La mairie de Marseille réclame l’évacuation des Roms chassés de leur campement jeudi

Le Monde.fr

avec AFP et Reuters | 01.10.2012 à 15h53 • Mis à jour le 01.10.2012 à 16h03

Des Roms installés dans un entrepôt désaffecté du 15e arrondissement de Marseille géré par la ville après avoir fui leur campement jeudi sous la pression d'habitants hostiles.

La ville de Marseille a porté plainte dimanche 30 septembre pour obtenir l’évacuation des Roms installés dans un entrepôt désaffecté du 15e arrondissement géré par la ville après avoir fui leur campement jeudi sous la pression d’habitants hostiles. « Je demande au préfet des Bouches-du-Rhône d’évacuer sans attendre cette installation illicite, dans le délai de flagrance [quarante-huit heures, NDLR]« ,  indique l’adjointe au maire déléguée à la sécurité, Caroline Pozmentier (UMP) dans une communiqué.

Passé cette date, si les quelque quarante personnes installées sur les lieux n’ont pas bougé, un dispositif d’accompagnement devra être mis en place, conformément à la circulaire interministérielle du 26 août 2012.

« PERSÉCUTION INHUMAINE »

« C’est une persécution inhumaine, c’est un acharnement qui ne relève pas d’une vraie recherche de solution », a déploré le vice-président de la Ligue des droits de l’homme (LDH) dans les Bouches-du-Rhône, Claude Aparicio. « On veut déclencher une nouvelle guerre pauvres contre pauvres. On en veut moins aux habitants qui ont agi la semaine dernière qu’au préfet et à son ministre de tutelle, Manuel Valls, qui se livrent à une chasse aux Roms », a-t-il ajouté.

Jeudi soir les traces de la présence des familles poussées à partir ont été incendiées par des habitants hostiles de la cité des Créneaux. Une enquête a été ouverte vendredi pour déterminer les circonstances des événements.

Dans une lettre ouverte au procureur adjoint du TGI de Marseille, la fédération locale de la LDH faisait néanmoins état lundi de ses « interrogations » après avoir parlé aux familles chassées. « Elles nous ont affirmé que des riverains se sont présentés bidon d’essence à la main, laissant entendre qu’ils avaient des armes », écrit la LDH, ajoutant qu’« il y a donc manifestement à éclaircir quel a été le rôle de la police au cours de ces événements ». Selon le parquet, « aucun élément ne prouve pour l’instant que des faits de violence physique ont eu lieu ».

15 000 À 20 000 ROMS EN FRANCE

Deux nouvelles procédures d’expulsion devaient être également examinées, lundi après-midi et mercredi, par la justice marseillaise concernant deux campements illicites de Roms dans les quartiers Nord et Est de la ville.

Les Roms viennent principalement de Roumanie et de Bulgarie, deux pays membres de l’Union européenne mais accusés par des organisations de défense des droits de l’homme de discrimination envers cette minorité. On estime entre 15 000 et 20 000 le nombre de Roms vivant en France, généralement dans des campements insalubres en périphérie des grandes villes. Environ 3 000 Roms vivraient dans les Bouches-du-Rhône, dont la moitié à Marseille.

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