Scrutin historique en Libye

Le Nouvel Observateur avec AFP

Huit mois après la chute de Mouammar Kadhafi, 2,7 millions de Libyens votent pour la première fois.

Une femme vote pour les législatives à Trijura, dans le district de Tripoli (Libye) (MAHMUD TURKIA / AFP)

Une femme vote pour les législatives à Trijura, dans le district de Tripoli (Libye) (MAHMUD TURKIA / AFP)

Les Libyens se rendent aux urnes, samedi 7 juillet, pour la première fois après des dizaines d’années de dictature pour élire une assemblée nationale, sur fond de tensions et de violences, notamment dans l’Est. Huit mois après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, quelques 2,7 millions de Libyens sont appelés à choisir un « Congrès national général » de 200 membres.

« Ma joie est indescriptible. C’est un jour historique », a déclaré Fawziya Omran, 40 ans, l’une des femmes dans la queue devant le bureau de vote de l’école Ali Abdullah Warith, dans le coeur de la capitale libyenne. « J’ai fait mon choix. J’espère que j’ai fait le bon choix ». Certains électeurs étaient venus avec les drapeaux noir, rouge et vert de la révolution, et les mosquées faisaient résonner à toute puissance les « Allah Akbar » (Dieu est le plus grand).

« Je me sens un citoyen libre. Ca résume tout », s’est réjoui Ali Abdallah Derwich, 80 ans, venu en chaise roulante et incapable de se rappeler la dernière fois où il a été invité à se prononcer sur la vie de son pays.

Les bureaux de vote seront ouverts jusqu’à 20h, tandis que les résultats préliminaires seront annoncés « à partir de lundi ou mardi », selon la Commission électorale. Un total de 3.707 candidats, individuels ou groupes politiques, participent aux élections dans les 72 circonscriptions du pays. Cent vingt sièges ont été réservés aux candidatures individuelles et 80 aux listes de partis politiques.

Un scrutin sous haute tension

La veille du scrutin a été marquée par des violences dans l’est du pays : un fonctionnaire de la Commission électorale a été tué lorsque l’hélicoptère à bord duquel il se trouvait et qui transportait du matériel électoral a été la cible d’un tir d’arme légère.

Comme en Tunisie puis en Egypte voisines, les élections pourraient porter les islamistes au pouvoir, même si les libéraux, conduits par les architectes de la révolution, se disent confiants en leur victoire.

Le scrutin devrait se dérouler sous haute tension dans l’est du pays, où les partisans de l’autonomie de cette région ont appelé au boycott des élections et menacé de saboter le scrutin. Jeudi déjà, ils ont contraint des terminaux pétroliers à l’arrêt, pour dénoncer la répartition des sièges au sein de l’assemblée nationale (100 sièges pour l’Ouest, 60 pour l’Est et 40 pour le Sud).

Pour tenter de calmer leur colère, le Conseil national de transition (CNT), au pouvoir, a ôté à la prochaine assemblée l’une de ses principales prérogatives, celle de désigner les membres du comité chargé de rédiger la future Constitution. La composition de ce comité devrait faire l’objet d’un nouveau scrutin, et chacune des trois régions y enverra 20 membres. Le Congrès général national sera notamment chargé de choisir un nouveau gouvernement et gérer une nouvelle période de transition. Le CNT devrait être dissous lors de sa première réunion.

Publicités