Un documentaire antiscientifique diffusé au nom de la science sur France 5

Nous avons découvert avec stupeur qu’un documentaire “scientifique” allait être diffusé le 23 juin 2012 sur France 5, donc avec l’argent public, mais que ce documentaire piétinait la démarche scientifique elle-même, ainsi que la déontologie journalistique, qui demandent le respect du contradictoire. Nous avons demandé au scientifique Lucien Daly (photo), ancien directeur de recherche au CNRS, chrétien, et spécialiste de ces questions de miracles religieux et de science, de visionner ce documentaire et d’y réagir. En parallèle, nous allons proposer un débat entre M. Daly et M. Broch. Et nous renvoyons les lecteurs qui veulent creuser le sujet du Suaire de Turin à notre interview du journaliste Brice Perrier.

Réponse de Lucien Daly aux propos scientistes et antichrétiens de Henri Broch diffusés dans le film “Les miracles religieux” de Patric Jean, et Téléobs du Nouvel Observateur du 23 juin 2012.

Si les voies de Dieu sont impénétrables, les lois de la science sont implacables ! Cette première phrase de Marie Lemonnier, journaliste au Nouvel Observateur couvrant les questions religieuses, à propos du film documentaire “Les miracles religieux” de Patric Jean, diffusé sur France 5 le samedi 23 juin dernier, signe l’obscurantisme scientifique ou le scientisme des auteurs, signe leur volonté de détruire notre civilisation judéo-chrétienne et est donc une véritable insulte aux milliers de familles chrétiennes françaises qui chaque année font faire leur première communion à leurs enfants et aux milliers de pèlerins qui vont chaque année à Lourdes dans l’espoir d’être guéris.

Parlons d’abord de l’obscurantisme scientifique de ce groupe qui a réalisé ce film et surtout de son gourou, Henri Broch, fondateur du laboratoire de Zététique et de l’enseignement de Zététique à l’Université de Nice-Sophia Antipolis. Il est étonnant que ce scientifique, physicien spécialiste de mécanique quantique, soutenu par de hautes personnalités, comme Georges Charpak ou Albert Jacquard, n’ai pas encore compris, comme malheureusement encore beaucoup de ses collègues, que la science ne peux pas être implacable puisqu’elle possède des limites. En effet, comme l’a si bien expliqué Christian de Duve qui n’est pourtant pas croyant, le matérialisme méthodologique, le scientisme, qui consiste à prétendre que toutes les manifestations de l’Univers peuvent s’expliquer par les lois de la physique et de la chimie, n’est en fait qu’une hypothèse, puisque certains faits ou certaines questions comme l’une des plus connues “pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien” resteront toujours sans réponse. Dans ce dernier cas, la science est totalement limitée ; elle nous met face à notre ignorance totale. Mais il existe des cas où la science n’est que limitative : on ne sait pas et on ne saura jamais, mais on sait pourquoi on ne sait pas. Le cas classique est celui où l’on sait maintenant pourquoi il n’est pas possible de connaître en même temps la position et la vitesse d’une particule atomique : c’est le principe d’incertitude qui le démontre et cela n’a sans doute pas échappé à Henri Broch. Eh oui, la science est donc bien explicative, elle permet certes de faire progresser nos connaissances, mais elle est aussi parfois limitée et parfois aussi limitative, et le scientisme consiste à négliger ces deux derniers cas !

Eh bien, les véritables miracles, qui sont les seuls faits aptes à donner une certaine objectivité à la foi chrétienne, correspondent à ce dernier cas : un miracle est un fait que la science ne pourra jamais expliquer ni reproduire, mais elle dit pourquoi[1]. Par exemple, l’impossibilité prouvée par la science (on ne peut pas vivre sans manger et boire parce que l’on connaît bien les délais de survie en cas de privation) de pouvoir vivre sans boire et sans manger[2] durant 52 ans comme notre mystique chrétienne et miraculée quasi contemporaine Marthe Robin prouve qu’il s’agit bien là d’un miracle et non d’un succédané de miracle comme ceux que Broch nous présente triomphalement dans le film en question. Bien sûr que le linceul de Turin peut être une mystification, comme les larmes de la Vierge ou la liquéfaction du sang de saint Janvier, mais ces faits ne constituent guère de véritables miracles comme les innombrables faits qui se sont produits de tous temps sur nos mystiques chrétiens ou certains de nos malades incurables de Lourdes, et que ce cher Henri se garde bien de traiter !

Il faut dire que ce dernier est un habitué de la question puisque dans un livre[3] déjà ancien il nous avait déjà présenté triomphalement avec son collègue Georges Charpak le pseudo miracle de la soi-disante fontaine miraculeuse ! La belle affaire ! Ces exemples-là, ne font que discréditer et un peu trop facilement, auprès de l’homme de la rue, les vrais miracles qui eux peuvent être bien authentifiés par la science. Les auteurs précités se sont bien gardés de nous démystifier l’inédie de Marthe Robin ! Ainsi, la science permet, au contraire de ce que veulent montrer ces scientistes, de prouver que les véritables miracles actuels, toujours liés au Christ comme le prouvent les stigmatisations fréquentes subies par nos mystiques, valident en quelque sorte ses miracles rapportés dans les Évangiles, car il devient absurde de conclure qu’il n’aurait pas effectué des miracles en son temps puisqu’il en fait encore aujourd’hui !

On peut s’interroger sur le but poursuivi par ce genre de détracteurs qui s’acharnent à vouloir détruire les bases de notre société judéo-chrétienne. Ils ne sont pas les seuls. D’autres personnalités y ont participé et y participent encore. On peut citer Claude Allègre qui dans un livre déjà ancien[4] s’était permis, je pense qu’il le regrette, d’opposer Dieu à la science. Je lui avais d’ailleurs répondu avec un livre intitulé “Découvrir Dieu grâce à la science”. On peut citer aussi Michel Onfray qui dans un article récent publié dans Le Point du 17 juin dernier, fait l’éloge des idées anti-chrétiennes développées par Jean Soler dans son dernier livre “Qui est Dieu ?” (Éditions Fallois). On peut citer Jean Daniel qui dans son éditorial du Nouvel Observateur du 28 mars 2012 veut nous faire croire que ce sont les religions qui sont responsables des plus grands massacres[5], ce qui est faux. Tout ces détracteurs ont sans doute oublié que le christianisme dont la principale devise est “Aimez vous les uns les autres” est à l’origine, qu’on le veuille ou non, des idées de liberté, d’égalité et de fraternité énoncées dans la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Leur attitude n’est guère respectueuse des croyances respectables de leurs contemporains d’autant plus que l’émission dont il s’agit passe sur une télévision publique financée par les contribuables en majorité chrétiens. Leur attitude peut être aussi évidemment très dangereuse. Que cherchent-ils en effet ? Détruire la “domination” judéo-chrétienne au profit, éventuellement, de la domination islamique montante ! On peut respecter qu’ils soient athées. Ils devraient comprendre que la science, qui est notre bien commun à tous, ne pourra jamais donner de preuves directes de l’existence ou de l’inexistence de Dieu. Ce sont donc des croyants, comme nous tous, mais des croyants de l’inexistence de Dieu ! Qu’ils recherchent donc de véritables preuves indirectes de son inexistence, comme je l’ai fait en faveur de son existence avec d’autres scientifiques chrétiens, en analysant sérieusement les miracles. C’est le défi que nous leur lançons aujourd’hui.

[1] DALY Lucien, Dieu, les miracles et la science, Éditions Tatamis, Paris mars 2012.

[2] Appelée Inédie

[3] CHARPAK Georges et BROCH Henri, Devenez sorciers devenez savants, Éditions Odile Jacob, 2002.

[4] ALLÈGRE Claude, Dieu face à la Science, Éditions Fayard, 1997

[5] http://www.enquete-debat.fr/archive…

Voir aussi cette vidéo « Lucien Daly, ancien directeur de recherche au CNRS, présente son livre Dieu, les miracles et la science par enquete-debat« 

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