Tunisie. L’après élections… Vincent Lelièvre

TUNISIE APRES LES ELECTIONS D¹OCTOBRE 2011 Vincent Lelièvre


Merkel et Pacte Budgétaire

Merkel et le Pacte Budgétaire


Cameron se fout de la gueule de Sarko !! ;)

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/01/31/cameron-se-moque-de-la-taxe-francaise-sur-les-transactions-financieres_1636657_3214.html#ens_id=1268560


TVA et prix : la Cour des comptes contredit Sarkozy

Sylvain Gouz
Journaliste
Publié le 29/01/2012 à 11h01

Le 1er janvier 2007 l’Allemagne a augmenté son taux normal de TVA de 3 points pour permettre de diminuer les cotisations sociales (pour un point) et réduire le déficit public (pour 2 points). Dimanche soir, Nicolas Sarkozy, qui propose une réforme similaire, a affirmé que cela n’avait pas eu d’impact sur la hausse des prix et que cela avait favorisé la compétitivité allemande.

Tel n’est pas exactement l’avis de la Cour des comptes (française) dont le rapport intitulé « Les prélèvements fiscaux et sociaux en France er en Allemagne » (PDF) livre ce constat en sa page 201 :

 »Selon une étude de la Bundesbank, une grande partie de cette augmentation de la TVA a été répercutée dans les prix : selon la banque centrale allemande qui fonde son analyse sur un panier de 40 biens, l’augmentation de 3 points de la TVA aurait contribué pour 2,6 points à la hausse des prix en 2007. La question de l’effet économique de cette hausse de la TVA, notamment en termes de compétitivité, reste en revanche peu documentée. »

Si l’on comprend bien, la hausse de la TVA se répercute quasi-intégralement dans les prix et pèse donc sur les consommateurs tandis que l’effet « compétititf » de transfert des cotisations sociales vers cette même TVA est pour le moins… incertain. Voilà pour le modèle allemand tant vanté.


Saroky et le social : la politique de la terre brûlée. MEDIAPART

Sarkozy et le social _


Droit de vote et d’éligibilité des étrangers aux élections locales…

Impossible est devenu français

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 29.01.12 | 14h51

par Frédéric Joignot

Le 8 décembre 2011 fut un grand jour pour la sénatrice du Val-de-Marne Esther Benbassa, affiliée Europe Ecologie-Les Verts. Elle rapportait la proposition de loi visant à octroyer le droit de vote et l’éligibilité aux élections locales aux étrangers non européens résidant depuis longtemps en France. Une loi qui fait polémique depuis trente ans. Défendue dès 1981 par François Mitterrand, votée le 3 mai 2000 par l’Assemblée nationale, le Sénat de droite a toujours refusé de l’examiner. Elle a été adoptée ce 8 décembre, après un débat houleux, par un Sénat passé à gauche.

A 61 ans, Esther Benbassa, vice-présidente de la commission des lois du Sénat, enseigne à l’Ecole pratique des hautes études. Née dans une famille juive d’Istanbul, venue en France à 22 ans « par amour pour sa tradition de liberté », elle suit depuis vingt ans l’évolution des politiques d’accueil des étrangers. Elle n’a pas la langue dans sa poche et vient de publier un essai dérangeant, De l’impossibilité de devenir français (Ed. Les Liens qui libèrent). Nous l’avons rencontrée après que le ministre de l’intérieur Claude Guéant se fut félicité d’une chute de 30 % des naturalisations d’étrangers entre 2010 et 2011. Même si ces chiffres ont été gonflés pour des raisons électoralistes, excluant les mariages, une baisse de 25 % constitue une rupture historique. 108 275 étrangers ont été naturalisés en 2009, 95 573 en 2010, 66273 en 2011.

Comment le gouvernement est-il parvenu à une telle baisse ? En multipliant les lourdeurs administratives (il faut au bas mot un an pour réunir toutes les pièces légales, arriver avant 4 heures du matin dans les files d’attente, etc.), en accordant un pouvoir de veto aux préfets – « un pouvoir suspendu par le général de Gaulle à la Libération « , rappelle Esther Benbassa – et en durcissant les critères d’obtention de la nationalité française. Depuis juin 2011, en plus de devoir vivre depuis cinq ans en France, de s’acquitter de ses impôts, de prouver des attaches familiales, d’avoir un revenu régulier, de parler correctement le FLI (français langue d’intégration, niveau B1), l’étranger doit désormais posséder un certain bagage de « culture française », montrer une « autonomie matérielle » (un CDI, ou la connaissance d’un métier) et faire preuve de « moralité » (un délit mineur suffit à ruiner un dossier).

Qu’en pense Esther Benbassa ? D’abord, explique-t-elle, l’acquisition de la nationalité a toujours été vue en France comme un facteur d’intégration. Elle était considérée comme « un acte positif », qui changeait la vie du demandeur et enrichissait le pays d’accueil. « Aujourd’hui, tout est fait pour la décourager. L’analyse subjective des fonctionnaires l’emporte au gré des préfectures et des directives du ministère de l’intérieur. La naturalisation est pensée comme un mal. La France se referme sur elle-même. » Elle en voit la preuve dans la « circulaire Guéant » du 31 mai, qui restreint les possibilités, pour les étudiants étrangers ayant fini leurs études en France, d’y rester pour travailler : « Selon une enquête de 2005, 17,5 % des postdoctorants étrangers formés en France et partis aux Etats-Unis ne rentrent pas. Avec ces dispositions, qui prendra le risque de venir étudier chez nous ? » Il a fallu que les étudiants manifestent, que les directeurs de grandes écoles et d’université protestent, que le Medef, dans Le Figaro Magazine, mette en garde contre « la fermeture du pays », pour que la directive soit assouplie début janvier.

Mais le mal est fait. Les préfectures, accablées de directives de défiance, bloquent les dossiers. Le 18 janvier, Esther Benbassa a lu au Sénat la lettre inquiète du patron d’une PME de Toulouse qui a dû licencier une jeune Algérienne diplômée d’un master en gestion, et formée par ses soins. Elle ajoute avec tristesse : « On sent chez cette droite un mépris des autres. Pourtant, beaucoup d’étudiants, d’artistes immigrés ont contribué à la renommée de la France, qu’ils soient venus de l’Est comme Marie Curie, Georges Charpak ; du Sud comme Picasso, Yves Montand, Coluche ; ou d’Afrique comme tant de musiciens, de sportifs. Aujourd’hui, Modigliani ou Zidane ne seraient pas naturalisés. Impossible est devenu français. »

L’autre signe fort du refus d’intégrer les étrangers a été donné lors du tir de barrage de l’UMP contre la loi sur le vote local. Le ministre de l’intérieur s’est emporté sur Europe 1, le 27 novembre 2011 : « Très franchement, je n’ai pas envie de voir dans le département de la Seine-Saint-Denis, qui a une forte population étrangère, la majorité des maires devenir étrangers. » Il s’agit d’une contrevérité. La proposition de loi votée au Sénat n’autorise pas l’élection au poste de maire, seulement de conseiller municipal. Le 7 décembre, Claude Guéant prophétisait que le projet apporterait des « tensions supplémentaires » entre Français et immigrés. « C’est comme s’il jetait de l’huile sur le feu », remarque Esther Benbassa. Au Sénat, François Fillon a dénoncé « un travail de sape d’un des fondements de notre République ». Depuis, Nicolas Sarkozy en a fait un thème favori de ses interventions politiques.

Esther Benbassa le regrette. Elle a débuté son intervention au Sénat par cette citation : « J’avoue ne pas être outrageusement choqué par la perspective de voir des étrangers, y compris non communautaires, voter pour les scrutins cantonaux et municipaux. A compter du moment où ils paient des impôts, où ils respectent nos lois, où ils vivent sur notre territoire depuis, par exemple, cinq années, je ne vois pas au nom de quelle logique nous pourrions les empêcher… » Qui a tenu ces propos ? Nicolas Sarkozy en 2001 dans Libre (Laffont). Jean-Pierre Raffarin, Gilles de Robien, Eric Besson ont fait des déclarations semblables. Pourquoi un tel retournement ? Esther Benbassa est d’accord avec l’historien Patrick Weil, auteur en 1997 d’un rapport au premier ministre sur la politique de l’immigration : l’UMP agit comme s’il « fallait droguer l’opinion sur l’immigration », au lieu de s’en tenir à une politique dédramatisée, accompagnée de vrais projets d’intégration. Elle y voit un abandon des valeurs républicaines. Elle parle d’une politique « néonationaliste », « aux relents vichystes ».

Que des étrangers durablement installés en France prennent part à la vie d’un conseil municipal lui semble « une bonne manière de les faire participer à la vie publique », de les intégrer. Une façon de les aider à devenir des « citoyens français ». Un moyen efficace de faire échec au repli sur soi, au sentiment d’ostracisme comme au « communautarisme ». Elle rappelle que le Danemark, l’Irlande, la Finlande, la Lituanie, les Pays-Bas, la Slovénie, la Suède, le Luxembourg, la Belgique et cinq cantons suisses offrent le droit de vote local à leurs résidents étrangers enracinés.

Pendant son discours au Sénat, Esther Benbassa a cité deux sondages récents : Harris Interactive donne 59 % de Français favorables au vote étranger ; BVA-Le Parisien, 61 %. Elle y voit le signe d’une évolution des mentalités. « Ces enquêtes montrent que 75 % des 25-34 ans acceptent la loi. La politique d’ostracisme envers les étrangers apparaît comme une affaire de vieux politiciens, coupés d’une France jeune plus tolérante, multiculturelle. » Christian Jacob, le président du groupe UMP à l’Assemblée, conteste la forme de ces sondages. Lorsque la question posée précise qu’il s’agit du vote d’étrangers « non européens », « alors, affirme-t-il, les résultats sont diamétralement opposés ». Jérôme Fourquet, de l’IFOP, questionne aussi ces résultats sur le site d’information Atlantico.

A ces critiques, Esther Benbassa répond qu’écarter de la vie publique les étrangers vivant et travaillant en France ne va pas dans le sens des principes européens consacrés par le traité de Maastricht de 1992, qui séparent citoyenneté et nationalité. Une personne étrangère résidant longtemps dans un canton, une commune, en est citoyenne. « La question, dès lors, dit-elle, n’est plus identitaire : « Qui suis-je ? », mais de politique locale : « Que faire ensemble ? » » Quant aux critiques sur les sondages, elle renvoie aux travaux du chercheur en sciences politiques Vincent Tiberj qui a analysé toutes les enquêtes d’opinion concernant le vote des étrangers depuis 1984. Ses analyses montrent qu’il existe, depuis vingt-sept ans, une progression constante d’avis favorables au vote de non-Européens, quel que soit le libellé des questions.

Esther Benbassa est arrivée en France à l’âge de 22 ans, pleine d’espoir. A Istanbul, son seul prénom suscitait des réactions de rejet. Juive. « Mon père vantait la grandeur de la France. « Elle a réhabilité Dreyfus ! », disait-il. Il ne me parlait jamais de ceux qui l’avaient condamné. J’ai grandi dans ce mythe de la France tolérante, de Zola, des droits de l’homme. Ma préceptrice arménienne m’a appris le français et j’ai fait ma scolarité dans des écoles congréganistes francophones. Quand j’ai émigré en Israël, j’ai passé un bac français. Pour moi, la France représentait le meilleur de l’Occident. Liberté, égalité, fraternité, culture… »

Aujourd’hui qu’elle enseigne l’histoire du judaïsme moderne à l’Ecole pratique des hautes études, elle remercie la France accueillante, celle qu’elle idéalisait pendant sa jeunesse. Mais elle critique les courants nationalistes et racistes français, qu’elle a étudiés – l’antisémitisme pour commencer. Elle les retrouve exacerbés aujourd’hui. « La droite revalorise une mythologie dépassée, qui rappelle l’affaire Dreyfus, les années 1930, quand on parlait de l’étranger ou du différent comme d’un ennemi de l’intérieur. Hier, c’était le Juif ; aujourd’hui, c’est le Rom, l’Arabe ou le musulman. Depuis cinq ans, Sarkozy fait la course avec le FN sur l’identité nationale, ses ministres désignent des populations à la vindicte. Ils remettent en cause l’idée républicaine du vivre-ensemble. Ils ont fait sauter un tabou mis en place par le gaullisme. Ils ont remis en selle le Front national, l’ont légitimé. Voilà pourquoi il monte. »

Mais, au-delà de la critique des discours, quelle politique migratoire défend-elle ? « Je ne dis pas qu’il faut ouvrir les frontières et naturaliser tous les étrangers. Je rappelle qu’une classe moyenne « d’origine immigrée » a émergé, s’intègre, et supporte de plus en plus mal d’être renvoyée à une image de fraude, de délinquance ou d’extrémisme. Il faut citer en exemple les réussites de l’intégration. Il faut les promouvoir pour construire une politique. »

Esther Benbassa dérange à gauche comme à droite. Elle a critiqué la loi mémorielle sur le génocide arménien, demandant qu’on laisse les historiens travailler, tout en pointant « un mépris envers un pays musulman ». Sur la défense d’une France de la diversité, elle trouve la gauche frileuse. Elle défend les statistiques ethniques, qui permettraient d’évaluer les discriminations envers minorités. Elle est partisane d’une « discrimination positive » volontariste, qui rééquilibre les disparités. Est-elle consciente qu’on va l’accuser de vouloir défavoriser les Français d’origine ? « Ce n’est pas promouvoir le favoritisme ou installer des quotas. Il s’agit de donner un coup de pouce à des gens défavorisés. Voyez ce qui s’est passé aux Etats-Unis avec l’affirmative action. Elle a permis à beaucoup de Noirs de faire des études supérieures, d’accéder aux responsabilités. » Et de citer Montesquieu, comme elle l’a fait au Sénat : « L’amour de la République, dans une démocratie, est celui de la démocratie ; l’amour de la démocratie est celui de l’égalité. »


Pour vivre peureux, vivons fichés

LIBERATION samedi 28/01/12 09.40

Par Laure Heinich-Luijer et Karine Bourdié, avocates à la Cour

A l’initiative du Conseil de l’Europe, le 28 janvier est devenu la journée de la protection des données à caractère personnel. On pourrait sourire devant ces appellations thématiques s’il n’en allait de la protection de notre vie privée.

On pourrait sourire s’il n’y avait de quoi s’inquiéter devant la collecte des données personnelles dans des fichiers de police si nombreux qu’on ne parvient plus à les énumérer.

La création du Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (FNAEG) est l’illustration parfaite d’une loi qui dégénère. Crée en 1998 pour identifier les auteurs de crimes et délits sexuels, il n’avait reçu que peu d’opposition. Après tout, nous ne sommes pas des agresseurs sexuels.

Le fichier était d’abord réservé aux personnes condamnées. Nul n’a trouvé à redire, nous ne sommes pas condamnés.

Puis le fichier s’est étendu aux personnes simplement soupçonnées d’avoir commis une infraction. Ainsi, un policier peut décider de collecter l’ADN « d’office », donc sans l’aval d’un magistrat, et simplement en présence d’indices. Voilà comment des innocents se retrouvent dans un fichier de coupables.Toujours peu de monde pour contester, mais finalement, sommes-nous vraiment innocents ?   Aujourd’hui, 137 infractions, soit quasiment la totalité des crimes et délits, y compris les plus petits, entraînent une inscription au FNAEG. A l’exception des délits financiers, évidemment, parce que tout fait exception dans la délinquance en col blanc.

Contre ces extensions successives de la loi et du fichier, personne n’a protesté. Comment être entendu alors que ces lois répondent à des faits divers ? Comment être entendu sans avoir l’air d’avoir quelque chose à cacher ? Pourquoi protester alors qu’après tout, nous n’avons rien à nous reprocher ?   Seulement a-t-il quelque chose à se reprocher le million de ceux qui ont juste été soupçonnés sans jamais avoir été jugés mais qui se retrouvent fichés?   En tout, près de 2 millions d’entre nous sont fichés au FNAEG. Ce n’est pas encore inscrit sur eux mais vous les fréquentez forcément, les fichés. En proportion, ils sont pratiquement un par classe, deux par salle de cinéma, 400spectateurs du Palais Omnisport de Paris-Bercy et, statistiquement au moins un au gouvernement… On est bien loin du fichage des agresseurs sexuels.

A coup de fait divers, les politiques jouent sur nos peurs et ont étendu le FNAEG : pour vivre peureux, vivons fichés.   Que font-ils des données ? Elles seront conservées 40 ans pour les personnes condamnées et 25 ans pour les mises en causes. Ces durées sont sans commune mesure avec les durées de prescriptions des infractions ou des peines, voire de la récidive. On se demande bien pour quelle raison une telle disproportion.   2 millions, c’est aussi le nombre de lecteurs français du petit livre Indignez-vous de Stéphane Hessel. Peut-on être indigné et fiché ?   Qui refuse le prélèvement de son ADN ? Les lecteurs de Stéphane Hessel?   Qui s’indigne pour faire respecter ses libertés fondamentales? Pas grand monde en fait car la loi fait payer le prix fort. Le refus est sanctionné par une condamnation pénale : 1 an d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende. Voilà qui fait reculer même les plus indignés.    Le refus est d’ailleurs souvent vain, car si la loi prévoit le consentement de la personne pour prélever son ADN, elle permet aussi à l’officier de police judiciaire de passer outre le refus et de prendre l’ADN s’il se détache naturellement du corps. Méfiez-vous de la cigarette ou du verre d’eau qui vous sont proposés en garde à vue…ils pourraient parler pour (ou contre ?) vous. C’est une certaine idée du consentement que la loi propose: le refus est sanctionné et la prise est faite quand même. Une idée à ne pas mettre entre toutes les mains… Parmi les opposants réguliers à la prise de l’ADN, on trouve des militants. Moins attendu, trouverait-on des magistrats ? On attend en effet la décision de la Cour d’appel d’Amiens qui a jugé le délégué CGT des ex-salariés de Continental (les Contis), poursuivi pour avoir refusé de se soumettre au prélèvement de ses empreintes génétiques, après sa condamnation pour dégradation de biens à la sous-préfecture de Compiègne.

Dans leur jugement, les premiers jugesavaient relevé que les faits«s’inscrivent dans une logique parfaitement lisible de combat syndical et non dans une démarche à vocation purement délinquante et antisociale». Ils en avaient conclu que«le recueil d’ADN du prévenu en vue de son identification et de sa recherche était inadéquat, non pertinent, inutile et excessif et il ne saurait être fait grief au prévenu de s’y refuser».

Les magistrats ne pouvaient être plus clairs : la loi ne dit pas toujours ce qui est juste et les hommes doivent conserver cet espace de réflexion qui empêche la soumission.

Le Parquet a fait appel. Faut-il s’en étonner puisqu’il est aux ordres ? On attend donc de savoir si la Cour dira cet appel inadéquat, non pertinent, inutile, excessif et faisant au surplus grief à la société. Parce que vouloir faire respecter une loi comme on se met au garde à vous, c’est faire grief à la société. On attend que les magistrats disent, comme des remparts de la société, que respecter une loi c’est en respecter l’esprit et non y être soumis. Souhaite-t-on vraiment constituer des fichiers c’est-à-dire bientôt des cartes très détaillées de qui l’on est et d’où l’on vient ? N’y-a-t-il vraiment aucune raison de craindre que ces fichiers passent entre de mauvaises mains ? Après tout, nous sommes capables de 21 avril…   On attend aussi, avec la Ligue des Droits de l’Homme qui alerte sur ces fichiers qui pèsent sur nos libertés: que ne figure plus dans le FNAEG que les personnes condamnées ; que le nombre d’infractions motivant l’inscription soit réduit ; que les délais de conservation des profils soient mieux adaptés et que toute forme de réhabilitation emporte retrait du fichier.

Un retour à l’esprit de la loi en somme.

A l’heure où le gouvernement stigmatise des populations et distingue les Français entre eux, à l’heure où le risque pénal est évalué à titre prédictif, l’on s’interroge surtout sur l’utilisation de fichiers qui vont finir par tous nous recenser. Il y a 1000 personnes supplémentaires fichées au FNAEG tous les jours.   Ils parlent de vivre ensemble mais font de nous de la chair à données.


Loi de 1905. Jean Baubérot

Constitutionnaliser la loi de 1905


HISTOIRE – Un cinquième des jeunes Allemands ignorent l’horreur d’Auschwitz

 

L’entrée de l’ancien camp d’extermination nazi d’Auschwitz. Crédits : AFP/Valery Hache

Auschwitz reste parmi les plus forts symboles de la barbarie nazie. Pourtant, un récent sondage pour le magazine allemand Stern met en lumière une triste réalité : un cinquième des jeunes Allemands interrogés (21 %) ignorent qu’il fut un camp d’extermination pendant la seconde guerre mondiale. La proportion chute toutefois à 10 % si l’on considère l’ensemble des sondés.

Selon les résultats de cette enquête, un tiers des personnes interrogées (31 %) ne savent d’ailleurs pas que le camp se situe en Pologne. On y découvre également que 40 % des Allemands souhaiteraient pouvoir tirer un trait sur le passé. Un chiffre en nette diminution par rapport à une précédente enquête, menée en 1994, et qui montrait que 53 % d’entre eux étaient dans cet état d’esprit.

Le sondage a été réalisé les 19 et 20 janvier sur un échantillon  de 1 002 personnes, représentatif de la population allemande, par l’Institut Forsa, à l’occasion de la Journée internationale à la mémoire des victimes du génocide des juifs par les nazis, le 27 janvier. Cette date correspond à la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, en 1945, par l’armée soviétique.

L’entrée du camp d’Auschwitz-Birkenau, en 1945. Crédits : AFP

Les résultats de cette enquête sont publiés quelques jours après la présentation des conclusions d’un rapport demandé par le Parlement allemand sur l’antisémitisme au sein de la République fédérale. Depuis 2008, un groupe composé de dix experts indépendants est chargé de fournir des états des lieux sur le sujet et de proposer des solutions pour lutter contre ses formes extrêmes. Le dernier document, de plus de deux cents pages, estime qu’actuellement un cinquième de la population du pays témoigne d’une hostilité « latente » à l’égard des juifs.

« L’antisémitisme dans notre société repose sur des préjugés largement répandus, profondément enracinés et résultant d’une ignorance sur la situation des juifs ou l’histoire du judaïsme », rappelait un des experts, l’historien Peter Longerich, lors de la présentation du rapport  à Berlin.

Les experts ont examiné les différents domaines de la vie en Allemagne, du travail aux loisirs en passant par les médias. Ils ont notamment souligné le rôle d’Internet dans la diffusion de propagandes haineuses, notamment auprès des jeunes. Selon le rapport, la Toile est la plate-forme privilégiée des négationnistes d’extrême droite et des islamistes extrémistes pour propager leurs opinions.

Rafael Seligmann, qui s’occupe du journal communautaire allemand Jewich Voice from Germany, reste pour sa part optimiste. Il confiait à la BBC : « C’est important de conserver une forme d’identité positive et pas seulement de dire ‘mon oncle a été assassiné' » [par les nazis, NDLR]. Pour lui, les résultats de ce rapport montrent surtout que « 80 % des Allemands » ne présentent aucune forme d’antisémitisme.


Sud Ouest Dordogne, antenne relais de la communication municipale ?

Rue de la Chouette

janvier 25th, 2012 Médias 6 Comments

Virginie Desmet pour Sud Ouest Dordogne, vient de signer le dernier papier sur les antennes relais de téléphonie mobile intitulé : « Mairie et opérateurs sur la même longueur d’ondes ». Avec Virginie Desmet, la mairie de Périgueux n’a plus besoin de service de communication, elle n’a qu’à sous-traiter à Sud Ouest. Voilà le topo.

La ville de Périgueux a signé une convention avec les quatre opérateurs de téléphonie mobile pour apporter une gestion « concertée » de l’implantation des antennes relais. La raison donnée à la journaliste ? « Vigilance » et « Transparence » pour « Rassurer les populations et leur donner une certaine confiance en vous et en nous».

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Elle est où l’antenne relais ? […] Oo

Forcément, depuis que le maire de Périgueux a tenté de cacher à la population l’implantation d’une antenne relais à moins de 100 mètres de la crèche des Arènes, le doute s’est quelque peu installé.

Forcément, depuis que le maire de Périgueux a lâchement interprété un arrêt du Conseil d’Etat comme une invitation à la déresponsabilisation (alors que c’est totalement faux), sa crédibilité est engagée.

Par ailleurs on peut s’interroger sur l’opportunité derrière cette nouvelle convention. En novembre 2010, le maire de Périgueux a créé une commission extra municipale à laquelle les opérateurs siègent et doivent déjà présenter leur projet d’implantation avant de les réaliser.

Las, la journaliste nous apprend que depuis plus d’un an, cette commission était factice et officieuse. En effet jusque là la commission ne valait rien, puisque son « existence est officialisée par la nouvelle convention ».

Compliqué pour la journaliste de bien répéter sa leçon municipale. Il y avait une commission, mais officieuse. Dans ce cas à quoi servait-elle ?

Sud Ouest: des faits erronés pour des commentaires serviles

Compliqué. Le 28 septembre 2010, le maire de Périgueux déclarait en conseil municipal :

« c’est qu’aujourd’hui nous avons quand même des doutes sur les effets de ces antennes à proximité des lieux de la petite enfance »

Mais depuis, à propos de la crèche des Arènes: rien. Même si de son côté l’Union Européenne préconise fortement d’éloigner les antennes relais téléphoniques à plus de 100 mètres des lieux de concentration de populations fragiles et à risques. Comme les enfants en bas âge par exemple.

Peu importe, la journaliste nous parle de « vigilance » et de « transparence ». Une seule interrogation serait de trop.

Jusque là, la journaliste s’était contentée de ne pas poser de questions et s’en était tenu à relayer fidèlement le message municipal. Mais en fin d’article, lancée dans ses roucoulades auprès du maire du Périgueux, Virginie Desmet se lâche.

Pour la journaliste, le collectif Priartem 24 est composé de « radicaux ». Et oui, « Ils sont persuadés que la commission antenne-relais est ‘instrumentalisée’ ». Si la journaliste avait fait son boulot elle aurait vu que c’est la vérité. C’est un fait. Mais elle n’est pas là pour ça.

On va donc rappeler à cette journaliste ces faits qu’elle méprise au profit d’une servilité si peu déontologique envers la communication politique.

« Ce projet n’a pas rencontré d’opposition particulière »

Une commission municipale s’est réunie le 03 novembre 2010, à laquelle participait le collectif Priartem. En séance, Orange a annoncé son projet déposé en mai 2010 d’une nouvelle antenne relais à la Grenadière. Le collectif Priartem a manifesté son désaccord, au motif que la Grenadière, avec ses grands immeubles, est déjà équipée d’une forêt de relais.

Conclusion du maire de Périgueux, via un courrier officiel aux habitants de la Grenadière :

Ce projet a été présenté lors de la commission consultative relative aux antennes relais et n’a pas rencontré d’opposition particulière

Mais Virginie Desmet n’est pas allée jusque là. Pour elle, le collectif Priartem est simplement « persuadé » d’être manipulé. Et c’est parce qu’ils sont intégristes, pardon, « radicaux », qu’ils ne veulent plus siéger à la commission, version officielle de la mairie de Périgueux.

La journaliste aurait pu consulter les archives du journal qui l’emploie. En date du 14 janvier 2011 :

« Nous ne sommes ni des intégristes, ni de simples contestataires. » Le collectif Priartém (1) ne veut pas bannir les antennes relais et les téléphones portables de notre univers. Ses membres, une trentaine, se battent à Périgueux contre la concentration des antennes sur certains quartiers, notamment sur une tour HLM à La Grenadière à Périgueux, et autour des zones sensibles comme les crèches, les écoles ou les maisons de retraite. Il en va, assurent-ils, de la santé publique car un nombre grandissant d’études remet en cause l’idée de l’innocuité des ondes produites par les antennes dans notre paysage urbain ».

Mieux, en cherchant à se renseigner, la journaliste aurait pu consulter le site Priartem et découvrir ceci:

Virginie Desmet ne pouvait que finir en beauté

La journaliste arrive à sa conclusion :

« Quoi qu’il en soit, Périgueux est une des rares villes de France à s’être engagée dans une telle démarche. Elles sont trois en Aquitaine : les deux autres sont Bordeaux et Bayonne ».

Ce n’est pas sa propre conclusion bien sur, mais celle qu’il est demandé de véhiculer par la municipalité, dont on trouve l’original ici [Bulletin municipal 1er trimestre 2012]:

A ce jour en Aquitaine, seules les villes de Bordeaux et Bayonne ont mis en place des commissions similaires…

Dans les deux cas, il faut omettre un détail. Il faut même mentir par omission, soyons clairs. C’est que la ville de Bordeaux a été condamnée à 4000 € d’amende par le Conseil d’Etat en date du 26 octobre 2011.

Par un arrêté de règlement général, la ville de Bordeaux, le 12 février 2010, avait imposée des limites strictes aux implantations.

Un considérant en 5 points du 12 février 2010:

– Considérant qu’en l’état actuel des connaissances scientifiques, il subsiste encore des interrogations quant à la nocivité éventuelle des radiofréquences notamment à long terme ; et que plus généralement l’inexistence d’un risque sanitaire n’est pas formellement montrée à ce jour ;

 

– Considérant qu’en matière d’exposition aux champs électromagnétiques engendrés par les radiofréquences, une attention particulière doit être portée aux enfants à la vulnérabilité supposée plus grande ;

– Considérant les fortes inquiétudes formulées par des parents dont les enfants fréquentent des établissements ou lieux publics à Bordeaux à proximité desquels des antennes émettrices de radiofréquences sont installées ;

– Considérant que l’un des opérateurs a dérogé aux avis défavorables émis par la commission de concertation sur certains projets ;

 

– Considérant qu’il y a lieu de prendre des mesures préventives ;

Les fondements juridiques de cette arrêté étaient nombreux et avaient été validés par le Conseil d’Etat par un arrêt du 19 juillet 2010, dans lequel la haute juridiction validait l’application du principe de précaution.

C’est par un revirement étonnant du Conseil d’Etat en 2011 que cet arrêté bordelais s’est éteint.

Depuis 2007, la ville de Bordeaux était engagée dans une action concrète d’application du principe de précaution et de limitation de l’implantation des antennes relais. Ce que jamais n’a fait la mairie de Périgueux, absolument jamais.

Le fait de comparer sur un même plan les mesures prises par les villes de Périgueux et de Bordeaux est un pur mensonge. C’est une idée crapuleuse du service de communication de la ville de Périgueux. C’est vraiment navrant de retrouver cet enfumage sous la plume d’une journaliste.

Conclusion

On retrouve dans cet article exactement le plan com de la mairie de Périgueux sur le dossier « antennes relais ».

  • Le maire agit dans la transparence et le souci des administrés
  • Ses opposants sont des fanatiques et des extrémistes
  • Le maire est précurseur, à égalité avec la ville de Bordeaux

La presse ne faisait pas mieux dans les années 50 en Union Soviétique.

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6 Commentaires a Sud Ouest Dordogne, antenne relais de la communication municipale ?

  1. plessac 25 janvier 2012 at 14:43 | Permalink |

    cette convention est à titre gracieux ?
    Pas de question d’argent dans tout cela ? ????????

  2. admin 25 janvier 2012 at 14:57 | Permalink |

    Surement pas ! Tout ceci n’est dévoué qu’au bien être de la population…

  3. Nelly PERRAUD-DAUSSE 25 janvier 2012 at 15:22 | Permalink |

    Lors du dernier conseil municipal, aucune information sur cette convention. Comme la Chouette le précise, la commission créée en 2010 n’est qu’une chambre d’enregistrement des entretiens que le maire accorde aux professionnels qui « prennent en charge » les analyses… Entre les intérêts économiques et commerciaux et la santé de la population, la balance penche toujours du même côté ! Sans oublier que ces mêmes fournisseurs n’ont pas oublié d’augmenter le montant des loyers que touchent les co-propriétaires pour les convaincre d’installer leur antenne sur leur toit.

  4. admin 25 janvier 2012 at 17:04 | Permalink |

    Attention Nelly, si la journaliste vous lit elle va vous classer parmi les « radicaux » « persuadés » d’être manipulés !

  5. Lacassagne Jean 26 janvier 2012 at 22:29 | Permalink |

    Le Maire de Périgueux se glorifie de son incompétence sur le sujet et de sa soit disant incapacité d’action (visiblement d’autres élus – de tous bords- agissent et travaillent pour qu’une loi reconnaisse le droit aux élus d’agir et bien des élus se sentent concernés sur le terrain, près des citoyens..), en soit rien de dramatique..s’il prenait des conseils objectifs et indépendants, s’il cherchait à se documenter ou à débattre en prenant en compte l’ensemble des propositions (opérateurs comme associations ou citoyens).

    Bâtir une nouvelle convention pilotée par qui et pour faire quoi ?

    Les opérateurs préparent la 4G et l’arrivée de Free…et on va nous dire qu’il y aura moins de puissance, et sans doute moins d’antennes…plus c’est gros, plus ça passe.

    La nouvelle convention, c’est un peu un aveu cruel..effectivement la commission municipale ne représentait rien et n’était pas indépendante, ni pluraliste. Elle n’était plus là que pour auto-valider les installations, et la forme consultative permettait de ne pas lui donner le moindre pouvoir effectif.

    Tous les éléments indépendants en étaient partis..et ceci très rapidement devant le climat et les réflexions infantiles (sioux et autres nuages de fumées) mais il faudra bien assumer pour Mr Moyrand ce qu’il écrivait dans l’opposition municipale et défendait dans les quartiers, et ce qu’il défend aujourd’hui..la conséquence de beaucoup de reniements.

    Périgueux n’est en rien une ville pilote pour les antennes relais, aucune réflexion sur la position globale sur l’ensemble de la ville et en particulier en proximité des maisons de retraite comme de la crèche aux arènes (moins de 50 mètres !), aucun débat public organisé, aucune proposition réellement contraignante pour ramener à 0,6 V/m…..

    Les écrans de fumée de la Mairie et ses opérations de com ne trompent plus grand monde…accumuler des photos « mégalo » dans toutes les pages d’un mag municipal et des articles chatoyants, quelle classe..made in 24 !

    Enfin Arnaud Le Guay nous apprend..que les assos culturelles n’ont qu’à raser les murs, et que c’est pas si grave de flinguer le MNOP…c’est vrai le jazz ça doit faire du bruit, c’est pas popu…ça fait trop élite et faut payer son entrée.

    Bizarre conception socialiste de la culture..

    Quand je pense à Sherman Robertson et à tous ces brillants jazzman qui sont passés et nous ont offert des soirées mémorables…je me dis que tout ça n’est que le reflet d’une toute petite politique, sans ambition pour la ville et ses habitants, et c’est bien triste.

    Ah oui ce matin..vu passer deux employés de la « Brigade Verte »…pas mal aussi, au milieu des petites dames avec leurs chiens…

  6. Avenir Saint astier 27 janvier 2012 at 10:30 | Permalink |

    Avenir St-Astier

    Il y aurait donc des « journalistes » de Sud Ouest qui seraient très complaisants avec les majorités locales socialistes ?? Tiens donc ! Et bien oui, trois fois oui et c’est ce que nous « supportons » à Saint Astier aussi… « Presse qui roule me fout les boules ! » Renaud.