EDITO mois de Juin.

Militer pour défendre les droits de l’homme semble souvent un vrai rocher de Sisyphe et le risque du découragement nous guette périodiquement.

C’est pourquoi il est réconfortant de relever des décisions ou des propositions  qui vont dans le sens de nos revendications, ce qui constitue un encouragement à la poursuite de nos combats même si nous savons lucidement que nous n’avons été qu’une  toute petite pièce dans le processus.

C’est ainsi que la Cour de Cassation a décidé le 5 juin qu’il n’était plus possible de placer en garde à vue un étranger pour la seule raison qu’il est sans papiers.  Une garde à vue, depuis la loi du 14 avril 2011, ne peut être décidée « que s’il existe des raisons plausibles de soupçonner » que le suspect a commis une infraction « punie d’emprisonnement ». Or, la directive européenne du 16 décembre 2008, « telle qu’interprétée par la Cour de justice de l’Union européenne », impose qu’un étranger mis en cause pour une infraction au séjour « n’encourt pas l’emprisonnement » : « Il ne peut donc être placé en garde à vue à l’occasion d’une procédure diligentée de ce seul chef. »

De même, nous pouvons être satisfaits lorsque nous apprenons qu’afin de  limiter les risques de contrôle d’identité abusifs et discriminatoires, le gouvernement envisage de mettre en place la délivrance d’un récépissé à chaque contrôle d’identité.  A nous de peser pour que la 30° de nos 35 propositions devienne effective d’autant que le gouvernement a promis  que « les syndicats de police comme les associations seront associés » à la réflexion en cours.

Plus que jamais, notre action doit être orientée autour du Pacte pour les droits et la citoyenneté. En dépit d’une participation mesurée (une cinquantaine de personnes), le débat organisé le 1er juin  par la LDH et les associations signataires du Pacte a été fructueux.  Nous pouvons relever au passage l’indigence du travail de la presse locale qui n’a pas daigné accorder une ligne au compte rendu de cette soirée sans doute beaucoup moins intéressante à ses yeux que le dernier fait divers à Périgueux…

Nous allons donc continuer à défendre les droits fondamentaux de l’homme, l’intérêt général, les valeurs démocratiques comme conditions du vivre ensemble pour faire société.  En espérant que les nouvelles équipes au pouvoir sauront  nous entendre parce qu’elles auront compris que notre action s’inscrit au cœur de la défense de la République.

Vincent Lelièvre.

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Les passerelles sont lancées entre l’UMP et le FN

Mediapart.fr

12 juin 2012 | Par Marine Turchi

L’UMP opte pour la règle du “ni-ni” (ni Front national, ni Front républicain) dans les duels gauche/FN. Des candidats se désistent ou songent à se désister au profit du Front national. Deux candidats du FN se retireraient en faveur de l’UMP. Jean-François Copé affirme qu’il est hors de question d’appeler à voter pour un candidat socialiste « qui en plus fait alliance avec le Front de gauche ». Christian Estrosi souligne qu’il n’a « aucune valeur commune » avec le PS, en s’abstenant de le préciser au sujet du FN.

La Une de Minute.La Une de Minute.

Nadine Morano indique qu’elle « partage les valeurs des électeurs du FN » sur « la maîtrise de l’immigration », « le refus du droit de vote aux étrangers », « l’assistanat » et fait la une de Minute. La députée Brigitte Barèges, partisane d’une « préférence nationale » dans l’accès à l’emploi, explique qu’elle serait « ravie » que Marine Le Pen « soit élue à l’Assemblée nationale » car « elle représente un courant permanent ». Entre l’UMP et le FN l’UMP, à quelques jours du second tour des législatives, les digues sautent les unes après les autres.

Le “ni-ni” constitue déjà une semi-victoire pour le FN (cela revient à mettre sur un même plan extrême droite et gauche). Marine Le Pen s’en est d’ailleurs félicitée, notant qu’il s’agissait là d’une « avancée appréciable par rapport à l’infect front républicain ». « Copé est sur le bon chemin », a-t-elle ajoutéLe désistement de candidats UMP, qui choisiraient de se retirer dans certaines triangulaires, serait lui synonyme de victoire de députés frontistes. Certes, Copé a condamné lundi la décision de Roland Chassain, candidat UMP de la 16e des Bouches-du-Rhône, de se retirer pour tenir sa « position » « tous contre Michel Vauzelle » (PS). Mais il l’a vite relativisée d’un « Ne nous arrêtons pas à une circonscription ».

Marine Le Pen et Steeve Briois.Marine Le Pen et Steeve Briois.© Reuters

Chassain pourrait pourtant être imité par d’autres. Etienne Mourrut, député sortant de la 2e du Gard, hésite à se retirer au profit de Gilbert Collard. Ses militants ont annoncé qu’ils voteraient de toute façon pour ce proche de Marine Le Pen. C’est « donnant-donnant », explique-t-on au FN, en évoquant le retrait probable de deux candidats frontistes dans le Gard et les Pyrénées-Orientales, en faveur de l’UMP.

Mediapart n’a eu de cesse de mettre en évidence cette porosité entre le FN et une partie de l’UMP (lire nos enquêtes sous l’onglet Prolonger). Si certaines digues sautent aujourd’hui, c’est à la suite d’années de rapprochement idéologique, humain, entre les deux familles politiques. C’est ce que démontre un rapport réalisé par Terra Nova, centre d’études fondé en 2008 par le socialiste Olivier Ferrand, aujourd’hui candidat dans les Bouches-du-Rhône. Intitulé « L’axe UMPFN : vers le parti patriote ? », ce rapport de 95 pages, qui sera rendu public cette semaine, a été réalisé par une douzaine d’universitaires : chercheurs spécialistes de l’extrême droite (comme Jean-Yves Camus), historiens (comme Nicolas Lebourg), spécialistes de la sociologie électorale ou sociologues (lire notre Boîte noire).

Selon ce rapport, « la digue rompt » avec la présidentielle de 2012. Nicolas Sarkozy a « fait bouger le centre de gravité de la droite » au sommet de l’Etat, et « le renforcement du FN le 22 avril 2012 résulte prioritairement de cette évolution ». Mais les auteurs mettent en évidence une « convergence idéologique », des « jonctions » programmatiques et une multiplicité de passerelles humaines bien antérieures à 2012. La prochaine étape serait « en cours » : celle de la « convergence institutionnelle », avec la constitution d’un « parti patriote », souhaité par Patrick Buisson, « réalisant l’union des droites ».

Avec la présidentielle, « la digue rompt »

Loin d’être « une simple tactique politique conjoncturelle », cette convergence entre le Front national et l’UMP serait « structurelle » et marquerait « la victoire idéologique de la droite radicale ». Point de départ du rapport de Terra Nova : le travail idéologique d’une «“nouvelle droite” décomplexée », initié dans les années 1970 par le GRECE et le Club de l’Horloge pour lutter contre une prétendue « domination culturelle de la gauche ». Ce travail est relayé dans l’espace public par des auteurs comme Xavier Raufer, Jean Raspail, ou Alain Finkielkraut, sur Internet (via des sites comme Français de Souche et des milliers d’activistes de la « fachosphère ») et dans les médias, qui donnent la parole à des journalistes et éditorialistes comme Ivan Rioufol, Eric Zemmour, Elisabeth Levy ou Robert Ménard.

Avec l’élection présidentielle de 2012, « le rapprochement idéologique s’opère, par le double mouvement d’un FN déghettoisé et d’une UMP radicalisée ». D’un côté, un Front national qui opère deux ruptures (accepter sur la forme les codes républicains via la stratégie de “dédiabolisation”, et construire une offre idéologique cohérente), mais ne modifie pas sa ligne idéologique. « Le fond de sauce xénophobe s’est modernisé en passant de l’antisémitisme au rejet de l’islam, explique le rapport. Mais ses ressorts n’ont pas changé : défense de l’identité nationale, rejet de l’étranger, de l’immigration mais aussi de la “cinquième colonne”, hier les Juifs aujourd’hui les Français musulmans, qui diluent l’identité nationale dans un mondialisme délétère. »

Nicolas Sarkozy.Nicolas Sarkozy.© Reuters

De l’autre, une UMP qui se radicalise et fait, « sur le fond, l’essentiel du chemin de la convergence ». Cette radicalisation a des « prémices anciennes » mais a été « impulsée par Nicolas Sarkozy » : « Le sarkozysme a déplacé le centre de gravité de la droite, qui était au centre-droit avec le gaullisme social du RPR et le christianisme social de l’UDF, vers une droite radicale, aux portes de l’extrême droite. »

Les auteurs évoquent une « rupture anti-humaniste » à travers les valeurs et estiment qu’il s’agit d’une « victoire idéologique pour le Front national » : « Que ce soit avec l’original lepéniste ou la copie sarkozyste, la xénophobie et le rejet de l’autre – l’altérophobie – triomphent désormais à droite. » Cela passe « par la recherche systématique de coupables, de boucs émissaires à désigner à la vindicte collective ». « Il y a toujours les bons citoyens à protéger et les mauvais à bannir hors de la communauté nationale. Il y a les jeunes fainéants, la “racaille” de banlieue, les “monstres” délinquants, les Roms qui sont des voleurs, les “assistés” qui abusent du système au détriment de la France qui se lève tôt”, les fonctionnaires privilégiés », écrivent-ils.

Incarnation de cette « figure de l’autre » : l’immigré et notamment « le Français d’origine musulmane », présenté comme « mena(çant) notre mode de vie ». Le dernier quinquennat, du débat sur l’identité nationale à l’entre-deux tours de la présidentielle, en passant par le discours de Grenoble de juillet 2010, a fourni un grand nombre d’exemples. Quick hallal, burqa, piscines réservées aux femmes voilées, prières de rue, minarets qui agressent les paysages « français », « racisme anti-français » des musulmans, tout y est passé.

Sous la présidence Sarkozy, les (prétendus) « dérapages » sont l’apanage du gouvernement (sortant) et de l’UMP, et non plus du FN. Le rapport évoque « Brice Hortefeux, de sa saillie contre “les Auvergnats” (« Quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ») jusqu’à “la France n’est plus la France”, Chantal Brunel et son “remettons-les dans les bateaux”, Nadine Morano, pour qui les musulmans doivent se montrer “discrets” ou qui suspecte la porte-parole de campagne de François Hollande, Najat Vallaud-Belkacem, de faire prévaloir ses origines marocaines sur son identité française, Claude Guéant, intronisé “adhérent d’honneur du FN” par Marine Le Pen, pour l’ensemble de son œuvre : “le nombre de musulmans pose problème”, “immigration incontrôlée”, “toutes les civilisations ne se valent pas”, “les deux tiers des élèves en situation d’échec scolaire sont des fils d’immigrés” ».

La liste est longue, Mediapart l’avait dressée en novembre 2011 dans une enquête intitulée « Les mots du FN dans la bouche de l’UMP », puis dans notre BuissonScope, alimenté entre mai 2011 et février 2012. Mais le « principal moteur de cette dérive radicale » fut Nicolas Sarkozy lui-même. Son « Si certains n’aiment pas la France, qu’ils la quittent », paraphrasant Jean-Marie Le Pen, son ministère de l’identité nationale et de l’immigration, ses débats sur l’identité nationale, la laïcité et l’islam, la binationalité, sa déclaration sur « les musulmans d’apparence »,ses transgressions durant la campagne d’entre-deux tours (par exemple lorsqu’il estime que Marine Le Pen est « compatible avec la République »). L’hebdomadaire Newsweek, en octobre 2011, le choisit d’ailleurs pour illustrer sa une sur la montée de l’extrême droite en Europe.

Pour les auteurs, « un axe “UMPFN” est né ». « La convergence idéologique est achevée », convergence que synthétise le Wall Street Journal dans un éditorial intitulé « Nicolas Le Pen ». Sarkozy opère la « synthèse » dans son discours de Toulouse, le 29 avril, centré sur la frontière (économique, sociale et culturelle) et la menace extrérieure.

Au-delà de cet « imaginaire commun » « populiste », il existe des passerelles au niveau programmatique. Certes, des différences importantes subsistent sur les questions économiques, notamment sur la sortie de l’euro que n’envisage pas l’UMP. Mais la jonction se fait « sur les questions sociales (la lutte contre l’assistanat) et culturelles (la défense des valeurs nationales) » : « l’altérophobie est le ciment idéologique de l’axe UMPFN » et elle est avant tout « une islamophobie », souligne le rapport. Les auteurs vont plus loin. Selon eux, la frontière telle que l’a conçue Nicolas Sarkozy « ne passe pas à l’extérieur de l’Hexagone mais bien à l’intérieur », entre « les bons Français et l’ivraie », « les “vrais travailleurs” et les profiteurs » et son identité nationale exclut « l’islam et la culture musulmane ».

Vers un « parti patriote »

Guillaume Peltier lors de ses années au MPF de P. de Villiers.Guillaume Peltier lors de ses années au MPF de P. de Villiers.© Reuters

A cette convergence idéologique se sont ajoutés des rapprochements humains au fil des années, via des personnalités qui « franchissent la digue » et « peuvent servir de vecteurs de rapprochement ». Quatre exemples :

– Dans les années 1970, l’Institut supérieur du travail (IST), créé par un ancien collaborateur, est « le pont principal » entre Occident et la droite parlementaire (Alain Madelin, Patrick Devedjian, Gérard Longuet).
– Le journal Minute sert de lieu de passage : Patrick Buisson, son ancien rédacteur en chef, est devenu le conseiller officieux de Nicolas Sarkozy et l’un de ses successeurs, Bruno Larebière, a appelé à voter pour Nicolas Sarkozy.
– L’UNI (Union nationale interuniversitaire) et le MIL (Mouvement initiative et liberté), fondés par Jacques Rougeot, un ancien de l’OAS, forment des activistes de la droite radicale depuis les années 1970.
– Dans le Sud-Est, des liens se tissent autour de la « Nostalgérie » et « les électeurs FN d’origine pied-noir y sont “fixés” politiquement par des maires de droite qui ont entretenu le souvenir de l’Algérie française », comme Jacques Médecin à Nice, Paul Alduy à Perpignan, Maurice Arreckx à Toulon.

 

Paul-Marie Coûteaux.Paul-Marie Coûteaux.© Reuters

Depuis dix ans, ces rapprochements « se sont accélérés » et « passent d’abord par le “sommet” », estiment les auteurs. Première illustration, le Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers, véritable « sas » et « trait d’union » entre les deux familles politiques. C’est via le MPF que Guillaume Peltier rejoint l’UMP (lire notre portrait et notre enquête). Directeur national adjoint du Front national de la jeunesse, puis fondateur de « Jeunesse action chrétienté » au sein de la nébuleuse mégrétiste, il se recycle comme secrétaire général du MPF avant d’intégrer l’UMP, épaulé par Buisson, et de devenir porte-parole adjoint de Sarkozy pendant la présidentielle. Paul-Marie Coûteaux, ex-député européen MPF, fait le chemin inverse en devenant porte-parole de Marine Le Pen. Il fait aujourd’hui le lien avec les souverainistes (lire notre articlesur les ponts entre les deux formations).La politique de décoration de l’Elysée permet aussi « d’envoyer des signes et de créer des liens ». Nicolas Sarkozy a ainsi « multiplié les appels du pied aux plus radicaux des partisans de l’Algérie française afin de récupérer l’électorat pied-noir frontiste », comme Mediapart l’a raconté ici. Deux exemples : en novembre 2011, il remet la grand-croix de la Légion d’honneur à Hélie Denoix de Saint-Marc, officier putschiste de 1961. En mai 2011, il décore également (par décret) Jean-François Collin, membre de l’OAS et condamné à cinq ans de prison, qui déclare alors : « C’est une croix dédiée à tous les combattants de l’OAS fusillés par le plus grand traître de l’Histoire de France. »

Ces rapprochements humains entre UMP et FN passent surtout « par la base » et « la blogosphère en est le vecteur clé » : le blog de Christian Vanneste (député de la Droite populaire exclu de l’UMP), les sites de la mouvance traditionaliste catholique, les sites islamophobes comme gaullisme.biz ou insolent.fr. « L’agence de presse d’extrême droite Novopress valorise abondamment les prises de position des députés UMP radicaux. En sens inverse, le site 24heuresactu, animé par un militant UMP, affiche sa sympathie récurrente pour Marine Le Pen. Quant au site http://www.dumait.fr, il prône le rapprochement institutionnel UMP-FN », notent les auteurs.

Ils évoquent également Riposte laïque, « le principal creuset de l’axe UMPFN », qui « vise à mobiliser la laïcité contre la menace islamiste ». Cette revue en ligne a émergé lors de son fameux « apéro saucisson géant » en juin 2010 à la Goutte d’or. Six mois plus tard, elle réunit, avec le Bloc identitaire, un millier de personnalités issues de la droite et de l’extrême droite aux Assises de l’islamisation. Une sorte de « premier meeting commun UMPFN », estiment les auteurs.

Après la convergence idéologique et les rapprochements humains, « l’espace UMPFN » est prêt pour la troisième étape, la « convergence institutionnelle ». Les partis s’achemineraient vers un « parti patriote ». Côté FN, Marine Le Pen a exclu « tout accord entre partis » avec l’UMP, mais s’est déclarée, le 10 mai,  « pas fermée » à une « entente » et à des « discussions », « au cas par cas » aux législatives. Elle a aussi invité les « élus et électeurs de droite sincères », déçus de l’UMP, à rejoindre son « grand rassemblement ». Un micro-parti a été créé en ce sens : le SIEL (Souveraineté, indépendance et libertés).

Côté UMP, « deux courants servent de pointe avancée pour permettre la convergence institutionnelle avec le FN », explique le rapport. La « Droite populaire » de Thierry Mariani, 35 députés, essentiellement du Sud-Est, qui veulent incarner l’aile droitière de l’UMP. La « Droite sociale » de Laurent Wauquiez, qui s’attaque aux questions sociales sous l’angle de l’assistanat dépeint comme le « cancer de la société française ». Certains élus UMP, comme Christian Vanneste (devenu dissident), Jean-Paul Garraud ou Roland Chassain, sont déjà sortis du bois en évoquant un rapprochement ou une alliance avec le FN.

« Le moment du dénouement est encore incertain – dès les législatives de 2012 ou pour les échéances de 2017 – mais, incontestablement, la convergence institutionnelle est en route », concluent les auteurs, qui ont finalisé ce rapport début mai. Selon Jean-Yves Camus, joint par Mediapart, « l’UMP n’a pas encore explosé car la défaite de Nicolas Sarkozy n’a pas été d’ampleur suffisante. Cela a retardé l’échéance ». Mais il y a un « glissement sémantique » des élus et responsables UMP et les « encoches se multiplient » : « Combien y en aura-t-il aux municipales de 2014 ? »

Face à cette nouvelle droite, la gauche doit parler à l’électorat qui a fui vers le FN en empruntant des « voies progressistes », préconisent les auteurs : « sortir de la crise économique ; garantir la pérennité de la sécurité sociale, en y incluant la sécurité des biens et des personnes ; promouvoir la République exemplaire ».

Lire également sous l’onglet Prolonger

URL source: http://www.mediapart.fr/journal/france/110612/les-passerelles-sont-lancees-entre-lump-et-le-fn

Photo de François Hollande : l’UMP Garraud n’exclut pas « une pétition nationale »

Sud-Ouest

[VIDEOS] Polémique du « drapeau hollandais » : le député a écrit une lettre ouverte au chef de l’État. En difficulté aux législatives, il continue de faire campagne sur les valeurs de la Droite Populaire

Jean Paul Garraud n'exclut pas de lancer une

Jean Paul Garraud n’exclut pas de lancer une « pétition nationale » contre le portait officiel de François Hollande. (Stéphane Klein )

Ce n’est pas parce qu’il est en difficulté dans sa circonscription de Libourne, que Jean-Paul Garraud, le député UMP de Gironde, va modifier sa ligne de conduite. Ni varier ses angles d’attaques. En effet, s’il a repris dès ce lundi matin le chemin des réunions publiques pour tenter de refaire son retard (32,23%) sur son adversaire socialiste Florent Boudié (36,97%), le cofondateur de la Droite Populaire a pris néanmoins le temps d’écrire une lettre ouverte à François Hollande.

Un courrier dans lequel l’ancien magistrat demande ni plus ni moins au président de la République que de refaire la photo officielle de son portrait. Si cette critique n’est pas nouvelle, il s’en est désormais ouvert au principal intéressé. «Certains peuvent me dire que c’est une question futile, mais pour moi c’est une question de principe. Il n’y a rien de plus précieux pour notre démocratie que le drapeau. Qui plus est quand il s’agit de la photo officielle du nouveau président de la République et qui plus est lorsque le soir de son élection on a vu flotter des drapeaux qui n’étaient pas français » a-t-il affirmé à Sudouest.fr ce lundi.

Une requête d’autant plus motivée qu’il assure, comme l’a confirmé Raphaël Delpard, auteur de « La fabuleuse histoire du drapeau français », qu’il « ne s’agit pas du drapeau français mais du drapeau hollandais« .

Toujours est-il que si sa demande venait à ne pas aboutir – ce qui est plus que probable, sinon certain… -, le député de Gironde n’exclut pas de lancer une « pétition nationale » contre ce portrait.

« Parce que, ajoute-t-il, le drapeau, c’est quelque chose d’important. On sait ce que cela représente : les valeurs fondamentales de notre démocratie. Ça représente aussi beaucoup de sacrifices au cours des siècles.  Si on ne s’intéresse pas à notre drapeau, c’est qu’il y a vraiment un énorme problème de citoyenneté dans notre pays. »

Un discours sur les valeurs donc, cher à la Droite Populaire, qui alimentera bien entendu sa campagne de l’entre deux tours. Une campagne où il sera notamment question d’immigration et du droit de vote des étrangers.

Dans un précédent communiqué il indiquait d’ailleurs vouloir « restreindre le droit du sol à Mayotte et en Guyane ». Une disposition qui si elle était en vigueur empêcherait par exemple Christiane Taubira d’être ministre de la République. Interrogé sur point, Jean-Paul Garraud a répondu :  » A Mayotte, il y a la plus grande maternité de France. Mais pas parce que les touristes apprécient, parce qu’un certain nombre de jeunes femmes viennent accoucher à Mayotte pour que leurs enfants soient français. » « On vient dans notre démocratie pour profiter des prestations, dénonce-t-il. Et ceci est une forme d’adhésion à la nation qui n’est pas conforme à notre histoire. »

Pas question donc pour Jean-Paul Garraud de sortir du crédo qui est le sien. Et pas question non plus de laisser prise à ceux qui pensent que ce discours trop « droitier » est à l’origine des difficultés de l’UMP: « C’est faux. Je suis persuadé qu’il faut rester sur ces thèmes avec bien d’autres sujets locaux aussi. » Réponse le 17 juin.