La Chine resserre son contrôle sur les dissidents et multiplie les menaces

LEMONDE | 18.01.12 | 16h08   •  Mis à jour le 18.01.12 | 18h43

Ai Weiwei en train de pianoter sur son smartphone. L'artiste passe beaucoup de temps à communiquer sur la Toile.

Ai Weiwei en train de pianoter sur son smartphone. L’artiste passe beaucoup de temps à communiquer sur la Toile. »M Le magazine du Monde »
La Chine est entrée dans sa période la plus festive, celle du Nouvel An lunaire et de ses retrouvailles familiales. Mais, pour de nombreux dissidents, ces fêtes ont un goût amer de répression. Et cette année du Dragon devrait être marqué par un renforcement du contrôle en raison de la période sensible de transition politique qui verra à l’automne le numéro un chinois Hu Jintao laisser sa place à la tête du Parti communiste chinois (PCC) à son probable successeur, Xi Jinping, lors du XVIIIe Congrès .

Depuis plusieurs semaines, les convocations policières se multiplient, tout comme les harcèlements et autres brimades envers ceux qui osent défier le PCC au pouvoir depuis 1949.

Yu Jie, ami de Liu Xiaobo, le Prix Nobel de la paix 2010 emprisonné, a fini par craquer et a fui Pékin. En compagnie de sa femme et de son fils, il est arrivé aux Etats-Unis il y a quelques jours. « J’avais un passeport depuis plusieurs années et je me suis rendu discrètement à l’ambassade des Etats-Unis pour obtenir un visa « , explique-t-il au Monde depuis Washington, où il devait donner mercredi 18 janvier une conférence de presse.

La fin 2010 et 2011 resteront pour lui une période noire, car, affirme-t-il, le pouvoir lui a fait payer son amitié avec Liu Xiaobo.

« La veille de la cérémonie de remise du Nobel à Liu Xiaobo (le 9 décembre 2010), j’ai été emmené par la police secrète dans la périphérie de Pékin, j’ai subi des tortures physiques et psychologiques, j’ai été drogué, battu jusqu’à perdre conscience, laissé presque mort « , poursuit Yu Jie, qui en 2010 avait publié à Hongkong un livre très critique envers le premier ministre Wen Jiabao, « Meilleur acteur de Chine « . A l’époque, il avait eu maille à partir avec l’appareil de sécurité qui avait tenté de le dissuader de sortir son ouvrage, mais les agents s’en étaient tenus à des menaces verbales.

Cette fois, les pressions ont été plus violentes, dans un contexte de déploiement sécuritaire en raison des appels lancés sur le Net en faveur d’une « révolution du jasmin « , inspirée des révoltes arabes. « En 2011, j’ai passé la moitié de l’année privé de liberté, soit j’étais éloigné de force de Pékin, soit j’étais placé sous résidence surveillée illégale.« 

Sa famille n’a pas été épargnée. « La police secrète a également menacé de s’en prendre à ma femme et à mon fils, ils ont forcé l’entreprise de mon épouse à la licencier, nous n’avions même plus le strict minimum pour survivre. Quand il n’y a plus de garantie pour la sécurité, la seule solution est de quitter la Chine « , explique le dissident de 38 ans, qui, depuis son arrivée aux Etats-Unis, a sorti d’une longue hibernation son compte Twitter.

En revanche, celui de Hu Jia, une autre figure de la dissidence, est muet depuis le 11 janvier. Les policiers l’ont menacé de le renvoyer en prison après une peine pour subversion entre 2007 et 2011. Deux ordinateurs qui se trouvaient chez lui à Pékin ont été saisis. Il menait une campagne de mobilisation, via les réseaux sociaux, en faveur de l’avocat emprisonné Gao Zhisheng, du militant aveugle Chen Guangcheng, en résidence surveillée, et de Liu Xiaobo.

De son côté, l’artiste contestataire Ai Weiwei, détenu pendant quatre-vingt-un jours en 2011, a également été menacé par la police et interrogé pendant cinq heures, soupçonné d’avoir lancé des pierres vers les caméras de surveillance placées près de chez lui, et d’avoir effectué un geste grossier… Enfin, un dissident de longue date, Zhu Yufu, a été inculpé pour subversion pour avoir écrit un poème début 2011 perçu par les autorités comme un appel à la révolte.

Depuis les Etats-Unis où il prépare la visite en février du vice-président chinois Xi Jinping, l’ambassadeur américain Gary Locke a fait une sortie peu diplomatique lundi en évoquant une « répression importante « .

« Il y a toujours eu en Chine des hauts et des bas, mais il semble que nous soyons dans une période basse et cela s’aggrave », a-t-il dit. « De telles déclarations sont fausses », a répondu mardi le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères Liu Weimin, soulignant que « le progrès de la Chine en matière de droits de l’homme (est) évident aux yeux de tous » et dénonçant les « ingérences dans les affaires intérieures chinoises « .

Pour la sinologue Marie Holzman, le pouvoir est « schizophrène « . Si M. Hu peut se targuer d’avoir réussi son mandat avec les Jeux olympiques de Pékin et l’Exposition universelle de Shanghaï, « il n’a pas conquis le coeur des Chinois et sa seule solution est de tenir jusqu’à la passation « . « Le pouvoir est dans une spirale de violences, je n’avais jamais vu cela », affirme-t-elle.

François Bougon


S’il est élu, François Hollande ne fermera que la centrale nucléaire de Fessenheim…

….dans le Bas-Rhin, a assuré l’un de ses porte-parole, Bernard Cazeneuve.

LEMONDE.FR avec Reuters | 18.01.12 | 10h06   •  Mis à jour le 18.01.12 | 10h30

Le candidat socialiste avait déjà fait savoir fin novembre qu’il n’appliquerait que les mesures « essentielles » de l’accord électoral difficilement conclu entre le PS et Europe Ecologie-Les Verts (EELV), qui prévoit la fermeture de 24 des 58 réacteurs français d’ici à 2025.

 >> Lire : « Ce que contient l’accord Verts-PS »

Dans une tribune publiée par Le Monde fin novembre, le candidat socialiste avait rappelé qu’il souhaitait réduire à l’horizon 2025 la part du nucléaire dans la production d’électricité française, de 75 % à 50 %, mais qu’il ne s’engageait que sur l’arrêt de la centrale alsacienne de Fessenheim.

« Conformément à la tribune publiée par François Hollande dans Le Monde, seule la fermeture de Fessenheim est prévue », a déclaré Bernard Cazeneuve, par ailleurs député-maire de Cherbourg (Manche).

>> Lire la tribune de François Hollande : « Réussir la transition énergétique »

Priorités de son programme « François Hollande a dit qu’il prendrait dans cet accord ce qui lui paraissait, à lui futur président de la République potentiel, comme devant relever des priorités de son programme (…). Nous sommes dans une élection présidentielle : c’est par conséquent le programme du président de la République qui prévaut, dans l’engagement et le dialogue qu’il organise avec le peuple français », a ajouté M. Cazeneuve.

Standard & Poor’s a pour sa part prévenu, fin novembre, que le volet nucléaire de l’accord électoral entre écologistes et socialistes français pourrait, s’il était appliqué, avoir des conséquences négatives sur les notes d’EDF et d’Areva.

Développement des énergies renouvelables Bernard Cazeneuve a en outre déclaré que François Hollande, s’il devenait président de la République, pourrait demander aux industriels du nucléaire de consacrer davantage de fonds au développement des énergies renouvelables qu’ils ne le font actuellement.  « Nous souhaitons un Etat qui prenne des décisions stratégiques pour développer les filières industrielles . Les entreprises nucléaires qui ont accumulé de la richesse peuvent en affecter une partie à des activités qui, demain, créeront elles-mêmes de la richesse », a-t-il dit.

Prié de dire si cette ambition pourrait passer par une taxe sur le nucléaire pour développer les renouvelables, le porte-parole de François Hollande a ajouté : « On verra, les objectifs sont ceux-ci, les modalités techniques appartiennent au gouvernement. » Toujours selon Bernard Cazeneuve, François Hollande pourrait en outre, s’il est élu, demander à EDF de revoir son projet de partenariat avec la Chine, annoncé en février 2011, prévoyant le développement en commun d’un réacteur de moyenne puissance qui entrerait de fait en concurrence avec le modèle Atmea conçu par Areva.

« Par cet accord, on transfère massivement de la technologie en allant jusqu’à envisager qu’on puisse, avec les Chinois, aller faire concurrence en France à ce que sont les activités qui relèvent du cœur de métier d’Areva », a-t-il dit.


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Des députés français dénoncent « un nouvel apartheid » dans la gestion de l’eau en Israël

LEMONDE.FR avec AFP | 17.01.12 | 18h30   •  Mis à jour le 17.01.12 | 18h37

Dans son rapport, M. Glavany, ancien ministre de l'agriculture, souligne que "la priorité est donnée aux colons en cas de sécheresse, en infraction au droit international".

Dans son rapport, M. Glavany, ancien ministre de l’agriculture, souligne que « la priorité est donnée aux colons en cas de sécheresse, en infraction au droit international ».AFP/MAHMUD HAMS

Le ministère des affaires étrangères israélien s’est dit « indigné » mardi 17 janvier après la publication dans la presse israélienne d’extraits d’un rapport de députés français accusant Israël de pratiquer « un nouvel apartheid » dans sa politique de l’eau.

Le quotidien Haaretz a publié mardi des passages d’un rapport d’information pour la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, remis en décembre par le député socialiste Jean Glavany, qui décrit la question de l’eau comme « révélatrice d’un nouvel apartheid au Moyen-Orient ».

Dans son rapport, M. Glavany, ancien ministre de l’agriculture, souligne que « la priorité est donnée aux colons en cas de sécheresse, en infraction au droit international », que « les ‘puits’ forés spontanément par les Palestiniens en Cisjordanie sont systématiquement détruits par l’armée israélienne » et qu’« à Gaza, les réserves d’eau ont été prises pour cible en 2008-2009 par les bombardements ».

« TERMINOLOGIE EXTRÊME »

« Nous sommes étonnés et indignés par ce rapport de M. Glavany qui a introduit une terminologie extrême dans le document, au dernier moment, sans en informer ses collègues, a affirmé Yigal Palmor, le porte-parole du ministère des affaires étrangères. Israël ne prend pas de l’eau aux Palestiniens. C’est plutôt le contraire qui est le cas. Israël transfère aux Palestiniens des quantités d’eau bien supérieures à ce qui est prévu dans les accords d’Oslo [de 1993 sur l’autonomie palestinienne]. »

« Le rapport est chargé d’une terminologie venimeuse très éloignée de toute critique professionnelle avec laquelle il serait possible de dialoguer […]. Au lieu de contribuer à l’entente et à la coopération, il attise les tensions en accumulant des données fausses et des affirmations biaisées », a ajouté M. Palmor.

EXPRESSION « TOTALEMENT INACCEPTABLE »

Le député du parti présidentiel UMP, Claude Goasguen, président du groupe d’amitié France-Israël à l’Assemblée nationale, avait dénoncé le 5 janvier l’expression « apartheid au Moyen-Orient » contenue dans le document, la jugeant « totalement inacceptable » et « d’une extrême gravité » à l’égard d’Israël. Interrogé mardi, un porte-parole du ministère des affaires étrangères français n’a pas souhaité commenter ce rapport.

Le gouvernement palestinien a salué la publication du rapport sur « le contrôle israélien des ressources palestiniennes en eau et leur utilisation dans l’intérêt des colons et des Israéliens ». L’ONG Les Amis de la Terre Proche-Orient a réclamé « un accord qui assure les droits en eau des Palestiniens, qui leur assure une part équitable dans les ressources transfrontalières en eau, à la surface et en sous-sol, et qui permet de gérer conjointement ces ressources communes en eau des deux côtés de la Ligne verte ».

L’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem a dénoncé en mai l’exploitation « systématique » des ressources en eau de la vallée du Jourdain en Cisjordanie occupée au profit des colons israéliens et au détriment des Palestiniens. L’eau est un enjeu stratégique et politique de premier plan dans les négociations de paix, au point mort, entre Israël et les Palestiniens.


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