Exit le Pôle National du Mime !

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« Et si on faisait des états généraux de la culture ? »

Artistes et animateurs donnent leur point de vue sur la vie culturelle à Périgueux. S’ils reconnaissent des acquis, ils sont nombreux à réclamer une politique plus dynamique.

Les vélos sur l'Isle au festival Art et Eau, une animation qui n'a pas convaincu.

Les vélos sur l’Isle au festival Art et Eau, une animation qui n’a pas convaincu. (photo archives jean-christophe sounalet/« so »)

Satisfaits ? mécontents ? Comment jugez-vous la vie culturelle à Périgueux ? Après avoir rencontré le maire Michel Moyrand, « Sud Ouest » donne la parole à ses acteurs

Bien sûr, la question, complexe, ne peut se résoudre en quelques phrases. Et les situations sont différentes. Mais les réactions sont révélatrices.

Il faut partir des acquis. C’est ce que souligne Roger Roche, président de Ciné Cinéma, rappelant que la précédente municipalité n’avait pas soutenu le projet de salle d’art et essai à l’ancien Montaigne. « La municipalité actuelle a augmenté de manière très significative notre subvention et a assuré la pérennité de l’emploi de notre salarié, Jean-Michel Hellio. »

Manque de reconnaissanceEst-ce suffisant ? Ciné Cinéma regrette de n’avoir pas « l’outil efficace pour développer une politique d’éducation à l’image » et voudrait créer une Maison de l’image animée.

La position de Some Produkt est assez comparable. « La Ville nous donne 2 700 euros par an et nous subventionne sur des projets ponctuels », constate Marc Roumagne, son programmateur.

Mais l’association souffre d’un manque de reconnaissance. « Nous organisons 35 à 40 concerts par an, nous animons des quartiers populaires. Nous aimerions que la Ville nous accorde une subvention égale à celle du Département, qui est de 4 000 euros. »

La nouvelle mairieLes chiffres, justement. Luc Guiot, facteur de piano, n’est pas d’accord avec Michel Moyrand, qui affirme consacrer à la culture 247 euros par an et par habitant. « On globalise une fois de plus. On y fait entrer l’entretien des bâtiments et tout ce qui part dans les grosses structures. Au bout de la chaîne, il ne reste que très peu d’argent pour les artistes. »

Il s’élève contre certains choix. « On n’avait pas besoin d’une nouvelle mairie. Avec les technologies actuelles, on pouvait s’en passer. Et c’est complètement déraisonnable de sortir la mairie du centre historique de la ville. »

Michel Grégoire, ancien de France Inter qui a animé à Périgueux le festival Au pied de la lettre, est encore plus radical. Il ne mâche pas ses mots. « La politique culturelle de Périgueux ? C’est affligeant, accablant, confus. Il n’y a qu’une vision comptable. Pas d’ambition, juste un constat d’impuissance. »

L’attente d’un dynamismeL’échec d’Art et Eau ? « C’était prévisible. C’était un hochet pour les écolos. Un festival à la godille. Il y avait mieux à faire en reprenant les traditions des lavandières et la vie des rues Neuves. »

De toute évidence, quels que soient les interlocuteurs, cette manifestation ne laissera pas de regrets. « C’est une bonne chose de l’arrêter. Elle était parachutée. Il vaut mieux consolider ce qui existe déjà », ajoute Jacky Raimbault, de la librairie Des Livres et Nous. Il en appelle à une réflexion en profondeur sur le terrain.

Nicolas Lux, photographe et animateur du Printemps du Proche Orient, est de cet avis. « La culture, ce n’est pas seulement une question de finances. On aimerait qu’on réfléchisse en terme de développement avec les associations qui travaillent tout au long de l’année. Et si on faisait des états généraux de la culture ? »

Beaucoup d’interlocuteurs révèlent ce sentiment de manque, cette attente d’un vrai dynamisme. D’autres n’ont pas souhaité s’exprimer. Ce qui montre à quel point la culture est liée à la politique et par conséquent fragile. Aussi, plus que jamais a-t-elle besoin d’affirmer une image forte.