialistes. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que, dimanche soir, le manifestant incrédule du Front de gauche aura trouvé dans la grand-messe du « 20 heures » de quoi alimenter sa mécréance. Et nous avec lui.

Car on a rarement vu un tel festival de mauvaise foi et de contre-vérités. Ici, c’était une commentatrice qui ramenait la manifestation à « l’agitation de Jean-Luc Mélenchon », là, une autre qui soulignait combien l’offre de service du leader du Parti de gauche à Matignon faisait « sourire l’exécutif ». Un peu comme s’il s’agissait de l’assouvissement d’une ambition personnelle. Et puis, figure désormais classique, nous avons vu surgir le Front national dans une actualité où il n’était pas. Cela, sur le mode « les vrais gens sérieux sont de ce côté-là ». Moralité : quand Marine Le Pen manifeste, on en parle, et quand elle ne manifeste pas, on en parle aussi. Vous aurez remarqué que je n’ai encore rien dit de la bataille des chiffres. Nos « 20 heures » ont été sur ce point à la fois prudents et insidieux. « Ils étaient de 30 000 à 180 000 », a-t-on répété ici et là. Il faut remercier Manuel Valls de ne pas avoir décrété que les manifestants étaient cinq cents. Nos grands médias auraient affirmé qu’ils étaient « entre 500 et 180 000 ». Et que le téléspectateur se débrouille avec ça ! Foi de vieux journaliste, ils étaient bien 100 000, dimanche, en rangs serrés de la Bastille à la Nation. Du coup, dans cette rage de réduire l’événement à une plaisante randonnée de grincheux, ce sont les anti-mariage pour tous qui ont été bien servis. On nous a répété qu’ils « étaient 15 000 » dans leur sit-in sur le terre-plein central de l’avenue de Breteuil… Si « l’œil » de Manuel Valls a vu 15 000 personnes dans le VIIe arrondissement, il aurait bien dû en voir dix fois plus à l’autre bout de Paris. En vérité, on a presque honte de devoir s’étendre ainsi sur cette affaire de sous-évaluation de la manif du Front de gauche, mais peut-on laisser dire ?

Car si la manifestation de dimanche a été un succès considérable, c’est bien qu’il y a un débat entre « deux gauches » (appelons ça comme ça pour ne pas envenimer la polémique). À sa façon, Jean-Marc Ayrault l’a confirmé dans son entretien sur TF1, juste après le compte rendu de la manifestation. Au cours de ces quelques minutes, le Premier ministre a-t-il prononcé un mot, un seul, qui n’aurait pu sortir de la bouche de François Fillon un an plus tôt ? Hélas, non. Pas besoin pour le démontrer d’une longue étude sémantique. « Redressement du pays », « tenir le cap », « retrouver la croissance », « intensifier les réformes » : il n’y aurait sans doute pas à chercher longtemps pour trouver ce vocabulaire dans les discours de son prédécesseur à Matignon. Et que dire de l’annonce du désengagement de l’État « dans un certain nombre d’entreprises publiques » ? (EDF serait, dit-on, dans le collimateur). Et lorsque le Premier ministre s’est félicité du délai supplémentaire de deux ans accordé par la Commission de Bruxelles pour que la France ramène son déficit public à 3 % de la richesse nationale, c’était aussitôt pour mettre en garde les Français : ce sursis devra être mis à profit pour « poursuivre les efforts de réforme ». On sait ce que ce mot, perverti par l’usage néolibéral, signifie désormais. Et ce que l’on entend par « réforme des retraites » ou « réforme du marché du travail ».

Au total, on a eu l’impression d’un terrible divorce social avec les manifestants de l’après-midi. Plus qu’un désaccord, un abîme culturel. Jean-Marc Ayrault a plaidé le « réalisme ». Comme si les gens qui étaient dans la rue n’étaient pas condamnés au réalisme qu’exige la vie quotidienne. Les chômeurs – 300 000 de plus qu’il y a un an –, les travailleurs pauvres, victimes de la baisse du pouvoir d’achat, ne sont-ils pas « réalistes » ? Au fond, personne ne demande la lune. Juste que le président de la République tienne ses promesses de campagne. Pour toute réponse, on leur a fait le coup du mépris. Cela ne suffira pas à effacer le sentiment qu’une force existe qui va bien au-delà du Front de gauche. L’ébauche d’une alliance rose-rouge-verte, comme l’a appelée de ses vœux Eva Joly.


Pakistan : forte affluence aux élections législatives

Libération

http://www.liberation.fr/monde/2013/05/11/pakistan-fermeture-des-bureaux-de-vote-pour-les-legislatives_902204

 

11 mai 2013 à 15:35 (Mis à jour: 17:30)

 

Les opérations de comptage débutent, le 11 mai 2013, à Islamabad, après la fermeture des bureaux de vote

Les opérations de comptage débutent, le 11 mai 2013, à Islamabad, après la fermeture des bureaux de vote (Photo Aamir Qureshi. AFP)

Les bureaux de vote sont restés ouverts une heure de plus que prévu pour ce scrutin historique.

 

Par AFP

 

Le vote pour les élections législatives pakistanaises s’est achevé samedi en début de soirée, a annoncé la commission électorale, qui a fait état d’une «forte» participation lors de ce scrutin historique pour la consolidation démocratique dans ce pays.

 

La plupart des bureaux de vote ont fermé à 18h00 (13h00 GMT), une heure plus tard que prévu, en raison d’une forte affluence, ont indiqué les autorités. Les bureaux de vote fermeront toutefois à 20h00 (15h00 GMT) à Karachi, où le scrutin a été entaché par des allégations de fraudes, des retards à l’ouverture de bureaux de vote et un attentat des talibans qui a fait onze morts.

 

 

«Grâce à Dieu et avec la coopération de la population, nous avons été en mesure de nous acquitter de notre responsabilité de tenir des élections libres et transparentes», a déclaré le secrétaire de la Commission électorale, Ishtiaq Ahmed, lors d’une conférence de presse.

 

«Nous ne cacherons rien. S’il y a des plaintes concernant un bureau de vote, nous allons l’étudier. Vous pouvez être assurés qu’il n’y aura pas de compromis sur la transparence de ce scrutin», a ajouté ce responsable.

 

Il a fait état d’une très forte participation dans la province du Pendjab, où vivent plus de la moitié des 86 millions d’électeurs inscrits.

 

La Commission électorale avait indiqué à la mi-journée s’attendre à une participation nationale avoisinant les 60%, ce qui serait le plus fort taux depuis les élections de 1977.