Lagarde convoquée par la Cour de justice de la République

Mediapart

Visée par une enquête portant sur des chefs de « complicité de faux » et de « complicité de détournement de fonds publics » dans le cadre du scandale Tapie, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, est convoquée, selon des informations confidentielles recueillies par Mediapart, devant la Cour de justice de la République (CJR). L’ancienne ministre des finances sera entendue par les magistrats dans la seconde quinzaine du mois de mai. De très bonnes sources, nous avons même pu savoir que la convocation aurait pu être fixée au 23 mai et que la patronne du FMI pourrait être mise en examen.

C’est donc une nouvelle tempête politique et judiciaire qui se profile. D’abord en France, parce que Christine Lagarde a joué un rôle clef dans le scandale Tapie, même si elle a agi (ce qu’elle a constamment nié) sur instructions de Nicolas Sarkozy. Mais aussi une tempête au plan mondial, car on voit mal comment Christine Lagarde pourrait rester aux commandes du FMI, étant mise en cause aussi dans une enquête judiciaire visant à vérifier un possible détournement de fonds publics.

Cette convocation de Christine Lagarde devant la CJR était attendue, car les nombreuses pièces dont dispose la justice suggèrent que, du début jusqu’à la fin de la procédure d’arbitrage, qui a permis à Bernard Tapie d’empocher un pactole de 403 millions d’euros, elle a constamment fait « échec à la loi », selon la formule qu’avait utilisée l’ex-procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, lors de sa saisine de la CJR.

L’ancienne ministre des finances est dans une position d’autant plus fragile qu’une note confidentielle, récemment révélée par Mediapart, ruine totalement sa défense. Cette note, dont à notre connaissance la CJR n’avait pas obtenu communication – mais dont Mediapart a pu prendre connaissance –, établit très clairement que Christine Lagarde a choisi délibérément une procédure de règlement du contentieux Tapie-Crédit lyonnais, en sachant à l’avance qu’elle serait contraire aux intérêts de l’État et à ceux des contribuables. En clair, cette note confirme que Christine Lagarde a commis des fautes majeures, qui ont fait le jeu de Bernard Tapie.

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http://www.mediapart.fr/journal/france/170413/lagarde-convoquee-par-la-cour-de-justice-de-la-republique

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