La diatribe de Richard Bohringer contre l’impuissance politique

RUE89

Pierre Haski | Cofondateur Rue89
A l’applaudimètre, l’acteur Richard Bohringer est gagnant. Sa tirade, samedi soir face à Henri Guaino à l’émission On n’est pas couchés, sur les politiques qui ne sont plus que des « prestataires de service », a fait mouche.

Henri Guaino était le bon client dans le rôle du chiffon rouge, après ses excès verbaux à répétition, d’abord sur le « mariage pour tous », puis dernièrement après la mise en examen de Nicolas Sarkozy.

Politique de fraîche date puisqu’il a longtemps été un homme de l’ombre, notamment « speech writer », conseiller et auteur des discours de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, le moins qu’on puisse dire est qu’il ne s’est pas fait remarquer par une approche novatrice de la vie politique ces dernières semaines.


Henri Guaino (premier plan) et Richard Bohringer (photo d’écran)

Richard Bohringer ne l’a pas raté. Grande gueule à la voix rocailleuse, avec des accents mi-populistes, mi-indignés, l’acteur a parlé avec ses tripes sur l’état actuel de la France. Et il a dit ses quatre vérités à Henri Guaino qui, même avec un cuir endurci, a dû accuser le coup.

Après avoir évoqué les « cinq millions de chômeurs », les « huit millions de personnes qui vivent avec moins de mille euros par mois », il a réglé son compte à la classe politique.

Trente ans de politique naze

« Depuis trente ans, il n’y a rien eu de fait. Il n’y a pas eu de vision, pas eu de point de vue, on n’a rien jeté dans l’avenir, rien du tout. Trente ans de politique naze, gauche et droite.

Je crois, visitant beaucoup la France, dans beaucoup de villes, beaucoup d’endroits, dans beaucoup de régions martyrisées, par le non-emploi, le chômage, la déficience des services sociaux, le rejet de la société, alors que Paris reste encore la Babylone magnifique qui se prend pour la France… Paris n’est pas la France (applaudissements)…

Je trouve que, en ces temps troublés, tellement troublés, tellement troublants, que les politiques, qu’ils soient de gauche, qu’ils soient de droite, ne se taisent pas enfin pour être dans la même flamme, dans le même univers… On parle de République, de républicains…

Mon cœur bat quand j’entends ça, mais pourquoi il n’y a pas de République ? Pourquoi il n’y a pas de républicains ? Parce qu’on n’est pas républicains quand on se sépare comme ça, quand on balance les anathèmes, et à gauche, et à droite, et quand le peuple, qui est en bas, qui est dans la merde, reçoit tout comme ça, je trouve ça très indécent de la part de la classe politique. »

« Le politique est un prestataire de service »

« D’ailleurs je pense que […] le politique, qu’il soit femme ou homme, aujourd’hui en tous cas (peut-être que demain j’aurai changé d’avis), il ne sert plus à rien. C’est un prestataire de service. La preuve, c’est que ces putains de dettes, qui emmerdent tout le monde, qui mettent les peuples à plat, qui les mettent à genoux, on n’arrive pas à les éliminer.

Moi, républicain, payant mes impôts, etc., je voudrais que toutes les dettes de ces pays soient annulées. Et je peux vous dire que là, le problème du chômage, le problème des constructions, le problème de l’avenir pour nos enfants et ainsi de suite, il aurait une grande chance d’éclater et vraiment de revenir vers la vie.

Tant qu’il y aura ces histoires de dettes qui mettent à plat les peuples, et comme vous les politiques vous n’arrivez pas à les éliminer parce que la banque est plus forte que vous, c’est elle qui vous imprime la destinée de notre peuple et pas vous (applaudissements et bravos). »

Cette diatribe très applaudie est très révélatrice du climat politique. Richard Bohringer n’est évidemment pas un supporter du FN, et pourtant, il y a en creux la même critique de l’« UMPS », c’est-à-dire gauche et droite responsables de la crise actuelle, et une classe politique irresponsable.

Qui peut nier que cette idée n’a pas progressé dans des secteurs inattendus de la société française ? Et on constate le même phénomène dans les autres sociétés européennes, comme l’ont montré à leur manière les élections italiennes récemment.

Richard Bohringer n’est pas un activiste politique, il parle avec ses tripes, pas toujours de manière politiquement correcte, mais il pointe assurément un double phénomène :

  • le clivage Paris-Province, clairement apparu aux élections de mai et juin derniers, avec une Marine Le Pen à moins de 5% dans la capitale et à trois fois plus au moins ailleurs dans le pays ;
  • l’exaspération de l’opinion face à une classe politique qui est très forte pour des joutes oratoires spectaculaires, mais beaucoup moins pour proposer des visions d’avenir pour un pays en crise. Les épisodes des derniers mois comme la crise de leadership de l’UMP, le débat sur le « mariage pour tous » à l’Assemblée nationale, ou encore la crise de nerfs de la droite autour du sort de Nicolas Sakozy, l’ont amplement montré.

Impuissance politique

La prestation de François Hollande jeudi soir, dont Richard Bohringer a souligné qu’il n’était pas seul responsable de l’état du pays, a renforcé ce sentiment d’impuissance.

La « boîte à outils » du chef de l’Etat aura peut-être un impact statistique sur la courbe du chômage à la fin de l’année comme il le promet, elle n’offre ni vision globale pour le pays, ni même une perspective enthousiasmante pour qui se demande à quoi va ressembler la France dans cinq ou dix ans.

Alors, tous pourris et/ou inutiles ? C’est le grand danger de la période actuelle, de délégitimer la politique, au profit de forces dont on ne sait pas qu’elles aient un programme alternatif, et une éthique telle qu’on aurait envie de leur confier les clés de notre avenir… Au contraire.

La sortie d’un acteur, un samedi soir dans une émission de variété, face à un représentant un peu caricatural de la vanité politique, devrait sonner comme un avertissement à ceux qui, comme ils l’ont toujours fait, espèrent s’en sortir par quelques tours de passe passe à l’heure des rendez-vous électoraux. Le pays, semble-t-il, aura du mal à s’en contenter.

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Une Postière obtient 54 000 euros et 22 ans de cotisations retraite pour CDD abusifs

Le Monde.fr avec AFP

| 31.03.2013 à 20h58

Une postière ariégeoise, employée depuis 32 ans dont 22 ans en CDD, a obtenu de la cour d’appel de Toulouse 54 000 euros d’indemnités, la prise en compte de son ancienneté depuis 1981, la requalification de son emploi en CDI à temps plein depuis 1991 et la régularisation des cotisations de retraite depuis la même date.

L’arrêt de la cour, daté du 28 mars, et dont l’AFP a eu connaissance, améliore en sa faveur le jugement des prud’hommes de Foix en 2011 dont la postière avait fait appel. « C’est une sanction record, par le montant et par la régularisation totale de son ancienneté et de sa retraite », a déclaré à l’AFP Thomas Barba, délégué syndical Sud et représentant des postiers précaires devant les tribunaux depuis l’an 2000.

« EXPLOITATION ABUSIVE »

L’arrêt souligne notamment que la plaignante « est fondée à soutenir que l’attitude de La Poste (…) constitue une exploitation abusive contraire au principe d’égalité (avec les employés en CDI) ».

La Cour a suivi la guichetière qui demandait une requalification à temps complet en soulignant que ces irrégularités « l’ont privée de la possibilité d’occuper un autre emploi puisqu’elle se tenait à la disposition permanente de cet employeur » sans connaître à l’avance « les conditions de durée et d’horaire de son embauche ».

La Poste a usé et abusé des CDD pendant 13 ans après son changement de statut de 1991, qui autorisait le recours à des contractuels « en cas d’exigences particulières d’organisation ». M. Barba se prévaut d’avoir obtenu plus de 160 condamnations de la Poste qui avait utilisé des CDD pour « des emplois liés à l’activité normale et permanente de l’entreprise ».

Dans le cas de la postière ariégeoise, la Poste « n’a pas contesté les irrégularités de ces contrats » selon l’arrêt, et a accepté la requalification en CDI à temps partiel de ceux qui étaient postérieurs à 1991.

La direction de la Poste a régulièrement indiqué qu’elle était engagée « depuis 2004 dans une politique offensive de développement de l’emploi permanent à temps complet ». La Poste qui emploie environ 240 000 personnes assure avoir proposé des CDI à 23 000 personnes en CDD sur la période 2005-2011.


Notre plus tendre offense

Libération

29 mars 2013 à 19:26
Capture d'écran de France 2 de François Hollande face à David Pujadas lors de son intervention télévisée le 28 mars.

Capture d’écran de France 2 de François Hollande face à David Pujadas lors de son intervention télévisée le 28 mars. (Photo AFP)

bourre-paf François Hollande empaffé ! Pansement normal ! Streptocoque amateur ! Résidu de promotion Voltaire ! Flan au mou de veau ! Bousier ! Enfin, on peut insulter le président de la République…

Par RAPHAËL GARRIGOS, ISABELLE ROBERTS

François Hollande empaffé ! Pansement normal ! Streptocoque amateur ! Gras-triple sur pédalo ! Affameur du peuple ! Espèce de Cahuzac ! Fistule sociale-démocrate ! Enflé de la Corrèze ! Chypriote ! Fan de Patrick Sébastien ! Résidu de promotion Voltaire ! Flan au mou de veau ! Bousier ! Enfin, on peut insulter le président de la République. Bon, on a pris un peu les devants mais, le 18 avril, les députés devraient abroger le délit d’offense au chef de l’Etat. Oui, parce que, est-il exposé dans cet amendement adopté cette semaine en commission des lois de l’Assemblée nationale, «une telle disposition dérogatoire au droit commun n’apparaît plus justifiée dans une démocratie moderne». D’ailleurs, il y a une quinzaine, la Cour européenne des droits de l’homme jugeait la France coupable d’avoir violé la liberté d’expression d’Hervé Eon, condamné pour avoir, au passage de l’ancien président de la République, brandi une pancarte «Casse-toi, pauv’ con». Car, si Valéry Giscard d’Estaing avait annoncé en 1974 qu’il n’userait pas du délit d’offense (s’occasionnant une dégelée d’insultes en une de Libération dont, entre autres, «enflé de Chamalières», «grande saucisse sans moutarde», «accordéoniste de mes deux» et notre préf’ «vachequiriphile»), Nicolas Sarkozy, lui, ne s’est pas privé d’y recourir. Mais c’est bientôt fini tout ça – enfin, le chef de l’Etat pourra toujours, et comme le pékin moyen, attaquer pour «insulte publique» (1). Comment ça, on est des gros enculés de notre mémé qui écrivons sur un truc qui n’a rien à voir avec l’objet de cette chronique, à savoir la télé ? N’importe quoi, lisez plutôt (bande de trouducs).

Espèce de Tesson !

Eh oui, l’abrogation de ce délit va changer la face de la télévision. Prenez i-télé, disons le 13 novembre 2012 à 12 h 23. Là, en direct dans le Match des éditorialistes, Philippe Tesson se livre à une analyse politique des plus pointues sur François Hollande : «C’est une imposture, chuinte-il. Ou bien il me prend pour un con, ou bien c’est un con lui-même.» Et là : bâââm. La foudre du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), alors dirigé par Michel Boyon, s’abat sur i-télé coupable d’avoir laissé diffuser ces «propos injurieux à l’encontre du président de la République». Et ce, précise le CSA, «sans que le journaliste animateur du débat soit intervenu pour les modérer». Hop, remontrance tout à fait officielle à la chaîne infos pour «non-maîtrise de l’antenne». Désormais, avec la fin du délit d’offense au chef de l’Etat, le CSA, plutôt que de jouer les molosses de garde élyséens pour des broutilles, devra se trouver une nouvelle occupation. On suggère la confection d’un coussin en canevas à l’effigie de François Hollande.

Espèce de Pujadas !

Et puis franchement, traiter le président de la République de con, ça soulage. Ça défoule. Pendant ce temps-là au moins, Philippe Tesson ne brûle pas de voitures, ni n’attaque de RER D à Grigny, ni ne file à la banque retirer toutes ses économies de peur qu’on les lui taxe. Surtout, ça ouvre tout grand le champ des possibles à nos amis de la télévision. Ainsi, David Pujadas, plutôt que de japper des questions molles comme il l’a fait jeudi soir face à François Hollande sur France 2, aurait pu y aller de son «dis donc, pauv’ Conti, t’attends quoi pour te bouger le lard et remettre la France sur les rails ?» Ça aurait eu un peu plus de mine. Après, à chacun de manier l’offense au chef de l’Etat selon sa personnalité. Pour le beau gosse Laurent Delahousse : «C’est pas parce que t’es moche comme un cul corrézien mal lavé qu’il faut te sentir autorisé à couler le pays.» Là, quand même, Laurent, tu pousses un peu, on n’aurait pas cru ça de ta part. Pour le transparent Gilles Bouleau (qui ? mais le remplaçant de Laurence Ferrari au 20 heures de TF1, voyons) : «Hé ben mon con, t’as autant de charisme qu’une huître neurasthénique ; à côté, moi, on dirait Mick Jagger».

Espèce de Romejko !

Cette saine libération de la parole ne doit évidemment pas se cantonner aux prestigieuses arènes de l’information, c’est toute la télé qui doit s’y mettre, offrant à la France le statut de démocratie moderne qu’elle mérite. William Leymergie s’y emploierait dès 6 h 30 et l’ouverture de Télématin : «Alors grosse feignasse de Hollande, tu roupilles encore ?» Dans Des chiffres et des lettres, après le tirage E, B, A, U, H, C, U, R, Y, S, Laurent Romejko s’exclamerait : «Zut, avec « d », on aurait eu un neuf lettres et un synonyme du président de la République : « baudruche »». Sur D8, dans Touche pas à mon poste, on distinguerait, entre deux quintes de rire de Cyril Hanouna, la phrase suivante : «Sur la vie de Tata, Hollande, il est pire que les boulettes du couscous de Gérard Louvin.» Chez Laurent Ruquier, évidemment ce serait un festival. «Eric Naulleau !» lancerait, bravache, Aymeric Caron. «Quel con…combre !», s’exclamerait Ruquier, particulièrement en verve.

Espèce de Drucker !

Bon, Michel, il va falloir prendre sur toi : il faut que tu oignes de ta parole la démocratie retrouvée. Allez, un petit effort. Quoi ? «Jocrisse» ? T’es à ton max, là, Mimiche ?

Espèce de Sarkozy !

Si on a désormais le droit d’insulter le chef de l’Etat, n’insultons pas pour autant l’avenir : gardons-en un peu sous le pied pour Nicolas Sarkozy. Car comment voulez-vous qu’ils fassent, nos amis de la télé ? Après cinq ans passés avec Sarkozy sous leurs jupons, ce n’est pas facile de se farcir celui qu’ils ont tant couvé. Allez, on n’est pas chiens et on est prêt, gracieusement en plus, à fournir au PAF les insultes au chef de l’Etat au cas où Nicolas Sarkozy viendrait à en rerevêtir les habits. Mais si, ça nous fait plaisir : va donc hé nain ! Agité de l’omoplate ! Gérontophile ! Abuseur de faiblesse ! Bègue des épaules ! Achille Talonnettes ! Pustule des Carpates ! Louis de Funès en 3D ! Et la pire des pires insultes, celle que, malgré l’abrogation de l’offense suprême, on a un peu de scrupules à écrire en toutes lettres : mis en examen !

(1) Hé François, tu vas pas nous attaquer quand même, c’est pour rigoler, allez fais pas ta pute.


La contraception est désormais gratuite pour les mineures

Libération

31 mars 2013 à 15:31 (Mis à jour: 15:42)
Le dispositif de gratuité s'applique également au stérilet et aux implants contraceptifs.

Le dispositif de gratuité s’applique également au stérilet et aux implants contraceptifs. (Photo Philippe Huguen. AFP)

Les jeunes filles âgées de 15 à 18 ans pourront obtenir pilule, stérilet ou implant sur ordonnance et en présentant la carte Vitale de leurs parents.

Par AFP

La pilule contraceptive devient gratuite à partir de ce dimanche pour les jeunes filles âgées de 15 à 18 ans, qui pourront l’obtenir auprès des pharmacies sur ordonnance et en présentant la carte Vitale de leurs parents, selon le ministère de la Santé.

Cette mesure, appliquée aux pilules de première et deuxième génération et promise par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, vise à faciliter l’accès à la contraception aux mineures et à réduire le nombre d’interruptions volontaires de grossesses (IVG), environ 12 000 par an.

Elle était inscrite dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) voté à l’automne 2012. Elle s’applique également aux stérilets ou aux implants contraceptifs.

Jusqu’à présent, la pilule, principale méthode de contraception en France, était remboursée à 65%. Elle pouvait également être délivrée gratuitement et de façon anonyme aux mineures, mais uniquement dans les centres de plannings familiaux, trop peu nombreux et réservés souvent aux zones moyennes et aux villes.

Les jeunes filles âgées de 15 à 18 ans pourront désormais se la procurer gratuitement dans les pharmacies. Mais cela à deux conditions : elles devront d’abord se rendre chez un généraliste qui la leur prescrira sur ordonnance, au vu d’examens sanguins, si ce moyen de contraception est adapté. Elles devront ensuite présenter cette ordonnance au pharmacien ainsi que la carte Vitale de leurs parents ou une attestation d’affiliation à un régime de sécurité sociale.

«Anonymat»

En théorie, elles pourront conserver l’anonymat si elles le souhaitent en l’indiquant à leur pharmacien. «Un « dispositif anonymat » est prévu à cet effet avec la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) qui ne fera pas apparaître de décompte sur le relevé» habituel des remboursements, selon le ministère.

Le ministère souligne, en outre, que la prescription d’un généraliste pourra être demandée «à l’occasion d’une simple visite de contrôle ou de tout autre rendez-vous chez un médecin traitant».

Ce dispositif risque toutefois d’être dissuasif, a mis en garde Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Planning familial, interrogée par Europe 1. «Forcément, cela va introduire un questionnement des parents sur la raison pour laquelle leur fille s’est rendue chez le médecin. En face, soit la jeune fille finit par avouer que c’est pour une contraception, soit elle rentre dans une logique de mensonge. Pour celles qui veulent l’anonymat, la seule solution qui reste est celle qui existe déjà, à savoir se rendre dans un centre de planning familial», s’est-elle inquiétée.

Durant sa campagne présidentielle, François Hollande avait annoncé qu’il souhaitait mettre en place un «forfait contraception» pour les mineures, leur garantissant «la gratuité, l’accès à un médecin dans l’anonymat et à une contraception de haut niveau».

En 2011, le remboursement à 65% de contraceptifs aux mineures a coûté 6 millions d’euros. La prise en charge à 100% devrait entraîner un coût additionnel de 5 millions d’euros, selon l’estimation du gouvernement.

Selon une récente enquête Fecond Inserm-Ined, la pilule reste la principale méthode de contraception en France, mais son usage a légèrement diminué depuis les années 2000. Chez les jeunes de 18-19 ans, la baisse (-4,4%) s’accompagne d’un recours plus fréquent au préservatif et aux nouvelles méthodes hormonales (implant, patch contraceptif et anneau vaginal).


Loyers : qui va payer ?

Commun

31 mars 2013 à 21:06
 Par François SERGENT

On ne peut qu’applaudir à l’idée juste de la ministre du Logement qui veut à la fois garantir le paiement des loyers aux propriétaires et éviter précarisation et expulsions aux locataires étranglés. On sait qu’une longue kyrielle d’impayés finit par l’expulsion des bailleurs écrasés par des embarras financiers amplifiés par la crise. On sait aussi que cette mésaventure décourage souvent le propriétaire, qui finit par laisser son appartement vide plutôt que de prendre le risque d’une nouvelle location. De quoi tendre un marché français de l’immobilier qui reste étroit malgré les récentes tendances à une décrue des prix à l’achat et à la location.

Dans ces conditions, une mutualisation des risques locatifs fait sens. Socialement, elle peut éviter l’expulsion à une famille en difficultés temporaires, liées au chômage, à un deuil ou à un divorce. La garantie permet de passer le cap et le propriétaire continue à percevoir son revenu.

Mais ce système ne peut fonctionner que si ces difficultés peuvent être vérifiées et contrôlées afin d’éviter que de petits malins profitent de la garantie. Qui peut exercer ce contrôle et comment ?

Autre obstacle déjà notoire dans la préparation des textes législatifs : qui va payer cette assurance loyer ? L’Etat n’a pas les moyens. Quant aux locataires et propriétaires, contribuables évidents, ils se renvoient la balle. Alors que les locataires et propriétaires, traditionnellement ennemis, ont en l’espèce des intérêts communs et se doivent d’être solidaires. Pour une fois.

Merci à Libération.